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Introduction

Le temps d'un livre
 

Après trois dernières années où la pratique a pris le dessus, il est temps pour moi de prendre du recul, de reprendre le temps dfe la réflexion.

Le Grand Toulouse vient de m'accorder un an de congé de formation à cette fin avec un projet de mémoire un peu particulier : un livre.

 

"Quel urbanisme pour mon territoire ? Petite introduction pour ceux qui veulent participer.", tel est son titre provisoire.

Il n'aura pas la prétention de dire au lecteur quel urbanisme est nécessaire pour son territoire, mais bien de lui ouvrir des perspectives et lui donner des éléments pour y réfléchir.

Il s'agit d'un projet global et multimédia dans lequel contenu, format et modalités de réalisation sont intimement liés et conçu pour répondre à plusieurs niveaux de lecture (citoyen intéressé, citoyen engagé, professionnel ou élu).

Dans la perspective des prochaines élections municipales, l'objectif est de publier ce livre à l'automne 2013.

 

Ce blog aura une place particulière dans ce projet comme lieu de débat pendant sa réalisation et comme support de ressources complémentaires du livre par la suite.

N'hésitez donc pas à faire part de vos commentaires et à vous inscrire ci-dessus pour être prévenus de la publications des nouveaux articles. Bref: participez !

 

Voir la note de présentation.

 

Juin 2012

Recherchez Ici

Le projet de livre

Livre QUel urbanisme pour mon territoire - page garde V2.0

1 juillet 2009 3 01 /07 /juillet /2009 12:49
Préambule

Prendre en compte le risque naturel ou technologique dans la ville, apprendre à le garer, c'est d'abord revenir sur une histoire urbaine : comment et pourquoi les hommes ont-ils décidé de s'installer ici, dans un site exposé aux éléments naturels, comment l'expansion de la cité a-t-elle conduit à développer de nouveaux quartiers à proximité d'un site industriel ?

 

La compréhension de cette histoire permettra de s'interroger sur les capacités d'évolution de ces lieux souvent dépréciés, parfois guettés par la paupérisation, auxquels leurs habitants restent pourtant viscéralement attachés.

Ce sera alors l'occasion de faire preuve d'inventivité en proposant de nouvelles fonctions et une nouvelle image à ces territoires.

 

Le séminaire organisé le 27 février 2009 par le Pôle régional d'échanges sur le développement et l’aménagement en Midi-Pyrénées (PREDAT) a permis, en s'appuyant sur trois éclairages complémentaires et en croisant les points de vue des chercheurs et des praticiens, de partager les expériences et d'engager le débat sur un thème au cœur des préoccupations de notre société.



Pour le lire en ligne : cliquez sur l'image
Pour en commander une version papier : contactez l'Apump


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Sommaire

La Nouvelle Orléans : histoire urbaine d'une "ville vulnérable".

Quelle gestion de l'aménagement urbain autour d'un site industriel à risque ? L'exemple d'AZF.

"Sapiac-Villebourbon (Montauban), un projet urbain au bord de l'eau.

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24 juin 2009 3 24 /06 /juin /2009 12:33
Préambule

En traitant de la question des mobilités, ce séminaire du Pôle régional d'échanges sur le développement et l'aménagement en Midi-Pyrénées (PREDAT) aborde une des caractéristiques majeures des sociétés contemporaines : les circulations, les flux, les déplacements y sont toujours plus nombreux et variés. Ce constat invite à reconsidérer nos manières d'analyser les territoires en général, les modes de vie ou les activités économiques en particulier. Il pointe aussi, de manière de plus en plus prégnante, les impacts environnementaux des mobilités.

Organisé à partir des réflexions croisées de praticiens de l'urbanisme et de l'aménagement, et de chercheurs, ce séminaire propose différents éclairages. Les mobilités y sont interrogées à partir d'enjeux sociaux, économiques et environnementaux à différentes échelles et dans divers contextes urbains.


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Plusieurs interventions et ateliers afin d'essayer d'aborder différemment ces questions de mobilités :
Faut-il (se) partager l'espace pour vivre ensemble ?
Comment les politiques d'aménagement permettent-elles d'agir sur les coûts de la mobilité ?
Dans quelle mesure les questions de mobilités peuvent-elles être sources de fractures pour les territoires et leurs habitants ?

