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Introduction

Le temps d'un livre
 

Après trois dernières années où la pratique a pris le dessus, il est temps pour moi de prendre du recul, de reprendre le temps dfe la réflexion.

Le Grand Toulouse vient de m'accorder un an de congé de formation à cette fin avec un projet de mémoire un peu particulier : un livre.

 

"Quel urbanisme pour mon territoire ? Petite introduction pour ceux qui veulent participer.", tel est son titre provisoire.

Il n'aura pas la prétention de dire au lecteur quel urbanisme est nécessaire pour son territoire, mais bien de lui ouvrir des perspectives et lui donner des éléments pour y réfléchir.

Il s'agit d'un projet global et multimédia dans lequel contenu, format et modalités de réalisation sont intimement liés et conçu pour répondre à plusieurs niveaux de lecture (citoyen intéressé, citoyen engagé, professionnel ou élu).

Dans la perspective des prochaines élections municipales, l'objectif est de publier ce livre à l'automne 2013.

 

Ce blog aura une place particulière dans ce projet comme lieu de débat pendant sa réalisation et comme support de ressources complémentaires du livre par la suite.

N'hésitez donc pas à faire part de vos commentaires et à vous inscrire ci-dessus pour être prévenus de la publications des nouveaux articles. Bref: participez !

 

Voir la note de présentation.

 

Juin 2012

Recherchez Ici

Le projet de livre

Livre QUel urbanisme pour mon territoire - page garde V2.0

18 juillet 2012 3 18 /07 /juillet /2012 11:37

Une idée "révolutionnaire"

 

"Ce qui serait extraordinaire serait d'améliorer l'ordinaire" indiquait le groupe Descartes dans la consultation sur le Grand Paris.

 

En voici une déclinaison "révolutionnaire" puisqu'il s'agit de faire appel au bon sens pour favoriser et organiser la densification du tissu pavillonaire plutôt que d'urbaniser toujours plus de terrains agricoles oun aturels.

Cela peut paraître une idée simple et, pourtant, s'il existe déjà, ce phénomène est aujourd'hui limité, en quantité comme en qualité, du fait de réglements de documents d'urbanisme (PLU, POS, carte communale) d'une grande pauvreté.

 

Le projet BIMBY a pour objectif que, loin des grands discours creux sur le développement durable, c'est ni plus ni moins qu'une "nouvelle fillière de la production de la ville" qu'il est possible de créer à court terme.

"Révolutionnaire", on vous a dit.

 

 

Vous avez dit BIMBY ?

 

NIMBY (Not in my backyard) est un acronyme relativement connu et symbolise de manière péjorative l'opposition à la réalisation de certains prochains, d'intérêt général ou pas, dans son environnement.

 

"Le projet de recherche BIMBY ("Build in My Back Yard") vise à la définition, à court terme, d'une nouvelle filière de production de la ville, qui soit capable d'intervenir là où les filières "classiques" sont incapables d'intervenir : au sein des tissus pavillonnaires existants.
L'hypothèse centrale du projet BIMBY est la suivante : c'est la capacité des acteurs de l'urbain (habitants, techniciens, élus) à mobiliser le foncier des tissus pavillonnaires existants qui permettra de financer le renouvellement et la densification progressive de ces quartiers. On observe en effet que dans de nombreux cas, l'intérêt des individus (notamment à diviser un terrain pour mieux valoriser son bien sur le marché immobilier) peut aller dans le sens des intérêts de la collectivité (à proposer une offre diversifiée de logements individuels sur son territoire sans engendrer d'étalement urbain)."
C'est encore plus simple en image :

 
BIMBY - Tremblay - principes 1
La diversités des parcelles et des projets permettrait en outre des constructions plus variées contrairement aux "produits" plus standardisés des lotisseurs et des promoteurs : maisons familliales, maisons en location privée ou sociale, maisons pour décohabitants, maisons pour personnes âgées ou locaux pour des activités.
L'exemple de Tremblay-sur-Mauldre

 

Cette commune d'environ 1 000 habitants et 300 logements est en train de préparer son PLU et envisage la création de 70 logements en 10 ans.

Sur quel modèle ?

 

En reprenant le modèle de développement des dernières décennies, il faudrait environ urbaniser 8,4 ha avec de nouveaux lotissements.

 

BIMBY - Tremblay - évolution lotissement

 

Pour consommer moins d'espace comme l'impose aujourd'hui la réglementation, la solution de facilité serait de réaliser une opération d'ensemble beaucoup plus dense que le tissu existant.

