Introduction

La responsabilité des "fabricants de ville"

"Les bons fabricants de ville, élus, urbanistes, architectes, paysagistes, rajoutent dess choses les unes aux autres, regardent autour d'eux, sont attentifs à ce qui est déjà là, à ce qui se trouve dans son voisinage. Ils ne laissent pas le privé confisquer les trottoirs sans limites, ils préservent l'espace public, ce vide gratuit, autant qu'ils le peuvent. Ils sont précautionneux, un peu prudent peut-être, minutieux sur les détails. Ils se soucient des petites choses : les vues qu'ils créent, les courants d'air, l'ensoleillement, les ombres portées. Ils s'interrogent sur le beau, ils ne le considèrent pas comme un luxe. Ils le partagent. Les bons sont modestes. Ils acceptent de regarder les gens vivre. Et ils corrigent le tir s'il le faut. Ils ont une morale en somme. Ils ne racontent pas aux gens des sornettes sur le bonheur."

C'est par ces mots magnifiques que Sibylel Vincendon termine son livre, "Petit traité des villes à l'usage de ceux qui les habitent".
Je ne sais pas si je suis un "bon fabricant de ville", mais c'est dans cet esprit que le professionnel militant que je suis essaie de travailler. Et ce n'est pas facile.
 

 

Nov. 2008

 

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Vendredi 11 juillet 2008

Je voudrais aujourd'hui vous conter trois histoires de personnes qui, à leur manière, sont ou ont été des militants de leur vi(ll)e.


SRU : La réponse du cancre

Il y a quelques jours a été rendu publique le second bilan d'application triennal de l'article 55 (2005-2007) de la loi SRU qui oblige 720 communes à atteindre d'ici 2020 20% de logement social (il y a encore 45 % des communes qui n'ont pas rempli leurs obligations). Il y a bientôt trois ans, je vous donnais le premier bilan (2002-2004).
Mais il faut se méfier des jugements hatifs, ne serait-ce parce que ces statistiques font état des logements financés et non construits. Par exemple, sur l'agglomération toulousaine, beaucoup de maires de commune avaient négocié ou imposé un taux de logements sociaux dans des programmes des promoteurs. Or, en cette période d'espectative pour l'immobilier, de très nombreux projets privés ont été stoppés, voire abandonnés. Si bien qu'un certain nombre de logmenents sociaux prévus et dont la construction était financé ne sont pas prêts de voir le jour...
Situation trompeuse visiblement aussi pour Jean-Michel Morer, maire depuis 2004 de Trilport, commune de l'agglomération de Meaux. Suite à la publication des chiffres du ministère, un article dans la presse locale a traité de la "non application" de l'article 55 de la loi SRU par sa commune. Alors, il se défend et démontre, avec justesse, que mettre en place une vraie politique nécessite beaucoup de temps et de volonté. C'est la réponse du cancre.

A noter qu'après plusieurs tentatives, la majorité présidentielle essaie encore une fois d'assouplir cette obligation en incluant les opérations "d'accession sociale à la propriété", terme fourre-tout. La dernière fois, en 2006, l'Abbé Pierre, à 93 ans, s'était déplacé pour rappeler aux députés que "la loi est censée défendre les plus faibles".
Alors que la Fondation Abbé Pierre soulignait à travers son rapport 2008 du mal-logement "le décalage, le fossé qu'il existe entre ce que vivent les ménages et la réponse politique", ce n'est vraiment pas le moment de diminuer les obligations des communes.
Patrick Doutreligne, délégué général de la Fondation abbé Pierre, accuse Christine Boutin de revenir sur ses engagements.


Vivre sans voiture dans une zone non urbaine : c’est possible même en famille ?

C'est possible comme le démontre cette famille belge qui a décidé de vivre sans voiture depuis 6 mois.
C'est exemple n'est certes pas transposable pour chacun, mais il montre bien combien par nos usages, nous pouvons transformer nos vi(ll)es. C'était d'ailleurs le thème d'un de mes articles il y a plus de deux ans "L'usage, l'urbanisme des citoyens".


En modes doux, jusqu'au ciel...

Aujourd'hui, c'est l'enterrement d'un ami victime d'un malaise cardiaque un jour de balade dans la montagne.
Jean-François était un homme simple, profondément humaniste, passionné et militant. Il était ainsi très investi au sein de nombreuses associations comme Convergencia Occitana, le Comité de quartier de Saint-Agne-Niel, l'Association Vélo ou le Collectif PDU où je l'ai rencontré.
Les dernières fois où je l'ai vu me semblent à l'image du Jean-François que j'ai connu.
Il y a peu lors d'un déplacement professionnel, à voiture, j'aperçois un cycliste devant moi affalé sur son guidon, les cheveux en bataille. Je l'ai reconnu de suite et j'ai commencé à klaxonner (j'aime bien klaxonner). Au moment où je l'ai dépassé, je l'ai salué et, sur le coup, je l'ai vu hésiter. Et puis une fraction de seconde après, je l'ai vu se redresser sur sa bécane, lever la main et j'ai pu lire sur ses lèvres un "Adiou !" prononcé d'une voix toujours chaleureuse.
La dernière fois, c'était il y a deux semaines pour la clôture des Assises de la mobilité de Toulouse. L'après-midi était venu le temps des "huiles" et de discours plus convenus. Très fatigué, je m'étais calé au fond (une vieille habitude), seul, bien décidé à écouter d'une oreille, au cas où, pour mieux somnoler de l'autre. Jean-François s'est assis à côté de moi et lui n'était pas là pour somnoler. Ce qu'il aimait, c'était discuter, réfléchir, confronter les points de vue, élargir les approches... Comme d'habitude.

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