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Introduction

Le temps d'un livre
 

Après trois dernières années où la pratique a pris le dessus, il est temps pour moi de prendre du recul, de reprendre le temps dfe la réflexion.

Le Grand Toulouse vient de m'accorder un an de congé de formation à cette fin avec un projet de mémoire un peu particulier : un livre.

 

"Quel urbanisme pour mon territoire ? Petite introduction pour ceux qui veulent participer.", tel est son titre provisoire.

Il n'aura pas la prétention de dire au lecteur quel urbanisme est nécessaire pour son territoire, mais bien de lui ouvrir des perspectives et lui donner des éléments pour y réfléchir.

Il s'agit d'un projet global et multimédia dans lequel contenu, format et modalités de réalisation sont intimement liés et conçu pour répondre à plusieurs niveaux de lecture (citoyen intéressé, citoyen engagé, professionnel ou élu).

Dans la perspective des prochaines élections municipales, l'objectif est de publier ce livre à l'automne 2013.

 

Ce blog aura une place particulière dans ce projet comme lieu de débat pendant sa réalisation et comme support de ressources complémentaires du livre par la suite.

N'hésitez donc pas à faire part de vos commentaires et à vous inscrire ci-dessus pour être prévenus de la publications des nouveaux articles. Bref: participez !

 

Voir la note de présentation.

 

Juin 2012

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Le projet de livre

Livre QUel urbanisme pour mon territoire - page garde V2.0

29 septembre 2006 5 29 /09 /septembre /2006 17:42

Le très intéressant article d' Archi Addict sur "Le pouvoir de l'image en réunion publique" m'incite a développer certaines de mes éflexions.


Concertation, consultation, information : de quoi parle-t-on ?

Concertation : il s'agit d'associer à l'élaboration d'une décision.
Consultation : il s'agit de recuiller des avis avant une décision.
Information : il s'agit de présenter un choix.

Aujourd'hui, on met de la "concertation" à toutes les sauces alors que fréquemment on se contente de consultation ou d'information.
Croit-on que les citoyens sont dupes ? Je ne crois pas et cela crée une frustration inutile.

Personnellement, je crois à la concertation comme source d'élaboration de choix collectifs, mais ce n'est pas la panacée et cela demande un travail sur la durée.
La consultation et l'information sont aussi des outils intéressants de communication entre élus, professionnels et citoyens.

L'important est la sincérité de la démarche.


"A quelle sauce va-t-on être mangés ?"

C'est malheureusement la question que se posent trop souvent ceux qui assistent à une réunion publique. Et comment pourrait-il en être autrement ?
Soit les choix sont déjà faits, soit les projets sont trop fignolés, dans un soucis de bien faire, pour ne pas être considérés comme quasiment définitifs, soit le temps manque pour une discussion sereine, ...
Toujours est-il qu'en général on ne leur fournit qu'une information partielle et encore au dernier moment.

Il ne faut donc pas s'étonner qu'il y ait des réactions passionnées, parfois sur des détails, que des associations se montent en réaction.


Parler du fond

A contrario de démarches qui voudraient présenter au mieux une vision synthétique, au pire une partielle et partiale, je crois qu'il faut diffuser de manière exhaustive les documents d'études et laisser du temps.
En effet, je suis convaincu que l'on a tout à gagner en donnant aux citoyens les moyens de faire leur propre jugement, de mesurer les paramètres de la décision à prendre.
Car il y a rarement de solutions parfaites. Elles ont, en générale, toutes leurs avantages ou leurs inconvénients. Il s'agit donc souvent de choix complexes qui doivent être pesés.

Or, couramment, c'est une solution "idéale" que l'on met en avant.
Là encore, il faut s'attendre à ce que certains s'aperçoivent que la solution présentée a aussi des inconvénients ou que telle autre, mise au placard, a également des avantages.

Pourquoi ne pas considérer les citoyens comme des adultes capables de peser les avantages et les inconvénients de tel ou tel choix ?
Ils sont en plus aussi, individuellement ou collectivement, capables d'enrichir le débat. L'expertise citoyenne est une réalité dont j'aurais l'occasion de reparler prochainement.


Vers un choix politique assumé et partagé

Certains élus ou professionnels refusent la transparence car ils se considèrent comme des autocrates ou des sages suffisamment éclairés.
Plus nombreux sont ceux qui sont frileux. Il est vrai qu'on a facilement peur que le débat dérappe, que tous ne saisissent pas toutes les données du problème, que des intérêts particuliers l'emportent sur l'intérêt général, etc. Leur tâche n'est pas simple.

Et c'est justement pour cela qu'il faut mettre tous les paramètres du choix sur la table.
Que celui-ci soit pris en concertation (démocratie participative) ou par les seuls élus (démocratie représentative), il s'agit d'un choix politique, au sens noble du terme, qui peut alors être assumé et qui, du coup, oblige chacun à se positionner.

