Introduction

La responsabilité des "fabricants de ville"

"Les bons fabricants de ville, élus, urbanistes, architectes, paysagistes, rajoutent dess choses les unes aux autres, regardent autour d'eux, sont attentifs à ce qui est déjà là, à ce qui se trouve dans son voisinage. Ils ne laissent pas le privé confisquer les trottoirs sans limites, ils préservent l'espace public, ce vide gratuit, autant qu'ils le peuvent. Ils sont précautionneux, un peu prudent peut-être, minutieux sur les détails. Ils se soucient des petites choses : les vues qu'ils créent, les courants d'air, l'ensoleillement, les ombres portées. Ils s'interrogent sur le beau, ils ne le considèrent pas comme un luxe. Ils le partagent. Les bons sont modestes. Ils acceptent de regarder les gens vivre. Et ils corrigent le tir s'il le faut. Ils ont une morale en somme. Ils ne racontent pas aux gens des sornettes sur le bonheur."

C'est par ces mots magnifiques que Sibylel Vincendon termine son livre, "Petit traité des villes à l'usage de ceux qui les habitent".
Je ne sais pas si je suis un "bon fabricant de ville", mais c'est dans cet esprit que le professionnel militant que j'essaie de travailler. Et ce n'est pas facile.
 

 

Nov. 2008

 

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Vendredi 29 septembre 2006 5 29 /09 /2006 17:42

Le très intéressant article d' Archi Addict sur "Le pouvoir de l'image en réunion publique" m'incite a développer certaines de mes éflexions.


Concertation, consultation, information : de quoi parle-t-on ?

Concertation : il s'agit d'associer à l'élaboration d'une décision.
Consultation : il s'agit de recuiller des avis avant une décision.
Information : il s'agit de présenter un choix.

Aujourd'hui, on met de la "concertation" à toutes les sauces alors que fréquemment on se contente de consultation ou d'information.
Croit-on que les citoyens sont dupes ? Je ne crois pas et cela crée une frustration inutile.

Personnellement, je crois à la concertation comme source d'élaboration de choix collectifs, mais ce n'est pas la panacée et cela demande un travail sur la durée.
La consultation et l'information sont aussi des outils intéressants de communication entre élus, professionnels et citoyens.

L'important est la sincérité de la démarche.


"A quelle sauce va-t-on être mangés ?"

C'est malheureusement la question que se posent trop souvent ceux qui assistent à une réunion publique. Et comment pourrait-il en être autrement ?
Soit les choix sont déjà faits, soit les projets sont trop fignolés, dans un soucis de bien faire, pour ne pas être considérés comme quasiment définitifs, soit le temps manque pour une discussion sereine, ...
Toujours est-il qu'en général on ne leur fournit qu'une information partielle et encore au dernier moment.

Il ne faut donc pas s'étonner qu'il y ait des réactions passionnées, parfois sur des détails, que des associations se montent en réaction.


Parler du fond

A contrario de démarches qui voudraient présenter au mieux une vision synthétique, au pire une partielle et partiale, je crois qu'il faut diffuser de manière exhaustive les documents d'études et laisser du temps.
En effet, je suis convaincu que l'on a tout à gagner en donnant aux citoyens les moyens de faire leur propre jugement, de mesurer les paramètres de la décision à prendre.
Car il y a rarement de solutions parfaites. Elles ont, en générale, toutes leurs avantages ou leurs inconvénients. Il s'agit donc souvent de choix complexes qui doivent être pesés.

Or, couramment, c'est une solution "idéale" que l'on met en avant.
Là encore, il faut s'attendre à ce que certains s'aperçoivent que la solution présentée a aussi des inconvénients ou que telle autre, mise au placard, a également des avantages.

Pourquoi ne pas considérer les citoyens comme des adultes capables de peser les avantages et les inconvénients de tel ou tel choix ?
Ils sont en plus aussi, individuellement ou collectivement, capables d'enrichir le débat. L'expertise citoyenne est une réalité dont j'aurais l'occasion de reparler prochainement.


Vers un choix politique assumé et partagé

Certains élus ou professionnels refusent la transparence car ils se considèrent comme des autocrates ou des sages suffisamment éclairés.
Plus nombreux sont ceux qui sont frileux. Il est vrai qu'on a facilement peur que le débat dérappe, que tous ne saisissent pas toutes les données du problème, que des intérêts particuliers l'emportent sur l'intérêt général, etc. Leur tâche n'est pas simple.

Et c'est justement pour cela qu'il faut mettre tous les paramètres du choix sur la table.
Que celui-ci soit pris en concertation (démocratie participative) ou par les seuls élus (démocratie représentative), il s'agit d'un choix politique, au sens noble du terme, qui peut alors être assumé et qui, du coup, oblige chacun à se positionner.

Pourquoi est-ce si usant de faire des réunions publiques ? Parce que fréquemment on se débrouille pour que seuls les mécontents s'expriment.
Pourquoi oeuvrer dans la transparence ? Pour que le meilleur choix soit fait et qu'il soit porté par tous ceux qui le partage.


Petit exemple

Le week-end dernier, nous discutions de ce sujet avec un ami qui travaille dans l'éolien.
Dans ses projets, il constate deux types d'attitudes :
- il y a les maires qui diffusent toutes les informations, les études des mois avant l'enquête publique et qui portent le projet. Les projets sont alors parfois modifiés légèrement suivant les retours. Toujours est-il que l'enquête publique se déroule toujours sans accrocs.
- il y a enfin les maires qui veulent bien des éoliennes, mais qui ont peur d'une levée de boucliers. Les informations ne sont alors diffusées qu'au moment de l'enquête publique. En général, cela se passe plutôt mal.

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