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Introduction

Le temps d'un livre
 

Après trois dernières années où la pratique a pris le dessus, il est temps pour moi de prendre du recul, de reprendre le temps dfe la réflexion.

Le Grand Toulouse vient de m'accorder un an de congé de formation à cette fin avec un projet de mémoire un peu particulier : un livre.

 

"Quel urbanisme pour mon territoire ? Petite introduction pour ceux qui veulent participer.", tel est son titre provisoire.

Il n'aura pas la prétention de dire au lecteur quel urbanisme est nécessaire pour son territoire, mais bien de lui ouvrir des perspectives et lui donner des éléments pour y réfléchir.

Il s'agit d'un projet global et multimédia dans lequel contenu, format et modalités de réalisation sont intimement liés et conçu pour répondre à plusieurs niveaux de lecture (citoyen intéressé, citoyen engagé, professionnel ou élu).

Dans la perspective des prochaines élections municipales, l'objectif est de publier ce livre à l'automne 2013.

 

Ce blog aura une place particulière dans ce projet comme lieu de débat pendant sa réalisation et comme support de ressources complémentaires du livre par la suite.

N'hésitez donc pas à faire part de vos commentaires et à vous inscrire ci-dessus pour être prévenus de la publications des nouveaux articles. Bref: participez !

 

Voir la note de présentation.

 

Juin 2012

Recherchez Ici

Le projet de livre

Livre QUel urbanisme pour mon territoire - page garde V2.0

10 juin 2007 7 10 /06 /juin /2007 23:42

Péripéties

8h13, je sors de chez moi. Il pleut.
Deux options :
- je marche 13 mn, sous la pluie, jusqu'au Capitole ; 1mn pour prendre mon billet et je prends le métro jusqu'à Basso Cambo ; je devrais donc y arriver vers 8h40 et je peux donc tranquillement le bus 58 de 8h50 ; j'arrive à Villeneuve Tolosane à 9h10 et à 9h12 je suis dans mon bureau,
- j'attends pénard le bus de la ligne 1 qui fait le tour des boulevards et qui passe donc devant chez moi ; 7 mn plus tard, je descend à Esquirol où en 2/3 mn je suis dans le métro ; 11 mn après je suis à Basso Cambo où à 8h50, je prend le 58.

N'ayant pas spécialement envie de me mouiller, j'opte pour la seconde.
Il n'y a qu'une seule inconnue : combien de temps me faudra-t-il attendre le bus 1 ? Les lignes les plus fréquentées n'ont pas d'horaires fixes, juste une fréquence théorique : "environ 10 mn" dans ce cas là.
Ceci voudrait dire que "normalement", on devrait attendre son bus "au plus" 10 mn, sauf que des fois, c'est 1 mn et d'autres presque 20 (plusieurs bus se suivent alors).
Tout cela, je le sais, je fais donc mon calcul : 50 -7 -3 -11 -1 = 28. J'ai donc 15 mn pour attendre sereinement mon bus.
J'attends donc.

8h23 : 10 mn et toujours rien.
8h25 : mrd, j'aurais dû aller à pied au Capitole.
8h28 : ils vont réussir à me faire louper mon bus et je ne sais même pas combien de temps il me faudra attendre le prochain.
8h29 : enfin ! Cela va être difficile !
8h39 : je suis dans le métro ! Mrd, cela va être juste, juste.
8h50 : on arrive, le bus est encore là ! Ne pars pas, ne pars pas ! Vite prendre l'escalator en courant.
8h51 : au moment où j'arrive sur le quai des bus, j'aperçois le bus 58 qui 50 m plus loin vient de démarrer : mrd !
8h52 : alors à quelle heure est le prochain 58 ? 9h20 ! Une demi-heure de plus à attendre.
8h53 : à moins qu'il n'y ait un départ du 47 avant ? 9h15 ! C'est toujours 5 mn de gagner.
9h37 : je suis dans mon bureau. Il m'aura fallu 1h24 pour faire 17 km !

Même quand tout se passe bien, un tel aller-retour prend entre 1h40 et 1h50 tous les jours (pour 34 km au total). C'est moins cher et moins stressant que prendre des routes systématiquement sur-chargées, mais c'est quand même beaucoup plus long qu'en voiture (50 mn plus le temps de se garer en ville le soir).
A la fin du mois, avec l'ouverture de la seconde ligne de métro, le même trajet sera beaucoup plus rapide  (environ 1h20) et, surtout, les incertitudes réduites. L'option transports en commun sera alors plus intéressante.


Faire l'expérience des choses

Pendant la durée de ma mission à Villeneuve Tolosane, commune de la seconde couronne de l'agglomération toulousaine, j'ai donc décidé de réduire au maximum mon utilisation de ma voiture.
Au-delà des avantages immédiats pour moi (je n'aime pas conduire), ce qui m'intéresse, c'est faire l'expérience, dans la durée, des transports en commun dans sa vie quotidienne.

En effet, si les urbanistes valorisent généralement dans leurs discours les transports en commun combien les utilisent réellement ?
Il ne s'agit pas pour moi de faire une quelconque morale, mais bien, avec cette expérience choisie, de mieux connaître, de vivre "une autre manière de se déplacer" pour mieux percevoir ses avantages, ses contraintes, en quoi elle modifie nos perceptions du temps, de l'espace, nos manières de vivre, etc.
Pourquoi certains sont prêts à perdre des heures dans les bouchons dans leurs voitures, mais refusent de prendre des transports en commun qu'ils perçoivent très contraignant ?
Il n'y a pas de réponses simples, ce qui est intéressant, c'est les nuances.