 

BIMBY - Tremblay - évolution écoquartier


La commune a souhaité expérimenter la démarche BIMBY.


Pendant deux week-ends, un architecte formé a reçu tous les propriétaires qui le souhaient pour étudier avec eux la mutation éventuelle de leur parcelle.

Les élus avaient cependant été clairs en précisant que la futur PLU ne rendrait pas forcément possibles tous les projets.

 

Les résultats ont dépassé les espérances puisque au terme de rendez-vous avec 60 foyers, ce sont 79 logements potentiels qui sont apparus.


Et si tous ne se réaliseront pas forcément, d'autres propriétaires pourraient envisager l'évolution de leur terrain.

 

Plus de détails :

- la synthèse de l'expérimentation

- une présentation globale de la démarche

 


 

BIMBY - Tremblay - projet habitant

 

Cette expérimentation aura démontré qu'aucune ouverture à l'urbanisation de nouveau secteur n'était nécessaire pour réaliser la création de nouveaux logements et qu'un autre modèle développement pouvait exister.

 

BIMBY - Tremblay - évolution BIMBY



Un colloque pour faire le point et échanger

Les 17 et 18 septembre, à l'Ecole d'Architecture de Paris Belleville, se tiendra le grand colloque du projet de recherche Bimby avec  :

- conférences en séance plénière,

- ateliers thématiques (nouveaux métiers, stratégies et formes urbaines, gouvernance et démocratie, l'habitant maître d'ouvrage et les règles du PLU ...) 

- animations, stands d'exposition

- scènes libres

Ce colloque a vocation à présenter aux élus, aux professionnels ainsi qu'aux étudiants qui le souhaitent cette nouvelle filière de production de la ville durable, axée sur le renouvellement des tissus pavillonnaires existants.

 
Vous y découvrirez :

- comment les intérêts des particuliers peuvent aller dans le sens des intérêts de la collectivité.

- comment produire de la maison individuelle avec ZÉRO étalement urbain.

- comment fabriquer un urbanisme sur mesure, sans maîtrise foncière et à moindre coût.  

 

Téléchargez le programme prévisionnel ici

 
Pour ma part, j'y serai et j'espère que nous aurons l'occasion d'être quelques uns, notamment venant de Midi-Pyrénées, pour diffuser cette idée de bon sens si "révolutionnaire".
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21 mars 2011 1 21 /03 /mars /2011 22:48

Avec cet article débute une série sur le service public, notion très importante dans mes engagements, mais aussi, je le sais, pour la plupart de mes collègues.
Le rapport 2010 du Médiateur de la République en est une excellente occasion puisque la mission de cette autorité indépendante est d'améliorer les relations des usagers avec l'administration et les services publics.
Et ce rapport 2010, qui marque la fin du mandat de Jean-Paul DELEVOYE, dépasse son statut du bilan d'activité pour formuler un certain nombre de réflexions intéressantes sur la conception de l'action publique et les rapports entre l'administration et les usagers dont voici quelques extraits.


La conception de l’action publique est-elle en phase avec la réalité du terrain ?

" Le bon fonctionnement de la société française ne dépend pas que des lois qui l’encadrent. Encore faut-il que celles-ci aient été conçues pour bien fonctionner ensemble et qu’elles soient facilement comprises, absorbées et applicables.
Or, du texte au terrain, du principe à l’application effective, il y a parfois plus qu’un pas, souvent un grand écart.
Absence de vision transversale, ambitions démesurées, manque de moyens de mise en œuvre... Les défaillances dans la conception de l’action et des politiques publiques portent préjudice aux citoyens. Par les réclamations qu’il reçoit, le Médiateur de la République dispose d’un poste d’observation privilégié pour pointer les dysfonctionnements, les oublis, les contradictions de textes qui se télescopent et les situations inenvisagées qui laissent les citoyens démunis face à un système administratif encore trop souvent hermétique."

− Des politiques publiques brouillées par l’empilement législatif

− Les dommages collatéraux dus aux réformes précipitées

− Quand les ambitions politiques se heurtent aux moyens limités

− Méconnaissance des textes par les citoyens

− Une loi pas toujours applicable


Le fossé se creuse- t-il entre pratiques des acteurs et attentes des citoyens ?

