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Introduction

Le temps d'un livre
 

Après trois dernières années où la pratique a pris le dessus, il est temps pour moi de prendre du recul, de reprendre le temps dfe la réflexion.

Le Grand Toulouse vient de m'accorder un an de congé de formation à cette fin avec un projet de mémoire un peu particulier : un livre.

 

"Quel urbanisme pour mon territoire ? Petite introduction pour ceux qui veulent participer.", tel est son titre provisoire.

Il n'aura pas la prétention de dire au lecteur quel urbanisme est nécessaire pour son territoire, mais bien de lui ouvrir des perspectives et lui donner des éléments pour y réfléchir.

Il s'agit d'un projet global et multimédia dans lequel contenu, format et modalités de réalisation sont intimement liés et conçu pour répondre à plusieurs niveaux de lecture (citoyen intéressé, citoyen engagé, professionnel ou élu).

Dans la perspective des prochaines élections municipales, l'objectif est de publier ce livre à l'automne 2013.

 

Ce blog aura une place particulière dans ce projet comme lieu de débat pendant sa réalisation et comme support de ressources complémentaires du livre par la suite.

N'hésitez donc pas à faire part de vos commentaires et à vous inscrire ci-dessus pour être prévenus de la publications des nouveaux articles. Bref: participez !

 

Voir la note de présentation.

 

Juin 2012

Recherchez Ici

Le projet de livre

Livre QUel urbanisme pour mon territoire - page garde V2.0

20 novembre 2006 1 20 /11 /novembre /2006 11:58

Dossier très complet (aussi consultable sur leur site) réalisé par Sciences & Décisions que signale Olivier Marquet sur son blog "Villes mobiles".
70 questions pour remettre en cause bien des idées reçues.

Au menu :
- Habitat, vie quotidienne et transports
-
Qui se déplace, comment et pourquoi ?
-
Amélioration des conditions de déplacement
- Organisation
des déplacements et des transports urbains
- Coût
des transports
Financement des transports urbains
-
Stratégies de régulation des transports urbains
- Transports urbains, pollution et effet de serre

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Les transports urbains en France : des solutions techniques mais une gestion politique est nécessaire

La plupart des instances nationales et internationales préconisent une politique volontariste en faveur des transports en commun alors que la croissance du parc automobile se poursuit dans tous les pays. Les raisons sont tout à la fois économiques, sociales et environnementales. Les solutions sont partielles et souvent incompatibles entre elles. Elles ont en commun un coût élevé. De nombreux experts considèrent que la pérennité de leur financement public pose problème (le financement des transports en commun urbains a atteint 12,7 milliards d’euros en 2004 en France).

Ce présent dossier présente la réalité des transports urbains en France, les progrès techniques, l’organisation et le financement des transports urbains. Toutefois, le renouveau des politiques volontaristes en faveur des transports en commun est trop récent pour que l’on sache déjà s’il provoquera une augmentation de leur part dans les transports urbains.

Qui organise les transports urbains et qui les finance ? Peut-on améliorer l’offre en préservant un accès équitable aux transports ? Un développement « durable » des transports est-il envisageable ? Quelles sont les stratégies à la portée des collectivités locales ?

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23 octobre 2006 1 23 /10 /octobre /2006 10:03

Franck Gehry est un architecte de renom. Il est l'auteur du fameux Musée Guggenheim (Bilbao) et de cette "Cité du vin". Il sera celui de la "petite" fondation de Bernard Arnaud (vidéo assez impressionnante).

Marie* le considère comme un "starchitecte", mais trouve qu'il a un peu tendance à se répéter. Ce avec quoi n'est pas d'accord David Orbach.

A découvrir d'ailleurs le bel album photos de David.



"Esquisses de Franck Gehry"
est
un film de Sidney Pollack.
Marie vous offre la bande annonce en anglais, mais j'ai pitié de vous donc la voici sous-titrée.

AA n'a pas trop aimé. David bien plus.

Pour ceux que cela intéresse et qui vivent à Toulouse, je vous propose de m'accompagner à l'
ABC mercredi à 22h30.

