Partager l'article ! L'urbanisme communal en questions: (mise-à-jour article du 09/11/07) Il y a un an, mon article ...
Chez Belan |
"L'apprenti urbaniste n'est pas un apprenti magicien." |
|
|
Accueil M'écrire Il y a actuellement 3 personne(s) sur ce blog |
||
|
" Il faut allier le pessimisme de l’intelligence à l’optimisme de la volonté ", Romain Rolland |
Urbaniste |
Nov. 2008
(mise-à-jour article du
09/11/07)
Il y a un an, mon article "Un urbanisme politique ?" m'avait permis de synthétiser mes réflexions d'alors sur la place de
l'urbanisme et celle de l'urbaniste.
Depuis, j'ai eu l'occasion de m'occuper du service urbanisme de la mairie de Villeneuve-Tolosane.
Expérience enrichissante et, malheureusement, trop courte qui a confirmé que ma place était là dans un tel rôle d'accompagnateur et de cheville ouvrière d'un urbanisme communal.
Expérience enrichissante, mais aussi génératrice de questions.
Je vous ai, plusieurs fois, fait part de mon désir de prendre le temps de réfléchir sur ce que pouvait être un urbanisme communal au XXIe siècle.
Pour l'instant, pour moi, ce sont d’abord des questions comme celles ci-dessous.
Et vous ?
---------------------------------------------------------
Est-ce que l’urbanisme se réduit à ses côtés administratifs et techniques ou est-ce plus que cela ?
Quelle doit être la place de l’urbanisme dans une politique communale ? Et ailleurs ?
Avec l’élargissement des bassins de vie et le développement de l’intercommunalité, la commune est-elle encore le bon échelon pour traiter l’urbanisme ? Parler d’urbanisme communal a-t-il encore un sens ?
On a tendance à penser qu’il faut « préparer l’avenir », mais, en toute humilité, ne devrait-on pas tenter de ne pas le compromettre ? Avant d’avoir la prétention de faire des « villes durables », ne devrait-on pas tenter de limiter le non durable dans nos territoires ?
Tout ceci nous amène à nous interroger sur nos modes d’interventions.
Dans un monde aussi turbulent que le nôtre, peut-on encore planifier et se contenter de mettre en œuvre un programme ? Est-ce qu’il ne faudrait pas avoir une politique urbaine plus réflexive qui s’adapte pour prendre en compte tous ces imprévus qu’aujourd’hui les communes subissent ?
L’urbanisme, est-ce seulement des grands projets ou existe-til d’autres « urbanismes » (urbanisme des petits gestes, urbanisme du quotidien, urbanisme des usages, etc.) ?
La « concertation » est à la mode, mais sommes-nous bien au clair sur ce que cela recouvre ? Qu’est ce que cela implique ? Quelle doit être la place des divers acteurs des territoires (élus, habitants, usagers, Etat, collectivités, entreprises, etc.) ?
Tout ceci pose aussi la question des moyens. Quels outils ? Quelles missions et quels moyens pour les services ?
---------------------------------------------------------
En bonus (merci Serge), un rapport d'étude pour le PUCA
de Cristina CONRAD et Serge RENAUDIE
LA MAÎTRISE D'OUVRAGE ET
L'ELABORATION DE LA COMMANDE
Articulation entre commandes ponctuelles et commande urbaine globale
Articles
Urbanisme
Qui suis-je ?
Blog:
Vos remarques:
Liens
Professionnels
Le marketing de la ville par Boris
Serge Renaudie (France - Chine)
Politiques
Citoyens
Rien à voir
J'ai commis à la fin du millénaire précédent, avec Cristina Conrad, une recherche pour le PUCA du Ministère de l'Equipement sur ce que j'appelais alors le "communalisme".
Voir document ci-joint. Voici rapidemment quelques opinions :
Depuis 2000, je serais plus précis sur le mode d'organisation communal pour poursuive tout projet politique concernant l'urbanisme.
