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Introduction

Le temps d'un livre
 

Après trois dernières années où la pratique a pris le dessus, il est temps pour moi de prendre du recul, de reprendre le temps dfe la réflexion.

Le Grand Toulouse vient de m'accorder un an de congé de formation à cette fin avec un projet de mémoire un peu particulier : un livre.

 

"Quel urbanisme pour mon territoire ? Petite introduction pour ceux qui veulent participer.", tel est son titre provisoire.

Il n'aura pas la prétention de dire au lecteur quel urbanisme est nécessaire pour son territoire, mais bien de lui ouvrir des perspectives et lui donner des éléments pour y réfléchir.

Il s'agit d'un projet global et multimédia dans lequel contenu, format et modalités de réalisation sont intimement liés et conçu pour répondre à plusieurs niveaux de lecture (citoyen intéressé, citoyen engagé, professionnel ou élu).

Dans la perspective des prochaines élections municipales, l'objectif est de publier ce livre à l'automne 2013.

 

Ce blog aura une place particulière dans ce projet comme lieu de débat pendant sa réalisation et comme support de ressources complémentaires du livre par la suite.

N'hésitez donc pas à faire part de vos commentaires et à vous inscrire ci-dessus pour être prévenus de la publications des nouveaux articles. Bref: participez !

 

Voir la note de présentation.

 

Juin 2012

Recherchez Ici

Le projet de livre

Livre QUel urbanisme pour mon territoire - page garde V2.0

28 septembre 2005 3 28 /09 /septembre /2005 00:00

Densification, le mot qui fait peur.

Depuis la loi SRU, la densification du tissu urbain existant est privilégiée à l'étalement dans les nouveaux outils de plannification urbaine (SCOT, PLU).

On pense systématiquement à l'image des barres de béton, mais il existe aujourd'hui des formes urbaines permettant d'allier densité et intimité. Je vous en ai montré un exemple.
On a aussi généralement l'impression que notre environnement est déjà très dense et que toute nouvelle construction aurait un impact négatif sur la qualité de vie. Mais qu'en est-il réellement ?

Alors que Toulouse s'est engagée dans l'élaboration d'un Agenda 21, il m'a semblé intéressant de comparer la densité des 15 principales aires urbaines françaises.


Les différentes parties des aires urbaines.

Une aire urbaine se compose d'une ville centre, d'une première couronne correspondant au reste de l'agglomération et d'une seconde couronne qui représente les communes qui entoure l'agglomération centrale.
Voici un petit schéma.

Les tailles des villes, des agglomérations et des aires urbaines dépendent fortement du contexte local.
Pour Toulouse, selon la définition de l'INSEE, l'agglomération représente 72 communes et l'aire urbaine 342.


Densité : les chiffres.

Classement des aires urbaines en fonction de leur densité.




Densité (hab./km²)
Aire urbaine Population (1999)

Aire urbaine

Ville centre

1ère couronne

2ème couronne

1 Lille (partie française) 1 143 125

1 173

5 365

1 920

271

2 Douai-Lens 552 694

808

2 535

1 008

174

3 Paris 11 174 743

770

20 164

2 873

130

4 Marseille-Aix-en-Provence 1 516 340

536

3 318

526

108

5 Lyon 1 648 216

499

9 305

997

127

6 Toulon 564 823

487

3 750

536

101

7 Strasbourg (partie française) 612 104

453

3 375

1 132

164

8 Nice 933 080

411

4 766

841

29

9 Grenoble 514 559

328

8 457

867

77

10 Rouen 518 316

328

4 986

1 150

98

11 Nantes 711 120

317

4 146

669

94

12 Toulouse 964 797

240

3 300

537

64

13 Bordeaux 925 253

239

4 363

534

61

14 Metz 429 588

234

2 951

620

73

15 Nancy 410 508

225

6 902

761

52

5ème aire urbaine de France, Toulouse est 12ème en terme de densité.
Cette faible densité se retrouve pour chacune de ses composantes : 13ème pour la ville centre, 12éme pour la 1ère couronne ainsi que pour la 2ème.

Alors que l'aire urbaine toulousaine connaît une croissance importante de sa population, il faut aujourd'hui savoir comment on accueille cet afflux : on continue à s'étaler ou l'on choisit la voie de la raison en densifiant chaque partie de l'aire urbaine ?
N'y a-t-il pas des exemples alliant une densité plus importante et une grande qualité de vie ?

Et vous, vous en pensez quoi de la densité de votre ville ?