Etc.


Je vous ai d'ailleurs déjà parlé à de multiples occasions de ce séminaire dont je faisais partie des organisateurs et notamment de l'atelier sur les rapports entre mobilités et fractures sociales : tous les articles (questionnements du groupe de travail, présentation des intervenants, documents complémentaires, etc.)  liés à cet atelier sont là.
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17 juin 2009 3 17 /06 /juin /2009 12:30
Préambule

"Facile à dire, facile à faire" peut se lire comme un titre à tonalité quelque peu ironique résumant les regards réciproques entre praticiens (hommes du "faire") et chercheurs (hommes du "dire").

Ces regards croisés, en effet, ne sont pas exempts d'un certain nombre de stéréotypes attachés à ces deux figures à l'origine d'un rapport ambigu entre ces deux types d'acteurs (attirance / répulsion, séduction / méfiance).

L'enjeu du PREDAT étant de créer un véritable espace de dialogue entre praticiens et chercheurs, ce séminaire propose d'interroger à la fois leurs attentes mutuelles mais aussi leurs contraintes réciproques et les spécificités des formes de savoirs de chacun.

Comment les connaissances des chercheurs peuvent-elles être transférées aux praticiens, et à quoi servent-elles ? Comment le travail ou le regard d'un praticien peut-il renseigner le chercheur dans ses études ?

Au-delà de la communication réciproque, est-il possible de travailler ensemble dans des études et recherches où les regards de chacun amènent une plus-value pour la production du "dire" ou du "faire".

Parmi les professionnels de l'urbain, certains ont un rôle de passeur, alternant études opérationnelles et travaux de recherche. Comment vivent-ils cette double étiquette, comme un atout ou une limite à leurs travaux ?

Les différentes contributions et témoignages présentés ont pour but d'apporter un éclairage sur les attendus et les pratiques des uns et des autres en situant d'abord ces rapports dans une perspective historique, en interrogeant ensuite des personnalités rassemblant des compétences multiples : praticien et enseignant-chercheur, élu et enseignant-chercheur, sociologue et praticien, enfin en remettant en question le découpage entre "dire" et "faire", à travers l'exemple du lien entre discours et pratiques dans un groupe d'acteurs particuliers : les architectes urbanistes contemporains connus.


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12 juin 2009 5 12 /06 /juin /2009 11:55
Préambule

Les praticiens et les chercheurs en urbanisme dans la région de Midi-Pyrénées, engagés à divers titres dans les programmes de rénovation / renouvellement urbain(e) des quartiers sensibles, ont souhaité développer une observation des opérations en cours, en commençant par celles où des bâtiments neufs étaient déjà habités et permettaient d'observer un vécu.

 

La mise en place d'un atelier spécifique tout au long de l'année universitaire 2006-2007 a permis de réunir des travaux réalisés au sein du Pôle Ville de l'Université de Toulouse le Mirail et de l'Ecole Nationale Supérieure d'Architecture de Toulouse. Des groupes d'enseignants et d'étudiants des deux lieux de formation, centrés, l'un sur le social, l'autre sur le bâti, ont observé ces opérations.

 

Parallèlement, l'Association des Professionnels de Midi-Pyrénées (APUMP) a organisé une visite de tous les sites concernés, incluant une rencontre débat sur place avec les principaux acteurs (chefs de projets, élus, bailleurs, urbanistes, représentants des habitants).

 

Ce travail a été conclu par un séminaire le 1er juin 2007, dont nous vous proposons ici une restitution.

Ce séminaire s'organise autour d'un regard croisé présentant les enquêtes / études menées par les étudiants sur chaque site (dans les limites d'un travail universitaire ponctuel) et des éclairages plus spécifiques apportés par des experts chercheurs ou praticiens sur les enjeux majeurs repérés.

 

Nous souhaitons prolonger ce travail plus tard quand les opérations seront plus avancées, quand les habitants et les acteurs publics concernés pourront établir des bilans d'étapes de ces opérations afin d'en tirer le plus d'enregistrement possible pour l'achèvement des programmes d'accompagnement de la rénovation des quartiers.



