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Introduction

Le temps d'un livre
 

Après trois dernières années où la pratique a pris le dessus, il est temps pour moi de prendre du recul, de reprendre le temps dfe la réflexion.

Le Grand Toulouse vient de m'accorder un an de congé de formation à cette fin avec un projet de mémoire un peu particulier : un livre.

 

"Quel urbanisme pour mon territoire ? Petite introduction pour ceux qui veulent participer.", tel est son titre provisoire.

Il n'aura pas la prétention de dire au lecteur quel urbanisme est nécessaire pour son territoire, mais bien de lui ouvrir des perspectives et lui donner des éléments pour y réfléchir.

Il s'agit d'un projet global et multimédia dans lequel contenu, format et modalités de réalisation sont intimement liés et conçu pour répondre à plusieurs niveaux de lecture (citoyen intéressé, citoyen engagé, professionnel ou élu).

Dans la perspective des prochaines élections municipales, l'objectif est de publier ce livre à l'automne 2013.

 

Ce blog aura une place particulière dans ce projet comme lieu de débat pendant sa réalisation et comme support de ressources complémentaires du livre par la suite.

N'hésitez donc pas à faire part de vos commentaires et à vous inscrire ci-dessus pour être prévenus de la publications des nouveaux articles. Bref: participez !

 

Voir la note de présentation.

 

Juin 2012

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Le projet de livre

Livre QUel urbanisme pour mon territoire - page garde V2.0

30 mai 2006 2 30 /05 /mai /2006 12:50

Ce matin, j'ai reçu un mail d'un architecte que je vous livre tel quel.
Son contenu devrait succiter votre réaction car il évoque des dilemmes auxquels nous sommes souvent soumis en tant que professionnels et dont tous nous subissons les conséquences en tant que citoyens.

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Des logements, non des produits financiers

Nous sommes à l'heure actuelle dans une France qui manque terriblement de logements, trop de gens vivent dans des taudis, des logements insalubres, des squats ou des logements aux loyers qui grèvent leur budget ...
Que fait on pour eux?
Pas grand chose je trouve...

Nous, les architectes, les premiers, nous ne nous battons pas assez pour ces hommes et ces femmes, mais nous manquons aussi d'armes, financières, surtout, devant ces groupes nationaux de promoteurs.

Des terrains, oui, ils en trouvent même à des prix qu'ils ne pensent même pas atteindre, ils font des offres exorbitantes pour faire 50, 100 voire 200 logements dans les grandes villes ou dans leurs agglomérations.
Mais pour qui?
Non pas pour des familles décomposées qui manquent de moyens, ni pour des étudiants qui continuent leur études de longues halènes ... ni pour des familles gagnant un SMIC, et Dieu sait qu'il y en a.
Mais pour des PORTES-FEUILLES, des investisseurs dont on ne sait rien, qui ne voient jamais leurs achats. Frustrant je trouve.
Mais pas si surprenant finalement quand on comprend que nos vies et nos ambitions sont bercées par l'argent mais surtout ce manque continuel d'argent ou plutôt ce besoin perpétuel d'argent.
Bref, rentabilité de surfaces SHON, augmentations du nombres de logements par opération entraînent des diminutions considérables des surfaces habitables.

Il y a 20 ans voire plus, les petits logements T2 -T3 étaient construits pour les étudiants, les jeunes couples sans enfants, les personnes âgées vivant seules.
De nos jours, la société a évolué, les divorces justifient cette forte demande de logements mais les T3 de 55 m² sont-ils suffisants pour une maman et ses deux enfants qui vivent dans appartements qui ne sont pas conçus pour eux mais pour des investisseurs.
Dernièrement, un promoteur m'a dit : «  Nous vendons un produit immobilier... » en parlant des appartements, je suis restée béa de peur....
Pensent-ils aux personnes qui y vivront? Je ne crois pas.
Pourraient-il vivre dans ces logements? Encore moins sûre... Leur 170m² avec piscine leur manquerait trop vite....