" Dans le cadre de sa mission de service public, l’administration a vocation à rendre le droit accessible au plus grand nombre.
Alors que sa priorité devrait consister à adapter le système aux besoins des usagers, le Médiateur constate par les cas recensés sur le terrain que la tendance inverse domine encore trop souvent.
Prudence excessive des agents, lourdeurs et entêtements administratifs, ces travers qui imprègnent encore le service public conduisent à des situations d’injustice et de déshumanisation. Déstabilisés à leur tour par un système qui privilégie souvent le traitement de masse par rapport aux situations individuelles, les agents ont tendance à se réfugier derrière le formalisme et la sécurité d’une loi appliquée sans discernement.
Du côté des usagers, l’émergence d’un consumérisme social incite de plus en plus les réclamants à revendiquer une évolution de la loi au profit d’intérêts individuels et au détriment de l’intérêt collectif.
C’est donc bien ce manque de dialogue et d’écoute mutuelle qui creuse le clivage. En restaurant du lien entre usagers et administrations, en favorisant la généralisation des lieux d’écoute et de proximité, le Médiateur aide à renouer avec le pacte républicain."

− Excès de zèle et application mécaniste de la loi
− Des décisions prises au mépris de la loi
− Excès de précipitation et excès de lenteur
− Des procédures déshumanisées
− Expliquer, communiquer : un chaînon manquant
− Collectif mis à mal et souffrances individuelles non identifiées


Pour aller plus loin

Plus d'extraits
L'édito du Médiateur de la République
Le rapport complet
Le dossier de presse

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15 mai 2008 4 15 /05 /mai /2008 11:58

Note : article en cours de rédaction

 

Remarque préliminaire :

J'écris cet article sans connaître toutes les différentes actions mises en oeuvre tant par la Communauté urbaine du Grand Toulouse que par la Ville de Toulouse.

 

 

I - Cartopartie : une première expérience intéressante

1. Une journée test

 

logo accessibiliteCe samedi 14 mai était organisée une "cartopartie" dédiée aux besoins des personnes à mobilités réduites, journée à laquelle j'ai participé afin de découvrir leur travail.


Durant cette journée, le programme était de relever toutes les données utiles au déplacement et au repérage des personnes handicapées, puis de les reporter sur la carte collaborative OpenStreetMap.
L'objectif était de commencer à élaborer une carte du centre historique de Toulouse présentant le niveau d'accessibilité des rues, des équipements de transport collectifs et des commerces.

 

Une trentaine de personnes se sont retrouvées à l'invitation de l'association Toulibre à l'initiative de cette journée en partenariat avec Makina Corpus, Tisséo, You Mapps et l'April.

 


2. Les outils utilisés

 

OpenStreetMap est l'équivalent dans le monde du logiciel libre de Google Maps et du Géo Portail.

C'est une base de donnée cartographique alimentée uniquement par des données libres d'accès que cela soit des données ouvertes par d'institutions ou directement rentrées par des utilisateurs bénévoles (plus de 400 000 à travers le monde).

Des amateurs ? Au sens noble du terme, alors quand on voit la qualité du rendu.

 

saint-sernin

 

Et encore, toutes les données ne sont pas visibles sur la carte de base.

En effet, ces données sont ensuite mises à la disposition de tout le monde et en particulier de développeurs de logiciels de services (je viens ainsi de m'installer sur mon portable un GPS libre qui utilise ces données, Osmand).

 

Par exemple, quand certains repèrent spécifiquement les espaces publics et bâtiments accessibles en fauteil roulant, la carte de base n'affiche pas ces informations.

En revanche, si quelqu'un souhaite faire une carte spécifique sur l'accessibilité, ce sont ces données qui seront en priorité recherchées et mises en valeur.

 


3. R etour d'expérience

 

La journée s'est déroulée en deux temps avec un repérage sur le terrain par petits groupes puis, au moment où il a arrêté de pleuvoir, nous nous sommes retrouvés pour commencer à rentrer ces données.

 

Techniquement, cette première expérience a été assez compliquée :

- prise en main des outils que nous ne connaissions pas pour la plupart (et encore les personnes présentes avaient plutôt l'habitude d'utiliser des logiciels informatiques)

- connaisance des habitudes de programmation (objet de bien des disussions dans la communauté)

- difficultées notamment liées à une carte incomplète (aujourd'hui les trottoirs ne sont pas dessinés spécifiquement, nous avons donc été conrontés à la difficulté de savoir comment indiquer que telle ou telle partie de trottoir d'une rue est accessible ou pas).*

 

* Pour les non spécialistes, il existe deux types d'informations :

- les objets de références (rue, bâtiments, cadastre, etc.)