Pourquoi est-ce si usant de faire des réunions publiques ? Parce que fréquemment on se débrouille pour que seuls les mécontents s'expriment.
Pourquoi oeuvrer dans la transparence ? Pour que le meilleur choix soit fait et qu'il soit porté par tous ceux qui le partage.


Petit exemple

Le week-end dernier, nous discutions de ce sujet avec un ami qui travaille dans l'éolien.
Dans ses projets, il constate deux types d'attitudes :
- il y a les maires qui diffusent toutes les informations, les études des mois avant l'enquête publique et qui portent le projet. Les projets sont alors parfois modifiés légèrement suivant les retours. Toujours est-il que l'enquête publique se déroule toujours sans accrocs.
- il y a enfin les maires qui veulent bien des éoliennes, mais qui ont peur d'une levée de boucliers. Les informations ne sont alors diffusées qu'au moment de l'enquête publique. En général, cela se passe plutôt mal.

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Published by Benoît Lanusse - dans Pratiques
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commentaires

Mathieu 09/11/2006 22:48

Personnelement, je ne crois pas beaucoup à la démocratie participative. Au risque d'être trop pessimiste, je remarque que les habitants concernés par un projet n'y sont que rarement réellement associés.Je travaille sur les politiques patrimoniales et j'ai remarqué, à l'occasion de la mise en place d'une ZPPAUP de centre-ville, que les élus ont été frileux quant à la concertation puique peu de réunions furent organisées et la communication minime (par crainte m'avouera la chargée de mission)... Quant à l'enquête publique qui va bientôt se dérouler, elle ne changera pas le fond du document, car celui-ci est pour ainsi dire bouclé...Mais l'enquête publique donne l'illusion à certains citoyens de particper au projet. Je n'y crois pas trop : les citoyens ne participent que peu aux projets car déjà, ils sont trop souvent perçus (à tort ou à raison) comme n'ayant pas les compétence pour le faire (parfois même n'ayant pas la légitimité)...Encore une fois, pour modérer ces propos, je pens mon avis trop pessimiste. Au regard de ce qui va se passer prochainement dans mes études (je ne suis qu'en M2), je vais avoir le temps d'etoffer ces reflexions et d'être moins catégorique, qui sait ?

Benoît L. 02/10/2006 12:55

Je suis tout à fait d'accord pour dire qu'il faut faire attention quant on parle de d'expertise citoyenne. Je vais mettre en ligne ce soir quelques exemples d'expertise citoyenne que je considère comme intéressants.

ArchiAddict 02/10/2006 11:53

Je suis absolument d'accord. J'ajouterais deux choses : la conduite du débat est souvent inexistante. Il est vrai que c'est une vraie compétence qui s'affine avec l'expérience. Néanmoins, les urbanistes ne sont pas bien formés à la conduite de débat public. Il existe maintenant des outils qui permettent de rendre ces réunions productives : il serait urgent que les urba soient formés.
Ensuite, si la démocratie participative est indispensable dans l'élaboration du projet, je trouve que le terme d'expertise citoyenne est démagogique et leurre le public : en dernier ressort, ce n'est pas lui qui prendra les décisions, il le sait très bien. Quand on lui parle d'expertise citoyenne, le public se cabre, ayant l'impression qu'on se paye un peu sa tête d'où une démotivation à participer aux concertations, se demandant à titre d'expert en quoi il participe, sachant que 60 autres millions de citoyens sont tout aussi experts que lui en la matière ...

Benoît L. 01/10/2006 20:12

A lire donc dans la revue Esprit du mois de juilletDémocratie et participation : l’exemple de la rénovation urbainepar DONZELOT Jacques et EPSTEIN RenaudLes démolitions et reconstructions de logements sociaux en cours sous l’égide de la loi sur la rénovation urbaine sont censées être conduites avec la participation des habitants. Qu’en est-il exactement ? La description des dispositifs mis en œuvre à Montfermeil, Reims, Nantes et Dijon montre que la prise en compte des habitants demeure symbolique et ne parvient jamais à donner un pouvoir effectif aux populations concernées. La grande démocratie et la petite démocratiepar MOTHÉ DanielLa critique du déficit de participation de la démocratie représentative conduit souvent à un éloge de la démocratie directe. Préoccupé par les insuffisances de celle-ci, réservée de facto à de petits groupes de person¬nes disponibles, l’auteur met l’accent sur des formes de délibérations usuelles et efficaces qu’il appelle « petite démocratie ». À quelles conditions celle-ci peut-elle fonctionner et, à l’horizon, revitaliser la grande démocratie ? http://www.esprit.presse.fr/review/article.php?code=13496Comment favoriser la participation démocratique ?par Michaël Foesselhttp://www.esprit.presse.fr/review/bonus/details.php?code=9A lire également cette tribune du 19 juin 2006 devant l'Ordre des architectes de Jacques Donzelothttp://montoulouse.blogs.com/dossier1/2006/09/penser_la_ville.html#more

gildas 01/10/2006 09:41

J.donzelot     a redigé un article tres complet sur ce sujet dans la revue esprit de juillet dernier

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