Partager l'article ! Personnages de papier et individus qui vivent: Je vous ai déjà expliqué ici ou là combien je considérais que, une ville, c'était d'abord ...
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Nov. 2008
Je vous ai déjà expliqué ici ou là combien je considérais que, une ville, c'était d'abord des individus qui vivent.
Or, lorsque l'on présente un nouveau projet, on met en général des images d'individus, "heureux d'être là", sages comme des images, lisses comme du papier glaçé. On les met même souvent à moitié
transparents.
Personnellement, je trouve cela insupportable car la vie, et donc la ville, ce n'est pas ça.
Il y a quand même de sacrés différences entre des personnages de papier qui "prennent la pose" et des individus qui essaient tout simplement de vivre.
Je vous invite à comparer ces images du projet de maison de retraite dans le futur quartier d'Andromède à Blagnac dans l'agglomération de Toulouse avec celle de ce magnifique clip d'une chanson
(Leave Before The Lights Come On) des Arctic
Monkeys.
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Sur la présentation de celui-ci, cette question m'a attiré l'oeil "Comment regarder les photographies qui sont censées nous renseigner sur un espace habité ?". Il est aussi dit que ce livre est "un outil d’analyse de la photographie dans son rapport à la société."
Le lien que je fais avec les personnages de papiers tant utilisés dans les représentations de projets architecturaux, qui ne sont pas des photographies, est qu'ils représentent une certaine conformité de la part de ceux qui produisent ces images. Quel sens cela a-t-il de mettre des gens dans une pseudo attitude attendue. Allons plus loin, peut-on penser qu'ils imaginent que le lieu créé aura cette ambiance ?
Je pense que certains ne voient pas l'impact de leurs représentations dans l'esprit des gens qui découvrent ce projet.
J'avais déjà eu l'occasion de m'interroger sur cette question de l'image et de la représentation lors d'un passage à Mantes-la-Jolie où trois immeubles, les "tours" Degas, avaient été démolis début juillet 06. Cette journée avait été organisée comme une grande fête populaire par la municipalité actuelle qui n'avait pas lésiné sur les animations et la communication pour montrer qu'ils font des trucs. J'avais trouvé ça choquant comme mise en scène mais le pire est de voir que le bâtiment qui sera construit à la place de ces tours est un pôle nautique dont les photos mettent en avant des bons hommes de papier bien souriants et qui me semblent loin de représenter la diversité de ce quartier (voir la rubrique projet 2005 de l’agence Search http://www.agencesearch.fr ou cette page http://www.mantesenyvelines.fr/FR/html/modeles/Modele1_Projets.php?Id_Page=4).
Je pense qu'il faudrait plus réfléchir à ce qui peut paraître un détail pour certains mais qui pour d'autres est perçu de façon différente...
Il faudrait un peu plus d'auto-analyse des images et des messages produits par les architectes et les urbanistes. Peut-être faudrait t-il que ceux-ci soient un plus aguerris à la sémiologie…
Car je n'avais pas souhaité mettre en valeur une différence dans la représentation de l'espace.
La principale différence, pour moi, est que pour la première, les hommes servent de décors pour un lieu qui est magnifié, alors que dans le second, les décors, ce sont tous ses lieux dans lesquels des êtres éprouvent des sentiments.
Une de mes grand-mères, décédée depuis peu, a vécu ses dernières années dans une maison de retraite où j'allais souvent la voir.
Une maison de retraite, un EHPAD comme on dit maintenant, cela peut paraître comme ces images : un havre de paix, de sérénité. Mais mon expérience m'inspire une vision différente.
Une maison de retraite, c'est aussi des moments douloureux pour la personne âgée qui se sent décliner ainsi pour ceux qui la chérissent, c'est également des moments d'amour, des instants tout simples de bonheur. Beaucoup d'émotions, souvent contenues.
Une maison de retraite ne se réduit pas d'ailleurs à un lieu, elle se définit aussi par rapport à l'extérieur : les lieux d'avant pour les pensionnaires, le trajet pour les visiteurs.
Au final, il me semble que le clip illustre finalement mieux ce qu'est une maison de retraite que les images du projet toulousain...