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Introduction

Le temps d'un livre
 

Après trois dernières années où la pratique a pris le dessus, il est temps pour moi de prendre du recul, de reprendre le temps dfe la réflexion.

Le Grand Toulouse vient de m'accorder un an de congé de formation à cette fin avec un projet de mémoire un peu particulier : un livre.

 

"Quel urbanisme pour mon territoire ? Petite introduction pour ceux qui veulent participer.", tel est son titre provisoire.

Il n'aura pas la prétention de dire au lecteur quel urbanisme est nécessaire pour son territoire, mais bien de lui ouvrir des perspectives et lui donner des éléments pour y réfléchir.

Il s'agit d'un projet global et multimédia dans lequel contenu, format et modalités de réalisation sont intimement liés et conçu pour répondre à plusieurs niveaux de lecture (citoyen intéressé, citoyen engagé, professionnel ou élu).

Dans la perspective des prochaines élections municipales, l'objectif est de publier ce livre à l'automne 2013.

 

Ce blog aura une place particulière dans ce projet comme lieu de débat pendant sa réalisation et comme support de ressources complémentaires du livre par la suite.

N'hésitez donc pas à faire part de vos commentaires et à vous inscrire ci-dessus pour être prévenus de la publications des nouveaux articles. Bref: participez !

 

Voir la note de présentation.

 

Juin 2012

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Le projet de livre

Livre QUel urbanisme pour mon territoire - page garde V2.0

18 décembre 2006 1 18 /12 /décembre /2006 12:19

(version pdf)
(article publié sur Agoravox)

Quel(s) territoire(s) pour quel(s) projets(s) ? "Petite" question pour souligner ce qui me semble un des plus gros problèmes de Toulouse et de son aire urbaine, son incapacité à définir aujourd'hui :
- des périmètres lisibles et cohérents d'aménagement de son territoire,
- des projets de territoires globaux et agencés,
- des institutions fortes et opérationnelles qui correspondent aux territoires de vie et de projets.

Explications.


Toulouse, une mozaïque bordélique

Aire urbaine, aire métropolitaine

342 communes, d'une grande diversité (du bourg rural à l'urbain dense) composent l'aire urbaine de Toulouse, selon le recensement de 99 de l'Insee.
Les limites de l'aire urbaine ne s'arrêtent pas, bien sûr, à celles du département.
Autour de l'aire toulousaine, une étoile d'aires urbaines plus petites sous son influence : Montauban, Albi, Auch, etc.

 

 

 


Un individualisme communal très fort

342 communes donc, dont 25 % ne sont même pas membres d'une intercommunalité.
Les intercommunalités existantes sont bien loin d'organiser le territoire selon des bassins de vie réels comme le montre cette carte édifiante.
Belle performance pour "l'agglomération" toulousaine qui comprend pas moins de 3 Communautés d'agglomération :
-
le Sicoval, 36 communes du Sud-Est, 65 000 habitants, qui, depuis 1975, a une vraie démarche intercommunale,
-
le Grand Toulouse, 25 communes, 600 000 habitants, qui, depuis 2001, porte certaines compétences (développement économique, politique de l'habitat, grands projets d'aménagement),
-
la communauté d'agglomération du Muretain, 16 communes du Sud-Ouest, 65 000 habitants.

342 communes et, à ma connaissance, aucun PLU partagé par plusieurs communes. Chacun reste maître chez soi.
De très nombreuses communes rurales n'ont pas de documents d'urbanisme et plusieurs, y compris des communes de 3 à 5 000 habitants, en ont un datant de la fin des années 80 (très adapté donc à la situation d'expansion démographique actuelle).


Des tentatives de réflexions, mais sans moyens d'actions

La question des déplacements est gérée par un syndicat mixte, le SMTC, plus connu sous le nom commercial de Tisséo. Le plan de déplacements urbains (PDU) concerne 104 communes.
Son périmètre ne correspond pas à une ou un ensemble d'intercommunalités, ce serait trop simple. Résultat la révision du plan de déplacements urbains et la mise en oeuvre des projets décidés sont cahotiques car sources de négociations permanentes en coulisses.

Une démarche de réflexion globale sur le devenir de l'aire urbaine porte actuellement sur la création de 4 SCOT (Schémas de COhérence Territoriale). Le but est de coordonner les projets de développement selon différentes thématiques (urbanisme, transport, économie, habitat, etc.).
Le SCOT central inclut Toulouse et 116 autres communes, soit presque le même périmètre que le PDU, mais pas tout à fait (on n'aime pas les choses simples à Toulouse).
Si les orientations discutées sont intéressantes, il est à craindre que les intentions restent en partie au placard, faute de structures pour les porter. Je connais, par exemple, une commune en train de revoir son PLU et qui ne semble pas du tout se préparer à jouer le rôle de pôle structurant qu'on semble vouloir lui faire jouer.


Tentative de résumé

Cette carte résume assez bien la situation de Toulouse : un empilement de territoires de projets, de planification, d'actions sans réelle cohérence, sans capacité à porter de vrais projets de territoires.


Le contre-exemple bordelais

Situation très différente à Bordeaux.

D'abord parce que la Communauté Urbaine de Bordeaux (en orangé) définit et met en oeuvre un vrai projet de territoire partagé par 27 communes. Urbanisme, déplacements, habitat, économie (etc.) sont des compétences portées par la CUB.
Une seule échelle et donc une seule instance de discussion, de compromis, de choix sur toutes les grandes questions.
Si bien que même politiquement divisée (50-50), ses grandes orientations n'ont pas été remises en causes lorsque Alain Rousset (PS) est devenu son président à la place d'Alain Juppé (UMP). La preuve qu'on peut, sans nier ses différences, dépasser les chapelles et porter un projet partagé.