Sur le thème de la mobilité, je vous rappelle l'existence de cette excellente compilation d'articles de chercheurs : "La ville aux limites de la mobilité".

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19 avril 2007 4 19 /04 /avril /2007 14:14

C'est le titre d'un article de Serge Renaudie auquel je souscris totalement.

Suffit-il de construire pour créer un lieu de vie de qualité et durable ? Je ne le crois pas.
La ville appelle à l'humilité et à s'inscrire dans le temps.

Ceci rejoint certaines idées que j'ai déjà évoqué dans plusieurs articles : Projet sur papier glacé... et gestion de projet, Un urbanisme politique ?, entre autres.

"Les grands gestes" attirent les élus, les promoteurs et les professionnels qui les vendent comme l'alpha et l'oméga, mais ceux-ci ne voient pas qu'ils ne peuvent réussir sans être accompagnés d'un "urbanisme des petits gestes".
"Petits gestes" comme la gestion de l'entretien de ces résidences récentes qui vieillissent du coup si mal comme le souligne Serge dans cet article ou l'absence de vrais arbres comme dans celui-là, "petits gestes" comme travailler sur l'appropriation de nouveaux espaces ou la réappropriation d'espaces délaissés, sur les usages, "petits gestes" comme mettre des bancs adaptés pour que les personnes âgées puissent se reposer quand elles sortent de chez elles, etc.

Faudra un jour que j'arrive à faire un article sur cet "urbanisme des petits gestes".

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4 avril 2007 3 04 /04 /avril /2007 18:45

Petite réflexion d'escapade


Aujourd'hui, je suis passé par le village de Castelnau de Montmiral, une magnifique bastide à une douzaine de kilomètres de Gaillac dans le Tarn.

 

Urbanisme-Bastide-Castelnau-Montmiral-1.JPGAutant vous dire que quand on est ici, on n'est pas ailleurs.

Comme il était midi, après avoir fait un petit tour du village, plutôt que de rentrer de suite à Toulouse et manger un sandwitch, je me suis invité au restaurant de la place de la mairie.

Le restaurant était divisé en deux salles : dans la première, celle du comptoir, ceux d'ici, dans la seconde, ceux d'ailleurs.

Dans la première salle donc, ceux d'ici sont surtout des salariés, certains en chemise, d'autres en bleu de travail, mais il y a aussi une famille et un groupe de retraités.
Ici, tout le monde connaît les serveurs et les serveurs connaissent les prénoms de chacun. On parle fort, les conversations sautent de table en table. La majorité, si ce n'est tous, a choisi le menu du jour.
Ce sont les gens d'ici, même si certains sont d'ailleurs car quand on est d'ici habiter la bastide ou le village voisin, ce n'est pas pareil.

Les serveurs guident dans la seconde salle ceux d'ailleurs (touristes, professionnels de passage, etc.). La majorité a choisi un menu de spécialités d'ici.
A la table d'en face, un couple de jeunes retraités qui a immigré ici, en Midi-Pyrénées, pour profiter de leur retraite. Dans ce restaurant de Castelnau de Montmiral, dans le Tarn, ils racontent leurs découvertes, notamment gastronomiques, à leur belle-fille et leurs deux petites filles venues ici leur rendre visite. Par exemple, ici, dans la région, et, en particulier, ailleurs, dans le Gers, ils ont pu goûter des fois gras aux saveurs et aux préparations différentes d'une auberge à l'autre. Ils ont aussi été surpris de découvrir que les gens d'ici (les Gersois) sont particulièrement friands des carcasses de canards cuites au barbecue (mais, ils ne savent pas qu'ailleurs, dans les Landes, nous le sommes tout autant).
A la table d'à-côté, deux anglaises et un bébé. Elles parlent entre elles en anglais, mais la maman parlent en français au serveur et un mélange de français et d'anglais à sa petite fille. Est-elle née ici ou ailleurs ? Comment se considérera-t-elle plus tard ? D'abord Tarnaise, d'ici où elle aura grandi, ou Anglaise, sans forcément avoir jamais vécu en Angleterre d'ailleurs ? La maman, qui semble installée ici, dans la bastide ou les environs, expliquent à sa compatriote, qui doit venir d'ailleurs, comment se passe la vie ici, en France. Elle lui décrit aussi les spécialités d'ici pour qu'elle choisisse son menu et commande un petite bouteille de vin d'ici, du Gaillac, pour accompagner le tout. Pour sa petite fille, elle demande un boisson d'ailleurs : du coca-cola.

Un restaurant, un quartier, une ville, les environs, la région et la région, le Pays et le Pays, le Nord, le Sud et l'Est du Sud-Ouest, l'Europe, le Monde, la planète, une planète...
Ici et ailleurs, d'ici et d'ailleurs, petite réflexion qui pourrait d'ailleurs apparaître anodine, mais qui ne l'est point et ne devrait donc pas se dissiper.

En tout cas, moi, je suis d'abord d'ici et je vis, pour l'instant, ici.

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26 mars 2007 1 26 /03 /mars /2007 12:40

Dans un article, je vous expliquais combien il me semblait qu'un des problèmes essentiels de l'aire urbaine toulousaine me semblait être sa mozaïque institutionnelle : "Toulouse, quel(s) territoire(s) pour quel(s) projet(s) ?".
Mais qu'en est-il de manière générale dans notre pays ?


Une France de plus en plus intercommunale

Un long chemin
Voici un petit tableau (le tableau complet) qui résume l'évolution de l'intercommunalité depuis 1972 (données au 1er janvier).