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10 juin 2009 3 10 /06 /juin /2009 13:30
Aujourd'hui est décédé François Ascher, urbaniste et chercheur, qui a beaucoup théorisé sur l'évolution  de notre société, "l'hypermodernité", et ses conséquences sur l'urbanisme.
Personnellement, "Les nouveaux principes de l'urbanisme", le seul de ses ouvrages que j'ai lu, m'a pas mal marqué (voir les "12 thèses sur l'urbanisme" ci-dessous).

Il avait reçu le Grand Prix de l'Urbanisme 2009 il y a moins d'un mois.
Extrait du communiqué de presse :
"Jean-Louis BORLOO revendique les raisons du choix unanime du jury en soulignant : « le jury a souhaité donner un signal fort au monde professionnel, pour penser l’après crise financière, sociale et environnementale. Je m’associe au jury qui salue la force d’anticipation de François ASCHER sur les questions de gouvernance, de modes de vie, de grands territoires, d’impact de la mondialisation et des flux sur l’urbanisme, le rôle majeur de la mobilité et des nouvelles technologies -qualifiées de clean techs- venant au secours des défis du développement durable, autant de concepts précurseurs qui ont joué un rôle notable pour alimenter les projets sur le Grand Paris, et qui ouvrent des voies pour penser l’avenir »."

 



Quelques documents

"Les villes se construisent sur des compromis"
, article du Monde du 14 mai 2009
Page de présentation par l'Institut pour la ville en mouvement.
Une note sur "Les nouveaux principes de l'urbanisme"
L'enregistrement d'une conférence en 2006 sur les mobilités dans les sociétés hypermodernes


Bibliographie


Demain la ville ? Urbanisme et politique
, Éditions sociales, 1975;

Tourisme. Sociétés transnationales et identités culturelles
, Éditions de l'Unesco, 1984;

Les territoires du futur
. Datar/Éditions de l'Aube, 1993, (en collaboration) ;

Métapolis ou l'avenir des villes
, Éditions Odile Jacob, 1995

Le logement en questions
, Éditions de l'Aube, 1995 (direction)

Ville et développement. Le Territoire en quête de sens
. Éditions Textuel, 1998 (en collaboration) ;

La République contre la ville
. Essai sur l'avenir de la France urbaine, l’Aube, 1998

Quand les transports publics deviennent l'affaire de la cité. Parlons en avec la RATP, Aube, 1999 ( en collaboration) ;

La société hypermoderne. Ces événements nous dépassent, feignons d'en être les organisateurs
, l'Aube, 2001-2005 nouv.éd.;

Les nouveaux principes de l'urbanisme. La fin des villes n'est pas à l'ordre du jour
, L'Aube, 2001 –poche 2004 et 2008 ;

Modernité : la nouvelle carte du temps
, l'Aube/Datar, 2003 (co-direction Francis Godard)

Les sens du mouvement. Modernité et mobilités
, Éditions Belin, 2005 (co-direction S. Allemand et J. Lévy)

Le mangeur hypermoderne. Une figure de l’individu éclectique
, Éditions Odile Jacob, 2005 ;

Examen clinique : Journal d’un hypermoderne
, Editions de l’Aube, 2007 ;

La société évolue, la politique aussi
, Editions Odile Jacob, 2007 ;

La rue est à nous... tous !
, Éditions au Diable Vauvert, 2007, co-dir Mireille Appel-Muller ;

Les nouveaux compromis urbains : Lexique de la vie plurielle
, Editions de l’Aube, 2008.

Effet de serre, changement climatique et capitalisme cleantech
, Revue Esprit, février 2008



" Douze thèses sur l'urbanisme "
(extrait de son dossier de candidature en 2006 au Grand Prix de l'Urbanisme)

"De près de 40 ans d'enseignement et de recherche en France et à l'étranger, d'expertise, de gestion d'institution de formation, de pilotage de programmes de recherches, de consultance, de participation à des concours, je tire un certain nombre de thèses sur ce que je considère être les enjeux contemporains de l'urbanisme, et leurs implications en matière d'enseignement et de recherche.