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14 octobre 2006 6 14 /10 /octobre /2006 00:05

Accidentés et intoxiqués au travail
Banlieusards
Délocalisés
Démotivés
Discriminés
Disparus
Dissimulés
Drogués
Égarés
Éloignés
Enfermés
Expulsables
Explusés
Femmes à domicile
Gars du coin
Gens du voyage
Habitants des taudis
Intermittents de l'emploi
Jeunes au travail
Oubliés de la santé
Précaires du public
Pressurés
Privatisés
Prostitué(e)s
Rénovés
Rmistes
Salariés déclassés
Sans-emploi
Sans-domicile
Sous contrôle
Sous-traités
Stagiaires
Surendettés
Travailleurs de l'ombre
Vieux pauvres

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Triste ABCDaire de cette France invisible sur laquelle se sont penchés Stéphane Beaud, sociologue (dont je vous ai déjà parlé), Jade Lindgaard et Joseph Confavreux, journalistes.
Au départ, le sentiment qu'il est difficile de parler de la réalité du monde social tant que ce n'est pas spectaculaire. Or ces différentes catégories représentent des millions de personnes pourtant bien présentent dans notre société, dans nos villes.
Cet ouvrage semble donc particulièrement d'actualité en cette période électorale.

Cette longue litanie de malheurs, de souffrances me fait penser à ce que me dit, il y a de longues années, l'une de mes grand-mères dont, coincidence, c'est l'anniversaire aujourd'hui :

"On n'a jamais été riches, mais on n'a jamais été malheureux"

Et c'est vrai qu'ils étaient de condition très modeste, qu'ils ont connus des épreuves. Mais si ma grand-mère, fait une différence avec le malheur, c'est, je crois, que le rapport à la vie était différent.
Tout d'abord car les réseaux d'entraide (famille, amis) occupaient et occupent toujours une place importante.  La conviction que l'avenir était synonyme de progrès (mon grand-père est le premier qui soit passé du statut de métayer à celui de fermier par exemple : lire 1, 2, 3, 4) et celle que les efforts finissent par payer étaient aussi très profondément ancrées, je pense. Enfin, ils avaient une ambition "modeste" : bien éduquer leurs enfants et les "placer" pour qu'ils puissent construire leur vie et être heureux.

Or aujourd'hui, les réseaux de solidarités ont explosé, les certitudes sur l'avenir ont disparu et il existe une énorme pression sociale et médiatique : une personne "normale" doit avoir une belle voiture, offrir à ses enfants un téléphone portable dernier cri, être propriétaire, répondre à des canons de beauté, etc.
Ce contexte explique, à mon avis en partie, la souffrance psychologique qu'entraînent aujourd'hui les difficultés de la vie.

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Pour en savoir plus sur "La France invisible"

Emission Là-bas, si j'y suis
Introduction
Quatrième de couverture


Pour acheter "La France invisible"

A la page
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Fnac

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13 octobre 2006 5 13 /10 /octobre /2006 14:09

C'est le titre d'un article du Monde sur Francis Cuillier dans lequel est souligné le rôle du directeur de l'agence d'urbanisme de Bordeaux dans la métamorphose actuelle de Bordeaux.

Je vous avais déjà parlé de Francis Cuillier à l'occasion de sa désignation comme Grand Prix d'Urbanisme 2006, or à travers ces deux articles sont mis en valeur quelques points intéressants.


Le tramway comme fil conducteur

"Le tramway ne peut être vu simplement comme un moyen de transport. C'est un outil de requalification de l'espace public et de recomposition urbaine, qui offre une mise en scène de la ville.

Et c'est vrai que le tramway de Bordeaux est la colonne vertébrale d'un projet beaucoup plus important dont la cohérence est clairement lisible à partir d'une carte comme celle-ci.