Groupements

1972

1992

1993

1999

2007

À fiscalité propre (communautés urbaines, d'agglomération, de communes, etc.) Total Nombre 104  232  466  1 678  2 588 
Communes

5 071  19 128  33 414 
Population   (en millions)

16,1  34  54,2 
Dont TPU Nombre

18  111  1 197 
Communes

179  1 058  15 833 
Population (en millions)

2,1  4,2  41,8 
Sans fiscalité propre (SIVOM, SIVU, Syndicat mixte) Nombre 10 532  17 074  17 000  18 504  16 399 


Les pionniers
Pendant longtemps l'intercommunalité s'est essentiellement limitée à la création de syndicats spécialisés dans la mise en commun de moyens techniques (voirie, ordures, etc.). Ces syndicats se sont multipliés tout au long des années 80 après la première décentralisation.
Il existait alors peu de groupements à fiscalité propre : quelques communautés urbaines et des districts de plus en plus nombreux.

La diffusion de l'intercommunalité
A partir de 1992 et la loi d'orientation sur l'organisation territoriale, apparaissent les communautés des communes qui vont se multuplier tandis que le nombre des autres types de groupement vont rester relativement stables.
Alors que les groupements à fiscalité propre représentaient seulement 5 000 communes et 16 millions d'habitants, plus de 19 000 communes et 34 millions d'habitants sont concernés en 1999.
La TPU, taxe professionnelle unique, qui permet de créer une solidarité fiscale entre les communes d'une même intercommunalité (les entreprises ne sont pas en généralement équitablement réparties), reste marginale (à peine 1000 communes).

La généralisation de l'intercommunalité de projet
Entre 1999 et 2001, plusieurs lois réorganisent, transforment et promeuvent l'intercommunalité : les lois Voynet (1999), Chevênement (1999) et SRU (2001).
Elles offrent un nouveau cadre (une analyse de 2002 des liens entre les loi SRU, Voynet et Chevênement) avec :
- de nouvelles entités territoriales : les Pays et les communautés d'agglomérations, ces dernières représentant un échelon intermédiaire d'intégration entre les communautés urbaines et les communautés des communes,
- l'introduction de la notion de projet,
- de nouveau outils de plannification (SCOT et PLU),
- le développement de la contractualisation dans les rapports entre l'Etat et les collectivités locales,
- des incitations fortes de l'Etat (subventions) pour les communes à intégrer une intercommunalité.

Les effets sont indéniables puisque, au 1er janvier 2007, plus de 91 % des communes françaises font partie d'une structure intercommunale à fiscalité propre, soit 54 millions d'habitants. Près de 1 200 intercommunalités (soit 16 000 communes et 42 millions d'habitants) ont fait le choix d'une taxe professionnelle sur leur territoire, outil caractérisant un approfondissement du projet intercommunal.

Néanmoins, on ne peut que constater que les syndicats sans fiscalité propre qui auraient dû disparaître petit à petit, sont toujours aussi nombreux, représentant autant de strates qui s'empilent et qui fragmentent la maîtrise des différentes compétences. 
Trois hypothèses :
- il est plus difficile de créer une structure que la faire disparaître,
- les communes préfèrent continuer à gérer certaines compétences avec un nombre restreint de partenaires plutôt que les déléguer à une structure plus importante,
- le développement de l'intercommunalité entraîne la disparition de certains syndicats, mais aussi la création de nouveaux, la coopération incitant les communes à déléguer toujours plus de compétences.


Des situations contrastées

Un territoire inégalement couvert



La première carte représente les différentes structures intercommunales : communautés urbaines (en bleu), d'agglomération (en rouge), de communes avec TPU (en jaune), sans TPU (en gris).
La seconde différencie les structures avec TPU (en rouge) de celles qui n'ont pas adopté un tel dispositif (en gris).

Ces deux cartes montrent une situation contrastée.

Si seules 9 % des communes françaises n'apartiennent à aucune intercommunalité, celles-ci sont sur-représentées dans certaines zones.
C'est le cas, par exemple, en région parisienne, mais aussi dans l'aire urbaine toulousaine où ce taux est trois fois plus important (25 % des quelques 380 communes).

A l'inverse, certaines zones sont fortement intégrées avec peu de communes n'appartenant à aucune structure intercommunale et un adoption massive de la TPU, signe d'une intercommunalité plus approfondie.


Des périmètres pas toujours pertinents

Néanmoins, si la démarche intercommunale concerne la grande majorité des communes, son long développement n'a pas toujours eu pour conséquence la création d'intercommunalités aux périmètres cohérents et pertinents, c'est-à-dire correspondant à des bassins de vie, comme le montre cette carte de l'aire urbaine toulousaine.


L'enjeu de l'approfondissement de l'intercommunalité

La loi du 13 août 2004 relative aux libertés et responsabilités locales prévoyait une rationalisation de la carte de l’intercommunalité (fusion, réduction du nombre de syndicats, disparitions des enclaves, transferts effectifs des compétences et des moyens).
Il s'agit, à mon avis, d'un objectif capital pour améliorer le fonctionnement de la gouvernance locale car les communes ne peuvent assumer seules toutes les compétences que leur a délégué l'Etat. Elles ont donc intérêt à se regrouper pour élaborer et mettre en oeuvre un projet de territoire.

Or si 8 fusions d’EPCI ont bien eu lieu en 2006, l'effort est, période électorale oblige, bien faible pour l'instant.
C'est pourquoi, pour les élections municpales de 2008, l'intercommunalité, même s'il s'agit d'un sujet moins porteur que d'autres auprès des électeurs, doit être une question centrale.
Quant à l'Etat, il doit assumer son rôle pour aider les communes et leurs intercommunalités à passer de l'adolescence à la maturité.

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Plus de données sur le site de la Direction génrale des Collectivités locales.