- les informations thématiques : une rue peut être large ou étroite, un bâtiment peut être public ou privé, accessible en fauteuil roulant ou pas, un marché de plein vent peut avoir lieu sur un place, etc.

 

Autour de la Basilique Saint-Sernin, nous avons par exemple indiqué que les toilettes publique au Nord-Est était inaccessible, que le schéma du parking au Nord-Ouest était faux (le bon plan est donc aujourd'hui sur la plateforme libre et pas sur Google ou Geoportail qui doivent utiliser les données du Grand Toulouse) et que le musée était accessible mais depuis l'entrée Ouest et pas celle de l'Est.

Ce que nous n'avons pu rajouter, c'est la description de l'accessibilité des trottoirs, ce qui aurait pu donner quelque chose comme ça :

 

saint-sernin2

 

Et puis d'un point de vue technique, personnellement, aujourd'hui je sais à présent me débrouiller.

J'ai ainsi commencé à rajouter les commerçants dans ma rue.

 

Et puis il y a le bilan humain de cette journée.

Tout d'abord, rien de tel qu'une visite de terrain avec des personnes à mobilité réduite pour aprendre à regarder l'espace public différemment. Même quand vous êtes sensibilisé, il y a mille et un dysfonctionnements qui peuvent apparaître comme des détails, mais qui ne le sont pas du tout en fait.

Ensuite, c'est un beau témoignage sur les modèles coopératifs liés à Internet et sur leur capacité à atteindre des résultats inaccessibles pour des acteurs isolés et même pour des institutions. Wikipedia en est un beau témoignage. OpenStreetMap en est un moins connu, mais l'effet d'entraînement pourrait faire boule de neige autour d'un projet partagé.

 


 II - Un objectif à la fois élémentaire, extraordinaire et réalisable

 

Suite à cette expérience, que pensez d'un objectif qui serait de réaliser une carte de l'accessibilité à l'échelle d'une agglomération comme le Grand Toulouse ?


1. Un objectif élémentaire vis à vis de nos concitoyens

 

Car il n'est pas normal que tant de personnes galèrent autant dès qu'il s'agit de sortir dans l'espace public. Ils veulent vivre, tout simplement.

Accessoirement, toutes les communes ou leur EPCI doivent réaliser un plan de mise en accessibilité de leur voirie et de leurs espaces publiques (voir le guide).

 

 

2. Un objectif extraordinaire

 

Car le travail peut apparaître immense tant en France, on a un tel retard dans la prise en compte du handicap dans la conception de l'espace public.

Par où commencer ?

Pour le diagnostic, doit-on partir de normes techniques ou de la pratique des principaux concernés ?

 

 

3. Un objectif réalisable

 

Car cela dépend aussi des moyens que l'on arrive à mobiliser et si les moyens des collectivités peuvent être limités (services, bureaux d'études), il y a aussi beaucoup d'énergie humaine à potentiellement utiliser.

A un moment donné, les efforts des uns et des autres

 


III - Les obstacles à lever

1. Compléter la carte de référence

 

Si un gros travail a déjà réalisé sur Open Street Map (certaines informations sont plus complète s et mieux mises à jour que les données publiques), le modèle reste insuffisant

données des communes, de la CUGT et de Tisséo 

 

Open Data : une opportunité où tout le monde à y gagner
collectif "OpendData Toulouse" 



2. Créer une interface accessible au plus grand nombre

 

Une interface à créer pour ordinateurs et mobiles afin de pouvoir mapper facilement un nombre limités d'informations spécifiques au handicap.

 

 

3. Organiser le recueil

 

D'un côté, pour répertorier toutes les données nécessaires, des dizainesde personnes, voire des centaines d seraient nécessaires.

D'un autre côté, il y a des multitudes d'actions par des associations, de très nombreux citoyens sensibilisés, tous isolés. Dans le même temps, des collectivités locales en capacité de mobiliser ponctuellement leurs services.

Si objectif commun partagé, il serait possible d'organiser plusieurs cartoparties réunissant de plus en plus de monde de manière à être capables d'encadrer un recueil massif et systématiques.