1. L'urbanisme est un champ de pratiques professionnelles et sociales hétérogènes qui mobilise simultanément des connaissances scientifiques disciplinaires, de l'ingénierie, de la conception, de l'organisation, des savoir-faire, de l'imagination, de la créativité, et qui passe par toutes sortes d'interactions, de conflits, de compromis, de prises de risques. De plus, l'urbanisme s'exerce sur des réalités urbaines toujours singulières, chargées d'une histoire spécifique, et dans des contextes temporels différents. L'urbanisme ne peut donc prétendre constituer en tant que tel, ni une discipline scientifique, ni un seul métier. Mais l'urbanisme doit être en mesure de mobiliser sans cesse de nouvelles spécialités scientifiques et techniques.

2. Il fut un temps où des professionnels très expérimentés pouvaient assurer un grand nombre de tâches de natures différentes. Aujourd'hui, l'exercice de l'urbanisme nécessite la mobilisation dans la durée de savoirs très spécialisés, d'acteurs et d'expériences multiples. Le premier enjeu est de parvenir à mobiliser l'ensemble des compétences nécessaires. Le second est de parvenir à faire
travailler les divers spécialistes ensemble dans un dynamique commune. L'urbanisme contemporain passe donc à la fois par des projets, car ils peuvent agréger des compétences, par des dispositifs organisationnels qui prennent d'ailleurs une importance croissante, et par des professionnels et des décideurs capables de les initier et de les faire fonctionner.

3. Les actions urbaines s'inscrivent généralement dans des durées longues. Or nos sociétés sont marquées par des incertitudes croissantes. Agir à long terme dans un monde incertain, nécessite donc de distinguer, d'une part les objectifs majeurs qui s'imposent tout au long de l'action, qui sont de l'ordre du projet d'ensemble et de la stratégie, d'autre part les objectifs particuliers et plus
ou moins circonstanciels, qui sont de l'ordre de la réactivité et de la tactique. Articuler des tactiques et des réactions à une stratégie, nécessite une forte réflexivité, c'est-à-dire de faire retour en permanence sur l'analyse des résultats des actions précédentes. L'action informe ainsi l'action, sans pour autant verser dans l'empirisme. On peut qualifier ce type d'urbanisme de
« management stratégique urbain ».

4. La réflexivité nécessaire dans des opérations urbaines longues et complexes, remet en partie en cause la chronologie ancienne qui commençait par des études préalables et allait à la réception des travaux, en passant par le diagnostic, les scénarios, le choix d'un programme, le projet, le montage financier et la réalisation. Aujourd'hui, l'urbanisme est fait de multiples itérations qui bouleversent partiellement certains découpages professionnels. L'urbanisme ne peut donc plus être limité à la planification et la conception de la ville, mais doit intégrer sa réalisation voire sa gestion.

5. Les villes étant complexes et singulières, et l'urbanisme étant constitué de multiples itérations, le projet n'est pas seulement projet, il est aussi un analyseur des situations urbaines et un révélateur de leurs potentialités. L'urbanisme doit donc s'appuyer sur une culture du projet chez l'ensemble de ses intervenants. Les sciences sociales urbaines elles-mêmes doivent se confronter à la logique du projet et de la conception.

6. L'espace urbain n'existe pas indépendamment des pratiques sociales qui y prennent place et qui le co-construisent. Les formes urbaines ne peuvent donc être abordées ni comme un réceptacle passif ou strictement fonctionnel, dont les détails seraient sans implications, ni comme un outil qui pourrait en tant que tel servir à manipuler le social. Il ne peut donc y avoir d'urbanisme qui soit
seulement spatial ou seulement programmatique. Mais le fait que le projet informe le programme comme le programme informe le projet, ne signifie pas pour autant que leurs temporalités, leurs modalités et leurs savoirs fusionnent. Ce qu'il faut donc organiser tout spécifiquement, ce sont les modalités d'échange, d'interface, entre les « projecteurs » et les « programmateurs ». Il faut noter que les spécialistes des sciences sociales comme les architectes peuvent être d'un côté ou de l'autre...

7. La production de la ville mobilise des acteurs variés, aux intérêts et aux modes de fonctionnement différents voire divergents.
Les dispositifs urbanistiques, leurs responsables et leurs donneurs d'ordre doivent donc accorder une place particulière à l'analyse des jeux des acteurs et à leurs logiques spécifiques, pour pouvoir les associer à la conception des actions urbaines et les faire converger sur des projets communs. L'intérêt général qu'il s'agit de faire émerger est de plus en plus « procédural », c'est-à-dire qu'il
se définit et se dessine de plus en plus tout au long d'un processus créatif, sociopolitique et technico-économique complexe.

