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Introduction

Le temps d'un livre
 

Après trois dernières années où la pratique a pris le dessus, il est temps pour moi de prendre du recul, de reprendre le temps dfe la réflexion.

Le Grand Toulouse vient de m'accorder un an de congé de formation à cette fin avec un projet de mémoire un peu particulier : un livre.

 

"Quel urbanisme pour mon territoire ? Petite introduction pour ceux qui veulent participer.", tel est son titre provisoire.

Il n'aura pas la prétention de dire au lecteur quel urbanisme est nécessaire pour son territoire, mais bien de lui ouvrir des perspectives et lui donner des éléments pour y réfléchir.

Il s'agit d'un projet global et multimédia dans lequel contenu, format et modalités de réalisation sont intimement liés et conçu pour répondre à plusieurs niveaux de lecture (citoyen intéressé, citoyen engagé, professionnel ou élu).

Dans la perspective des prochaines élections municipales, l'objectif est de publier ce livre à l'automne 2013.

 

Ce blog aura une place particulière dans ce projet comme lieu de débat pendant sa réalisation et comme support de ressources complémentaires du livre par la suite.

N'hésitez donc pas à faire part de vos commentaires et à vous inscrire ci-dessus pour être prévenus de la publications des nouveaux articles. Bref: participez !

 

Voir la note de présentation.

 

Juin 2012

Recherchez Ici

Le projet de livre

Livre QUel urbanisme pour mon territoire - page garde V2.0

14 octobre 2006 6 14 /10 /octobre /2006 00:05

Accidentés et intoxiqués au travail
Banlieusards
Délocalisés
Démotivés
Discriminés
Disparus
Dissimulés
Drogués
Égarés
Éloignés
Enfermés
Expulsables
Explusés
Femmes à domicile
Gars du coin
Gens du voyage
Habitants des taudis
Intermittents de l'emploi
Jeunes au travail
Oubliés de la santé
Précaires du public
Pressurés
Privatisés
Prostitué(e)s
Rénovés
Rmistes
Salariés déclassés
Sans-emploi
Sans-domicile
Sous contrôle
Sous-traités
Stagiaires
Surendettés
Travailleurs de l'ombre
Vieux pauvres

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Triste ABCDaire de cette France invisible sur laquelle se sont penchés Stéphane Beaud, sociologue (dont je vous ai déjà parlé), Jade Lindgaard et Joseph Confavreux, journalistes.
Au départ, le sentiment qu'il est difficile de parler de la réalité du monde social tant que ce n'est pas spectaculaire. Or ces différentes catégories représentent des millions de personnes pourtant bien présentent dans notre société, dans nos villes.
Cet ouvrage semble donc particulièrement d'actualité en cette période électorale.

Cette longue litanie de malheurs, de souffrances me fait penser à ce que me dit, il y a de longues années, l'une de mes grand-mères dont, coincidence, c'est l'anniversaire aujourd'hui :

"On n'a jamais été riches, mais on n'a jamais été malheureux"

Et c'est vrai qu'ils étaient de condition très modeste, qu'ils ont connus des épreuves. Mais si ma grand-mère, fait une différence avec le malheur, c'est, je crois, que le rapport à la vie était différent.
Tout d'abord car les réseaux d'entraide (famille, amis) occupaient et occupent toujours une place importante.  La conviction que l'avenir était synonyme de progrès (mon grand-père est le premier qui soit passé du statut de métayer à celui de fermier par exemple : lire 1, 2, 3, 4) et celle que les efforts finissent par payer étaient aussi très profondément ancrées, je pense. Enfin, ils avaient une ambition "modeste" : bien éduquer leurs enfants et les "placer" pour qu'ils puissent construire leur vie et être heureux.

Or aujourd'hui, les réseaux de solidarités ont explosé, les certitudes sur l'avenir ont disparu et il existe une énorme pression sociale et médiatique : une personne "normale" doit avoir une belle voiture, offrir à ses enfants un téléphone portable dernier cri, être propriétaire, répondre à des canons de beauté, etc.
Ce contexte explique, à mon avis en partie, la souffrance psychologique qu'entraînent aujourd'hui les difficultés de la vie.

