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Introduction

Le temps d'un livre
 

Après trois dernières années où la pratique a pris le dessus, il est temps pour moi de prendre du recul, de reprendre le temps dfe la réflexion.

Le Grand Toulouse vient de m'accorder un an de congé de formation à cette fin avec un projet de mémoire un peu particulier : un livre.

 

"Quel urbanisme pour mon territoire ? Petite introduction pour ceux qui veulent participer.", tel est son titre provisoire.

Il n'aura pas la prétention de dire au lecteur quel urbanisme est nécessaire pour son territoire, mais bien de lui ouvrir des perspectives et lui donner des éléments pour y réfléchir.

Il s'agit d'un projet global et multimédia dans lequel contenu, format et modalités de réalisation sont intimement liés et conçu pour répondre à plusieurs niveaux de lecture (citoyen intéressé, citoyen engagé, professionnel ou élu).

Dans la perspective des prochaines élections municipales, l'objectif est de publier ce livre à l'automne 2013.

 

Ce blog aura une place particulière dans ce projet comme lieu de débat pendant sa réalisation et comme support de ressources complémentaires du livre par la suite.

N'hésitez donc pas à faire part de vos commentaires et à vous inscrire ci-dessus pour être prévenus de la publications des nouveaux articles. Bref: participez !

 

Voir la note de présentation.

 

Juin 2012

Recherchez Ici

Le projet de livre

Livre QUel urbanisme pour mon territoire - page garde V2.0

16 février 2009 1 16 /02 /février /2009 19:19

Du virtuel au réel, proximités personnelles

Ce week-end, j'ai profité de "monter à la capitale" pour LE Tournoi pour rencontrer deux personnes avec qui j'échange depuis un certain temps et les mettre elles-mêmes en contact, eux qui ne se connaissaient pas personnellement alors que je les citais tous les deux en novembre 2006 dans mon article : Vous avez dit "Grand Paris" ?

Le premier, souvent cité ici, est Jean-Paul Chapon, auteur depuis plus de 4 ans de l'excellent blog "Paris est sa banlieue" qui est aujourd'hui une référence sur le sujet du Grand Paris.
Citoyen militant, il a réussi à démocratiser un sujet complexe que certains voudraient limiter à quelques personnes "habilitées" (élus, professionnels) et réduire à certains faux débats en oubliant l'essentiel : que le "Grand Paris" est déjà une réalité (ou plutôt des réalités) que des millions de personnes vivent tous les jours.
Cela fait un peu plus que 4 ans que je le lis puisque j'ai connu son petit site qui a précédé son blog. Notre premier échange de mails date de cet article de novembre 2006.
Aujourd'hui, ce bogueur citoyen connaît parfois quelques découragements et frustrations. Est-ce que tout ceci a un sens ?
Personnellement, je n'en doute pas un instant qu'il poursuive sa chronique ou que son engagement prenne d'autres formes.

Je vous ai également parlé plusieurs fois de notre hôte, Alain Renk, qui nous a accueilli dans les locaux de l'agence Host basée à Montreuil, en plein "Grand Paris".
Notre premier contact a eu lieu en avril 2005, 4 ans donc également. Tombé sur mon blog, outre mes textes, le sous-titre de ce blog l'avait marqué : "Pas magicien, mais pas découragé non plus" m'écrivait-il justement à cette occasion en me demandant mon adresse pour m'offrir un exemplaire de son livre "Construire la ville complexe ?".
Il y a également eu le très juste article "Urbanisme fiction 2" ou celui "Vous avez dit fractal ?" sur le Grand Paris.
C'est qu'Alain est un explorateur, un architecte-urbaniste qui a décidé de consacrer une partie de son activité à la recherche à partir de la conviction que face à la complexité de la Ville, véritable organisme vivant, il faut explorer de nouvelles manières de faire.

Tant qu'à enrichir les points de vue, c'étaient joints à nous un étudiant en biologie, le neveu d'Alain et un cadre de la SNCF, mon ami JB.
Instant de partage beaucoup trop court qui aura, nul doute, des suites car on peut avoir beaucoup de proximités tout en étant un peu loin.  