On retrouve le même sentiment de cohérence et de lisibilité lorsque l'on regarde le périmètre du futur SCOT de Bordeaux. Pour une taille à peu près équivalente (93 communes et 800 000 habitants à Bordeaux), la solution est beaucoup plus claire.
Le périmètre bordelais : une communauté urbaine et 3 communautés des communes.
Le périmètre toulousain inclut : 3 communautés d'agglomération, 5 communautés des communes et 15 communes indépendantes.

Loin de moi l'idée de penser que tout est simple à Bordeaux et que rien ne se fait d'intéressant à Toulouse.
Néanmoins force est de constater qu'il existe de vrais projets de territoires, cohérents et imbriqués, et des instances pour les discuter et les mettre en oeuvre.
C'est pourquoi je suis persuadé que, si cette situation perdure, le SCOT de Bordeaux aura bien plus de répercutions que celui de Toulouse.


Et demain ?

Quand bien même on ne cesse de nous lanciner sur le dynamisme toulousain, on ne peut que regretter que l'aire urbaine toulousaine se développe au fil de l'eau sans projet partagé, sans cohérence, sans réel(s) organisme(s) de régulation, et on doit craindre que cela finisse par se payer plus tard.

Lors des campagnes des futures élections municipales, sans doute que les futurs candidats insisteront sur le projet qu'ils ont pour LEUR commune et pinailleront sur quelques choix polémiques : deuxième rocade, tramway et métro, ZAC bidule et ZAC machin, etc.
Mais combien parleront d'un projet pour le bassin de vie auquel appartient leur commune ? Combien parleront d'un projet pour l'aire urbaine toulousaine ?

Pourtant, cette terre du rugby devrait savoir qu'un collectif qui fonctionne ne se fait pas au détriment des individus qui le composent, mais, au contraire, qu'il les sublime, et qu'il permet d'être autrement plus ambitieux qu'un ensemble d'individus qui poussent chacun de leur côté.

Pour avancer, l'aire urbaine a donc besoin d'une communauté urbaine à Toulouse forte et que les autres communes s'organisent, pour de bon, en des intercommunalités qui ne correspondent pas à des baronnies ou à une alliance facile avec les municipalité dont on est les plus proches, mais à des bassins de vie.
Pour avancer, l'aire urbaine a également besoin que ses élus soient capables de dépasser les querelles partisanes ou de personnes, ainsi que leurs certitudes pour élaborer des projets partagés et ambitieux pour leurs territoires. Si on ne peut pas être d'accord sur tout, on peut souvent être d'accord sur l'essentiel.

Bien plus qu'un clivage droite / gauche, l'enjeu des futures élections locales, dans l'aire urbaine toulousaine et ailleurs, me semble être donc bien celui là : Quel(s) territoire(s) pour quel(s) projets(s) ?

C'est aussi cela ma vision d'un
urbanisme politique.

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Cartes de l'AUAT, l'A'urba et de moi-même.
A lire également, "Région et agglomération : l’avenir de la France ?" de Guillaume Morin sur son blog ou sur Agora Vox.

 

 

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BONUS :

Contrats d'agglomération : Un bilan mitigé, mais quelques belles perspectives.
D. BEHAR, Intercommunalités, n°105 - p.20 à p.21, Octobre 2006
Lire

Les communautés urbaines en France
Article sur Wikipedia

 

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Published by Benoît Lanusse - dans Villes et projets
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commentaires

Jean-Pierre 13/07/2008 08:17

Je viens de découvrir cette très intéressante analyse en surfant, et je suis 100 % d'accord. J'ajouterai seulement qu'à mon avis les maires, en particulier ceux de petites communes(

Benoît L. 16/01/2007 11:48

Bon courage alors, tu en as plus que 160 à lire ;o)Liste pas tout à fait à jour (20/12/06) : http://www.chezbelan.com/article-853317.html

Julien 16/01/2007 11:35

Il faut vite que je reprenne tes articles depuis le début (car je n'en ai lu que trois ou quatre pour l'instant).

Benoît L. 11/01/2007 15:06

Ah, mais je n'ai jamais douté, Julien, que Paris était aussi un très bon exemple, le meilleur sans doute, de la difficulté à tirer tous dans un même sens.J'ai d'ailleurs déjà fait un article sur le "Grand Paris"http://www.chezbelan.com/article-4621881.html

Julien Grouiller 11/01/2007 14:18

Je ne connaissais pas la situation toulousaine mais elle est vraiment... intéressantes. Mais maintenant je vais faire les honneurs de la région capitale. L'ïle-de-France est composée de pleins de communes, de nombreuses communautes de communes et de communautés d'agglo qui vont faire autant de petit SCOT dans leur coin. Ajoutons à cela une pincée de SDRIF (schéma directeur de la région) au dessus et le tour est joué. J'allais oublié la touche finale : les opérations d'intérêt nationales (OIN, un exmple récent : http://www.idf.pref.gouv.fr/dossiers/documents/OIN/rapport_massy_saclay_sqy.pdf)qui arrivent là dessus pour chambouler les choses.Quelle simplicité...Reste à méditer sur les expériences étrangères de gouvernance métropolitaine comme celles présentées par un de mes anciens enseignants (Christian Lefèvre) : http://www.paris.fr/portail/accueil/Portal.lut?page_id=95&document_type_id=4&document_id=12870&portlet_id=13549&multileveldocument_sheet_id=1039

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