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15 mars 2007 4 15 /03 /mars /2007 12:02

Dans "urbanisme", il y a urbain. Cela veut-il dire qu'il ne faudrait se préoccuper que des villes. Le monde rural ne serait-il qu'un sous-territoire, une anti-ville ?
Sûrement pas.

Natif d'un petit village, petit-fils d'agriculteurs, je sais bien pour ma part que le monde rural est un ensemble de territoires à part entière, variés, vivants et porteurs d'avenir.

Hasard du calendrier, c'est une nouvelle journée de réflexion et d'échanges entre élus, chercheurs et professionnels qui est proposée par le PREDAT de Midi-Pyrénées.
Ce vendredi 16 mars à Toulouse est donc l'occasion de se penc sur ce thème des "territoires au-delà de la ville"


Le programme

Atelier 1 - Habiter les espaces de nature
Le rêve d’habiter un espace de nature est une des raisons fondatrices du choix de localisation de bien des habitants…Quelles ressources et/ou contraintes la nature amène-t-elle, elle-même à ces aspirations ? Quelles manières et/ou stratégies développe-t-on lorsqu’on réside dans des “espaces de nature” pour en préserver au moins l’idée ? Quels supports de projet l’espace de nature offre-t-il aux concepteurs architectes ? Différents angles de vue tentent d’éclairer ce “rêve”.

Atelier 2 - Conquête, reconquête, résistance(s)
Un projet d’éco-hameau d’un maire visionnaire d’une petite commune du Comminges qui peine à faire partager son utopie à la population…
Un ambitieux projet de reconquête du paysage montagnard pour une communauté de communes des Pyrénées…
Dans les territoires « hors la ville » de Midi-Pyrénées, des dynamiques sont à l’oeuvre, loin des idées reçues, vers un véritable brassage social.

Atelier 3 – Processus et échelles de décision
Le cadre législatif actuel a transformé les modes de réflexion et d'action "au-delà de la ville"...territoires de projets, périmètres institutionnels et outils de planification ne participent pas toujours de la même logique. Les jeux d'acteurs tracent des chemins variables qui conduisent à des configurations très différentes d'un territoire à l'autre.
Cet atelier interrogera un élu et une représentante de la société civile pour comprendre leur positionnement vis à vis des interrogations posées : Quelles articulations entre les différents périmètres (Pays, EPCI, SCOT)? Comment passer de la planification aux opérations d'aménagement? Qui prend les décisions? Quelle marge pour les habitants dans le processus de décision? Quelle organisation?

Table Ronde – “Quels projets pour les territoires hors la ville ?”

Le programme complet.

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Désolé si je préviens certaines personnes intéressées au dernier moment, mais je suis un peu débordé en ce moment.

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13 mars 2007 2 13 /03 /mars /2007 12:42

(MAJ 1 : 15/03/07)

Une problématique majeure de demain

"Ces conseils donnés à l'urbaniste peuvent l'aider à s'orienter dans la complexité des situations urbaines. Il doit tout d'abord se mettre dans une situation de connaissance de ce qui bouge, car tout change toujours (c'est la seule loi qui ne change pas). C'est donc dans le changement, de ce qui vient d'avant vers ce qui sera après, qu'il doit inscrire sa réflexion et son action. Cela ne signifie pas qu'il doive faire la ville de l'an 2050 mais qu'il doit considérer que son action prend place dans des flux qui à moment peuvent être « dominants » et à d'autres « dominés » et que chaque situation n'est que provisoire ; son projet doit donc être « dynamique »."

Cette réflexion de Serge Renaudie me semble particulièrement appropriée à la question de la prise en compte de la vieillesse dans nos territoires.
En 2030, la France pourrait compter 20 millions de personnes de plus de 60 ans, pour 32 millions de 20-59 ans et 15 millions de moins de 20 ans.
Difficile aujourd'hui d'imaginer tout ce que ce bouleversement annoncé va modifier dans nos pratiques, dans nos villes et dans nos vies.


Quelques éléments en vrac

Nos villes ne changent pas en quelques années, notamment en termes d'infrastructures et d'équipements. Nous avons donc besoin d'anticiper, notamment en évitant tout aménagement dont l'adaptation sera forcément coûteuse. Un exemple tout bête, les passages "bateaux" sur les trottoirs pour permettre le passage des véhicules. Ils sont déjà des obstacles aujourd'hui pour les personnes à mobilité réduite, ils seront sûrement demain proscrits et d'innombrables rues réaménagées.

Les infrastructures et les équipements sont certes des éléments importants dans la prise en compte du viellissement de la population, mais, finalement, accessoires tant la question centrale me semble d'abord sociétale (voir aussi "L'usage, l'urbanisme des habitants") : quelle place pour les personnes âgées ? Représenteront-ils seulement des problèmes ou saurons-nous aussi voir en eux des opportunités ?

Et puis, ce sujet nous interroge en nous le professionnel, le citoyen, mais aussi l'intime. Que ferons-nous, enfants, de nos vieux ? Que feront de nous, vieux, nos enfants ? 2030, 2050, cela paraît loin tout ça, mais il ne faut pas oublier qu'à cette époque les vieux, ce sera nous et, les jeunes, nos enfants et petits-enfants.

A l'heure de l'éclatement des familles et des systèmes de solidarités traditionnels, de l'éloignement géographique, de l'individualisme, quel modèle de société ?


Le dernier âge

C'est le titre d'
un remarquable éditorial de Thierry Paquot dans un numéro de la revue Urbanisme datant de mars 2000 consacré à la question du vieillissement.
L'ensemble des articles.



Viellir en ville, une journée de réflexion

Le PUCA organise jeudi 14 mars une journée de réflexion à Toulouse sur ce thème.