De gauche à droite, JB, Jean-Paul, Alain et moi-même



Dormir dans le Grand Paris et travailler dans le Grand Toulouse

Et oui, c'est possible et pas si compliqué que ça :
- 3h30 prévu de "porte à porte", 4h dans la pratique du fait d'un retard d'avion

- un trajet "multimodal" de 8 trajets différents.

Comme quoi une commune périphérique dans le Grand Paris n'est pas si loin que ça d'une une commune périphérique dans le Grand Toulouse. Et ce sans passer par Paris mais en passant rapidement par Toulouse.
Certains font d'ailleurs très régulièrement ce type de trajet pour leur travail.
D'autres, qui restent pourtant dans leur "Grand Paris" ou leur "Grand Toulouse", passent cependant beaucoup de temps, matin et soir, pour relier leur domicile et leur travail.
Alors qu'est-ce qui est proche et qu'est-ce qui est lointain ?

05h25

Appartement de JB – Maisons-Alfort

 5 mn

Marche à pied

05h30 – 05h36

Gare de Maisons-Alfort

 19 mn

RER D (SNCF)

05h55 – 06h00

Gare de Juvisy

 15 mn

BUS 285 (RATP)

06h15 – 06h50

06h15 – 07h05

Aéroport Orly Sud

 69 mn

Avion (Easyjet)

08h05 – 08h15

08h14 – 08h35

Aéroport de Blagnac

 13 mn

Navette aéroport (Tisséo)

08h27 – 08h30

08h48 – 08h50

Station Compans-Cafarelli

 8 mn

Ligne B du métro (Tisséo)

08h38 – 08h40

08h58 – 09h10

Station 3 Cocus

 12 mn

Bus 61 (Tisséo)

08h52 – 08h52

09h22 – 09h22

Arrêt Mairie de Launaguet

 3 mn

Marche à pied

08h55

09h25

Mairie de Launaguet



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3 février 2009 2 03 /02 /février /2009 11:51

Un jeu pour mieux comprendre

Le "Développement durable" tout le monde en parle, tout le monde en promet, y compris les constructeurs de voitures, mais qu'en est-il au juste ?
Est-ce que tout ceci est vraiment à la hauteur des enjeux ?

Dans Clim City, jeu gratuit en ligne, imaginé par Cap Sciences, centre de culture scientifique, technique et industrielle à Bordeaux, votre mission est d'atteindre les objectifs des plans « climat » fixés aux pays industriels, c'est à dire diviser par quatre les émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2050, réduire la consommation d'énergie de 40 % et atteindre une proportion de 60 % d'énergies renouvelables.
Le tout dans une agglomération de 115 000 habitants avec ses immeubles, sa gare, ses usines, ses hôtels, son port, son hôpital, son campus, son agriculture, ses centrales thermiques et nucléaires et même sa station de ski.
Pour cela, vous disposez de cinquante ans et de 250 actions (éco-construction, transports en commun, traitement des déchets, pédagogie, isolation...), tant au niveau des pouvoirs publics et des entreprises, que des citoyens.
Il vous faudra sûrement plusieurs tentatives avant d'atteindre de tels objectifs. Mais y arriverez-vous seulement ?


Ce jeu est vraiment très bien fait et permet de toucher du doigt la réalité de nos agglomérations aujourd'hui tout sauf durables.
Un jeu à enjeux donc qui, au-delà de la simple prise de conscience, permet d'esquisser ce qui pourrait être une réponse à la hauteur.
En effet, si les objectifs peuvent apparaître très ambitieux et donc difficiles à atteindre, ce jeu montre que c'est néanmoins possible si l'on ne se trompe pas de stratégie.


Alors quelle stratégie ?

Se tromper de stratégie, c'est d'abord se perdre dans des actions qui n'ont pas tant d'influences que cela (exemple type : créer un "éco-quartier" ou mettre quelques panneaux photovoltaïque). Vous ne pouvez pas non plus décréter que du jour au lendemain tout sera plus vert que vert.
Non en fait, rapidement, vous vous rendez compte que la priorité est d'inverser les tendances car non seulement votre agglomération pollue, gaspille, mais surtout elle le fait de plus en plus. Il faut donc créer une dynamique vertueuse qui va porter ses fruits dans le long terme.