8. L'urbanisation continue - y compris dans les pays déjà presque totalement urbanisés - sous la forme de la « métropolisation », c'est-à-dire de la concentration des richesses humaines et matérielles dans et autour des grandes agglomérations. La maîtrise du développement urbain, l'urbanisme à grande échelle, mais également les choix urbains de proximité, nécessitent donc la prise en compte du fonctionnement des villes à cette nouvelle échelle métropolitaine élargie. Une métropole comme une ville n'est ni une addition de villages, ni une mosaïque de quartiers. Elle est système et doit être pensée comme articulation dynamique entre le tout et les parties. L'urbanisme est donc fait d'actions simultanées à diverses échelles. Aussi nécessite-t-il aujourd'hui à la fois des pouvoirs d'agglomération forts et démocratiques, et une prise en compte des intérêts locaux au plus près des habitants et des usagers.

9. Les métropoles se développent par croissance interne, en se densifiant et en s'étendant à leur immédiate périphérie et en se recomposant, et par croissance externe, en absorbant dans leur aire de fonctionnement des villes et des bourgs, des villages et des zones rurales. Elles forment ainsi un nouveau type de ville, les métapoles, distendues, discontinues, hétérogènes et multipolarisées.
L'urbanisme métapolitain est donc nécessairement varié et non doctrinal, car il doit faire la ville dans des contextes diversifiés et répondre à des demandes sociales disparates.

10. Le développement des technologies de l'information et de la communication (TIC) ne substitue pas simplement des télécommunications aux déplacements physiques, mais il suscite de nouvelles mobilités et provoque diverses recompositions spatiales. Il contribue notamment à modifier le contenu, les localisations et les formes des « polarisations » fonctionnelles et sociales.
Le développement des TIC a aussi des effets paradoxaux : tout ce qui se médiatise audiovisuellement tend à se banaliser grâce au développement accéléré des performances dans ce secteur. Cela donne une valeur économique et symbolique accrue à tout ce qui ne se télécommunique pas, à ce qui se touche, se sent, se goûte, se vit dans le face-à-face, en direct. Il en résulte deux conséquences majeures du point de vue de l'urbanisme : d'une part, la qualité sensible des lieux importe de plus en plus, la notion d'ambiance multi-sensorielle revêtant une importance accrue ; d'autre part, l'urbanisme doit être capable de jouer avec les événements et avec « l'être-ensemble » pour donner du sens aux lieux.

11. Le développement d'une ville dépend pour une bonne part du dynamisme des acteurs. Son potentiel dépend aussi de toutes sortes de richesses immatérielles, de l'intensité des réseaux sociaux locaux à l'image de marque de la ville. L'urbanisme doit donc être capable de jouer non seulement sur le hard de la ville, mais également sur le soft, que ce soit dans les tâches de développement, dans l'invention programmatique liée à la conception de projets urbains, dans la production d'événements susceptibles de laisser des traces urbaines, dans la cristallisation spatiale des potentiels culturels et sociaux.

12. Dans une société où la très grande majorité de la population vit ou travaille dans des villes, l'urbanisme a des responsabilités accrues en matière économique (le développement dépend pour une bonne part de la qualité des villes), en matière sociale (les différenciations spatiales menacent toujours d'accroître les inégalités sociales), en matière environnementale (les villes constituent
aujourd'hui des éléments clefs des éco-systèmes). L'urbanisme doit donc s'inscrire dans la problématique du développement durable, qui implique de rendre aussi conciliables que possibles, les exigences de développement économique qui sont de l'ordre de la « performance », les exigences d'équité sociale qui sont de l'ordre de la « justice », et les exigences environnementales
qui sont de l'ordre de « l'éthique ». Il s'agit d' « axiomatiques » différentes, irréductibles les unes aux autres.
L'urbanisme nécessite donc inévitablement des compromis, mais il est aussi potentiellement un outil possible pour concevoir ces compromis. Il est à ce titre un instrument clef dans la gouvernance locale."
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11 mai 2009 1 11 /05 /mai /2009 23:47

La ville franchisée est un livre de David Mangin, Grand Prix de l'Urbanisme 2008.