Il me semble, au regard des différentes villes et agglo danslesqulles je travaille et ai travaillé, que le service urbanisme doit être sous les ordres directs de l'autorité politique principal, c'est à dire le maire. Il est indispensable qu'il regroupe :
- tout ce qui est, de prêt comme de loin, projet urbain, c'est à dire toute implentation de quelque programme que ce soit sur le territoire communal ;
- l’urbanisme réglementaire, le droit du sol ;
- le foncier (acquisitions, échanges, etc….) ;
- le cadastre ;
- Environnement, développement durable etc….
- suivi et direction des OPAH, ZPPAUP, revalorisation du commerce, PLU, etc….
S’il y a SEM, le directeur doit dépendre du directeur du service urba. La SEM n’est qu’un outil, même un outil intelligent.
S’il existe un atelier de dessin, celui-ci doit gérer la cohérence des plans et du SIG mais pas faire de projets de maîtrise d’oeuvre. Les plans de réseaux, les plans géomètre sont souvent ce qui manque cruellement dans les services. C’est pourtant me semble-t-il la base indipensable.
Ensuite, suivant les contextes, il est souhaitable que :
- le service espaces verts – propreté des espaces publcs soit sous ses ordres tout en ayant son propre chef de service ;
- le service habitat traite uniquement des demandes et des offres mais en aucun cas du choix des localisations tout en ayant son propre chef de service ;
- le service bâtiments publics dépende pour les décisions importantes (travaux liés aux façades ou à des mutations d’équipements, concours) du service urba.
Actuellement, le doublement des services des villes avec celui des communautés urbaines est un passage difficile.
Un service urbanisme n’est pas fait pour faire du projet comme un cabinet privé. Le rôle du service urba consiste à faire de la maîtrise d’ouvrage et de la gestion-coordination. Même pour cela il est bon pour le service de s’entourer des avis de cabinets extérieurs, comme pour le plan de développement général de la ville.
Aucune maîtrise d’œuvre de projet ou d’exécution n’est acceptable.
Principe fondamental : Ce n’est pas le nombre de fonctionnaires qui fait la qualité d’un service mais leurs compétences.
Question subsidiaire : en quoi consistent ces compétences ? Toutes celles que l’on peut imaginer plus le sens du projet et de la projection dans l’avenir.
Voilà c’est tout pour ce dimanche !
Il ya deux des questions que tu poses qui m'interpellent particulièrement, celle relative à l'urbanisme et au développment de l'intercommunalité et l'autre relative à l'urbanisme de grands projets qui en suggère la réponse.
Je pense, et j'en suis convaincu, qu'au moment ou nous assistons à l'universalisation de la forme et du paysage urbain (voir mon article "Pour un Nouvel Urbanisme"), il me semble vital de défendre toutes les formes d'urbanisme de proximité quand celles ci existent et de les promouvoir quand elles n'existent pas.
Par conséquent, ce que tu appelles "urbanisme des petits gestes, urbanisme du quotidien, urbanisme des usages", qui est la source qui alimente et entretient l'urbanité donc "la ville qui vit", doit cotoyer celui des grands projets qui est parfois essentiel pour "la ville qui produit". Ceci, n'est pas de l'idéalisme?
Par ailleur, il n'est pas évident que les grandes agglomérations, qui sont en général des structures urbaines consolidées peuvent encore permettre un urbanisme de grands projets, en dehors de certaines grandes opérations de renouvellement urbain.
Heureux de voir que ton clavier fonctionne encore ! J'espère que nous aurons bientôt de nouveau droit à des articles sur ton blog ;o)
Je suis comme toi opposé à cette uniformalisation de la forme et du paysage urbain.
Personnellement, je considère que ce n'est pas une fatalité, mais bien sûr faire autrement est plus compliqué car au-delà du projet de territoire, c'est d'un projet de société qu'il s'agit.
