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Introduction

Le temps d'un livre
 

Après trois dernières années où la pratique a pris le dessus, il est temps pour moi de prendre du recul, de reprendre le temps dfe la réflexion.

Le Grand Toulouse vient de m'accorder un an de congé de formation à cette fin avec un projet de mémoire un peu particulier : un livre.

 

"Quel urbanisme pour mon territoire ? Petite introduction pour ceux qui veulent participer.", tel est son titre provisoire.

Il n'aura pas la prétention de dire au lecteur quel urbanisme est nécessaire pour son territoire, mais bien de lui ouvrir des perspectives et lui donner des éléments pour y réfléchir.

Il s'agit d'un projet global et multimédia dans lequel contenu, format et modalités de réalisation sont intimement liés et conçu pour répondre à plusieurs niveaux de lecture (citoyen intéressé, citoyen engagé, professionnel ou élu).

Dans la perspective des prochaines élections municipales, l'objectif est de publier ce livre à l'automne 2013.

 

Ce blog aura une place particulière dans ce projet comme lieu de débat pendant sa réalisation et comme support de ressources complémentaires du livre par la suite.

N'hésitez donc pas à faire part de vos commentaires et à vous inscrire ci-dessus pour être prévenus de la publications des nouveaux articles. Bref: participez !

 

Voir la note de présentation.

 

Juin 2012

Recherchez Ici

Le projet de livre

Livre QUel urbanisme pour mon territoire - page garde V2.0

14 mai 2008 3 14 /05 /mai /2008 12:16

Témoignages extraits du livre

Marcelline
"Les premiers mois, je me débrouillais avec le bus. C'était pas drôle. Pour cinq ou six heures, j'avais presque une heure à une heure et demi entre l'attente et le trajet et puis un bon quart d'heure de marche entre l'arrêt de bus t mon premier ménage. J'ai tenu le coup quinze jours à ce rythme. Parce que cela m'obligeait à partir presque au moment où mes filles arrivaient à la maison. J'avais le temps d'aller les chercher à l'école et puis je partais de suite. Comme je rentrais tard, je les voyais un peu le matin, à moitié endormie et c'est tout. Pour le retour après le boulot, j'avais le dernier bus à minuit et demi, le bus de nuit. Il me laissait à deux ou trois kilomètres de chez moi, je finissais à pied. J'étais rentrée à une heure du matin."

Inconnue 1
"Dans le quartier, c'est une allure de clocharde qu'on doit se donner. Toutes les femmes de mon âge qui vont chercher les enfants à l'école sont habillées en jogging, en pantalon large [...] Dans le quartier, je ne me mettrais jamais féminine"

Faïza (qui appartient à un groupe d'apprentissage du vélo)
"Au début, j'avais des problèmes d'équilibre, mais maintenant ça va mieux. Il ne faut pas se décourager, répéter plusieurs fois, insister. En ville, j'aime pas trop. J'ai un peu peur des klaxons, du bruit, ça me tourne la tête et je perds l'équilibre. Pour le moment je préfère le parking [où le groupe s'initie au vélo], c'est plus tranquille [...]. Cela fait du bien de savoir faire du vélo, ça fait du bien pour le physique, c'est plus rapide pour tout faire."

Jean-Yves (qui réalise régulièrement ds petits travaux de bricolage)
"Je n'accepte les missions que dans un rayon de 7 km, soit 14 kilomètres aller-retour. D'une part, cela me permet de rentrer chez moi le midi, et donc je ne paye pas la gamelle. D'autre part, j'ai calculé que le kilomètre me coûte 0,11 € avec ma voiture qui a 15 ans. Quand je travaille trois jours, cela me coûte 7 € d'essence et je travaille alors une heure pour payer mon déplacement."

Patrick (qui avait quitté le domicile de ses parents pour une nouveau travail)
"Je suis resté même pas six mois. Je n'arrivais pas à me retrouver. C'était comme si je ne pouvais pas me débrouiller seul. Quelque fois je me pose des questions, parce que quand je suis parti, je voulais prouver que j'étais assez grand et que je pouvais faire des choses tout seul. Alors quand je suis revenu, en fait ça disait que je n'étais pas prêt. C'était comme se lancer dans l'aventure sans connaître les règles."

Femme qui a dû mal à explique où elle habite
" Je suis à Brunoy, vers les Hautes-Mardelles, vers Villecresnes. Les Mardelles, c'est vers le Bois de la Grange, à Yerres. Moi, je suis à la limite, c'est pour ça que c'est difficile de vous expliquer. Mardelles, Réveillon, c'est par là..."

Martine qui habite dans un village près de Royan
"Des fois, vraiment, c'est dur. Quand je croise mes voisins à la boulangerie ou à l'école, j'ai l'impression qu'ils me dévisagent, qu'ils savent tout, hein, que je suis au chômage, que j'ai le RMI, que j'ai même pas de voiture. J'ai l'impression des fois d'être moins que rien. [...] Dans une grande ville au moins, on dit que c'est anonyme. Mais l'anonymat, quand on est pauvre, au moins, on n'a pas honte."

Jean-Patrick qui habite à la campagne
"Deux rendez-vous dans la journée, je ne peux pas, c'est trop galère. Les gens comprennent pas ça. A l'ANPE ou à l'agence [d'intérim], ils me disent "faut être réactif". Ouais, mais pour moi, il faut que je me débrouille à chaque fois. Avant d'avoir le taxi [social] de l'Afeji, c'était vraiment la galère. Si le rendez-vous est trop tôt le matin, il n'y a pas de bus et le stop, ça marche pas. Si c'est en fin de matinée, je dois prévoir un casse-croûte parce que je peux pas rentrer chez moi pour manger. Alors l'été, OK, mais l'hiver, quand il caille et qu'il flotte... Et si l'après-midi, je dois recommencer dans un autre sens, le soir, je suis mort et le lendemain, je ne vais pas recommencer !"