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20 septembre 2005 2 20 /09 /septembre /2005 00:00

J'avais oublié de vous signaler que l'agence ARCHISUD, dont je fais partie, est actuellement à la recherche d'un directeur des travaux Bâtiment-VRD pour nous rejoindre à Toulouse.

Responsable de plusieurs chantiers, il y garantira le respect du sens et du process qualité MPRO Archi dans la démarche de création de lieux de vie de l'agence.
Pour cela, nous recherchons quelqu'un ayant au moins 5 ans d'expérience probante sur un poste similaire en agence d'architecture structurée. Une bonne expérience en immobilier est indispensable.
Vous trouverez sur le site de l'agence l'annonce complète.

Vous pourrez y découvrir l'une des premières réalisations à laquelle vous devriez participer (cliquez sur l'image). Il s'agit d'une opération de 263 équivalents logements pour Eiffage et Pragma dont le chantier devrait bientôt commencer.

Si vous connaissez des personnes succeptibles d'être intéressées, merci de leur indiquer cette annonce.

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27 juin 2005 1 27 /06 /juin /2005 00:00

Je ne suis devenu un urbain qu'en 2001.
4 ans pourtant que j'étais étudiant à Toulouse sans être Toulousain.
4 mois à Valence en Espagne et, depuis, je suis toujours un peu Valencien.


La différence?

A Toulouse, mes lieux de vie étaient des points reliés essentiellement par des trajets en voiture: école, résidence de l'école, appartement avec amis, soirées étudiantes, quelques autres lieux par-ci par-là (place Saint-Pierre, le comptoir de Kiki et Stéph', la table de Patou et Jean-Luc, ...).
Des lieux liés à des moments de ma vie, mais peu liés entre eux.


Valence fut très différent.
D'abord car, comme tout étudiant Erasmus, j'ai profité de mon séjour à fond, à fond, à fond. Epoque très intense de ma vie donc.
Mais cela ne suffit pas à expliquer cette différence. Cela vient à mon avis du fait que j'ai vécu dans la rue. Comme je n'utilisais pas ma voiture, que mes colocataires n'étaient pas mes plus proches amis et qu'il en était de même pour ceux que je fréquentais, j'étais tout le temps dehors. A l'instar des bars, des bodegas, des discothèques ou des terrains de rugby, les rues, les places, qui les reliaient, étaient aussi des lieux de vie.
C'est cette cohérence entre ce moment de ma vie et ce lieu, Valence, qui est à l'origine de cette différence de perception entre ces deux villes.

Mon retour dans la ville rose va me donner de la (re)découvrir et, peut-être, de devenir un peu Toulousain.

 BONUS VIDEO

Peu après mon retour est sorti le film "L'auberge espagnole" de Cédric Klapish.
Dans ce film, j'y ai retrouvé, comme de nombreux autres, un peu de ma vie d'Erasmus.

Or il y a un passage très intéressant dans lequel le héros incarné par Romain Duris parle de ce rapport à nos lieux de vie. Se mêlent alors images de son arrivée à Barcelone et de moments de sa vie après celle-ci.


PS: la suite de ce film, "Les poupées russes" sort le 15 juin prochain.

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1 mai 2005 7 01 /05 /mai /2005 00:00

Comme promis dans ma petite note sur l'évolution actuelle du budget de la politique de la ville, j'entame une petite série sur celle-ci.

BONUS
Copains de banlieue: l'histoire de la banlieue de 1905 à nos jours racontée aux enfants (petit jeu + dossier pédagogique)
http://copainsdebanlieue.plainecommune.fr/


La politique du logement de 1945 à 1975.

Avec les destructions de la 2ème Guerre mondiale et le développement économique des Trente Glorieuses (exode rural, rapatriés de l'Algérie, travailleurs immigrés), les pouvoirs publics doivent construire massivement.
Des barres et des tours sont bâties, selon des procédés de préfabrication, à la périphérie des villes où le terrain est disponible et bon marché.

En rouge sur un extrait du PLU de Bordeaux, les quartiers de HLM construits à cette époque construits à proximité des grandes zones d'activités en violet 


Si cette forme rappelle les Unités d'habitations de Le Corbusier dont je vous ai déjà parlées, il y a une grande différence: elles sont sous-équipées (services publics, commerces, loisirs, ...).
Ces habitations sont destinées à des ménages en pleine accession sociale qui y découvrent le confort moderne: chauffage central, salle de bains, ...
Les plus pauvres occupent des logements anciens et insalubres situés dans des quartiers dégradés dans les centre-villes.