Finalement, c'est exactement la position que j'avais défendu lors de ma conférence lors du salon Alternalys 2007 sur les villes durables (je ne sais pas si la vidéo de TV Sol est toujours en ligne).
Plus que jamais, je suis convaincu que, avant de claironner qu'on va faire des villes durables à coup de mesurettes, on devrait avoir l'humilité d'essayer de réduire tout ce qui est non durable dans nos villes.
Mais bien sûr, c'est moins "sexy" et moins "vendeur"...

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7 janvier 2009 3 07 /01 /janvier /2009 07:41

Voici un sujet que j'ai souvent traité ici, notamment pour tirer la sonnette d'alarme, et vous pouvez vous étonner de mon silence ces derniers mois.
Alors pour vous mettre l'eau à la bouche... et pour m'obliger à finaliser cet article qui me trotte depuis un certain temps, en voici le plan.

Pourquoi ? Une crise ? Des crises !

 
Quoi ? Qu'est-ce qu'un logement ?

 
Où ? La question essentielle de la localisation

 
Comment ? Des modes d'actions à remettre à plat



A suivre...

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14 décembre 2008 7 14 /12 /décembre /2008 23:06

Passionnant interview de Jean-Pierre Orfeuil ce dimanche 14 décembre dans l'émission "Vivre sa ville" sur France Culture à l'occasion de la publication de deux livres de celui-ci cet automne.
Ecouter l'émission.


Bibliographie

Transports, pauvretés et exclusions (avril 2004 comme directeur d'ouvrage)

"Se déplacer au quotidien n'a jamais été aussi facile qu'aujourd'hui, grâce à la diffusion de l'automobile et aux progrès des transports publics.

Jamais aussi facile, certes, mais jamais aussi nécessaire, tant la vie quotidienne a changé d'échelle et de rythme.

Mais jamais aussi sélectif pourtant, car se déplacer est difficile pour ceux que les handicaps culturels, éducatifs, économiques, privent d'une mobilité sans souci.

Or plus on est pauvre, plus il est nécessaire de se déplacer, plus il est difficile de le faire, plus cela coûte cher, moins on accède au potentiel de la ville, et plus on risque d'être entraîné dans des spirales qui mènent à la très grande pauvreté, à la marginalité, à l'exclusion. En partant de ce constat, cet ouvrage réunit des experts européens et américains de la mobilité, de l'exclusion, mais aussi des acteurs de l'insertion sociale et des transports pour dresser un état de la question et d'initiatives, souvent innovantes mais peu connues, prises pour faciliter la mobilité des catégories défavorisées. Dans son introduction, Jean-Pierre Orfeuil montre que l'aptitude à la mobilité est devenue une exigence de la société à l'égard de ses membres.

Ce livre, avec le recensement des problèmes et des enjeux, ouvre des pistes pour une lutte renouvelée contre l'exclusion."

Voir série d'articles sur les rapports entre mobilité et fractures sociales : 
Mobilités et fractures sociales Bouger pour s'en sortir (1) et Bouger pour s'en sortir (2).



Une approche laïque de la mobilité (octobre 2008)

"Le changement climatique menace, les réserves pétrolières ne sont pas inépuisables, de très grands pays, hier encore peu consommateurs de pétrole, s'ouvrent à la motorisation de masse. La question des limites physiques à l'activité humaine, qui avait épargné le siècle précédent, sera très présente dans ce siècle. Les transports, et surtout la mobilité quotidienne, sont particulièrement concernés. Parce que les enjeux sont considérables, on doit garder la tête froide, évaluer sans idéologie l'efficacité des moyens proposés, remettre en cause des croyances issues du passé. Les bonnes intentions, les propositions " politiquement correctes " peuvent séduire aujourd'hui, mais le climat de demain et le bien être des générations futures ne dépendront que de notre capacité à concilier sobriété, mobilité et coûts maîtrisés. Il y a des raisons de penser que les consensus et arbitrages actuels ne nous mettent pas sur la bonne route. Ce livre rend intelligibles les termes des débats et présente un état des lieux permettant à chacun de prendre position sur un enjeu de société fondamental."