"La rencontre « Vieillir en ville » présentera en trois tables rondes des expériences toulousaines ou régionales sur le thème du vieillissement et de l?habitat : la première portera sur la demande en logement des personnes âgées, et sur les politiques de l?habitat permettant d?y répondre. La seconde questionnera les manières dont les collectivités territoriales peuvent être amenées à appréhender les personnes âgées comme des ressources pour le développement local. Enfin, c?est autour de la question du droit de cité aux personnes âgées et de leur visibilité dans l?espace public que chercheurs et acteurs débattront à partir d?expériences françaises et d?une mise en perspective avec des exemples étrangers."
Le programme complet.


Rapide compte-rendu

Les débats de cette journée étaient vraiement passionnants.
Si j'y ai retrouvé certaines idées que j'avais précédemment, et notamment celle qu'il s'agit d'abord d'une question sociétale avant d'être d'être technique ou réglementaire, mais bien sûr cela allait beaucoup plus loin.
Il va me falloir un peu de temps et de travail pour digérer tout ça.

Les actes seront "prochainement" publiés par le PUCA.


Première table ronde : Quelles politiques de l?habitat pour les personnes âgées ?

L?accroissement de la longévité pour un plus grand nombre de personnes peut faire supposer pour l?avenir une demande en logement importante de la part de personnes âgées. Dans quelle mesure cette demande sera-t-elle spécifique, et quels seront les principaux traits de cette demande ? Au-delà du fait de devenir plus vieux, peuton prévoir des phénomènes de génération ? Peut-on caractériser différentes catégories de personnes âgées en fonction des espaces d?habiter, des états de santé, des appartenances sociales, afin de prévoir des types de demande en logement, cadre de vie, politiques d?intégration ?


Table ronde n° 2 : les personnes âgées comme ressources du développement local

La présence d?une population vieillissante toujours plus importante doit-elle être assimilée à un signe de déshérence des territoires ? Sans doute est-il temps de revenir sur cette idée reçue et d?envisager les personnes âgées comme contribuant également au développement local. Non seulement leur présence favorise la diversification des activités de services, mais aussi, on aurait tort de croire que leur implication dans la vie économique et sociale s?interrompt avec la retraite. Nous verrons, à l?occasion de cette table ronde, de quelles manières les collectivités territoriales peuvent être amenées à appréhender les personnes âgées comme des ressources territoriales.


Table ronde n°3 : Droit de cité des personnes âgées

Si les politiques de la vieillesse et de l?habitat à l?égard des personnes dites âgées se sont orientées essentiellement vers la prise en compte de leurs incapacités, il apparaît de plus en plus aujourd?hui que la diversité et la qualité du vieillissement des personnes appellent les pouvoirs politiques, locaux en particulier à s?intéresser à d?autres définitions des citoyens âgés. Le projet de cette table ronde est de montrer en quoi les « vieux » et leur « parole » sont visibles ou invisibles dans l?espace public et quelles devraient être les conditions favorables à cette visibilité.


Pour aller plus loin

Vieillissement de population et logement

En 2004, le PUCA avait organisé un séminaire sur la question.
Vous trouverez ses actes à la documentation française et deux articles ici et .


Vieillissement, activités et territoires à l'horizon 2030

Ce rapport prospectif étudie les conséquences de l'évolution démographique sur les activités dans les territoires d’ici vingt ans.

En 2004, le PUCA avait organisé un séminaire sur la question. Vous trouverez à la documentation française et deux articles et .


L'intégration des personnes âgées dans la vie sociale de la ville

Mémoire de DESS de Dominique Kern.
Conclusions p 119 et 120 du pdf.


Des bancs pour les "vieux"

Tandis que les bancs publics ont tendance à disparaître de quelques villes françaises, une ville suisse a choisi d'installer des bancs adaptés, tous les 50/100 m sur certains itinéraires pour permettre aux personnes âgées de sortir de chez elles.
Une autre culture.
C'est ce que j'appelle "l'urbanisme des petits gestes" (j'y reviendrai).


Le pays qui chouchoute ses seniors pour qu'ils travaillent plus longtemps

En France, seuls 38 % des 55-64 ans ont un emploi quand ils sont 55 % en Finlande, nous apprend un article du Figaro.
 
blanc

En 2004, le PUCA avait organisé un séminaire sur la question. Vous trouverez à la documentation française et deux articles et .
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5 mars 2007 1 05 /03 /mars /2007 10:46

Un petit tour au Salon de l'immobilier de Toulouse

Le week-end dernier, se tenait le Salon de l'immobilier de Toulouse.
Petit tour dans une machine à rêves ... et à business.


Du business pour tout le monde

Les prix dans l'immobilier augmentent, il paraît.
Pas étonnant, car l'immobilier, c'est comme pour l'or, la ruée.

Tous les professionnels du secteur n'étaient pas là, mais beaucoup étaient représentés parmi la centaine d'exposants :
- les promoteurs,
- les lotisseurs,
- les constructeurs de maisons individuelles,
- les agences immobilières,
- les banques,
- les conseils en investissement et en défiscalisation,
- quelques architectes spécialisés dans la maison individuelle,
- certains institutionnels,
- la presse régionale et/ou spécialisée.

Tout le monde était sur son 31 et prêt à accueillir le chaland.


Des promoteurs aux aguets

Parmi eux donc, une grosse vingtaine de promoteurs dont certains sont nos clients.
J'ai donc passé l'essentiel de mon court passage à faire le tour de leurs stands.