Inconnue 2
"Moi, Paris, j'y vais jamais, enfin pas souven. mais mon mari y travaille. Ca fait que c'est comme si j'y allais, hein. Il me raconte. En fin de compte, c'est comme si je travaillais là-bas aussi. Enfin, pas tout à fait, mais un peu quand même. J'ai l'impression que je connais bien le quartier de sa boîte [dans le XIIe arrondissement], il me raconte ce qui se passe dans le métro."

Suzette qui suit les cours de l'auto-école sociale mis en place par la mission locale de Royan
"Le permis, ça va fluidifier ma vie. Je m'y consacre à fond. j'ai laissé tomber tout le reste depuis que je suis entrée en formation. La recherche d'un emploi, j'ai laissé tomber. C'est trop difficile de faire plusieurs choses à la fois. Le plus important, c'est vraiment le permis. Quanf j'aurai une voiture, ce sera complètement différent, pour moi, pour mes enfants, dans le regard qu'ils auront sur moi, mais aussi pour tous ceux qui me connaissent. Je ne dis pas que je vais devenir quelqu'un d'exceptionnel, mais au moins, quelqu'un de normal, quoi !"

Josette qui suit les cours de l'auto-école sociale mis en place par la mission locale de Royan
"J'appréhende, je suis anxieuse, je suis pas à l'aise, je me sens pas bien. C'est pour ça que c'est bien d'être à l'asso., autrement j'aurais baissé les bras. [...]
Quand on a l'échec dans sa vie, on se sent mal. C'est important pour moi de réussir le permis."

Michèle
"Le permis, je le veux vraiment, pour pouvoir me déplacer plus vite ; le bus, c'est long. Je voudrais pouvoir aller à la campagne, avec ma fille, dans des parcs de loisirs, ou même en vacances pourquoi pas... Et puis être autonome, ne plus avoir à demander aux autres. Pour les grosses courses, je demande à ma soeur ou à des copines, mais c'est gênant à force."

Jean-Marc
"C'était pas drôle, il suffit de perdre sa bagnole et on perd tout... Moi, vraiment, du jour au lendemain, j'ai eu l'impression d'être scotché. Tout devient hypercompliqué, tout devient angoissant."

Inconnu 1 à qui AIL 46 "louait" une voiture
"C'était génial, quand je me suis retrouvé dans la voiture, tout seul et que j'ai pu partir... Je pouvais aller où je voulais... Vraiment, avec la voiture, on se sent libre... Plus besoin de demander à quelqu'un, d'attendre... Avec le bus, on fait toujours des détours, on n'est pas son maître. La voiture, c'est vraiment la liberté. On part quand on veut, on passe par où on veut. Tout d'un coup, la vie devrien facile."

Nathalie à qui AIL 46 "louait" une mobylette
"La mobylette, c'est pas génial. Si je garde mon travail, j'essaierais de passer le permis pour avoir une voiture. [...] Mais je fais tout avec la mobylette, j'ai plus besoin de demander [à ses amis de la porter], c'est comme si j'étais devenue une adulte. C'est plus la honte pour moi."

Stéphane à qui AIL 46 "louait" une voiture
"Sans AIL, c'est sûr que je replongeais. C'était vraiment la chaîne, entre l'hôpital, le foyer [où Stéphane était hénergé en désintoxication], l'agence d'intérim, l'entreprise... Tout s'enchaînait bien, mais sans AIL, tout tombait à l'eau, le travail, le sevrage, ma femme, tout. La voiture, c'était vraiment le chaînon manquant. [...] Ce qui m'a vraiment aidé à m'en sortir, c'est deux choses : la confiance que certaines personnes ont placé en moi et la voiture. La voiture, ça m'a appris à respecter les autres. Maintenant, j'aime énormément conduire, pouvoir aller au travail, voir mes amis, mais surtout être libre."
Dans son livre qu'il nous a prêté, Jean-Pierre Clair, directeur d'AIL, a noté que Stéphane travaillait toujours en CDI, qu'il avait à présent deux enfants et qu'il construisait un pavillon.

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13 mai 2008 2 13 /05 /mai /2008 11:56

A l'occasion de la préparation de notre atelier sur les mobilités et les fractures sociales, Jean-Pierre Clair, directeur d'AIL 46 nous a conseillé et permis la lecture du livre Bouger pour s'en sortir d'Eric Le Breton.
Ce livre publié en 2005 était l'occasion pour lui de faire le point alors que depuis 2002 au sein de l'Institut pour une ville en mouvement il animait un programme sur le rôle des mobilités dans les processus d'insertion sociale et professionnelle (plus d'infos ici).
Preuve de l'intérêt de ce livre, il est épuisé et une réédition ne semble malheureusement pas envisagée.

Le nom de Le Breton ne doit, normalement, pas vous être complètement inconu puisque, en septembre 2006, je vous entretenais de son excellent article Homo Mobilis (dont je viens de rajouter la version in extenso à mon commentaire) qui introduisait l'ouvrage collectif La ville aux limites de la mobilité.


Quatrième de couverture

"Le logement, la santé et la formation sont trois conditions de l'intégration sociale, explorées depuis longtemps et désormais bien connues. Mais il en est une quatrième, de plus en plus prégnante, même si elle n'a guère fait l'objet de travaux d'ensemble : la mobilité.
C'est l'objet de cet ouvrage.