Mobilites Urbaines : l'Âge des Possibles (novembre 2008)

"Le carburant est hors de prix, le réchauffement menace, certains rêvent, chez nous, de villes sans voitures.
La moitié de l'humanité dans les pays émergents rêve de conduire. La société appelle à plus de flexibilité et de réactivité, ce qui se traduit souvent par des besoins croissants de mobilité.
Autant dire que nos soucis ne font que commencer.
Sommes-nous condamnés? Oui, condamnés à réussir une transition. Vers quoi? Une mobilité durable, bien sûr. Des villes mieux organisées, des transports publics plus performants, des voitures moins gourmandes... peut-être cela ne suffira-t-il pas? Certains prônent, sous la bannière de l'âge de l'accès, le passage d'une économie de la possession à une économie de flux et de services. D'autres explorent les potentiels d'un modèle de consomm'acteur.
Utopies? Pour demain matin, sans doute, pour plus tard, ça se discute.
Applicables à la mobilité? Oui sur le papier; oui en vrai si nous savons proposer une vision qui aurait la chance de pouvoir être partagée par un grand nombre d'acteurs.
C'est cet univers de solutions alternatives (locations, covoiturage, etc.) et les conditions de son émergence, qu'explore cet ouvrage, à partir de travaux de l'auteur et des communications proposées au séminaire "Acheter ou louer" organisé par l'Institut pour la ville en mouvement en partenariat avec l'Esc-Eap."

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23 novembre 2008 7 23 /11 /novembre /2008 16:11

(article au fichier pdf)

Tel était le sujet que j'ai pioché début octobre pour l'oral du concours d'ingénieur territorial passé devant un jury composé d'un élu, d'un ingénieur territorial et d'un enseignant.
10 mn de préparation, 10 mn de présentation puis 10 mn de questions pour cette première partie de l'oral.
Voici quel fut le contenu de ma présentation.

 


En guise d'introduction

 

Le succès des journées du patrimoine, qui repose notamment sur l'ouverture d'un certain nombre d'édifices historiques, se confirme de jour en jour. La bataille pour la désignation de la capitale eurpoéenne de la culture pour 2013 a pris des dimensions inconnues lors de la sélection de Lille il y a quelques années. Le sujet du patrimoine est à la mode.
Avant de se demander comment prendre en compte la question patrimoniale à travers des documents d'urbanisme, il convient de se demander pourquoi s'intéresser au patrimoine. En quoi le patrimoine serait un enjeu pour les territoires ? C'est seulement alors que nous pourrons étudier les différents outils de l'urbanisme qui prennent en compte ces questions là.

 


I - Le patrimoine, un enjeu pour les territoires

 

1 - De quoi parle-t-on ?

 

Le patrimoine est un héritage commun, mais encore ?

 

On peut d'abord distinguer un patrimoine physique.
La première marque de celui-ci, ce sont d'abord des constructions : des édifices remarquables, souvent prestigieux, mais aussi un « petit patrimoine » (maisons typiques, lavoirs, etc.).
C'est aussi aussi un patrimoine urbain. Pensez aux traces du passé dans l'organisation de nos territoires (les voies romaines qui perdurent, les empreintes des anciennes fortification, etc.) ou à la transformation de Paris par Haussmann.
C'est également un patrimoine paysager, la plupart du temps transformés par l'Homme.
On peut enfin y inclure ces objets qui ont traversé le temps et que l'on expose parfois dans des musées.

 

A côté de ce patrimoine physique, il y en a un plus abstrait, beaucoup moins palpable, très complexe.
Celui-ci touche à la culture, à l'Histoire, aux mémoires, aux identités toutes ces choses qui sont partagées par un groupe, par une société.

 

Si le patrimoine est un héritage, on ne peut l'étudier sans se poser la question de la transmission d'un patrimoine présent venu du passé et d'un patrimoine futur venu du présent.

 

On voit bien que l'on peut traiter cette question du patrimoine de manière différente si on l'aborde à partir du patrimoine d'un territoire ou à partir du patrimoine de ceux qui l'habitent.
Et d'ailleurs peut-on le faire sans faire l'un et l'autre conjointement ?

 


2. Un modèle en crise

 

Ce modèle, c'est celui d'un territoire aux limites bien définies et à la population homogène qui partage un patrimoine, une culture commune. Le nouveau, « l'étranger » est accepté du moment qu'il se fonde dans le groupe, qu'il s'intégre.
Par exemple, les gens vivaient souvent dans la même commune que leur aïeux. Ils y travaillaient aussi pour la plupart. Leurs collègues de travail, leurs amis, leurs familles, leurs voisins, tout était mêlé.