Décrire un modèle urbanistique dominant

Ce livre est issu d'une recherche financée par le PUCA et qui a pour objet de décrire et analyser les formes de l'urbanisation de ces dernières décennies marquées par l'étalement urbain.
Son originalité est une approche morphologique de la "ville ordinaire périphérique" appuyée par de nombreux schémas, cartes et photos.

Au-delà des "franchises commerciales" de plus en plus présentes ("On ne se donne plus rendez-vous au carrefour, mais à Carrefour"), la "ville franchisée", c'est d'abord les "franchises territoriales" faisant l'objet d'une exception en terme de contrôle juridique et politique, avec notamment une domination du public par le privé.
L'ambition de ce livre est alors d'offrir "une grille de lecture" des mécanismes à l'oeuvre permettant "d'affiner les politiques publiques".

David Mangin commence par décrire l'émergence de "l'urbanisme de secteurs", notamment lié au découpage des territoires par les infrastructures routières et à l'urbanisme de zonage qui a spécialisé les territoires (chap. 1).
Puis à partir du cas de la France, sont étudiés la mise en place de la sectorisation des territoires (chap. 2), les mécanismes de la franchisation des villes, au sens commercial et domanial du terme (chap. 3) et l'impact des lotissements (chap. 4). 
Par la suite, à travers différents exemples aux Etats-Unis (chap. 5), en Europe, en Asie et en Afrique (chap. 6), il s'attache à montrer qu'au-delà des particularités des uns et des autres, il existent de grandes dynamiques liées à la globalisation de l'économie qui contribuent à généraliser un urbanisme de secteurs.


Quelques pistes de réflexions

C'est l'objet du dernier chapitre du livre.


3 scénarios

"L'urbanisme du réel" serait l'urbanisme de masse actuel marqué par :
- une prédominance de la voiture qui favorise l'étalement urbain,
- la diffusion (modialisation aidant) de modèles qui accélèrent et généralisent la ville sectorisée, franchisée, individuée,
- un transfert des responsabilités du public vers le privé et une marchandisation des villes qui met en crise les représentations intermédiaires politiques et physiques des territoires.
Continuer dans une telle dynamique ne lui semble donc pas du tout souhaitable.

A l'inverse, "l'urbanisme du fantasme" serait un urbanisme vertueux et écologique qui favoriserait les transports en commun et les modes doux, une urbanisation linéaire en fonction et la préservation de corridors verts.
Mais ce modèle semble de l'ordre du fantasme pour David Mangin tant lui apparaît peu probable une ville sans voitures.

C'est pourquoi David Mangin suggère un "urbanisme du possible" qui consisterait à optimiser les contraintes de déplacements et à inventer des formes urbaines moins productrices de dépendances automobiles et d'enclavements.


4 grands chantiers

Privilégier "l'urbanisme de tracés" qui prend en compte la géographie et conçoit des projets territoriaux aux différentes échelles (de la lisibilité de la grande ville aux alternatives aux extensions urbaines non maîtrisées).

Favoriser "la ville passante" pour mettre en oeuvre des objectifs de proximité et de densification grâce à un réseau maillé de voies qui relient les espaces publics structurants d'une ville, d'un territoire ou d'un paysage.
Il estime que celle-ci assurerait une plus grande sécurité routière et sécurité des biens et des personnes que la juxtaposition d'environnements "sécurisés".

Travailler la densité à partir de l'optimisation de contraintes vécues positivements (moindre dépendance à l'automobile, proximité des transports en commun, des services quotidients, des zones vertes, etc.) et promouvoir l'idée d'une densification progressive au fil du temps.
David Mangin s'interroge aussi sur le bon usage de la nature afin que cela n'entérine pas une ville éparse et notre incapacité à susciter des établissements humains à la mesure des paysages.

Permettre "une ville métisse" qui ne soit pas seulement un ensemble homogène issu d'un nombre réduit de modes de production et d'acteurs. Il suggère d'offrir des marges de liberté, d'imprévu et d'aléatoire. Un des enjeux majeurs lui paraît consister à maintenir la diversité des acteurs et leur capacité de coproduction à l'intérieur de règles simples du moment qu'est préservé un espace public continu et de qualité.