Le tournant des années 70.

Les chocs pétroliers entraînent l'apparition d'un chômage de masse et la paupérisation des populations les plus fragiles: ouvriers peu qualifiés, populations immigrées.

 


Et alors que des aides d'accession à la propriété permettent aux classes moyennes de quitter ces quartiers, ils vont devenir le seul parc immobilier accessible aux plus modestes.

Ces cités HLM, qui cumulent les difficultés (fracture sociale ET spatiale), vont peu à peu attirer l'attention des pouvoirs publics.

 

A suivre...


PS: si vous avez des ressources intéressantes à ce sujet (photos, textes, ...), notamment sur le net, je suis preneur.
Je suis en particulier intéressé par tout document présentant ces cités HLM au début lorsqu'elles étaient encore synonymes de progrès.
J'ai déjà dit combien je me méfiais de cette tendance à  présenter les projets urbains, sur "papier glacé", sous leur meilleur jour. On peut se tromper, le monde change, bref, il faut rester humble. Des contre-études pessimistes devraient être obligatoires.

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21 avril 2005 4 21 /04 /avril /2005 00:00

Un grand nombre trouvera ce qui suit "un peu technique".
Je m'en excuse, mais d'un autre côté, ce n'est pas moi qui choisit le sujet des exercices que j'ai à réaliser...
Je vous invite cependant quand même à lire ce document, la note ne fait qu'une page.

Pour me faire pardonner et surtout pour vous rendre ceci plus accessible, je vais vous préparer une petite explication sur la "politique de la ville" à l'instar de ce que j'avais fait sur l'urbanisme.
Depuis plus de vingt ans, celle-ci a pour objectif de réinsérer les quartiers défavorisés et améliorer la vie de leurs habitants.
Si certains ont des liens à ce sujet, je suis preneur.


Sujet de l'exercice:

Réalisation d’une recherche documentaire sur le thème : "le budget de la politique de la ville". Il s'agit de résumer en une brève page (3000 caractères maximum) l'évolution des moyens budgétaires de la politique de la ville de 2004 à 2005.


Mon travail:

Note sur l'évolution de la politique de la ville V3.R2

Suite aux premières remarques reçues, j'ai fais quelques petites modifs dans la note de synthèse. Merci
Je suis à l'écoute de toutes vos remarques.

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1 février 2005 2 01 /02 /février /2005 00:00

En conclusion de mon introduction sur l'urbanisme, j'évoquais l'un des enjeux de ces prochaines années: l'explosion démographique des villes des pays moins développés.

L'explosion démographique de ces villes pose d'énormes problèmes car les infrastructures (voirie, eau potable, égouts, électricité, écoles, ...) ne suivent pas entraînant la création de zones informelles où s'accumulent les difficultés, le chômage étant très présent, surtout depuis les années 90.
 
Trois articles de Cameroon Tribunes sur la situation au Cameroun pour plus de détails:
-
Les crises de croissance
- Enjeux et défis du développement de nos villes
- Urbanisme : pourquoi Douala étouffe
 
Et
quelques photos de mon voyage en juillet 2003 là-bas.

Limbé est une petite ville située au bord de la mer où vit l'un de mes cousins, son épouse et ma petite cousine. Je dis "petite ville", mais il n'y a pas d'estimation réaliste de sa population exacte: 40 000, 80 000 habitants? Difficile de savoir.

Douala, capitale économique, est aussi située sur la côte, dans une zone très marécageuse, ce qui pose d'énormes problèmes de construction et de santé publique, car bien sûr, ce sont les plus démunis qui habitent ces zones là.
Capitale économique, mais il suffit d'avoir vu l'état de la voirie dans les faubourgs à quelques mètres de l'hôpital principal de la ville pour comprendre les graves lacunes en infrastructures.

Yaoundé, la capitale politique, est une ville très vallonnée qui se découvre nouvelle après chaque montée.
Je vous laisse découvrir les 7 différences entre le quartier des ministères et du palais présidentiel et les autres (sachant que par respect, je n'ai pas pris de photo des quartiers les plus populaires).
Une de ses particularités est que les quartiers (très) populaires se trouvent non seulement à la périphérie, mais également dans les cuvettes à l'intérieur de la ville.