La société contemporaine vit en effet sous le signe de la dispersion spatiale et temporelle. En moyenne constatée, les lieux où nous avons à faire (médecin, amis, travail) sont de plus en plus éloignés les uns des autres ; les temps de la vie quotidienne sont de plus en plus fragmentés, surtout dans le domaine du travail : les deux tiers des embauches s'effectuent aujourd'hui dans le cadre de contrats atypiques et de l'enchaînement des petits boulots, des journées discontinues, du travail de nuit et de week-end.

Or, une part croissante de la population ne dispose pas des moyens et de la capacité de mobilité correspondante. L'absence de permis de conduire, le manque des moyens d'acheter et d'entretenir une voiture, l'inaptitude à se diriger dans le métro, une résidence à l'écart des transports collectifs, autant d'empêchements de mobilité qui font obstacle à l'accès au travail, à la formation et aux autres ressources de l'intégration sociale.

Au plus près du terrain, le présent ouvrage propose une description inédite de ces difficultés de mobilité rencontrées par les femmes isolées, les personnes issues de l'immigration, les jeunes et les moins jeunes sans qualification, dresse un bilan et ouvre des pistes, à travers l'examen de démarches innovantes engagées dans le nouveau chantier des aides à la mobilité."


Plan de l'ouvrage

"Dans le premier chapitre, nous exposons les termes du problème : pourquoi la mobilité est-elle aujourd'hui un élément important de l'intégration sociale ? Le deuxième chapitre est consacré à la présentation des inscriptions territoriales des quatre populations les plus en dificulté au regard de la mobilité : les femmes isolées, les personnes isssues de l'immigration, les hommes non qualifiés et les jeunes. Ensuite (chapitre 3), nous caractériserons d'une manière plus générale l'inscription territoriale des insulaires.

Les trois chapitre suivants nous permettent d'entrer dans le détail des innovations mises en oeuvre par nos partenaires. Quelles ont été, tout au long de leurs démarches de conseption des aides à la mobilité, leurs difficultés et leurs ressources sur les plans politique et économique, juridique et institutionnel (chapitre 4) ? Nous décrivons ensuite, au plus près du terrain, le fonctionnement concret des dispositifs. Comment apprendre la mobilité à des personnes illettrées, à des femmes fragilisées par la vie (chapitre 5) ? Comment fonctionnent la location à prix réduits de voitures, le taxi social et le transport à la demande (chapitre 6) ?

Dans le septième et dernier chapitre, nous tentons de "déconstruire" ce qui est en jeu dans la mobilité des individus, d'appréhender les dimensions à tracers lesquelles la mobilité contribue à leur intégration sociale.

Tous les chapitres sont bâtis sur le même canevas. Nous les ouvrons par des histoires de vie de personnes rencontrées au sein des six organisations. Puis nous prenons du champ par rapport à ces étus de cas en intégrant à l'analyse des informations emprutées à d'autres structures dont nous avons suivi plus rapidement les démarches ainsi qu'à la littérature disponible sur les questions traitées."

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9 mai 2008 5 09 /05 /mai /2008 08:59
Quelques exemples

Devant chez moi, il y a un
boulevard. Même si vous êtes prêts à traverser un passage piéton au moment où le feu passe au vert, il est impossible pour quelqu'un en bonne santé de le traverser avant que le feu passe au rouge. Alors vous imaginez une personne âgée ou handicapée...

Souvent, les réseaux de transports en commun se contentent de converger vers le centre de l'agglomération délaissant la périphérie et notamment les zones d'emploi. Ils ne fonctionnent en plus que la journée (les bus s'arrêtent à 20h à Toulouse) et n'ont pas toujours des fréquences très attractives (fréquences souvent supérieures à 20 mn). Des personnes au chômage qui n'ont pas les moyens d'avoir une voiture doivent alors renoncer à certains emplois.
On notera que le mode de déplacements est un marqueur social très important : les transports en commun ont une forte image de déclassement (c'est pour ceux qui n'ont pas le choix) tandis que notre rapport à l'automobile, notre automobile frise parfois l'irrationnel.

Si ces dernières années, les personnes qui souhaitent devenir propriétaires s'éloignent de plus en plus, tous ne sont pas égaux. En effet, ce sont les personnes les plus modestes qui iront le plus loin et pour qui le coût toujours croissant des déplacements aura le plus d'impact.
Et que dire de ces personnes, dans le périurbain ou dans le rural, qui n'ont aucun moyen de locomotion, soit parce que seul leur conjoint a un véhicule, voire le permis, soit parce qu'elle sont seules ?

Que dire aussi de ces "ghettos", de riches, de pauvres, de classes moyennes, où certains s'enferment, où d'autres sont commes assignés à résidence, que certains traversent, que d'autres évitent ?
On
peut aussi évoquer ces chômeurs qui vont éviter les espaces publics pour ne pas avoir à subir le regard des autres comme l'explique Gwen Rosière ci-dessous.


Un atelier pour en parler

Séminaire du PREDAT sur les mobilités

Lorsque je vous ai présenté l'APUMP, l'association des professionnels de l'urbanisme de Midi-Pyrénées, je vous ai dit qu'elle animait le PREDAT qui est un lieux d’échange entre les acteurs de l’aménagement du cadre de vie (Etat, élus, professionnels et chercheurs).
Celui-ci doit permettre la construction d'une culture partagée, en
promouvant des recherches d'initiative territoriale dans les domaines de l'aménagement du territoire, de l'aménagement urbain, de la politique de l'habitat et de la politique de la ville.
Chaque année sont organisés deux séminaires. Ces séminaires ne se veulent pas une simple succession d'interventions et sont donc préparés plusieurs mois à l'avance par des groupes de travail.