Deux notes de lectures :
Quel urbanisme pour la ville générique ? Marc Dumont
Notes de lecture - Carole Pourchez

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16 mars 2009 1 16 /03 /mars /2009 13:28
Julian Beever est un artiste anglais qui dessine sur les trottoirs de France, d’Angleterre, de Belgique, d’Allemagne, …

A première vue, rien d'extraordinaire.

Sauf quand on les regarde d'un certain point, ses œuvres apparaissent alors en 3D et donnent l’impression de sortir du sol !

Des œuvres extraordinaires et éphémères puisque, dessinées au pastel, elles ne durent que jusqu’à ce que la pluie vienne tout effacer.






























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10 février 2009 2 10 /02 /février /2009 22:11

 

Pas lieu d'être est un intéressant documentaire de Philippe Lignières réalisé en 2003, produit par Les Films du Sud et signalé par l'inépuisable Blog de la ville.
De nombreux passages concernent Toulouse.

"Au nom de la sécurité ou de l’hygiène, un urbanisme de la non-assistance s’organise froidement. Synonyme depuis toujours de civilisation, d’ouverture et de solidarités complexes, la ville se morcelle et se ferme de plus en plus à l’autre. Les victimes auxquelles on pense en premier lieu sont les sans-abris. Mais au-delà, c’est toute la façon de vivre dans et de la cité qui en pâtit. Dans cet urbanisme de la surveillance et de la suspicion, la mission historique de la ville, faite de rencontres, de confrontations parfois difficiles mais constructives d’un être ensemble, se dissout peu à peu."
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8 octobre 2008 3 08 /10 /octobre /2008 12:46

C'est le constat de Didier Lapeyronnie, socialogue, qui a enquêté pendant 4 ans dans les banlieues.
Il en dresse un constat inquiétant : abandonnées en province, elles sont le lieu d'un malaise que politiques, médias et collectivités locales ont décidé d'ignorer.

Ghetto urbain, ségrégation, violence, pauvreté en France aujourd'hui, l'ouvrage de Didier Lapeyronnie est paru aux éditions Robert Laffont, collection Le monde comme il va, en septembre 2008.


L'interview de Marianne



«Une zone grise qui n’est pas la misère ni la vraie vie»

Extrait de l'interview du même Lapeyronnie dans Libération

"Pourquoi avoir intitulé votre livre «Ghetto urbain» ?
Dans bien des quartiers, nous sommes en présence d’une population soumise à l’enfermement, à la ségrégation, repliée dans un endroit extrêmement clos, où personne ne va - la cité - et qui s’organise de manière autonome, quasiment comme une contre-société. D’où le terme de ghetto urbain.

Vous auriez choisi le même titre il y a vingt ans ?
Pas du tout car la situation n’était pas la même. Quand vous plantiez votre magnétophone au début des années 80 en banlieue, les gens pouvaient être agressifs mais ils étaient revendicatifs, ils parlaient de la société. Aujourd’hui, on ne vous parle plus du tout de la société française. Les habitants vous parlent de la cité, d’eux, éventuellement de Saddam Hussein, de George Bush, d’Israël.[...]"


Comme des échos...

Extrait d'un de mes articles "France, tu brûles !", à l'occasion des émeutes de 2005, dans lequel j'évoquais le film : "Le Bruit, l'Odeur et quelques étoiles".
"L'intervention qui m'a le plus marqué est celle d'un homme d'une quarantaine d'année qui disait en gros ceci: "Nous avons accepté les humiliations, les difficultés, sans rien dire, car nous pensions que cela s'améliorerait pour nos enfants. Maintenant, je ne crois plus en l'avenir."