Les stands

 Plusieurs écoles :
- il y a ceux qui communiquent sur un nombre important de projets quand d'autres en montrent peu parce qu'ils en ont peu ou qu'ils préfèrent montrer les plus beaux (y compris certains qui ne vont pas se faire comme le Groupe ...) ou qu'ils préfèrent communiquer sur leur nom
- il y a ceux qui utilisent de superbes affiches, de belles vidéos d'images de synthèse, de magnifiques maquettes et ceux qui mettent peu en valeur leurs projets
- il y a ceux qui ont un stand comptoir et ceux qui ont aménagé, au sein du stand, des lieux d'intimité pour discuter d'une démarche qui n'est pas neutre : l'achat d'un logement.

L'accueil A peine marquez-vous un temps d'arrêt devant un stand que, systématiquement, une gentille personne attentionnée venait vous demander si vous souhaitiez des renseignements.
Je n'ai pas eu la patience de me faire passer pour un acheteur potentiel, mais j'ai échangé quelques mots avec certains.
Là aussi, il y avait plusieurs écoles :
- certains n'avaient visiblement que des commerciaux quand, chez d'autres, des reponsables opérationnels étaient présents
- les commerciaux ne forment pas une masse uniforme, il y a les jeunes et les expérimentés, ceux dont les dents raillent le sol, les distingués et les mal fagotés, ceux qui savent vous parler d'un "logement" et ceux qui vous vendrez aussi bien un aspirateur high tech, ceux qui connaissent leurs dossiers et ceux qui baratinent sur du vide, etc.
Les projets Rares étaient les projets vraiment intéressants qui donnent envie d'y vivre. La plupart de ceux-ci correspondaient aux projets de la ZAC d'Andromède, opération de prestige. Les quelques autres étaient, en général, situés à Toulouse même. Ces projets étaient tous mis en valeur par une maquette ou une vidéo.
Après, il y avait un certain nombre de projets, "corrects", qui, visiblement, correspondent à des programme d'accession à la propriété.
Egalement tout un ensemble de projets "bateaux" typiques de la défiscalisation (collectifs R+2 avec toi 4 pentes, maisons doubles sans charme).
Enfin, il y a tout ceux que l'on affiche pas, mais que l'on présente à l'acheteur potentiel quand on discute de ses moyens et de ce qu'il recherche.

Mais, au final, je serai curieux de savoir qui "vend" le plus : les gros ou les petits.


L'image

Il y a une image qui m'a profondément marqué et que je garde de ce passage : les files de famille qui s'étiraient, avec leurs rêves, devant les stands des banques.


Une réalité pas si rose

Peut-on encore devenir propriétaire ?


C'est la question que posait Sud-Ouest lundi, mais on pourrait la formuler aussi autrement cette question : Doit-on encore devenir propriétaire ?
J'y reviendrai sûrement dans un autre article.

En attendant, voici le témoignage d'un jeune (25 ans) qui souhaite devenir propriétaire et qui s'aperçoit qu'il faudrait qu'il s'éloigne assez loin (plus de 20 km) pour donner vie à son rêve d'une petite maison au milieu de sa parcelle. 
"C'est vraiment décourageant !"
"Il faut monter dans le train" pense néanmoins un notaire (étonnant, non ?) qui juge que cela reste, quoi qu'il puisse arriver, un placement intéressant.

Petite nuance cependant avec ces deux articles parus aujourd'hui sur les prêts immobiliers :
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Crédit immobilier : négocier un bon taux devient plus difficile, nous informe Le Figaro
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Prêts immobiliers à risques ... Menaces sur la compagnie New Century, peut-on lire sur Batiweb. Que vont devenir alors les personnes qui ont souscrit un prêt ?

Et celles qui ont acheté des biens surévalués pour défiscaliser et qui ont du mal à trouver des locataires acceptant des loyers bien plus chers que le marché ?
L'autre jour, c'était un article de la Dépêche sur Agen, où un "heureux" acheteur était obligé de passer le loyer de son T3 de 550 à 440 € en offrant les deux premiers mois et en ne demandant qu'une petite caution (1/2 mois).
Lundi, un filet dans la Dépêche signalait le cas d'une nouvelle résidence à Carcassonne où seuls 11 des 90 logements sont loués...
Et, le lendemain de la publication de cet article, la Dépêche fait sa Une sur ces résidences qui cherchent des locataires.

Pendant ce temps là, on manque de logement social.
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16 janvier 2007 2 16 /01 /janvier /2007 11:14

Je vous ai déjà parlé du collectif associatif PDU (notamment dans mon article sur "L'expertise citoyenne") qui, depuis 1998, milite pour un projet alternatif au Plan de Déplacements Urbains officiel de l'agglomération toulousaine jugé trop peu ambitieux et retoqué d'ailleurs par l'Etat pour ne pas prendre suffisamment la Loi sur l'Air de 1996.
En ce début 2007, le Collectif souhaite revoir ce projet alternatif et lance donc une démarche en ce sens qui démarre ce jeudi.
Comme d'habitude, vous pourrez m'y croiser.