 

La grande majorité des projets de la communauté urbaine ne sont pas centralisés sur Bordeaux. En revanche rares sont ceux qui ne seront pas connectés au tramway.
Un certain nombre de "sites de projet" sont identifiés : de nombreux centre-villes de périphérie dont la centralité sera renforcée, la plupart des quartiers de grands ensembles en difficultés ainsi que des quartiers de gares.
En effet, Bordeaux compte profiter de son réseau ferré et notamment de sa ceinture ferroviaire pour compléter son réseau de transport en commun. Ces futurs point de connexion intermodale seront eux aussi l'objet d'un traitement particulier. On devine un peu mieux à quoi pourrait ressembler  en situant sur le schéma précédent cette ceinture qui croisent les trois lignes de tramway.

Le journaliste s'est donc un peu fourvoyé quand il écrit que Bordeaux a réussi à faire payer l'embellissement de son centre-ville par la communauté urbaine.
Il s'agit en fait d'un processus en plusieurs phases. Bordeaux a naturellement connu beaucoup de travaux les premières années car une majorité des 23 premiers kilomètres du tramway se trouvaient sur son territoire et notamment dans des sites emblématiques. Mais actuellement, alors que 22 nouveaux kilomètres (dont une partie encore sur Bordeaux) entreront en circulation en 2007, c'est d'autres territoires qui sont chamboulés. Et d'autres le seront à leur tour quand viendra la phase suivante à laquelle j'ai failli participer.


Le débat comme mode d'élaboration d'un projet collectif

Ce débat est d'abord produit par l'agence d'urbanisme de Bordeaux.
"Planifier la ville, ce n'est pas un travail que l'on peut faire seul. Cela nécessite des tas de compétences. Je rêverais d'avoir un philosophe, un historien dans l'équipe ! Je défends la vision de l'agence d'urbanisme comme lieu de débat d'idées, avec un droit à l'impertinence."

Mais il n'est pas confisquée par elle, au contraire, car Francis Cuillier prône l'élaboration d'une "culture urbaine partagée". Sont donc associés au débat élus, fonctionnaires, ingénieurs, promoteurs privés, architectes. L'article ne cite pas en revanche les habitants : simple oubli ou désir d'approfondir les débats avec des acteurs plus identifiables et opérationnels ?
Il rappelle en tout cas que la ""polis" grecque a donné aussi bien le concept de ville que celui de politique au sens noble", ce dont nous aurons l'occasion de reparler prochainement.

Vous ne serez pas surpris que j'aime beaucoup ce concept de "culture urbaine partagée" comme celui du "droit à l'impertinence".


Vers une redéfinition du rapport public / privé

"Faute d'argent public, le financement de la ville est de plus en plus privé. Il faut définir un mode de régulation dans lequel les pouvoirs publics négocient avec les acteurs privés pour définir des règles qui défendent l'équité urbaine et des projets dont la valeur ajoutée n'est pas uniquement économique, mais aussi sociale, culturelle ou éducative. La ville ne doit pas être laissée au seul marché."

C'est clair qu'aujourd'hui il faut redéfinir de nouveaux modes de régulation.
J'ai évoqué une piste à travers mon article sur le débat organisé par le CMAV : « Le problème foncier : les politiques face au marché. ».
Le monde change, ne pas s'adapter, ne pas innover, c'est aller droit dans le mur. Il ne faut pas avoir peur mais aller de l'avant.

Je trouve d'ailleurs que la réflexion finale du journaliste est très pertinente.
"Qui a dit que l'urbaniste était un simple technicien ?"

Prochain article : Un urbanisme politique ?

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Petit bonus : une interview d'un des responsables de la Machine à lire, magique librairie bordelaise (tu rentres pour voir et tu ressorts avec 2/3 livres passionnants).

 

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11 octobre 2006 3 11 /10 /octobre /2006 00:39

Comment faire des articles "faciles" ?