Pour répondre à ma question initiale : Que fait on pour ces gens? On les sort de leur appartemment insalubres pour les mettre dans des cages. Et en plus, on espère qu'ils seront contents et qu'ils remercieront la société pour les avoir aidés.... Au secours....


Pendant ce temps là, dans les agences immobilières.

Pour finir, je vais vous raconter une petite anecdote personnelle.

J'ai changé de logement dernièrement, je vivais avec mon époux dans un T2 42,00m² en face d'un lycée dans une ville proche de Toulouse de 35 000 habitants.
Le logement avait 15 ans, produit « Périsol » je pense.
Quand nous avons fait l'état des lieux d'entrée, l'état de l'appartement laissait à désirer ; les peintures étaient très sales, les tapisseries se décollaient dans les autres pièces, de nombreux carreaux de sols étaient cassés, la moquette dans la chambre était toute tachée. Bref un bon rafraîchissement du logement s'imposait.
Mais nous savions que nous n'allions pas y rester donc nous l'avons juste signalé pour protéger notre caution et pour en informer l'agence.

Récemment lors de notre état des lieux de sortie, l'expert de l'agence a considéré que le logement était en état correct! Nous avons été choqués !
Pour lui du moment, qu'il n'y avait pas de moisissure sur les murs, de fenêtres cassées, qu'il n'y avait pas de fuite d'eau et que l'électricité n'était pas dangereuse, tout allait bien.
De plus, alors que je lui avait signalé que les nouveaux locataires avaient demandés une remise en état et il m'a répondu gentilement que cela m'étonnerait qu'ils obtiennent gain de cause avec l'agence.
Afin de re-louer sans attendre les appartements, les agences préfèrent dire que les logements sont propres, même s'ils se dégradent au fil des années, que d'engager des frais pour les restaurer....
Du coup, les occupants, à la longue, finissent par vivre dans des taudis...

Alors entre les promoteurs qui sont là pour faire du pognon sur le dos des architectes et de la population locative, et les agences immobilières de location, qui sont d'ailleurs souvent cul et chemise avec eux, quand se ne sont pas les mêmes groupes, ....
Je me demande des fois si cela vaut encore le coup de se battre, de réfléchir à comment faire des logements viables, des espaces de communauté où les gens discutent, partagent, vivent....
Mais est-on encore dans un monde qui ressemble à cela pour avoir envie de créer des lieux de vie où l'homme peut se protéger entre des murs des agressions extérieures, quand il rentre du travail où il peut se reposer, partager des choses avec sa famille, ses amis...

Finalement, à quoi sert un logement?
Qu'y fait on?
Qu'elle en est sa destination?

Toutes ses questions, nous, architectes, nous nous les posons. Mais sont-elles pas un peu rétrogrades face à la dure réalité de l'argent?

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Published by Benoît Lanusse - dans Pratiques
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commentaires

mix & re 13/04/2007 18:28

Ne perd pas tes illusions, les financiers constuisent pour produire des bénéfices, mais essaye de prendre ton mal en passiance.

un jour ils comprendront

Renaud 07/06/2006 20:26

oula, je n'utiliserais pas le mot rétrograde.. peut etre plutot utopiste? c quand meme plus joli mais tout autant déconnecté de la réalité. quoique

Léo 05/06/2006 08:59

Symptôme d'une perte de vue irrémédiable des instances ou téléscopage malencontreux.
Ce message paraît alors que l'ordre des architectes envoie à ses membres " la chartre d'engagement des architectes en faveur du développement durable ".
Huit points pour : un ancrage culturel et un développement local, une intégration sociale et solidaire, une protection de l'environnement éco-efficiente, une vision économique intégrant l'exigence sociale et une performance collective, le devoir de concertation et de pédagogie, la conformité aux exigences réglementaires doublée d'une force de proposition le tout dans une transparence morale, la recherche à travers l'innovation et la créativité, la vision à long terme et le respect des générations futures.
Si il y a un lobbying d'architectes, il n'est pas connecté aux réalités présentées, il y a du travail à faire pour que poser ces questions engage une réaction.
Bon Lundi de Pentecôte mon cher Benoit,
LéO

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