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"L'apprenti urbaniste n'est pas un apprenti magicien." |
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Urbaniste |
Nov. 2008
Enrichir le débat
Lorsque l'on consulte les habitants, c'est bien souvent pour une question de principe, pour tâter le pouls, rarement parce que l'on pense qu'ils peuvent enrichir de manière significative le débat.
Or si un professionnel peut amener de part son expérience, ses compétences, une analyse et des propositions qui amènent un peu de recul à ceux qui vivent le territoire, il ne peut néanmoins pas tout saisir, ni agir sur tout.
Un territoire, c'est des pratiques sociales, c'est des perceptions qui ne s'inscrivent non seulement dans le présent et le futur, mais aussi dans le passé.
Qui d'autre connaît mieux ce territoire que ses habitants ? Qui est vraiment concerné par le devenir d'un territoire ?
Certains ont peut-être l'impression que reconnaître que l'on a besoin des autres, c'est comme remettre en cause leurs propres compétences.
Je ne le crois pas. On travaille là sur des sujets suffisamment complexes pour considérer que tout point de vue (habitants, usagers, associations, universitaires, artistes, ...) ne peut qu'enrichir la réflexion.
Et ce d'autant plus quand ceux-ci prennent la peine d'avoir une attitude constructive.
Quelques exemples toulousains
Le collectif associatif PDU
Lors de l'élaboration du PDU (plan de déplacement) de l'agglomération toulousaine, adopté et mis en révision en 2001, un collectif d'association s'est créé pour défendre un projet plus ambitieux avec un fort développement des transports en communs (tramway et trains).
Si celui-ci a été un peu amendé depuis, ce n'est pas là l'unique apport de ce collectif.
En effet, ce collectif, dont je vous signale régulièrement les réunions, est aujourd'hui un lieu identifié de débats où sont abordés les problématiques des déplacements et les projets sur l'agglomération toulousaines.
Entre incantation et souci de réalisme, les débats sont parfois très animés.
Comme je suis leurs réunions depuis mon retour, les autres exemples ci-dessous tournent tous autour de la problématique des déplacements.
L'Association Vélo
L'Association Vélo a lancé une grande enquête de notation du réseau cyclable toulousain par ses 650 membres jusqu'au 22 octobre.
Les résultats seront communiqués aux services de la Mairie et croisés avec une étude réalisée par un bureau technique. Un programme d'amélioration du réseau cyclable et de résorption des discontinuités devrait alors être mis sur pied.
A suivre.
Véracruz
Veracruz est à la base une associations de naturalistes. Depuis 10 ans, ses membres entretiennent un petit bois ("Sentier Nature") de quelques hectares au fond du campus de l'Université Paul-Sabatier de Toulouse, et font de la sensibilisation à la protection de l'environnement.
Mais à la fin de 2005 (après la concertation), ils se sont rendus compte qu'un projet de nouvelle voirie (la "LMSE") allait affecter ce petit bois et balafrer le canal du midi.
L'association a alors choisi de ne pas se contenter de protester mais de proposer de vrais projets alternatifs. Leur dossier est un modèle de professionnalisme.
Plus d'infos.
Le débat sur le TCSP sur la RN88
Récemment vient de capoter un important projet de bus en site propre sur la RN88 pour desservir les communes du nord-est de l'agglomération aujourd'hui saturées aux heures de pointes. Tout le monde est convaincu de l'intérêt d'améliorer la desserte en transport en commun de cette zone, mais le refus par certains de couper plus de 200 très beaux platanes pour l'élargissement nécessaire de la voirie vient d'enterrer le projet pour au moins deux ans (élections obligent).
Difficile pour moi de juger le projet d'un point de vue technique, mais je crois d'abord qu'il s'agit d'un échec politique.
Politique dans le sens où il n'y avait pas, et il n'y aura pas, de solution miracle pour mettre en place cet équipement. Il existe plusieurs alternatives, mais chacune avec ses avantages et ses inconvénients. Il y a donc un choix à faire qui va au-delà des aspects techniques.
Les débats enflammés qui ont eu lieu lors de la dernière réunion du collectif PDU montrent bien que l'un des questions centrales est "l'acceptabilité" de telle ou telle option.
A trop vouloir passer en douce, à ne pas vouloir créer de vagues, on tronque le débat et avec le risque de voir capoter un projet pratiquement finalisé.
Je crois, comme je vous l'ai déjà dit, qu'il ne faut pas avoir peur d'oeuvrer dans la transparence et obliger chacun à se positionner.
1- Est-ce que l'on juge nécessaire un bus en site propre ?
2- Si oui, qu'est-ce que l'on est prêt à accepter pour permettre sa réalisation ?
Pour faire le point, une soirée de débats sera organisée par plusieurs associations.
Je vous tiendrai au courant.
PS : j'ai oublié de préciser que ce projet m'intéresse particulièrement puisqu'il me permettrait de ne plus devoir prendre la voiture pour rejoindre mon nouveau club de rugby à l'Union.
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