C'est immédiatement ce que j'ai pensé quand j'ai découvert ces articles du Monde : "
Les bogoss baizent les rageux !" et "Drancy937sang, l'honneur de la bande". D'après ceux-ci donc, les bandes rivales des différentes cités françaises seraient en train de sacrément se provoquer via leurs blogs respectifs.
Bon, je suis allé voir rapidement deux des blogs cités (http://cdn937.skyblog.com et http://drancy937sang.skyblog.com) : il y a surtout des photos des copains ... parfois armés.
Inquiétant ? Sûrement, mais il ne faut pas oublier qu'un blog, c'est avant tout une vitrine. C'est pourquoi, ces articles surfent sur une vague facile sans vraiment approfondir le sujet.

Le journaliste aurait tout aussi bien pu montrer des blogs qui montrent une image positive de la banlieue, mais c'est drôle, c'est rarement ce type d'exemples qui intéressent les journalistes et donc nous lecteurs / spectateurs.
Pourtant, cela existe.


Bondy Blog

Comment ne pas parler de cette histoire exemplaire ?
Pendant les émeutes de l'an dernier quand beaucoup de journalistes réalisaient les mêmes reportages, l'Hebdo, journal suisse décida de mener une intéressante expérience d'immersion. Pendant trois mois, soit bien plus longtemps que les autres, une quinzaine de journalistes suisses vont se relayer à Bondy et partager leur découverte de Bondy via un blog.
Plutôt que d'abandonner l'expérience, les journalistes ont transmis le flambeau à une équipe de volontaires locaux.


Made in Aulnay

Ouardi Taguia & Zineddine Chenoufi sont deux jeunes entrepreuneurs qui ont créé leur blog en décembre dernier pour donner une autre vision de la banlieue. Un objectif : "raconter leur vie d’habitants et d’entrepreneurs dans un quartier dit «difficile»: la Cité des 3 000, à Aulnay-sous-Bois".


Ile2France

Il y a deux ans Julien Dray, nommé responsable de la jeunesse au Conseil régional d'Ile de France a créé un blog pour dialoguer avec les jeunes (pas forcément de banlieue, d'ailleurs).
Exercice démagogique ?
Pas vraiment car la durée et son style original plaide en faveur d'un certaine sincérité de la démarche. En effet, les courts articles d'introduction finissent toujours par un "Et vous qu'est-ce que vous en pensez ?"
Alors même si le blog est un peu moins animé depuis la coupure estivale, avec 59 articles et 281 commentaires en moyenne (vaut mieux comprendre le langage SMS), je trouve l'expérience intéressante.

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26 septembre 2006 2 26 /09 /septembre /2006 13:25

A défaut d'avoir un peu de disponibilité temporelle et mentale pour tous les articles qui trottent dans ma tête, voici une rapide présentation d'un certain nombre de blogs que je viens de rajouter dans les liens à droite.
Un certain nombre appartiennent à des lecteurs muets de ce blog. Surprenant de découvrir des sites intéressants et vous apercevoir que vous êtes cités.


Urbanisme

Détours d'architecture est le blog d'un journaliste du Moniteur, Jacques - Franck Degioanni.
Des articles courts qui ne manquent ni de fond, ni de malice.

Espace public républicain est une espèce d'ovni. Un espace public à réaménager est l'occasion de discussions entre une apprentie urbaniste et son maître de stage. Dommage que le dialogue est semble-t-il cesser après la fin du stage.

Guillaume Morin, jeune diplômé à la recherche d'un emploi, traite d'immobilier et de développement territorial.

Archi Addict Blog est le blog coup de coeur de cette liste tant nous semblons avoir un certain nombre de réflexions en commun. A lire cet article sur "Le pouvoir de l'image en réunion publique", sujet sur lequel je devrais rapidement revenir. Du fond donc, mais aussi une pointe de poésie de temps en temps.

Coste-Orbach, deux architectes qui présentent leur travail (y compris à travers des vidéos) et partagent leurs réflexions.


Citoyens

Véracruz est une association étudiante toulousaine de sensibilisation à l'environnement. Depuis plusieurs mois, ils luttent aussi contre un projet d'infrastructure. Ils ont réalisé, à cette occasion, un travail remarquable de réflexion, de proposition d'alternatives. J'aurai l'occasion de vous en reparler prochainement à travers un article sur l'expertise citoyenne.