 

Ce modèle a aujourd'hui largement explosé. Car enfin, on ne peut que constater que nous vivons aujourd'hui dans une société et des territoires très fragmentés, physiquement et socialement.
L'ascenseur social est en panne et les groupes sociaux ont de plus en plus de mal à communiquer. Il y a aujourd'hui des gettho de pauvres, mais aussi des getthos de riches.
Les territoires vécus sont de plus en plus complexes et différenciés. Ils correspondent de moins en moins à des territoires institutionnels et administratifs. Dans quel territoire habite une famille dont la maison se trouve dans la périphérie d'une commune périphérique d'une grande ville, dont les parents travaillent dans d'autres communes périphériques, dont l'aîné est au collège dans la ville centre et le cadet à l'école primaire de la commune ?
Il est clair que le modèle de développement de ces dernières décennies qui s'est appuyé sur la voiture individuelle a reconfiguré les notions du loin et de la proximité.
Ce qui est d'ailleurs frappant, c'est que, aujourd'hui, un jeune ménage préfère souvent s'installer dans une commune loin de celle où elle a vécu, où elle a sa famille, ses amis car elle privilégie le fait de devenir propriétaire n'importe où plutôt que l'ancrage teritorial, quitte à rester locataire.
Les questions liées à l'immigration sont aussi très sensibles et douloureuses, notamment quand elles posent la question de l'égalité des citoyens et la reconnaissance de chacun comme membre d'une société commune.
Et puis il y a les questions de migrations ne se limitent pas à l'immigration. Entre une population en forte croissance, ceux qui vont s'installer dans les communes périphériques pour s'installer, ceux qui déménagent dans d'autres régions pour des raisons professionnelles ou personnelles, il faut bien chercher les Toulousains à Toulouse aujourd'hui.

 


3. Le patrimoine comme élément essentiel d'un projet de territoire

 

On le voit bien, aujourd'hui, avec une telle fragmentation, c'est tout un ensemble de questions auxquelles on a du mal à répondre. Qui est-on ? Où est-on ? D'où vient-on ? Où l'on va ? Que partage-t-on ? Etc.
C'est vraiment la question du vivre ensemble qui est posée.

 

Dans un tel contexte, le patrimoine n'est pas juste un sujet de nostalgie, mais bien un élément essentiel d'un projet de territoire car il redonne du sens et touche à l'identité.
Mais cela ne peut pas être d'une manière étroite, consacrée uniquement à ce qui a été. Le patrimoine du territoire ne doit pas non plus être opposé au patrimoine porté par les individus qui l'habitent.
Le patrimoine comme élément d'un projet de territoire, c'est en faire un lien entre ce qui a été, ce qui est et ce qui sera. C'est faire en sorte que chacun puisse s'approprier un territoire. C'est relier les vies et les lieux de vie.

 

Et l'urbanisme dans tout ça ?
L'urbanisme n'est pas seulement un champ technique, mais avant tout une composante d'un projet de territoire.
C'est à ce titre qu'il faut regarder les outils qu'il offre pour une prise en compte du patrimoine.

 


II - La prise en compte du patrimoine dans les outils de l'urbanisme

 

1. Une variété de démarches

 

D'abord parce que certaines abordent spécifiquement la question du patrimoine alors que d'autres la traite comme élément d'un projet territoire.


L'objet peut aussi différer allant du bâtiment au grand territoire en passant par la commune, du bâti au non bâti.

 

On observe aussi une grande différence quant à l'objectif. L'intention des premières mesures était vraiment de protéger. Et puis, on s'est aperçu que pour bien protéger, il fallait connaître. Mais protéger de manière restrictive a aussi posé des problèmes en figeant et l'on s'est aperçu que pour mettre en valeur, il fallait aussi parfois permettre au patrimoine de vivre et d'évoluer.

 

Enfin, l'effet du document est aussi différent suivant l'outil : connaissance, planification, réglementation, prescription, recommandations...

 


2. De outils nombreux apparus avec le temps

 

En voici quelques uns parmi les principaux.