 


IV – Des opportunités

1. Des appels à projets pour innover

 

La démarche Open Data de Rennes (le site, vidéo, article)

 

Un appel à projet sur le Grand Toulouse pour innover sur les espaces publics (article, appel d'offre).

La Communauté Urbaine du Grand Toulouse organise un concours en vue d’identifier les porteurs d’idées innovantes afin de participer à l’amélioration du cadre de vie, du confort, du bien être, de la tranquillité... des futurs aménagements de l’espace public et des constructions d’équipements. La date limite de réception des offres est fixée au 31 mai 2011.

 

→ réaliser la carte de référence
→ créer l'interface

 


2. La journée mondiale du Handicap

 

"À l'occasion de la Journée internationale des personnes handicapées le 3 décembre, la Ville de Toulouse organise trois jours d'animations, expositions et  tables rondes les 1, 2 et 3 décembre, sur le thème "Toulouse ville accessible, ville désirable".

Trouver des solutions pour le handicap : pour faire de Toulouse une ville sans barrière. C'est la ligne directrice des journées du handicap organisées à Toulouse du 1er au 3 décembre. Objectif  ?  Chambouler les idées toutes faites et faire changer les regards sur le handicap, faire de Toulouse une ville dynamique, innovante, aimable et agréable à vivre… pour tous. Il s’agit de faciliter l’exercice des droits fondamentaux comme celui de se déplacer, circuler, voyager, mener une vie socioprofessionnelle, accéder librement aux loisirs, au sport et aux vacances."

Journée mondiale du Handicap à Toulouse en 2010

 

cartoparties en septembre, octobre et novembre pour former le plus grand nombre (associations, citoyens services, établissements scolaires, etc.) et tester
3 journées pour mapper en mobilisant largement à partir de tous les contributeurs fomés au préalable

 

→ une carte du "Grand Toulouse accessible" dès le 3 décembre qui continuera à être affinée au fur et à mesure vu le nombre de personnes formées

 


 

3. Une carte, des applications

 

Un exemple issu de l'appel d'offre de Rennes, Handimap qui propose un service de calcul d’itinéraires pour les personnes à mobilité réduite. Leur service, handimap.org est accessible en ligne et sur mobile et figure parmi les lauréats du concours.

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8 janvier 2008 2 08 /01 /janvier /2008 12:55

Je n'ai pas encore eu l'occasion de vous parler de l'APUMP, l'Association des Professionnels de l'Urbanisme de Midi-Pyrénées dont je fais partie.
A la lecture de cette petite présentation, vous ne serez pas étonné que je me sente bien dans cette association militante.


L'Association


L'APUMP est une association où se retouvent plus d'une centaine de professionnels aux profils variés (bureaux d'études privés, Etat, collectivités locales, etc.).

Elle a notamment pour but de :

- constituer un lieu permanent de débats sur l'urbanisme, la ville, l'aménagement de l'espace et du territoire, ouvert à tous les acteurs de l'urbanisme.
- sensibiliser les maîtres d'ouvrage aux enjeux de l'urbanisme, de susciter la demande et de faire valoir les professionnels de l'urbanisme, notamment en dressant et tenant à jour un annuaire régional,
- favoriser les rencontres techniques professionnelles, les échanges sur les pratiques, entre professionnels de l'urbanisme et avec les autres acteurs du développement local, ainsi qu'avec les étudiants.

L'association a une activité foisonnante portée par une implication très importante de ses membres et de Pascale, notre chargée de mission.


Ses actions

Les projets européens
De 2000 à 2005, le projet européen URBDISP a proposé une analyse comparative de l'étalement urbain dans les territoires de Midi Pyrénées et la Catalogne. Cette analyse a donné lieu à de nombreux échanges entre professionnels et chercheurs des deux régions et avec d'autres partenaires invités.
Plus d'infos.
L'APUMP souhaite aujourd'hui prolonger ce travail à travers un nouveau programme sur le développement urbain durable qui imprègnera l'ensemble de ses actions.
Plus d'infos.