Le séminaire du 13 juin sera consacré aux mobilités et entrera donc en résonnance avec les grands débats lancés au niveau de Toulouse, et bientôt l'agglomération, sur les problèmes de déplacements pour impulser une nouvelle politique plus ambitieuse.
L'intérêt est donc de montrer que les questions de mobilités ne se limitent pas à des question de transports.

Je vous communiquerai le programme complet bientôt, mais vous pouvez d'ores-et-déjà réserver votre journée.


Atelier Mobilités et fractures sociales

Avec deux chercheurs et un urbaniste qui travaille plutôt dans le rural, nous avons choisi de nous pencher sur les rapports entre mobilités et social car nous sommes y sommes confrontés dans nos activités comme le montrent les exemples ci-dessus.

Dans quelles mesures les questions de mobilités peuvent être sources de fractures sociales pour les territoires et leurs habitants.
Ne doit-on pas considérer aujourd'hui que les mobilités influent sur la possibilité ou non pour chacun de vivre sa vie ?

 
Questionnements par Fabrice Escaffre (chercheur au LISST-CIEU – Université de Toulouse) et Benoit Lanusse (urbaniste).
Présentation de l'expérience d'Auto Insertion Lotoise (AIL 46) par Jean-Pierre Clair, directeur de l'association.
Regards croisés par Marie-Christine Jaillet (directrice du LISST-CIEU – Université de Toulouse) et Lionel Rougé (chercheur à l'ESO - Université de Caen).

Dans les prochains jours, je publierai plusieurs articles pour débrousailler le sujet.
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2 avril 2008 3 02 /04 /avril /2008 20:31

Salon immobilier en berne

Changement d'ambiance

En mars 2007, je vous comptais ma visite au salon de l'immobilier de Toulouse qui avait des allures de "pays des merveilles".
Vite, vite, il fallait ne pas louper les occasions qui se présentaient d'investir, de devenir propriétaire. Aucun risque puisque les prix ne cessaient d'augmenter. Les queues devant les stands des banques étaient impressionnantes... et désolantes.
En effet, le professionnel que je suis savais que tout n'était pas si rose, qu'un retournement de tendance était envisageable et que les plus touchés seraient les plus fragiles.

Un an plus tard, j'y suis retourné.
Et le moins que l'on puisse dire, c'est que l'ambiance avait changé.


Petits signes de crise

Tout d'abord une affluence "moyenne" pour certains, "la moitié de celle de l'an dernier" pour un autre. Cela se traduit par l'absence de files d'attente devant les stands des banques ou 50% de rendez-vous en moins pour un lotisseur. Certains exposants paraissaient d'ailleurs franchement désoeuvrés.
Et pourtant certaines "promotions" offertes en cas d'acquisition avaient de quoi interpeller. Un même promoteur proposait ainsi : "Frais d'actes offerts", "0€ de frais de dossier de prêt", "Prise en charge des intérêts de prêt", "Seulement 1000€ de dépôt de garantie" et "Taux de crédit préférentiel". Rien que cela !
Autre indice également, je crois reconnaître certaines maquettes. C'est donc que les promoteurs ont du mal à vendre et que donc certains projets sont retardés ou que leur construction est lancée sans qu'ils aient réussi à vendre tous les logements "sur plan". Si bien que certains affichent comme argument "Livraison immédiate" ou "Travaux en cours", ce qui était inimaginable avant.
Enfin, il m'a bien semblé que, face aux incertitudes, les promoteurs s'étaient recentrés sur le coeur de l'agglomération et avaient abandonné les projets trop éloignés de Toulouse.


Entre tentative d'optimisme et franc pessimisme

Autant l'an dernier, même les exposants que je connaissais n'avaient pas trop le temps de discuter, autant cette année, c'était le contraire. J'ai ainsi plusieurs fois échangé quelques mots avec des représentants malgré que je leur ai signalé que j'étais là à titre professionnel. Et puis il y a ceux dont j'ai surpris les conversations.
Les discours semblaient toujours balancer entre pessimisme et optimisme, même si beaucoup essaient de donner le change et de ne pas être fatalistes.

Deux discussions m'ont particulièrement marqué.
La première est une discussion que j'ai surprise entre 3/4 lotisseurs ou constructeurs de maisons individuelles. Ils essayaient de se convaincre que c'était une mauvaise passe et que cela ne pouvait que repartir. C'était émouvant.
La seconde est un dialogue que j'ai eu avec un promoteur franchement pessimiste. Il estimait, en effet, que les bonnes résolutions d'après la crise immobilière des années 90 avaient été oubliées et que les excès étaient aussi à l'origine d'une crise qui allait faire des victimes parmi les promoteurs (je ne me rappelle plus si nous avons parlé des victimes chez les particuliers).


BONUS

Citation suisse

Alors que plusieurs banques suisses ont reconnu plusieurs milliards d'euros de perte à cause des subprimes, un banquier suisse aurait déclaré : "C’est quand même malheureux d’être ruiné par des pauvres."


La ville saisie par la finance

Passionnant article de Viencent Renard mis en ligne par le site Inventaires avec la présentation ci-dessous.
"L'auteur, spécialiste de ces sujets (avec trop peu d'autres) y pointe assez bien et au delà du joli titre, l'actuelle incapacité des politiques publiques à prendre en compte les modalités réelles de financement de l'aménagement urbain... A lire absolument !"
Je vous confirme que la lecture en vaut le coup.