L'urbaniste, dans tout cela, n'est qu'un des acteurs et il peut choisir de s'engager ou pas.
J'ai déjà dit ici que j'ai une vision très politique de l'urbanisme (www.chezbelan.com/article-4381996.html).
C'est la même chose avec les grandes agglomérations.
Tu sembles considérer que la structure urbaine "consolidée" de la plupart limite fortement les "grands projets".
Mais cela dépend de la nature des projets.
Prenons comme exemple, l'agglomération toulousaine.
Celle-ci est engluée entre une ville centre en position d'hégémonie et une "banlieue" qui cherche à s'affirmer et s'étale. Blocage complet depuis des lustres.
Et pourtant, il y a de place pour un projet d'agglomération multipolaire, où chacun aurait sa place. Sa construction s'appuierait sur tout un ensemble de projets, de tout nature, qui s'inscrivent dans le temps, pas forcément "prestigieux" ni "coûteux", mais répondant à de vrais besoins. Par exemple, des bus express pour les trajets banlieue-banlieue généralement non traités.
Devant la complexité de la fabrication de la ville sur la ville et cédant à bulle spéculative et à la pression foncière on reporte le problème des villes, en l'aggravant dans beaucoup de cas, sur leur périphérie.
Le fantôme des villes nouvelles est encore là pour nous le rappeler.
"Petite" question pour souligner ce qui me semble un des plus gros problèmes de Toulouse et de son aire urbaine, son incapacité à définir aujourd'hui :
- des périmètres lisibles et cohérents d'aménagement de son territoire,
- des projets de territoires globaux et agencés,
- des institutions fortes et opérationnelles qui correspondent aux territoires de vie et de projets."
Voilà ce que j'écrivais il y a un an dans mon article "Toulouse : quel(s) territoire(s) pour quel(s) projets(s) ? "
L'urbanisme a pour objectif d'organiser les territoires de telle sorte qu'ils répondent de manière optimum aux besoins des populations.
2 Millions de chômeurs, 1 millions de familles mal logées et un accroissement exponentiel des trajets domicile-travail plus loin, force est de constater que le compte n'y est pas.
La première réaction consiste à considérer qu'il s'agit là de questions générales qui dépasse la capacité d'action locale.
Mon point de vue est inverse et je pense raisonnable de considérer que pour une part une politique nationale n'est que la somme de micro-décisions locales qui fondent les résuktats obtenus
Prise au niveau de chaque commune ou par les communes dans le cadre inter-communal ces décisions sont conçues sur des espaces incohérents éloignés du fonctionnement des bassins de vie.
En l'absence d'une crtique externe de leur propre cadre d'intervention, les urbanistes reproduisent à l'infini et souvent théorisent, pour renforcer la force de ces décisions limitées mais cumulées aboutissant à l'incapacité constatée à répondre au besoin fondamentaux des citoyens sur leur espace.
Pour illustrer mon propos, voyons l'impact de deux notions simples: la mixité urbaine et le bon équilibre des espaces urbanisés et naturels.
Rien à dire à priori sur sur ces deux concepts au demeurant assez bateaux.
Appliqués sur nos espaces communaux incohérents, on aboutit à ce que chaque décideur ou chaque conseilleur local souhaite les respecter à son échelle d'intervention.
La moindre commune de France quelle que soit sa situation géographique va ainsi définir une extension de son territoire urbanisé, la préservation de ses espaces naturels, la création sur son territoire de zones d'équipement et d'activité. La commune contigue procèdera à l'identique et un patchwork fragmentaire se constituera à partir de multiples décisions apparemment cohérentes sur des espaces d'application incohérents.
En conclusion et pour ne pas être trop long je souhaiterais simplement que l'urbanisme et les urbanistes reconnaissent la crise de leurs représentations et que les experts acceptent de leur impuissance à solutionner un problème fondamentament mal posé.
Eric
http://futur-simple.com