Extrait de la conclusion de Younès Amrani dans le livre d'échanges avec le sociologue Stéphane Beaud, "Pays de malheur !"
"Après avoir écrit toutes ces lignes, que faut-il ajouter ? La signification de ce travail pour moi . Quelle utilité cela peut-il avoir ? Pourquoi m'être dévoilé à ce point ? Un seul mot me vient en tête : comprendre ... Cela fait des années que je sais que tout est grillé pour nous... Alors il ne reste plus qu'à comprendre. Comprendre comment on en est arrivé là. Pourquoi tant de jeunes se sont démolis ? Pourquoi tant de familles sont déchirées ? Pourquoi tant de vies sont bousillées ?... Mais par dessus tout, je voudrais que le lecteur comprenne lui aussi qu'il est d'une certaine manière responsable de ce merdier, que personne n'est innocent. On nous parle d'intégration, de Nation, de République, de citoyenneté... Prouvez-moi alors que tout ceci a un sens... ça peut  paraître prétentieux, mais ces derniers mots, je les adresse aux lecteurs de ce livre. Quel regard portez-vous sur ces jeunes que vous croisez le samedi lorsque vous faites votre shopping en famille, qui paraissent rôder comme des loups et qui vous font si peur ? Que savez-vous de leurs vies, de leurs histoires, de leurs familles ? Rien ou presque... Que savez-vous de la délinquance ? ... On vous a sûrement déjà volé votre voiture ou celle de votre voisin, votre enfant (ou celui d'un de vos proches) s'est sûrement fait malmener à l'école par ces jeunes "sauvageons" issus de l'immigration. Vous avez déjà dû croiser le regard plein de rage d'un gamin de 16 ans à qui vous n'avez rien demandé et à qui vous n'avez rien fait...
Qu'avez-vous fait pour votre République et votre démocratie dont vous êtes si fiers ? Vous l'avez peut-être sauvé du "fascisme" un soir du 5 mai 2002, et cela vous rassure. Vous avez peut-être milité dans des assoces de quartier, vous avez peut-être passé des heures et des heures de bénévolat en pensant faire le bien autour de vous, vous avez sûrement des idéaux de gauche qui vous poussent à prôner la fraternité, l'égalité, la justice sociale... Ou bien des idéaux de droite qui vous poussent à penser que tout passe par le mérite et le travail...
Pourtant, à mon sens, vous n'avez toujours rien compris, et vous ne comprendrez jamais rien... Car nous-mêmes, nous ne comprenons rien : les grands frères le nez rempli de poudre, les petits frères nerveux et haineux qui remplissent les dépotoirs que sont devenus vos prisons, le chômage vécu comme une maladie sans remède, la douleur des parents...
C'est facile d'écrire tout ça, ce ne sont que des mots... Mais, moi, j'ai vu la souffrance d'un mec qui sort de prison après trois ans pour une connerie qui n'aurait rien valu à un Français, j'ai vu la rage dans les yeux d'un jeune de 30 ans qui est au chômage depuis à l'adolescence, j'ai vu un jeune pleurer seul la nuit dans sa cage d'escalier parce qu'il en avait marre de se défoncer la tête tous les jours au shit et à l'alcool. Et je ne parle pas de tous mes amis qui sont morts de mort violente... J'ai vu la tristesse dans les yeux d'une mère qui a perdu ses enfants, la désolation dans le regard de pères courageux et travailleurs face à des fils condamnés au chômage pour la vie...
Approchez-vous de la délinquance, approchez-vous de la souffrance... Au fond, mon histoire est banale, d'autres sont plus effroyables, des histoires à vous faire perdre le sommeil et à destabiliser vos plus grandes certitudes...
Je n'ai aucune leçon à donner, aucune morale à faire, personne à blâmer. Je veux simplement comprendre, faire comprendre une chose : comment on en est arrivé là ?
Après, ça ne dépend plus de moi, ni de vous..."


Et pendant ce temps là...

L'Etat français réduit toujours plus ses crédits pour les politiques urbaines et notamment la politique de la ville.
Le projet de budget 2008 prévoit une baisse des crédits pour la politique du logement et de réduire la Dotation de Solidarité Urbaine de nombreuses villes de banlieue comme par exemple Clichy-sous-Bois, Sarcelles, Villiers-le-Bel, Epinay-sur-Seine, Argenteuil, Bobigny, Vénissieux, Creil, Stains, Melun, Bondy, Gonesse, Chanteloup-les-Vignes, Garges-les-Gonesse... (voir communiqué de Villes et banlieue).
Il est bien loin le "Plan Marshall" promis pendant la campagne électorale...

En revanche, l'Etat a trouvé des ressources pour "voler au secours" des banques et des investisseurs qui paient des années d'excès.

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21 juillet 2008 1 21 /07 /juillet /2008 23:18
C'est un sujet que j'ai plusieurs fois évoqué ici, mais souvent quelques images valent mieux que des mots.
Dénichée par Nicole, une petite vidéo percutante à regarder jusqu'au bout.

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