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Introduction

Le temps d'un livre
 

Après trois dernières années où la pratique a pris le dessus, il est temps pour moi de prendre du recul, de reprendre le temps dfe la réflexion.

Le Grand Toulouse vient de m'accorder un an de congé de formation à cette fin avec un projet de mémoire un peu particulier : un livre.

 

"Quel urbanisme pour mon territoire ? Petite introduction pour ceux qui veulent participer.", tel est son titre provisoire.

Il n'aura pas la prétention de dire au lecteur quel urbanisme est nécessaire pour son territoire, mais bien de lui ouvrir des perspectives et lui donner des éléments pour y réfléchir.

Il s'agit d'un projet global et multimédia dans lequel contenu, format et modalités de réalisation sont intimement liés et conçu pour répondre à plusieurs niveaux de lecture (citoyen intéressé, citoyen engagé, professionnel ou élu).

Dans la perspective des prochaines élections municipales, l'objectif est de publier ce livre à l'automne 2013.

 

Ce blog aura une place particulière dans ce projet comme lieu de débat pendant sa réalisation et comme support de ressources complémentaires du livre par la suite.

N'hésitez donc pas à faire part de vos commentaires et à vous inscrire ci-dessus pour être prévenus de la publications des nouveaux articles. Bref: participez !

 

Voir la note de présentation.

 

Juin 2012

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Le projet de livre

Livre QUel urbanisme pour mon territoire - page garde V2.0

14 mai 2008 3 14 /05 /mai /2008 12:16

Témoignages extraits du livre

Marcelline
"Les premiers mois, je me débrouillais avec le bus. C'était pas drôle. Pour cinq ou six heures, j'avais presque une heure à une heure et demi entre l'attente et le trajet et puis un bon quart d'heure de marche entre l'arrêt de bus t mon premier ménage. J'ai tenu le coup quinze jours à ce rythme. Parce que cela m'obligeait à partir presque au moment où mes filles arrivaient à la maison. J'avais le temps d'aller les chercher à l'école et puis je partais de suite. Comme je rentrais tard, je les voyais un peu le matin, à moitié endormie et c'est tout. Pour le retour après le boulot, j'avais le dernier bus à minuit et demi, le bus de nuit. Il me laissait à deux ou trois kilomètres de chez moi, je finissais à pied. J'étais rentrée à une heure du matin."

Inconnue 1
"Dans le quartier, c'est une allure de clocharde qu'on doit se donner. Toutes les femmes de mon âge qui vont chercher les enfants à l'école sont habillées en jogging, en pantalon large [...] Dans le quartier, je ne me mettrais jamais féminine"

Faïza (qui appartient à un groupe d'apprentissage du vélo)
"Au début, j'avais des problèmes d'équilibre, mais maintenant ça va mieux. Il ne faut pas se décourager, répéter plusieurs fois, insister. En ville, j'aime pas trop. J'ai un peu peur des klaxons, du bruit, ça me tourne la tête et je perds l'équilibre. Pour le moment je préfère le parking [où le groupe s'initie au vélo], c'est plus tranquille [...]. Cela fait du bien de savoir faire du vélo, ça fait du bien pour le physique, c'est plus rapide pour tout faire."

Jean-Yves (qui réalise régulièrement ds petits travaux de bricolage)
"Je n'accepte les missions que dans un rayon de 7 km, soit 14 kilomètres aller-retour. D'une part, cela me permet de rentrer chez moi le midi, et donc je ne paye pas la gamelle. D'autre part, j'ai calculé que le kilomètre me coûte 0,11 € avec ma voiture qui a 15 ans. Quand je travaille trois jours, cela me coûte 7 € d'essence et je travaille alors une heure pour payer mon déplacement."

Patrick (qui avait quitté le domicile de ses parents pour une nouveau travail)
"Je suis resté même pas six mois. Je n'arrivais pas à me retrouver. C'était comme si je ne pouvais pas me débrouiller seul. Quelque fois je me pose des questions, parce que quand je suis parti, je voulais prouver que j'étais assez grand et que je pouvais faire des choses tout seul. Alors quand je suis revenu, en fait ça disait que je n'étais pas prêt. C'était comme se lancer dans l'aventure sans connaître les règles."

Femme qui a dû mal à explique où elle habite
" Je suis à Brunoy, vers les Hautes-Mardelles, vers Villecresnes. Les Mardelles, c'est vers le Bois de la Grange, à Yerres. Moi, je suis à la limite, c'est pour ça que c'est difficile de vous expliquer. Mardelles, Réveillon, c'est par là..."

Martine qui habite dans un village près de Royan
"Des fois, vraiment, c'est dur. Quand je croise mes voisins à la boulangerie ou à l'école, j'ai l'impression qu'ils me dévisagent, qu'ils savent tout, hein, que je suis au chômage, que j'ai le RMI, que j'ai même pas de voiture. J'ai l'impression des fois d'être moins que rien. [...] Dans une grande ville au moins, on dit que c'est anonyme. Mais l'anonymat, quand on est pauvre, au moins, on n'a pas honte."