Revue de presse

Retour au calme et "Nous anticipons une baisse de 10 % à 15 % des ventes" sur Le Monde
Le marché se replie en ordre dispersé et L'immobilier reste une valeur refuge pour Le Figaro

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1 décembre 2007 6 01 /12 /décembre /2007 12:10

  (mise-à-jour article du 09/11/07)
   

Il y a un an, mon article "Un urbanisme politique ?" m'avait permis de synthétiser mes réflexions d'alors sur la place de l'urbanisme et celle de l'urbaniste.
Depuis, j'ai eu l'occasion de m'occuper du service urbanisme de la mairie de Villeneuve-Tolosane. 
Expérience enrichissante et, malheureusement, trop courte qui a confirmé que ma place était là dans un tel rôle d'accompagnateur et de cheville ouvrière d'un urbanisme communal.
Expérience enrichissante, mais aussi génératrice de questions.

Je vous ai, plusieurs fois, fait part de mon désir de prendre le temps de réfléchir sur ce que pouvait être un urbanisme communal au XXIe siècle.
Pour l'instant, pour moi, ce sont d’abord des questions comme celles ci-dessous.
Et vous ?


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Est-ce que l’urbanisme se réduit à ses côtés administratifs et techniques ou est-ce plus que cela ?

 

Quelle doit être la place de l’urbanisme dans une politique communale ? Et ailleurs ?

 

Avec l’élargissement des bassins de vie et le développement de l’intercommunalité, la commune est-elle encore le bon échelon pour traiter l’urbanisme ? Parler d’urbanisme communal a-t-il encore un sens ?

 

On a tendance à penser qu’il faut « préparer l’avenir », mais, en toute humilité, ne devrait-on pas tenter de ne pas le compromettre ? Avant d’avoir la prétention de faire des « villes durables », ne devrait-on pas tenter de limiter le non durable dans nos territoires ?

 

Tout ceci nous amène à nous interroger sur nos modes d’interventions.

Dans un monde aussi turbulent que le nôtre, peut-on encore planifier et se contenter de mettre en œuvre un programme ? Est-ce qu’il ne faudrait pas avoir une politique urbaine plus réflexive qui s’adapte pour prendre en compte tous ces imprévus qu’aujourd’hui les communes subissent ?

 

L’urbanisme, est-ce seulement des grands projets ou existe-til d’autres « urbanismes » (urbanisme des petits gestes, urbanisme du quotidien, urbanisme des usages, etc.) ?

 

La « concertation » est à la mode, mais sommes-nous bien au clair sur ce que cela recouvre ? Qu’est ce que cela implique ? Quelle doit être la place des divers acteurs des territoires (élus, habitants, usagers, Etat, collectivités, entreprises, etc.) ?

 

Tout ceci pose aussi la question des moyens. Quels outils ? Quelles missions et quels moyens pour les services ?


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En bonus (merci Serge), un rapport d'étude pour le PUCA 
de Cristina CONRAD et Serge RENAUDIE
LA MAÎTRISE D'OUVRAGE ET L'ELABORATION DE LA COMMANDE
Articulation entre commandes ponctuelles et commande urbaine globale

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27 novembre 2007 2 27 /11 /novembre /2007 01:36

C'est le titre d'une très intéressante étude présentée par la FNAU (Fédération Nationale des Agences d'Urbanisme).

Son principal mérite ?
Assurément de montrer que la question du vieillissement de la population ne peut se traiter par une politique sectorielle et simpliste, mais que comme toute question complexe, elle doit appeler une réponse complexe. 
Pour cela, il faut que cette problématique soient prise en compte dans de vraies politiques urbaines qui s'inscrivent dans un projet global de territoire.
Et ça, c'est un problème récurent si bien que les documents de planification et d'urbanisme énoncent souvent des principes généreux qui ont ensuite du mal à trouver une traduction réelle. 

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27 novembre 2007 2 27 /11 /novembre /2007 00:40

Tournée des popotes

Fadela Amara, la secrétaire d'Etat à la politique de la ville, réalise actuellement une "grande concertation" avant de lancer son "plan banlieue".
Je ne suis pas ça de près, mais j'ai l'impression que c'est plutôt superficiel puisqu'il y a des réunions un peu partout, mais peu partout. 
C'est d'ailleurs une critique que j'avais lu dans un article dans la Dépêche suite à trois réunions thématiques (désenclavement, emploi et éducation) à Toulouse dans lequel un intervenant disait qu'il était impossible de faire le tour des problèmes avec des réunions publiques de 2/3 heures. 


Quand les maires de banlieue parlent pour rien

Pendant ce temps là, les maires de banlieue viennent de proposer leur contribution avec 30 propositions (version light - version détaillée) qui ressemblent beaucoup à celle du Manifeste des villes de Banlieue qu'ils avaient publié, en vain, pendant la campagne présidentielle.