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COMMENT ELABORER DES PROPOSITIONS COMMUNES POUR LES DEPLACEMENTS SUR L'AGGLOMERATION TOULOUSAINE EN 2008 ?
Jeudi 18 janvier 2007, à 20h30

A la Maison de l'Environnement de Midi-Pyrénées, à Toulouse.
1 rue de valencienne, à coté du Grand rond

Soirée des associations avec le Collectif PDU (Plan de Déplacement Urbain)

Le collectif PDU invite toutes les associations intéressées par les déplacements sur Toulouse à envoyer un ou deux représentants afin de définir un projet fédérateur pour l'agglomération toulousaine après l'inauguration de la ligne B du métro :

Ordre du jour :

1)  20h30-21h15 :
- présentation du projet initial du collectif PDU de 1998 (des tramways plutôt que la ligne B)
- présentation du projet révisé de 2003 :
- 25 % de déplacement par transports en commun pour 2015
- par des tramways et des bus, sans oublier des pistes cyclables et piétonnes après 2007

2) 21h15-21h30
tour de table des associations présentes

3) 21h30-22h30
recherche d'une méthode pour élaborer des propositions communes pour les déplacements sur l'agglomération toulousaine en 2008

4) 22h30-23h
mise en forme de la méthode et mise en place d'un planning pour 2007

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17 novembre 2006 5 17 /11 /novembre /2006 12:31

Parce qu'ils sont différents

Quand on est jeune, bien portant, on oublie que notre appréhension de l'espace est fortement influencée par notre capacité, physique, à nous mouvoir.
Or ce n'est pas le cas de tout le monde.

Je suis ainsi très sensibles à certaines difficultés rencontrées par les personnes âgées de mon entourage.
J'ai aussi eu l'occasion ces dernières semaines de voir mon potentiel physique évoluer parce que j'ai repris le rugby après plus de quatre ans d'arrêt, d'une part, et parce que j'ai récolté une entorse de la cheville au moment où je recommençais à retrouver certaines sensations, d'autre part.

On n'a pas suffisamment conscience, par exemple, que 100 m peuvent être un vrai calvaire, surtout quand les trottoirs sont inclinés pour laisser passer les voitures des uns et des autres.
Alors que notre société viellie, irrémédiablement, il nous faut adapter nos espaces pour qu'ils restent des lieux de vie et non des barrières, des frontières, invisibles pour la majorité, mais si cruelles pour certains.

Il faut bien noter également que cette capacité différente à se mouvoir, source de handicaps, a pour conséquence une perception différente, mais pas moins riche de notre environnement.
Demandez à un aveugle ce qu'il entend, à un sourd ce qu'il voit, à un enfant sa perception des espaces qu'il fréquente, à une personne âgée de vous montrer ces détails que vous n'avez pas le temps de voir, etc.
On a beaucoup à apprendre.

Tout ceci fait partie de ce que j'appelle "l'urbanisme des petits gestes".
Un ensemble de petites actions, bien moins "nobles" que l'aménagement d'une place, d'un nouveau quartier, mais tout aussi capables de changer la vi(ll)e (j'y reviendrai).


Une initiative en or : Les promenades blanches


Cette sensibilité ne peut que me faire regretter de ne pas être à Bordeaux ce week-end pour m'en aller redécouvrir la ville en compagnie de déficients visuels à travers ces "Promenades blanches".
Vraiment une initiative formidable à laquelle participe Bruit de frigo.

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 Du 17 au 20 novembre

Revue Louma N°3 : LES CARTES DE PROMENADES BLANCHES
Le chorégraphe Alain Michard s’associe au plasticien Mathias Poisson pour décomposer, renverser, palper, commenter la ville avec un groupe de déficients visuels aventureux de Bordeaux.
Invitation à la promenade urbaine :
PERCEPTION MODIFIÉE, SENSATIONS ASSURÉES, CURIOSITÉ OBSCURE ET GUIDAGE FLOU.

PROMENADES BLANCHES du 17 au 20 novembre, série de promenades guidées, OUVERTES AUX MYOPES, AUX DEFICIENTS VISUELS ET A TOUS CEUX QUI NE REGARDENT PAS OÙ ILS MARCHENT.
Promenades gratuites, sur réservation auprès du TNT : 05 56 85 82 81. tnt.boum@wanadoo.fr

CARTES DE PROMENADES BLANCHES à lire avec ou sans les YEUX. Cartes disponibles à partir du 10 novembre dans tous les lieux culturels, sociaux, d’art, de tourisme de Bordeaux.
MAIS COMMENT SE PROMENER DANS LA VILLE DU BORD DES DOIGTS ? Lecture publique de la carte de promenades blanches :
dimanche 19 novembre à 16H à la gare de tram des Quinconces

 
DÉTAIL ET CALENDRIER DES PROMENADES BLANCHES:
3 équipes de promeneurs vous proposent des itinéraires différents

1/ Catherine Bord et Catherine Chateau
(guides conférencières de l’Office du Tourisme de Bordeaux)
Les monuments, l’histoire, les quartiers de Bordeaux sont autant de lectures possibles de la ville. La promenade blanche que nous guiderons permettra à chaque promeneur de ressentir la ville et de construire une page d’histoire de voir.
Promenades (2h chaque promenade) : vendredi 17 novembre à 11h et à 14h30, samedi 18 novembre à 14h30, dimanche 19 novembre à 10h, lundi 20 novembre à 11h et à 14h30.
 
2/ Le Bruit du Frigo (une équipe d’artistes, d’architectes, de gens qui travaillent dans les sciences humaines autour de la ville et de la manière dont les gens la vivent au quotidien)
Notre travail est une exploration permanente de la manière dont les gens perçoivent les choses, de comment ils peuvent être associés à l’évolution du lieu où l’on vit. Et donc c’est un peu sur ce mode de l’exploration, de la conversation et de la curiosité pour les petites anecdotes que se feront nos promenades.
Promenades (2h30 chaque promenade) : vendredi 17 novembre à 18h, samedi 18 novembre à 12h et à 16h30, dimanche 19 novembre à 17h30, lundi 20 novembre à 12h et à 16h30.

3/ L’équipe de la Revue Louma (Alain Michard et Mathias Poisson)
Nous vous proposons des promenades sensibles, pour découvrir avec les 5 sens des endroits particuliers de Bordeaux. Une invitation à prendre le temps de contempler, d’écouter, de sentir la ville et prendre plaisir à la promenade oisive. C’est aussi un prétexte à éveiller la curiosité.
Promenades (2h chaque promenade) : du vendredi 17 au lundi 20 novembre, promenades à 7h du matin et à 16h.