Jean-Patrick qui habite à la campagne
"Deux rendez-vous dans la journée, je ne peux pas, c'est trop galère. Les gens comprennent pas ça. A l'ANPE ou à l'agence [d'intérim], ils me disent "faut être réactif". Ouais, mais pour moi, il faut que je me débrouille à chaque fois. Avant d'avoir le taxi [social] de l'Afeji, c'était vraiment la galère. Si le rendez-vous est trop tôt le matin, il n'y a pas de bus et le stop, ça marche pas. Si c'est en fin de matinée, je dois prévoir un casse-croûte parce que je peux pas rentrer chez moi pour manger. Alors l'été, OK, mais l'hiver, quand il caille et qu'il flotte... Et si l'après-midi, je dois recommencer dans un autre sens, le soir, je suis mort et le lendemain, je ne vais pas recommencer !"

Inconnue 2
"Moi, Paris, j'y vais jamais, enfin pas souven. mais mon mari y travaille. Ca fait que c'est comme si j'y allais, hein. Il me raconte. En fin de compte, c'est comme si je travaillais là-bas aussi. Enfin, pas tout à fait, mais un peu quand même. J'ai l'impression que je connais bien le quartier de sa boîte [dans le XIIe arrondissement], il me raconte ce qui se passe dans le métro."

Suzette qui suit les cours de l'auto-école sociale mis en place par la mission locale de Royan
"Le permis, ça va fluidifier ma vie. Je m'y consacre à fond. j'ai laissé tomber tout le reste depuis que je suis entrée en formation. La recherche d'un emploi, j'ai laissé tomber. C'est trop difficile de faire plusieurs choses à la fois. Le plus important, c'est vraiment le permis. Quanf j'aurai une voiture, ce sera complètement différent, pour moi, pour mes enfants, dans le regard qu'ils auront sur moi, mais aussi pour tous ceux qui me connaissent. Je ne dis pas que je vais devenir quelqu'un d'exceptionnel, mais au moins, quelqu'un de normal, quoi !"

Josette qui suit les cours de l'auto-école sociale mis en place par la mission locale de Royan
"J'appréhende, je suis anxieuse, je suis pas à l'aise, je me sens pas bien. C'est pour ça que c'est bien d'être à l'asso., autrement j'aurais baissé les bras. [...]
Quand on a l'échec dans sa vie, on se sent mal. C'est important pour moi de réussir le permis."

Michèle
"Le permis, je le veux vraiment, pour pouvoir me déplacer plus vite ; le bus, c'est long. Je voudrais pouvoir aller à la campagne, avec ma fille, dans des parcs de loisirs, ou même en vacances pourquoi pas... Et puis être autonome, ne plus avoir à demander aux autres. Pour les grosses courses, je demande à ma soeur ou à des copines, mais c'est gênant à force."

Jean-Marc
"C'était pas drôle, il suffit de perdre sa bagnole et on perd tout... Moi, vraiment, du jour au lendemain, j'ai eu l'impression d'être scotché. Tout devient hypercompliqué, tout devient angoissant."

Inconnu 1 à qui AIL 46 "louait" une voiture
"C'était génial, quand je me suis retrouvé dans la voiture, tout seul et que j'ai pu partir... Je pouvais aller où je voulais... Vraiment, avec la voiture, on se sent libre... Plus besoin de demander à quelqu'un, d'attendre... Avec le bus, on fait toujours des détours, on n'est pas son maître. La voiture, c'est vraiment la liberté. On part quand on veut, on passe par où on veut. Tout d'un coup, la vie devrien facile."

Nathalie à qui AIL 46 "louait" une mobylette
"La mobylette, c'est pas génial. Si je garde mon travail, j'essaierais de passer le permis pour avoir une voiture. [...] Mais je fais tout avec la mobylette, j'ai plus besoin de demander [à ses amis de la porter], c'est comme si j'étais devenue une adulte. C'est plus la honte pour moi."

Stéphane à qui AIL 46 "louait" une voiture
"Sans AIL, c'est sûr que je replongeais. C'était vraiment la chaîne, entre l'hôpital, le foyer [où Stéphane était hénergé en désintoxication], l'agence d'intérim, l'entreprise... Tout s'enchaînait bien, mais sans AIL, tout tombait à l'eau, le travail, le sevrage, ma femme, tout. La voiture, c'était vraiment le chaînon manquant. [...] Ce qui m'a vraiment aidé à m'en sortir, c'est deux choses : la confiance que certaines personnes ont placé en moi et la voiture. La voiture, ça m'a appris à respecter les autres. Maintenant, j'aime énormément conduire, pouvoir aller au travail, voir mes amis, mais surtout être libre."
Dans son livre qu'il nous a prêté, Jean-Pierre Clair, directeur d'AIL, a noté que Stéphane travaillait toujours en CDI, qu'il avait à présent deux enfants et qu'il construisait un pavillon.

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Published by Benoît Lanusse - dans Comprendre
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commentaires

journaliste 16/10/2008 13:31

Bonjour,"Pour un reportage à paraître dans un grand magazine de news français, journaliste recherche des témoignages de personnes qui ont pris un deuxième travail ou qui font des petits boulots pour pouvoir joindre les deux bouts (menus travaux de jardinage, bricolage, aide aux personnes âgées, baby sitting, récup et transformation, vide greniers ou autre...) " Si vous vous reconnaissez contactez Priscillia Fattelay par mail à frenchjournalist@gmail.com 

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