 Petit schéma pour comprendre

   


Lors de mes 3 jours d'exploration pédestre de la ville, j'ai remarqué (mes connaissances en urbanisme étaient alors quasi nulles), que des routes joignaient les points culminants des multiples petites collines.
On retrouvait alors en haut de celles-ci, croisement de rues, les zones les plus favorisées (en bleu) et le long des rues d'autres constructions, de moindre cachet, mais construites en dur tout de même (en vert).
En revanche, dès que l'on pénétrait derrière ces rues principales, les rues n'étaient plus goudronnées et se transformaient en chemins, puis en sentiers desservant des zones d'habitat informelles (en rouge).


Cet exemple, me permet d'aborder une nouvelle notion concernant l'urbanisme: la mico-hétérogénéité des territoires.

Dans mon
introduction sur l'urbanisme, je vous ai expliqué que l'on essayait de penser la ville en terme de grandes zones suivant leurs fonctions (habitat, commerces, ...), c'est l'héritage du courant progressiste.

Mais vous connaissez tous, comme dans cet exemple de Yaoundé, des illustrations de lieux où, en quelques mètres, on passe d'une "ambiance" à une autre (d'une zone festive à une zone calme, d'un quartier aisé à un quartier populaire, d'une rue commerçante à un quartier résidentiel,...).
Pas toujours facile de comprendre l'origine de ces différences: la proximité d'équipements, de modes de déplacements, ... et, surtout, l'histoire. Si bien, que l'on ne peut intervenir sur la ville dans son ensemble qu'en menant également des micro-interventions pour tenir compte de cette hétérogénéité.

Ces "ambiances" différentes, cette "âme" de la ville qui rend unique chaque ville et chaque quartier sont l'une des différences de conception portées par le courant culturaliste.


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27 janvier 2005 4 27 /01 /janvier /2005 00:00

Dites-le avec des sucres!

(Une 3ème proposition est arrivée)

 

L'exercice qui suit repose sur l’idée qu'on peut utiliser une approche ludique et pédagogique pour éveiller l’attention et dépassionner les débats.

A travers lui, sont abordées les formes d'habitat. Pavillons, tours, maisons de ville, chacune de ces formes présente des avantages et des inconvénients. Encore faut-il en avoir conscience et les comparer. C'est l'objectif de cet exercice.

 

 

C'est plus beau avec du sucre de canne.

 

Voir l'exercice

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1ère proposition de Fabienne (policière)

 

 

"Une vision complète de l'urbanisme: des logements de taille variées (RdC + 1, 2 et 4 étages[à droite sont indiqués le nombre de niveaux, RdC inclu]) parsemés tout autour d'une véritable "forêt en ville": pas moins de 8 espaces verts pour 8 espaces construits. Au quatre coins de cette verdure 4 modules immeubles-maisons privées, tels de petits villages.

 

 

 

 

 

--------------------------

2ème proposition de JBB (chef de gares)



"Cette option est clairement orientée par l'harmonie des lignes directrices et la possibilité immobilière alliant calme et vie sociale. 2 familles de logements se complètent sans s'opposer: les logements familiaux type résidentiels (1-2 étages [donc 2/3 niveaux de sucres]) et les immeubles de taille modérée en "L" réellement ouverts sur l'ensemble du lotissement. Aucunes façades proches ne sont en vis à vis, ce qui accroît la sensation de calme et le confort de la vie privée.

 

--------------------------

3ème proposition de  JBL (ingénieur en électronique)

 

"un projet directement inspiré du monde des puces"

« Cet édifice est un défi lancé aux générations du troisième millénaire. L'audace de ses lignes, la finesse de ses formes sont autant de preuves éclatantes de la force constructrice de l'homme, comme un grand cri qui dirait 'oui, cela est possible car je le veux !'. Le mélange harmonieux des couleurs se veut l'étendard d'un nouvel éclectisme, qui s’applique à chaque occupant et surpasse toutes frontières.

Contrebalançant la toute puissance créatrice de l’homme, un grand parc qui symbolise la nature dans sa sagesse infinie, celle qui se joue du temps et rit de la pluie. Elle est, par comparaison, simple et humble mais grande par sa force contenue, comme un yin s’opposant au yang.

Ce projet symbolise l’accomplissement de l’homme intégré à son environnement, la quintessence de la sagesse. Heureux ceux qui vivront là, en vérité »

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Trois propositions intéressantes venant de non spécialistes. Des formes urbaines différentes pour une densité pourtant identique de 60 logements (rappel: 1 logement = 100m2 = 1/2 sucre).