 

a) Les monuments historiques
Ce n'est pas à proprement parler un « document d'urbanisme », mais c'est le premier outil créé dès la fin du 19e siècle. Il permet de protéger des édifices remarquables qui doivent être conservés.
Non seulement les travaux sur ceux-ci sont très strictement encadrés, mais en plus ce classement s'impose à l'environement immédiat. Le périmètre strict de 500 mètres autour d'un bâtiment historique est de plus en plus remplacé par la notion plus intelligente et sensible de co-visibilité.
Les Architectes des Bâtiments de France (ABF) veillent au grain et ce n'est pas toujours évident de savoir qu'elles vont être leurs prescriptions et encore moins de les discuter.

 

b) Les secteurs sauvegardés
Au fil du temps, on s'est aperçu que la protection de certains monuments ne suffisait pas, surtout quand étaient menacés certains centres historiques. Les secteurs sauvagardés ont alors été créés dans les années 60.
Un secteur sauvegardé se traduit par un Plan de Sauvegarde et de Mise en Valeur, document d'urbanisme qui remplace sur son périmètre le Plan Local de l'Urbanisme de la commune.
Le secteur sauvegardé de Bordeaux [où avait lieu l'oral] est par exemple le plus étendu de France.

 

c) Les Zones de Protection du Patrimoine architectural, urbain et paysager (ZPPAUP)
C'est un outil qui a été créé dans les années 80.
Porté par la collectivité, assistée par l'ABF, il permet :
- une prise en compte plus large du patrimoine,
- une adaptation plus juste du périmètre et des mesures de protection autour des monuments classés,
- la rédaction de prescriptions et de recommandations pour tout travaux dans son périmètre,
- une réduction du pouvoir discrétionnaire de l'ABF (ce qui n'est pas négligeable).

 

d) Le Plan Local de l'Urbanisme
Le PLU qui est le document de base de planification et d'établissement des règles d'urbanisme sur un territoire peut aussi prendre en compte les questions de patrimoine et ce à plusieurs niveaux.
Tout d'abord dans son rapport de présentation qui permet une rétrospective de l'histoire du territoire et d'identifier les traces de celle-ci dans le territoire tel qu'il est aujourd'hui.
Ensuite dans le Projet d'Aménagement et de Développement Durable (PADD) qui explicite le projet de territoire. Celui-ci n'aborde pas forcément le patrimoine sous l'angle de la protection. Il peut, par exemple, définir le traitement de la liaison entre un secteur historique et des secteurs plus récents.
Enfin dans le zonage et le règlement, pièces réglementaires qui peuvent instituer une certaine protection d'éléments du patrimoine et des prescriptions autour d'elles.

 


En guise de conclusion

 

Alors, « quel(s) document(s) d'urbanisme pour mettre en oeuvre la gestion du patrimoine bâti et non bâti ? »
On peut très bien traiter ceci par le petit bout de la lorgnette et se contenter de protéger quelques éléments du patrimoine légué.
Mais on peut aussi avoir une vision plus ambitieuse du patrimoine comme élément essentiel d'un projet de territoire qui a du sens. Comme composante de celui-ci, l'urbanisme offre des outils, mais il ne peut pas tout et c'est seulement une action globale qui permet une politique audacieuse qui visent à relier les vies et les lieux de vie, ce qui a été, ce qui est et ce qui sera.

 


Poscriptum :
1. Je sais que j'aurais pu dire encore plein de choses, mais, d'une part, je n'avais que 10 mn et, d'autres part, dans cet exercice, il fallait garder des munitions pour les questions qui suivaient.
2. Au fait, j'ai eu ce fichu concours, comme quoi le travail paie.
3. Ecrire prend vraiment plus de temps que parler...

 

Pour aller plus loin :

1. Mes articles « Ici et ailleurs, d'ici et d'ailleurs » et « Vies et lieux de vie »

2. Assises de la culture de la Mairie de Toulouse – Atelier 4 : patrimoine, mémoire et diversité culturelle.

3. Programme européen Mémoires urbaines (Coimbra, Elche, Toulouse)

4. Droit de l'urbanisme, précis des éditions Dalloz

5. Révision PLU - Guide pratique Patrimoine

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12 juin 2008 4 12 /06 /juin /2008 23:44

Liste des articles en lien avec l'atelier sur les rapports entre mobilités et fractures sociales organisé le 13 juin à Toulouse.