Trottoir bleu, le refuge de deux plasticiennes à la recherche d'un atelier. L'art n'est pas qu'un délire de farfelus, c'est aussi un excellent moyen de redécouvrir, de changer de point de vue, de nous bousculer. Je pense que sur les thématiques d'aménagement les artistes, comme d'autres, ont aussi leur richesse à apporter à la réflexion commune.

Les envahisseurs sont parmi nous et ça commence à l'énerver. Réflexion frappante sur l'usage des potelets.


Bonne lecture !

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17 septembre 2006 7 17 /09 /septembre /2006 17:20

Pas le trop le temps de commenter deux très intéressants articles dont la lecture ne devrait pas vous laisser indifférents.


Construction : un marché dynamique qui rate sa cible

Une seule phrase suffit à résumer
cet article qui rejoint beaucoup de réflexions que j'avais développées dans "Quand le bâtiment va tout va ?" :
"On estime que 280 000 des 410 000 logements construits en 2005 (soit 68 %) étaient destinés à des ménages aisés, percevant trois smic et plus. "
Vous ne pensez pas qu'il y a comme un problème ?


Le pavillonnaire, un mauvais remède aux grands ensembles

Cristina Conrad est présidente de l’Ordre des architectes d’Ile de France.
En août, elle avait écrit
une tribune intéressante, mais qui ne m'avait pas transcendé sur la forme (texte court, incantatoire).
En revanche,
son interview dans Libération est beaucoup plus percutante car, très bien guidée par la journaliste, elle prend le temps d'expliquer, de développer ses réflexions avec beaucoup de pédagogie. Et comme je partage l'essentiel de ce qu'elle dit...

D'ailleurs, j'avais abordé le sujet des lotissements dans mon article "
Le lotissement : outil d'extension urbaine" dans lequel je rappelais que le lotissement reste un outil et que c'est surtout son mode d'utilisation qui pose problème. Et on a pas fini de le payer.



La maison individuelle au coeur de la renaissance des territoires

Si l’Union nationale des constructeurs de maisons individuelles le dit alors, faut peut-être la croire...
Texte très divertissant : cherchez les 7 coquilles.

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6 septembre 2006 3 06 /09 /septembre /2006 14:27

Comme promis, voici une note sur le premier article du livre "La ville au limite de la mobilité".

Ce texte aurait pu être placé à la fin de l'ouvrage est prétendre clore le programme de recherche à l'origine de cet ouvrage collectif. Placé au début, il offre un premier canevas d'approche globale qui est une invitation à découvrir le travail des autres chercheurs.

Vous constaterez que l'on retrouve de nombreux points que j'ai abordés, ou juste effleurés, ici ou là. Cet ouvrage est donc l'occasion pour moi d'approfondir mes réfléxions.

L'article complet

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Une anthropologie de la mobilité

On a longtemps limité la mobilité à une approche focalisée sur les transports (équipements, un individu=un individu, navettes domicile-travail). A travers ce programme, ce sont non seulement les pratiques de la mobilité qui ont été étudiées, mais également comment celles-ci sont vécues.
Et si c'est un sujet que j'ai abordé (L'usage, l'urbanisme des habitants, Vies et lieux de vie, "La rue est à nous ... tous !"), cela va beaucoup plus loin, notamment à travers une vision intensive de la mobilité :

- la relation des individus avec leurs territoires est ainsi appréciée à travers les déplacements qu'ils font, mais ausi de ceux qu'ils ne font pas. De nombreux périurbains ne fréquentent jamais les centre-villes, mais en tient-on compte ?

- l'auteur distingue 3 modes de mobilité : les mobilités physiques à toutes les échelles, les mobilités virtuelles (téléphone, TV, Internet, ...) et les mobilités mentales ou représentationnelles (le territoire des origines reste, par exemple, un territoire de référence tout au long de la vie).

- il dégage également 3 registres de mobilité : les mobilités stratégiques (immigration, déménagement, quitter la ville pour la campagne, etc.), les mobilités quotidiennes et celles incorporées (coordination psychomotrice, régulations culturelles de la distance à l'autre, ...).