Pour le vote des étrangers aux élections locales

Pourquoi les banlieues continuent à rester à la marge ?
Parce que, à mon avis, on continue à les traiter comme des problèmes à la marge, sans s'en donner les moyens. 
Par exemple, une étude nationale avait montré il y a deux ans que les établissements scolaires classés en ZEP n'avaient pas en réalité plus de moyens (jeunes profs, crédits spécifiques qui correspondent à des crédits "classiques" chez les autres, etc.). On avait d'ailleurs observé le même phénomène lors de notre étude du financement de la politique de la ville dans l'agglomération bordelaise

Pour que les banlieues cessent d'être à la marge, je vois pourtant une solution simple : donner le droit de vote aux étrangers aux élections locales.
Tout d'abord, c'est une reconnaissance de l'appartenance à notre société de personnes qui contribuent à sa vie parfois depuis des dizaines d'années.
Ensuite, localement, les "quartiers" dont le vote pèse aujourd'hui peu deviendraient un vrai terrain d'enjeu électoral puisque chaque voix compte. Non seulement, les élus seraient contraints d'y accorder plus d'attention pour cette raison, mais en plus ils seraient obligés de les intégrer dans le projet global de ville qu'ils présenteraient à leurs électeurs, et je crois que c'est quelque chose d'important de parler de destin commun.
Enfin, la question de la réintégration de ces "quartiers" dans la ville devenant un vrai enjeu, nul doute qu'on entendra plus seulement les élus dont les territoires sont les plus touchés, mais tous ceux qui ont au moins un de ces quartiers fragilisés. La pression sera alors plus importante sur les grandes collectivités, les élus nationaux et les administrations pour prendre des mesures pour accompagner ce mouvement.

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26 octobre 2007 5 26 /10 /octobre /2007 08:56

Il y a plusieurs mois, j'évoquais la question du vieillissement de la population dans mon article "Nos vieux, nous, vieux".

J'évoquais à cet occasion l'excellent colloque "Vieillir en ville" organisé par le PUCA à Toulouse auquel je venais d'assister.
Trois tables rondes avaient eu lieu :
- Quelles politiques de l'habitat pour les personnes âgées ?
- Les personnes âgées comme ressources du développement local
- Droit de cité des personnes âgées

Les actes viennent de paraître.
Même si la mise en page est un peu baclée (pas de sommaire), nulle doute que vous trouverez sa lecture fort enrichissante.

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19 septembre 2007 3 19 /09 /septembre /2007 08:05

(article en cours d'écriture)


Quelle place l'urbanisme doit-il avoir aujourd'hui dans l'action municipale ?
Qu'est-ce que cela implique pour l'organisation muncipale, et notamment pour le service de l'urbanisme ?

Voici des questions que je pose depuis quelques mois et sur lesquelles j'ai envie de réflechir.
Mais il ne faut pas griller les étapes et, avant de se projeter dans l'avenir, il faut d'abord s'intéresser au passé et au présent.
C'est pourquoi, après
une petite introduction à l'urbanisme il y a bientôt trois ans, un regard sur le long cheminement de l'urbanisme communal m'a semblé nécessaire.


Emergence d'un urbanisme planificateur

Les premières règles


La loi de 1884 a imposé aux communes d'établir un plan général de nivellement et de voirie.
Celle de 1902 a institué le permis de bâtir dans les agglomérations de plus de 20 000 habitants. La même année, des règles de hauteur et de gabarit des bâtiments ont été instituées à Paris.
Mais ils ne s'agissait là que de mesures techniques.

Une première loi après la 1ère guerre mondiale, votée en 1919 et modifiée en 1924, instaura les premiers plans dits "d'aménagement, d'embellissement et d'extension".
Mais ceci ne concernait qu'un nombre limité de communes (celles de plus de 10 000 h, les stations balnaires, les villes sinistrées, etc.) et son application se heurta au manque de savoir faire de celles-ci.
En 1943, seuls 300 plans étaient adoptés sur 2 000 communes concernées.
Ces plans ne permirent donc pas d'éviter certains excès de lotisseurs qui, du reste, obtenait raison auprès des tribunaux "au nom du droit de propriété".

Durant cette période d'entre-deux-guerres, a aussi commencé à émerger le souci d'une planification à l'échelle des grandes aglomération et, notamment, de la région parisienne.


L'après guerre et la loi de 1943

Durant la période des "Trente glorieuses", la France va devenir majoritairement urbaine.

Une loi de 1943, validée à la Libération, a posé les bases d'un urbanisme centralisé dont les principes vont rester en vigueur jusqu'aux lois sur la décentralisation en 1983. 
En particulier celui selon lequel les dispositions d'urbanisme qui restreignent l'utilisation du sol n'ouvrent droit à aucune indemnité quand elles ne modifient pas l'état antérieur des lieux. C'est l'aboutissement d'un long conflit avec les propriétaires fonciers, tout-puissants jusque là (ce que certains n'ont pas encore totalement intégré).
La loi organise aussi le permis de construire en une autorisation unique délivrée par l'Etat, substitue l'Etat aux communes pour la conception des plans et décident que ces dépenses incombent à l'Etat.

La loi prévoyait deux niveaux de plan : l'un intercommunal, l'autre communal (obligatoire pour les seules communes soumises aux lois de 1919 et 1924).
A noter qu'était attendu en premier lieu un projet d'aménagement global puisque le plan d'urbanisme de détail ne fut créé qu'en 1959.
Tous ces plans étaient opposables au tiers, ce qui supposait une enquête publique avant approbation.
Mais l'administration du ministère de la construction ne fut pas capable, faute d'effectifs et de crédits, d'établir les plans nécessaires alors que déferlaient les grands ensembles.

A signaler également, en 1962, la création d'un droit de préemption dans les ZAD (zone d'aménagement différé) et la réglementation des grands ensembles dans le cadre des ZUP (zone à urbaniser en priorité) fin 1958. L'Etat est alors un grand bâtisseur.
L'aménagement du territoire est quant à lui une prérogative exclusive de l'Etat avec
le Commissariat Général du Plan et ses plans quinquenaux.