Présentation du séminaire sur les mobilités

Programme

Présentation de l'atelier Mobilités et fractures sociales

Questionnements du groupe de travail

Intervenants

Quelques éléments (expériences, documents) pour aller plus loin


Pour ceux qui ont assisté à l'atelier, n'hésitez pas à nous faire par de vos remarques ou à continuer les débats ci-dessous en commentaire de cet article.

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12 juin 2008 4 12 /06 /juin /2008 19:40

Quelques éléments pour approfondir les questions abordées lors de notre atelier.


Quelques expériences

Transport à la demande / "Taxi social"
AFEJI - Nord - Présentation
Autonomia (transport pour personnes à mobilité réduite) - Saint-Orens (31)

Location sociale de véhicules
AIL 46 (Auto Insertion Lotoise) - Lot - Présentation
Déclic Moto - Ramonville (31)

Auto-école sociale
Mission locale du pays royannais - Présentation

Atelier de mobilité
Pôle Mobilité de la Fédération des Maisons de Quartier de Saint-Nazaire - Présentation
RATP - Ile-de-France - Présentation (le livre "Apprendre la mobilité" est consacré à cette expérience)

Garage associatif
Le Garage - IBOS (65)
Bio Atelier de Bigorre (65)
Sur la route 82 - Saint-Antonin (82)

Plateformes de structures
Plateforme "Mobilités pour l'insertion" initiée par l'Institut pour la ville en mouvement (d'autres exemples d'initiatives)
Pôle Mobilités de l'ADEPES (Agence pour le Développement et la Promotion de l'Économie Solidaire en Midi-Pyrénées)


Documents

Conférences
Le mouvement dans les sociétés hypermodernes - François ASCHER
Mobilité et inégalités sociales - Eric LE BRETON (à voir)

Livres et revues
Transports, pauvretés, exclusions - Jean-Pierre ORFEUIL (directeur d'ouvrage) - Avril 2004 - Présentation
Bouger pour s'en sortir - Eric LE BRETON - Oct. 2005 (tirage épuisé) - Présentation, extraits
La ville aux limites de la mobilité - M. BONNET, P. AUBERTEL (directeurs d'ouvrage) - Mai 2006 - Présentation
Apprendre la mobilité - Sylvain ALLEMAND - Mars 2008 - Présentation
Domicile - travail, des salariés à bout de souffle - Eric LE BRETON - Mai 2008 - Présentation

Revues
Dossier Mobilité(s) / Exclusion(s) - Revue Urbanisme n°347 - Mars 2006 - Sommaire
Dossier Mobilités - EspaceTemps.Net - Mai 2007 - Introduction + articles

Articles et interviews
Homo mobilis - Eric LE BRETON - Présentation + article
"La mixité est une notion floue et bien comode" - Marie-Christine JAILLET - Avril 2005 - Interview
Inégale mobilité et urbanité par défaut des périurbains modestes toulousains. Entre contraintes, tactiques et captivité. - Lionel ROUGE - Article

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11 juin 2008 3 11 /06 /juin /2008 16:54

Lors de ces derniers mois, notre petit groupe (2 urbanistes et 2 chercheurs) qui a choisi de travailler sur le thème des rapports entre mobilités et fractures sociales  a planché afin de préparer l'atelier de ce vendredi.
Nous avons ainsi formulé une série de questionnements que nous avons soumis à nos intervenants afin qu'ils servent de fils conducteurs.
Les voici :

1. Une société hypermobile ?
Tout d'abord, commençons par le contexte. A travers certaines situations, on constate que la société contemporaine se structure de plus en plus par rapport à la mobilité.
Peut-on parler de société hypermobile ?
Si oui, comment caractériser la société hypermobile ?
Peut-on parler des mobilités quotidiennes sans parler des mobilités résidentielles et des mobilités sociales ?


2. Des situations personnelles contrastées
On observe des situations personnelles contrastées où certains semblent mieux le vivre que d'autres. Pourquoi ?
Ces inégalités quant à la mobilité recoupent-elle les inégalités sociales existantes ou est-ce plus complexe que cela ?
Peut-on distinguer des stratégies, des compétences ou d'autres facteurs qui expliquent ces différences ?