Profondément liée à notre vie sociale, la mobilité serait influencée par les appartenances sociales et culturelles, et réciproquement.
On pourrait donc distinguer des "communautés mobiles", groupes sociaux définis à partir de leur inscriptions territoriales, de leurs pratiques de la mobilité et des dispositifs techniques qu'ils mettent en oeuvre.


Le kaleidoscope des territoires

Le territoire a longtemps était une institution qui a profondément socialisé ses membres (modes de vie, language, sentiment d'appartenance, etc.).
Or aujourd'hui, ceci est beaucoup moins vrai. On peut vivre dans une commune, travailler dans une autre, faire ses courses dans une troisième sans jamais participer à la vie de sa commune de résidence. On peut vivre dans une ville sans jamais mettre un pied dans une grosse partie de celle-ci. C'est un peu ce que je voulais vous montrer avec mes cartes sur "mon Toulouse" (je vais les remettre à jour).

Il existe, par conséquent, un décalage important entre les territoires tels qu'ils sont pratiqués, vécus et les territoires de l'action publique.
Sur quel(s) modèle(s) penser alors le développement des terrioires dans une société mobile ?

D'autres notions sont bousculées.
Alors que l'on aurait pu croire que la croissance de la mobilité pouvait faire disparaître la proximité, il semblerait en fait que l'on observe une reconfiguration complexe du proche et du loin.
La conception traditionnelle de la centralité (centre-périphérie-frontières) est également remise en cause. Les études mettent en lumières des centralité éphémère ou intermittentes, des centralités liées à certains types de mobilités (ex : loisirs, etc.).
L'image du territoire est alors brouillée car elle est devenu un agencement de multiples facettes qui dépendent du point de vue adopté.


Les objets intermédiaires entre mobilité et territoires

On a l'habitude de limiter ceux-ci aux grands équipements (routes, voies ferrées, ...). 
Mais c'est une vision plus large qui est abordée dans le programme. Elle inclut aussi bien le mobilier urbain, les tenues vestimentaires que l'ordinateur.
Ces objets sont aussi des dispositifs de fonctionnement collectif de plus en plus complexes (ex : les règles d'organisation dans une famille) qui permettent une individualisation croissante (à ne pas confondre avec autonomie).

Or, on a trop souvent tendance à imaginer que l'usage de ces différents objets liés à la mobilité va de soi et à négliger leur influence alors qu'ils sont, en fait, d'importants moyens de discrimination en fonction de la capacité de chacun à les utiliser.

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L'article complet

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1 septembre 2006 5 01 /09 /septembre /2006 18:28

Le logement social a bien changé

Dites "logement social" et tout le monde entend "tour", barre", "délinquance"...
Or le logement social d'hier est bien éloigné de celui d'aujourd'hui. 

Les typologies ont évolué : petits collectifs, habitat groupé, ... Et certaines réalisations sont très intéressantes.

Les opérateurs aussi ont changé. A côté des offices publics, une myriade d'opérateurs publics ou privés sont apparus. Le logement social est devenu un secteur concurrentiel.

Les locataires aussi sont différents. D'abord parce qu'une part importante de la population a accès au logement social. Il y a donc deux types de logement social : le "très social" et le "social tout court" aux loyers plus élevés. Devinez quel type est privilégié par les opérateurs privés et par certains élus soucieux de ne pas créer de remous ?


Défiscalisation et logement social

Et voilà qu'est entré en vigueur hier le "Borloo populaire", créé par la loi Engagement National pour le Logement, qui en offrant de généreux cadeaux fiscaux entend attirer les investisseurs vers le logement social.
Mais quel logement social ?
Sûrement pas du "très social", ça s'est déjà sûr, mais si déjà c'était du "social" de bonne qualité, cela ne me ferait pas si peur.