La loi d'orientation foncière (LOF) de 1967

Afin de mettre en place un système plus efficace, les ministères de la Construction et des Travaux sont fusionnés au sein du ministère de l'Equipement.

La loi d'orientation foncière (LOF) de 1967 pose le principe de l'élaboration conjointe, par les services de l'Etat et les communes concernées (à peu près les mêmes catégories que précédemment), de deux types de documents d'urbanisme :
- le schéma directeur d'aménagement et d'urbanisme (SDAU) qui fixe les orientations d'aménagement de l'espace, au niveau des agglomérations : il n'est pas opposable aux tiers ;
- le plan d'occupation des sols (POS) qui fixe, dans le cadre des orientations du SDAU lorsqu'il en existe un, les règles générales d'utilisation des sols, en général à l'échelle de la commune : il est opposable aux tiers.

La loi de 1967 a aussi institué les zones d'aménagement concerté (ZAC) qui se sont substituées aux ZUP.

Tout ceci formait donc un système complet et cohérent, de la planification de l'aménagement des agglomérations aux opérations d'aménagement, pour lequel le schéma directeur devait être la clé de voute.
Or nous verrons que celui-ci a eu du mal a joué ce rôle.

A noter que petit à petit, le modèle dominant cesse d'être les grands ensembles de collectifs pour être remplacé par les maisons individuelles, souvent dans les lotissements.
La modification des aides de l'Etat (aides aux personnes plutôt qu'à la pierre) et la généralisation de la voiture personnelle expliquent notamment ce changement.


L'urbanisme décentralisé

L'urbanisme planificateur à l'épreuve de la décentralisation

Avec la décentralisation, l'Etat cesse d'être l'acteur principal de l'urbanisme du moment que les communes récupèrent cette compétence en élaborant un POS comme l'indique la loi du 2 mars 1982.
Celle du 18 juillet 1985 finira par reconnaître à la commune de larges compétences d'urbanisme opérationnel.

Que voit-on alors ?

Tout d'abord que les SDAU / schémas directeurs sensés orienter l'aménagement de grands territoires ne pas jouer leur rôle.
Pourquoi ? Parce qu'il s'agit de quelque chose de compliquer à mettre en place et que les communes préfèrent excercer leur liberté toute neuve.
180 SDAU existaient environ avant la décentralisation, seuls 20 autres seront créés. L'Etat n'osera pas jouer de ses prérogatives pour que les SDAU soient plus nombreux et plus ambitieux.

Les POS, qui devaient donner des règles en fonction d'un projet d'ensemble intercommunal, vont donc se suffire à eux-mêmes et jouer un rôle pour lequel ils n'étaient pas prévus.
Les années 80 verront la réalisation "à la chaîne" de nombreux POS par la DDE souvent sans projet global, avec la reproduction de réglements partout identiques et dans lesquels bien souvent la logique socio-électorale locale prendra le pas sur l'intérêt général.
Ceux-ci ne seront souvent revus ni fréquemment, ni en profondeur lors de révisions ou de modifications qui seront petit à petit réalisées par des bureaux d'études privés sous l'oeil "presque" vigilant de la DDE (j'ai ainsi vu des POS qui ont passé presque 20 ans sans qu'ils soient réellement remis à plat).

Rares sont les communes qui mettent en place de vraies politiques foncières pour pouvoir contrôler leur développement.
Il est encore difficile de toucher à la notion de propriété.

D'un point de vue aménagement du territoire aussi l'Etat partage ses prérogatives avec les régions à travers des plans de programmation Etat-Régions.


Aménagements et questions techniques

Le lotissement et la ZAC sont alors les principaux outils opérationnels.
Le premier a un grand avantage pour les communes qui manquent d'argent : le lotisseur s'occupent de la voirie et est souvent prêt à participer, après négociations, à certains équipements (extension des réseaux, de la station d'épuration, etc. 
Les ZAC, publiques ou souvent "privées", permettaient en outre de se dispenser de respecter les règles du POS.
C'est la grande période de la débrouille ("C'est d'accord. Tape dans la main."). Pas seulement pour une question de corruption, mais aussi car les communes manquaient de moyens (financiers, humaines) et d'outils réglementaires encadrant les participations.

Mais l'intervention des communes ne s'arrêtent pas là et leurs domaines de compétences sont de plus en plus nombreux : voirie, eau potable, assainissement, déchets, etc.
Apparaissent de très nombreux syndicats intercommunaux pour prendre en charge un ou plusieurs de ses domaines.
C'est le mille-feuille intercommunal français qui vient encore complexifier la mozaïque communale française (Intercommunalité, où en est-on ?).


Un urbanisme décentralisé qui tâtonne

J'ai été dans les lignes ci-dessus très critique, mais n'allez pas croire que c'est un dénigrement systématique et généralisé, ce qui serait un peu facile.
Si la décentralisation a donné plus de libertés aux collectivités, elle a aussi été synonymes de plus de responsabilités sans que toujours celles-ci aient eu les moyens (financiers, humains), sans que le cadre réglementaire soit clair et adapté. Et puis les élus ont dû eux aussi faire leur apprentissage. Tout ceci a donc entraîné des tâtonnements.

Clientélisme et pouvoir monarchique sont aussi des critiques que l'on entend souvent, mais on a les élus que l'on a choisi.

Et des élus dévoués, qui se battent pour le développement de leur commune, il y en a quand même beaucoup et ce n'est pas facile.
Comment faire pour que la commune ne meure pas et accueille de nouveaux habitants ? Comment attirer des entreprises qui amèneront emplois et taxe professionnelle ? Comment financer des équipements sportifs afin que les enfants de la commune aient eux aussi accès à la pratique sportive ? Etc.
Ils ont bricolé comme ils ont pu.