3. Des différences selon les territoires

Ces questions de mobilités se jouent aussi sur différents types de territoires (urbain, périurbain, rural) et à différentes échelles (proximité, quartier, commune, grand territoire, international).
Est-ce qu'elles s'y posent de la même manière ? Comment penser ensemble ces différents territoires et échelles ?
Les difficultés des personnes ne s’accompagnent-elles pas de fractures visibles et invisibles dans les territoires ? Comment les caractériser ?


4. Trois questions pour aller plus loin

Un premier constat n'est-il pas que les difficultés de mobilités ne se limitent pas à des questions de systèmes de transports ?
L'enjeu n'est-il pas finalement l'autonomie et la possibilité pour chacun (individu ou territoire) de vivre sa vie ?
Est-ce que tout ceci ne doit pas amener les différents acteurs (collectivités, Etat, travailleurs sociaux, associations, entreprises, etc.) à ré-interroger leurs politiques et leurs actions dans différents domaines (social, transports, aménagements, etc.) ?

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11 juin 2008 3 11 /06 /juin /2008 16:37

Voici les intervenants qui interviendront lors de notre atelier sur les rapports entre mobilités et fractures sociales lors du séminaire sur les mobilités ce vendredi.

Jean-Pierre Clair est le directeur d'AIL 46, association qui depuis 1997 fait de la location sociale de véhicules dans le Lot.
Il participe depuis 2004 à la plateforme insertion de l'Institut pour une ville en mouvement, animée par Eric Le Breton, auteur de Bouger pour s'en sortir (présentation, extraits).

Marie-Christine Jaillet est directrice de recherche à l'Université du Mirail à Toulouse.
Ses thèmes de recherche sont : La nouvelle question urbaine : de la ségrégation à la désolidarisation, Exclusion sociale et quartiers défavorisés, Recompositions des modes de vie urbains et des figures de l'urbanité, Construction politique des agglomérations et gestion de la solidarité (politiques du logement social et de lutte contre les exclusions).
Une interview : "La mixité est une notion floue et bien comode".

Lionel Rougé est chercheur à l'Université de Caen après avoir réalisé sa thèse à Toulouse.
Un de ses articles : Inégale mobilité et urbanité par défaut des périurbains modestes toulousains. Entre contraintes, tactiques et captivité.

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28 mai 2008 3 28 /05 /mai /2008 16:16

Le 7 janvier 2006, Eric Le Breton donnait une conférence à l'Université de tous les savoirs.
A travers celle-ci, il essaie de démontrer que :
- la question de la mobilité est beaucoup plus large que celle du transport car elle est une composante transversale des vies de chacun,
- les rapports entre inégalités sociales et inégalités à l'accès à la mobilité ne sont pas simples car c'est un ensemble de conditions qui conditionnent l'accès à la mobilité.

Cette conférence a eu lieu après la parution de son livre "Bouger pour s'en sortir" (présentation, extraits) et à peu près en même temps que son article "Homo mobilis" dont je vous ai déjà parlés.


La vidéo



Résumé

"Dans notre société dispersée, les positions sociales des personnes dépendent, pour partie, de leurs capacités à se déplacer. Les classes sociales sont en quelque sorte redéfinies par les mobilités. Le capitaliste du XIXème siècle s'est transformé en cadre international ; le prolétaire est un enclavé.
Nous débuterons le propos en examinant brièvement quelques uns des travaux qui dessinent ce panorama social en émergence.
Ensuite, nous nous concentrerons sur deux questions. Comment la mise en mobilité de la société redéfinit-elle la situation des populations les plus vulnérables, femmes isolées, jeunes sans qualification, personnes issues de l'immigration ? Les uns et les autres ont des rapports différents aux territoires. Mais ils ont en commun d'être « insularisés » par la fragmentation des espaces et des temps de la vie quotidienne.
Nous explorerons enfin les dimensions constitutives de la mobilité. Certes, être mobile suppose de disposer des instruments du déplacement : voiture, train, avion… dont la répartition sociale est très inégalitaire. Mais la mobilité nécessite aussi des capacités psychomotrices avancées, des compétences en matière de « lecture » de l'organisation des espaces, de maîtrise des temps sociaux, de respect des normes sociales multiples et diverses qui régentent l'accès de tout un chacun aux territoires de la vie quotidienne."


Documents

La conférence du 070106 en mp3
Le texte de la conférence du 070106 en pdf 
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