Car on a déjà l'exemple du de Robien et de ses dégâts :
- résidences mal situées,
- qualité architecturale minimaliste (pauvreté des façades, des espaces collectifs et surfaces des logements réduites),
- qualité de la construction pas exeptionnelle (les logements étant vendus par réseaux avant et les propriétaires ne visitant jamais leurs biens, la finition a moins d'importance),
- mauvais entretien (les propriétaires attendent d'abord un retour sur investissement),
- etc.

Je ne dis pas que certaines de ces résidences ne sont pas des réussites (surtout quand le programme a mixé accession et investissement locatif), mais que ce dispositif crée déjà des problèmes aujourd'hui (encore un article cette semaine) et que nombre de ces résidences seront les quartiers en difficulté de demain car elles risquent de mal viellir.

Toujours est-il que c'est le dispositif que l'on a copié pour construire plus de logement social et que cela ne m'inspire pas du tout confiance.
En effet, ce n'est pas un mode de production de logements, de lieux de vie, mais de défiscalisation. "Ah bon, il y a des gens qui vont vivre dedans ?"


Des initiatives intéressantes

Je vous ai déjà entretenu du projet de Bille-en-tête, association dont je faisais partie à Bordeaux, de logements relais construits par des jeunes en formation qui en seraient les premiers locataires.
Malheureusement, malgré un concept apprécié et les encouragements, les nombreuses promesses ne se sont jamais concrétisées.

Aujourd'hui, c'est une autre tentative, signalée par la Dépêche, de faire du logment social autrement qui est à l'origine de cet article.
En effet, l'AERA (Action études et recherches en architecture. Centre méridional de l'architecture et de la ville) a lancé l'an dernier un programme expérimental, financé par le ministère du Logement, la Fondation de France et la Fondation Abbé Pierre.
Il s'agit de mettre en place des coopératives d'habitation à vocation sociale et participative.

Le mécanisme est celui de l'accession progressive à la propriété: la mensualité que chaque locataire paye lui permet d'acquérir des parts sociales de la SCI (société civile immobilière) propriétaire de l'immeuble. Au terme d'un amortissement normal (35 ans environ), toutes les parts auront été attribuées, les locataires seront devenus progressivement et solidairement propriétaires de leur résidence, et ce pour le prix d'un loyer HLM classique.
La participation des futurs locataires / propriétaires ne se limitent pas au financement, mais également à la conception.

Plusieurs sites sont étudiés, deux projets semblent même assez avancés (30 logements à Venerque et 60 au Mirail à Toulouse) .

Je vais essayer de me renseigner. -> le site d'AERA
Affaire à suivre.

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31 août 2006 4 31 /08 /août /2006 19:11

Désolé, je n'ai pas le temps de vous faire moi-même le résumé du livre "Le dessin d'urbanisme" dont je vous ai parlé l'autre jour. Mais je vous en ai trouvé un sur CyberArchi.
Je trouve la phrase suivante très appropriée : "le dessin est passé de la représentation d’une idée aboutie en étape incontournable et préalable à l’aboutissement de l’idée".

Mais je reviendrai sur tout ça quand j'aurai un peu de temps tant une bonne communication est un enjeu fonfamental, pour moi, à chaque étape d'un projet (j'utilise bien sûr le mot "communication" comme synonyme de "dialogue").
Concevoir une bonne carte est un exercice difficile, mais qui ne peut être déconnecté de ce qui le précède et lui succède. Quel intérêt de faire une carte si l'on a rien à dire ? Quel gâchis de faire un dessin pertinent si l'on ne se donne pas les moyens de l'exploiter !

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Mise à jour du 04/09/06

“La carte est le territoire, non parce qu’elle en serait devenue le reflet fidèle et exhaustif, mais parce qu’elle le produit, parce qu’elle le remplace à l’occasion, parce qu’elle interagit sans cesse avec lui.”  Intéressant article de Daniel Kaplan : La carte fait le territoire

Comme il met un lien vers un autre blog dont je voulais vous parler plus tard, je ne peux que vous signaler l'interview de Patrick Leboeuf  de l'IGN réalisée avant la mise en ligne du Géoportail. A suivre.

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