Le service urbanisme était généralement un "service" (un grand mot car il n'y avait pas forcément une personne à plain temps) strictement administratif gérant le droit du sol. Souvent il s'agissait d'une secrétaire qui peu à peu s'est formée sur le tas (et qui sont devenues au bout des années de sacrées spécialistes sur un certain nombre de questions). Ma collègue a, par exemple, été seule jusqu'à début 2006 alors que la commune comptait plus de 9 000 habitants.
Les questions plus "techniques" étaient souvent de la compétence des services techniques : voirie, réseaux, aménagement de l'espace public, équipements publics, etc.
Quant aux questions les plus "politiques", elles étaient l'apanage des élus.

Dans ce contexte de manque de moyens et de difficultés à appréhender la question urbaine dans son ensemble, on comprend pourquoi trop souvent, malgré les efforts, l'urbanisme communal a été plus dans la réaction que l'anticipation et pourquoi les élus, isolés dans leurs communes, ont pu avoir du mal à traduire leurs projets dans un ensemble cohérent de politiques urbaines.


Définition d'un nouveau cadre pour l'urbanisme communal : territoire(s), projet(s) et outils

A suivre :
- la fin de cet article,
- un nouvel article : "Quel urbanisme communal au XXIe siècle ?"



Bibliographie

L'urbanisme de Pierre Merlin
L'urbanisme de Jean-François Tribillon qui développe une vision plus personnelle
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Published by Benoît Lanusse - dans Comprendre
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9 septembre 2007 7 09 /09 /septembre /2007 09:37

A plusieurs reprises, je me suis ici fait l'écho des inquiétudes qui montent concernant un marché immobilier en forte hausse ces dernières années (+ 142 % en 10 ans !).
Ces derniers mois, certains clignotants ont commencé à s'allumer, les uns après les autres, pendant que médias et politiques continuent, pour la plupart, à nous claironner qu'il ne faut pas s'inquiéter, qu'il s'agit d'un "atterrissage en douceur" et que chacun doit pouvoir atteindre ce saint graal d'accéder à la propriété.
Mais derrière ces propos rassurants, c'est une crise d'ampleur qui menace et, durant les crises, ce sont d'abord les personnes les plus vulnérables qui trinquent.


Vers un retournement de tendance ?

Le moins que l'on puisse dire que les signes se sont multipliés dernièrement :
- crise du subprime qui pourrait entraîner une crise économique aux Etats-Unis, donc mondiale, et qui a déjà des répercussions sur toutes les banques, françaises comprises, qui ont massivement investi sur ce secteur à risque,
- marché immobilier qui s'essoufle : prix légèrement orientés à la baisse (-1,5% en juillet d'après la FNAIM), chute du nombre de ventes, stocks qui augmentent dans le neuf (88 600 fin juin contre 35 000 en 2004) alors que jusqu'ici la rareté des biens a orienté les prix à la hausse, etc.
- augmentation des taux qui rend les conditions d'accès aux prêts plus difficile.

Le krach immobilier du début des années 1990 s’était traduit par une chute de 40% des prix de la pierre en cinq ans. 
Va-ton revivre un tel scénario ou allons-nous vers un "atterrissage en douceur" ?
Difficile à dire mais nous ne sommes pas à l'abri d'un écroulement du château de carte.

Prenons l'exemple sur l'attitude des acheteurs.
Autant ces dernières années, il existait une conviction largement répandue qu'il valait mieux précipiter son achat pour faire les meilleures affaires, autant la stratégie des acheteurs potentiels est en train de s'inverser avec un nouveau positionnement qui consiste à penser que, vus les incertitudes et le début de baisse, il vaut mieux prendre le temps.
Ceci se traduit par une plus grande difficulté pour les promoteurs à vendre certains biens surévalués (construction de qualité moindre, sites mal positionnés, intermédiaires très nombreux, etc.) du fait de la course au foncier. Les conséquences seront des stocks à la hausse, des prix parfois revus à la baisse, un gel de certaines opérations dont l'équilibre financier ne sera plus assuré.
Crise économique dans l'immobilier, licenciements, retrait des investisseurs, augmentation des taux et chute des prix dont pâtiront ceux qui ont achetés au prix fort, etc.

Quels que soient les scénarios envisagés, on peut considérer que le marché est entré dans une période charnière qui augure un autre cycle.


Le dangereux endettement des ménages

Il y a quelques années, un sketch des Guignols sur l'arrivée des prêts à la consomation en France m'avait beaucoup marqué.
Une personne modeste disait : "J'aimerai bien me l'acheter [une télé neuve high tech], mais, vous savez, nous n'avons pas beaucoup de moyens".
Ce à quoi répondait un Sylvestre (symbole des intérêts économiques) : "C'est pas grave, on va les prendre quand même !"

Zut, j'ai perdu la fin de mon article !
A suivre...

Revue de Presse

Dossier de Libération
La pierre trop lourde pour les Français
Les escrocs rois au pays de l’immobilier
Les foyers espagnols dans l’étau des taux 
Aides, durée. les dernières cartouches des acquéreurs

Dossier du Figaro
Immobilier : les meilleures formules pour emprunter 
Le plan d’épargne-logement redevient compétitif
Crédit immobilier : les taux vont-ils continuer à grimper?
Les Espagnols peinent à rembourser leurs crédits immobiliers

Autres articles sur le système espagnol
Christine Boutin veuut s'inspirer du la politique espagnole du logement
Les limites du "tous propriétaires"

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