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7 octobre 2006 6 07 /10 /octobre /2006 12:32

C'est le thème du prochain débat organisé, mardi 7 octobre à 18h30, par le CMAV, dans le cadre de ses toujours très enrichissants "Mardis de l'architecture".

Mon expérience chez Archisud me fait penser que si les élus ont tellement de mal vis à vis du marché, c'est qu'ils ne prennent pas le sujet suffisamment en amont. En effet, ils essaient d'amender les projets alors qu'ils devraient avoir l'ambition de les guider.
Je m'explique.


Le process classique : une intervention à la marge

En général, les futures zones d'extension urbaine sont très peu souvent l'objet d'études approfondies avant leur ouverture à l'urbanisation. Seul un vague réglement précise le futur de la zone. 
L'ouverture intervient souvent quand les pressions (sociale face à la pénurie de logements, d'influence des promoteurs et des propriétaires fonciers, etc.) est suffisamment forte. Généralement, surtout dans une région connaissant une forte poussée comme à Toulouse, l'affaire est déjà réglée : le ou les propriétaires ont déjà signé une promesse de vente avec un promoteur.
Comment celui-ci est-il choisi ? Très simple, c'est celui qui offre le plus d'argent. Le réglement donne en général une surface maximale constructive (la SHON), non modulable. Le gagnant sera donc celui qui offrira le meilleur prix par m² SHON. Qu'importe le projet, c'est le cadet des soucis du propriétaire.

Une fois gagné le terrain à prix d'or, le promoteur doit pouvoir monter un projet à la balance financière satisfaisante.
Or l'argent mis dans le foncier diminue d'autant plus ce qui sera disponible pour la qualité des constructions, l'intégration de logements sociaux ou la prise en charge d'équipements publics (voirie, assainissement, ...), etc.
Lorsque le Maire a connaissance du projet et qu'il souhaite imposer certains desirata, les négociations sont beaucoup plus difficiles car les grands équilibres du projet ont été fixés par le promoteur lors de la négociations avec le propriétaire. Parfois, la Mairie arrive à remettre en question certains projets, mais bien souvent elle doit se résoudre à n'agir qu'à la marge.


Agir en amont

Face à cette situation, je suis convaincu que les collectivités locales ont tout intérêt à prendre l'initiative. J'entends par là qu'il ne faut pas avoir peur d'afficher leur ambition, leurs exigences en terme d'organisation urbaine, d'équipements et d'infrastructures, de qualité de la construction, etc.

On a coutume d'entendre que l'on ne peut pas le faire car cela entraînerait un surcoût du prix de l'immobilier déjà très élevé.
C'est faux car les promoteurs sont des personnes pragmatiques : l'important, c'est leur marge. Le reste n'est qu'un ajustement des curseurs des dépenses et des recettes.
D'ailleurs ceux-ci préfèreront souvent connaître les "règles du jeu" avant de s'engager plutôt que l'incertitude de négociations informelles lorsque leur projet sera plus avancé.

Un très bon exemple est l'obligation des 20 % de logements sociaux dans les communes de plus de 3500 habitants. Cela ne signifiait nullement, jusqu'à récemment,  que les promoteurs étaient obligés juridiquement d'avoir 20% de logements sociaux dans leurs opérations. Néanmoins, les maires s'en sont souvent servis pour l'imposer de manière informelle. Les promoteurs se sont très facilement adaptés, ils ont payé le foncier moins cher, c'est tout.
Pour vous donner une idée, à une quarantaine de kilomètres de Toulouse, pour un terrain viabilisé sur un beau site, un promoteur est prêt à offrir 230 € le m² SHON pour du logement collectif classique. Mais s'il est obligé de réaliser une part de social, il ne donnera que 115 €/m² pour la surface destinée à cette effet.

Qui se plaindra que les propriétaires qui font aujourd'hui des plus-values souvent indécentes voient celles-ci atteindre de plus justes proportions afin de plus pénaliser l'intérêt collectif.
Notez qu'ils ne sont pas les seuls profiteurs. Les notaires par exemple ont une rémunération en fonction de la valeur de l'acte. Pour un même acte, si le prix du foncier flambe, le leur aussi.

Autre marge de manoeuvre, les frais "commerciaux" qui vont jusqu'à représenter 15% du prix final.
Dans leur course à la marge, les promoteurs ont tendance à réduire les coûts de construction et donc la qualité de leurs "produits". Ceux-ci sont donc d'autant plus difficiles à vendre, ce qui justifie des frais commerciaux élevés.
Obligeons-les à améliorer la qualité de leurs constructions, ils les vendront mieux et auront donc besoin de moins de dépenses commerciales.

Autre possibilité utilisée par la commune de Toulouse depuis son nouveau PLU, ne plus fixer de plafond de constructibilité (or limite de hauteur, de retrait, etc.). Les projets sont jugés en fonction de leur qualité, notamment pour ce qui a trait de l'intégration dans l'environnement, et la densité acceptée est liée à cette appréciation.
Piste intéressante, mais qui exige une grande rigueur et une ingéniérie inabordable pour les petites communes.

En résumé, je pense qu'il faut se décomplexer vis-à-vis des propriétaires et des promoteurs et ne pas avoir peur d'imposer :
- des emplacements réservés
- des voiries structurantes
- des constructions de qualité
- une bonne intégration dans l'environnement
- du logements social
- des parkings souterrains
- etc.

Mais il faut le faire en amont et dans la transparence.
Et les projets se feront.

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