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Pour en savoir plus sur "La France invisible"

Emission Là-bas, si j'y suis
Introduction
Quatrième de couverture


Pour acheter "La France invisible"

A la page
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Fnac

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Published by Benoît Lanusse - dans Médias
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commentaires

Benoît L. 24/10/2006 14:27

"Je crois que le progrès existe toujours mais s'est transformé : moins d'illusions, on ne croit plus au paradis sur Terre, mais à une amélioration (lire Le sens du progrès de Taguieff)."D'accord pour dire que le progrès existe toujours et s'est transformé. Mais c'est sur la définition de cette transformation que nous ne sommes peut-être pas d'accord. En effet, le basculement fondamental que j'observe, c'est que pour la première fois les parents ne sont pas convaincus que la situation de leurs enfants sera meilleure que la leur. Il y a des progrès pour une minorité, mais pour eux, l'avenir = incertitudes.Notre société offre très peu de perspectives, or on a besoin d'un horizon oiyr avancer (voir le poème d'Edouardo Galeano )."Les réseaux sociaux n'ont pas volé en éclat non plus, mais tiennent compte des nouveaux individualismes, ils sont électifs et non plus imposés. La famille, si elle a explosé, ne cesse de se recomposer."Oui, il est clair que la nature des relations que l'on crée a changé.Nous sommes passés au fur-et-à-mesure d'une communauté avec un nombre limité de liens très forts et généralistes à une société "hypertexte" avec une multitude de liens spécialisés et plus tenus (Le réseau comme mode opératoire).Sauf que ce n'est pas toujours facile de gérer de tels liens, en particulier dans une situation de fragilité. Or, justement, dans ce cas là, la pudeur, notamment, ne vous incite pas à vous ouvrir à n'importe qui."les analyses façon Bourdieu révèlent une certaine misère, mais avec une capacité à s'appitoyer sur les déterminismes sociaux qui me semble gênante"Je n'ai jamais lu de livres de Bourdieu, mais cela ne me semble pas la démarche de Beaud. Dans ce que j'ai lu et entendu, c'est plutôt une volonté d'éclairer des facettes mal connues de notre société ("Pays de malheur ! : un jeune de cité écrit à un sociologue" ).Et puis les déterminismes sociaux sont quand même une réalité. Si mon père n'a fait des études qu'à 40 ans, ce n'est pas parce qu'il est moins intelligent que moi.Après je suis d'accord qu'il ne faut pas toujours s'appitoyer, mais pour cela, encore faut-il y croire.L'enjeu me semble être là : offrir à chacun un environnement favorable pour qu'il puisse s'épanouir et exprimer sa créativité.Car ce n'est pas une minorité qui fait une société dynamique, c'est l'énergie du plus grand nombre.

Boris 17/10/2006 09:15

Tu poses une bonne question ici : mettre face à face deux visions très différentes du social : la classe créative d'un côté (Florida)une approche façon Bourdieu (je n'ai pas lu le bouquin dont tu parles, mais je décèle dans vos discours quelque chose de ce sociologue).La question n'est pas neuve. D'abord, il me semble que ces théories sur le social (une analyse de la créativité et une analyse de la misère) s'ignorent royalement. C'est dommage. L'hypermodernisme peut les réunir, peut-être ("le bonheur paradoxal" de Lipovetsky ; "la société hypermoderne" de Ascher).En deux mots et en vrac : on peut être "créatif" et relever aussi de la "France invisible". Exemple : un stagiaire dans une agence d'urbanisme.Je crois que le progrès existe toujorus mais s'est transformé : moins d'illusions, on ne croit plus au paradis sur Terre, mais à une amélioration (lire Le sens du progrès de Taguieff).Les notions comme le "développement durable" sont les nouveaux regards vers l'avenir, mais le futur est toujours présent...Les réseaux sociaux n'ont pas volé en éclat non plus, mais tiennent compte des nouveaux individualismes, ils sont électifs et non plus imposés. La famille, si elle a explosé, ne cesse de se recomposer.Mot de la fin : les analyses façon Bourdieu révèlent une certaine misère, mais avec une capacité à s'appitoyer sur les déterminismes sociaux qui me semble gênante. Qu'en est-il de "La France invisible" ?

guillaume 16/10/2006 21:02

c'est un pavé, quelques 400 pages je crois (la honte il est au garage le livre lol), mais il est tellement passionnant qu'on fini cet ouvrage rapidement. Moi je dis vive la sociologie avec ce style de livre.

Benoît L. 16/10/2006 12:18

"la condition ouvrière" : livre passionnant en effet.J'en ai offert 2/3 exemplaires l'an dernier à des amis ingénieurs, faudra que je leur demande leurs avis.

guillaume 16/10/2006 11:00

Stephane Beaud avait écrit je crois un livre "la condition ouvrière" avec un autre sociologue sur l'usine de Peugeot à Sochanux. Très bonne enquête, très vivante, très réaliste avec des extraits d'entretien. Ouvrage clef sur la question sociale. Mais j'ai lu ce livre il y a longtemps...Stephane Beaud a été aussi la personne qui a supervisé la thèse de mon responsable de mémoire à caen.

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