Vous imaginez-vous vivre dans ces espaces urbains?

J'attends les autres. Ne soyez pas intimidés par Jean-Baptiste B (il a beaucoup cogité car il s'ennuie un peu dans la Creuse) ou par Jean-Baptiste L (il essaie de capitaliser les heures de présence à son boulot pour obtenir des journées de récup sur les pistes enneigées toutes proches).

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9 janvier 2005 7 09 /01 /janvier /2005 00:00

Suite de la première partie.

L'urbanisme moderne.

Pour simplifier, on peut distinguer deux grands courants d'urbanisme pendant le XXe siècle (jusqu'à la fin des années 70): le courant progessiste et le courant culturaliste.

 

Le courant progressiste: être fonctionnel et efficace.

Dans la lignée de Cerdá et Haussmann (voir précédemment), ses tenants (Le Corbusier est le plus connu) considèrent que la ville doit être un ensemble fonctionnel et harmonieux adapté aux besoins de l'Homme moderne (et universel).

A cette fin, elle est divisée en zones spécialisées (habitat, travail, loisirs, ...) tandis qu'est créé un maillage de ciculation différenciant les voies (voies rapides jusque dans les centres-villes, voies de desserte, voies piétonnes, ...). L'automobile est privilégiée.

La géométrie est préconisée par efficacité et esthétisme.

C'est toute la ville traditionnelle qui est rejetée. Il faut faire table rase du passé. A la rue bordée d'immeubles est préférée une nouvelle forme urbaines de constructions en hauteur entourées de verdure.

Voici la proposition de Le Corbusier pour Paris en 1925:

Les "Unités d'habitation" construites par celui-ci contiennent non seulement de nombreux logements, mais ausi des équipements publics (école, piscine, ...) et des commerces.

 

 

Marseille 1945  

Firminy 1960 

Lorsque furent construits les grands ensembles pourrépondre à la crise d'après-guerre du logement, on ne retint de ce concept que la possibilité de loger à moindre coût de nombreuses familles. On connait la suite.

Ces doctrines ont connue une audience très importante en France et ont donc marqué nos villes.

 

Courant culturaliste: l'âme de la ville.

A l'inverse, le courant culturaliste se distingue par son respect de la ville, de ses traditions et de ses habitants. Chaque ville est unique, chaque ville a une âme différente. Elle n'est pas homogène, chaque particularité l'enrichie.

Pour agir dans la continuité, il faut donc réaliser de nombreuses études (données démographiques, géographiques, sociales, culturelles, architecturales, ...).

Le risque est de s'enfermer dans une vision nostalgique qui ne permet à la ville ni de s'adapter à son présent, ni de se préparer à son futur.

 

Deux exemples emblématiques de ces différences:

Progressisme

Culturalisme

  Une densité identique pour:

 

 

 La Cité des 4000 à La Courneuve

 La Butte rouge à Chatenay-Malabry 

 

 Commerces:

 

 

 de grosses zones commerciales avec une multitudes de grandes surfaces proposant une offre variée, mais dans l'anonymat et sur un site mal intégré.  des rues piétonnes dans le centre-ville avec des magasins dont on connait les commerçants, où l'on est incités à flâner

 

Tendances actuelles.

Après une phase d'euphorie, l'urbanisme progressiste a suscité une critique croissante.

On observe ainsi un retour à une structure urbaine plus traditionnelle conformément aux thèses culturalistes (rues, mixité fonctionnelle, ...) tout en intégrant les acquis du courant progressiste (l'espace, les réseaux de circulation,...).

 

Les limites de la ville, elles, s'étendent englobant de plus en plus de communes. Même les communes rurales se regroupent. Dans le même temps, la mondialisatin oblige les villes à ne plus se positionner seulement par rapport à ler environnement régional ou ntional, mais mondial.

 

Quelles seront les conséquences, en occident, du viellissement de la population?

Quelle sera la réponse à l'explosion démographique urbaine prévue pour les 50 prochaines années en Asie et dans le Tiers-Monde? Alors que Londres a mis 130 ans pour passer de 1 à 8 millions d'habitants, Lagos, au Nigéria, qui n'en avait que 290 000 en 1950, en comptera 24,4 millions en 2015. Sur les 33 mégalopoles annoncés par l'ONU pour 2015, 27 seront situées dans les pays moins développés. J'ai moi-même visité Douala et Yaoundé au Cameroun, les quartiers informels où vivent déjà une part importante de la population ne disposent que de très peu d'infrastructures (routes, électricité, eau, ...), quand sera-t-il demain?

 

Ce n'est pas l'apprenti urbaniste que je suis qui pourra vous répondre. François Asher ("Les nouveaux principes de l'urbanisme") et Richard Rogers ("Des villes pour une petite planète") essaient de se projeter, je vous en reparlerai.

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1 janvier 2005 6 01 /01 /janvier /2005 00:00

Pour un petit aperçu de l'expansion de la ville de Bordeaux, voici un petit lien vers l'Office du Tourisme de Bordeaux. Sur cette page, cliquez sur le lien: quelques étapes de l'expansion urbaine

Aujourd'hui, dimanche 9 janvier, j'ai visité une exposition organisée à Bordeaux sur la métamorphose de la commuanuté urbaine de 1995 à 2015. Vous aurez donc droit à un petit compte-rendu dès que l'amie Béatrice, elle aussi apprentie urbaniste, m'aura envoyé les photos qu'elle a prise.

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29 décembre 2004 3 29 /12 /décembre /2004 00:00

Et pan! Moi qui affirmait qu'il fallait faire oeuvre de pédagogie, je me suis fait rapidement rappeler à l'ordre. Je n'ai, en effet, pas commencé par ce qui aurait dû être le commencement: la définition de l'urbanisme.

Mais avant cela, voici une rapide et incomplète histoire de l'urbanisme en guise d'introduction. Pour ceux qui souhaitent en savoir plus, je vous conseille la lecture de l' "Histoire de la ville" de Benevolo.

 

Avant la révolution industrielle.

Pendant longtemps, les villes n'ont pas été considérées comme des agglomérations d'hommes, mais comme des cités. Ce qui prévalait donc était les institutions, les équipements et les voies de communications.

Les Romains organisaient leurs villes géométriquement en fonction de deux voies principales perpendiculaires dont on retrouve encore les traces encore dans les plans de nombreuses villes. Par exemple, à Bordeaux, la rue Sainte-Catherine (près de 3 km, en rouge sur le plan) était l'une d'elles et le tracé de la plupart des rues qui la coupe perpendiculairement datent certainement de cette époque.

 

Dans pratiquement toutes les anciennes villes fortifiées, on distingue encore également le tracé des anciennes fortifications qui ont généralement été remplacées par des boulevards. Je vous laisse deviner où se trouvaient les remparts de Bordeaux sur ce plan (à ne pas confondre avec la rocade beaucoup plus récente).

(Vous comprendrez pourquoi on surnomme Bordeaux le port de la Lune)

 

Vous aurez compris que le temps est un paramètre essentiel pour comprendre et penser l'aménagement des villes. Ce qui a été fait hier, ce qui est fait aujourd'hui, petits ou grands projets, tous ont une répercution, minimes ou très importantes, pendant des années, voire des siècles. Leur ampleur n'est d'ailleurs pas forcément proportionnelle à l'effet immédiat qu'entraîne un aménagement.

 

La Révolution industrielle.

(Je saute un peu, même si les apports du Moyen-Age, de la Renaissance ou de la période classique sont aussi intéressants)

Avec l'ère industrielle du XIXe siècle, les villes ont connu une croissance fulgurante (de 1850 à 1970, la population de Paris double, celle de Bordeaux passe de 91 000 en 1801 à 258 000 en 1938).

Pour faire face à celle-ci, vont apparaître de nouvelles formes de plannification et d'interventions. Avec le triomphe de la "Raison" issue du Siècle des Lumières, l'objectif est d'adapter la ville à la Révolution industrielle: nouvelles voies, nouveaux modes de déplacements et de transports (train, métro, voitures), nouveaux réseaux (eau, électricité), préoccupations hygiénistes (comment éliminer les quartiers insalubres), ...

Deux exemples célèbres:

Cerdá à Barcelone

1859

(en bas à gauche, la vielle ville découpée par de nouvelles voies, et notamment les fameuses Ramblas, toute le reste est l'extension de la ville prévue et réalisée petit à petit)

Pour plus de renseignements: Ici et ici

 

Haussmann à Paris

1853 - 1870

(nouvelles voies en gras, nouveaux quartiers en hachures et bois de Boulogne et de Vincennes aménagés à cette époque en vert)

Pour plus de renseignements: Ici et ici

 

A suivre

Urbaniste à Bordeaux? Urbaniste à Bordeaux? Urbaniste à Bordeaux?

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