PREDAT
A tarvers les 
« Pôles Régionaux d’Echange sur le Développement et l’Aménagement des Territoires », l'Etat a souhaité favoriser l'appartition de lieux d’échange entre les acteurs de l’aménagement du cadre de vie (Etat, élus, professionnels et chercheurs) permettant la construction d'une culture partagée, en promouvant des recherches d'initiative territoriale dans les domaines de l'aménagement du territoire, de l'aménagement urbain, de la politique de l'habitat et de la politique de la ville.
En Midi-Pyrénées, le PREDAT est animé par l’APUMP et réunit, notamment, professionnels et chercheurs. Pour chaque sujet traité, des groupes de travail se réunissent plusieurs mois à l'avance afin d'échanger et de préparer les séminaires.
Sont déjà programmés en 2008 :
- le 8 février, un séminaire "Facile à dire, facile à faire", sur les regards croisés entre professionnels et chercheurs (le programme),
- le 13 juin, un séminaire sur les mobilités sur lequel nous planchons actuellement.

Groupe d'Echanges Pratiques en Urbanisme
Ses réunions thématiques, trimestrielles et organisées tour à tour dans les 8 départements de Midi-Pyrénées, sont conçues sur le principe de témoignages (émanant si possible d'intervenants diversifiés : DDE, CAUE, bureaux d'études mais aussi SEM, techniciens de collectivités territoriales, DDAF, DIREN …) qui permettent d'engager les débats.
Les dernières réunions ont traité de la carte communale et de l'agriculture dans les documents d'urbanisme.
Plus d'infos.

Forum Echanges urbains
Lors de sa première édition au printemps 2008, il s'agira d'échanger autour de projets d'aménagement ou d'urbanisme durables dans le grand Sud-Ouest.
Il pourra s'agir d'opérations importantes, ou au contraire de petite dimension, mais dont des enseignements, même limités, peuvent être tirés. Enseignements en matière de méthode, de management, d'approche globale, de qualité d'usage, de concertation, de partenariat ...
La plaquette de présentation. La fiche pour signaler des projets.

Formation
A travers plusieurs partenariats avec le CIFP (Etat), le CNFPT (Collectivités locales) et l'Ecole d'Architecture de Toulouse, l'APUMP participe au montage de formations auxquelles ont accès ces membres.

Représentation
L'APUMP est représentée dans de plus en plus d'organismes (CFDU, CAUE, InterSCOT de l'aire urbaine toulousaine, Conseil de Développement de l'agglomération toulousaine, etc.).

Autres actions
L'association organise aussi des voyages d'études.
L'APUMP participe également à l'organisation de concours pour inciter à la qualité urbaine :
"Quelques sites pour une ville à réinventer... une invitation à la qualité urbaine" sur 6 communes de Haute-Garonne avec le CAUE 31 et l'AMF 31,
- "Habiter les Causses du Quercy... Nouveaux hameaux, Nouveaux quartiers..." avec le PNR des Causses du Quercy et le CAUE 46,
L'APUMP intervient aussi lors de certains débats comme celui de l'avenir de l'Hôpital de La Grave, lieu emblématique de Toulouse (photo 1, photo 2), sujet sur lequel elle a organisée avec les architectes et les paysagistes un débat public en décembre.

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18 mai 2007 5 18 /05 /mai /2007 00:30

Je vous ai déjà expliqué ici ou là combien je considérais que, une ville, c'était d'abord des individus qui vivent.
Or, lorsque l'on présente un nouveau projet, on met en général des images d'individus, "heureux d'être là", sages comme des images, lisses comme du papier glaçé. On les met même souvent à moitié transparents.
Personnellement, je trouve cela insupportable car la vie, et donc la ville, ce n'est pas ça.

Il y a quand même de sacrés différences entre des personnages de papier qui "prennent la pose" et des individus qui essaient tout simplement de vivre.
Je vous invite à comparer ces images du projet de maison de retraite dans le futur quartier d'Andromède à Blagnac dans l'agglomération de Toulouse avec celle de ce magnifique clip d'une chanson (Leave Before The Lights Come On) des Arctic Monkeys.

Andromede-EHPAD-image-01.jpg

Andromede-EHPAD-image-02.jpg

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8 janvier 2007 1 08 /01 /janvier /2007 12:49

Observatoire de l'habitat, observatoire des déplacements, observatoire des formes urbaines, observatoire des observatoires, depuis de nombreuses années, les collectivités locales, notamment, mettent en place des observatoires thématiques en place pour mieux connaître leur territoire.

Depuis quelques années, on note une évolution vers une démarche plus réflexive et réactive.
Il ne s'agit plus seulement de faire un constat, plus ou moins régulier, plus ou moins espacé, mais bien d'un processus permanent tout au long des projets. Le constat tend à devenir une démarche d'évaluation et d'aide à la prise de décision.

Mais un ensemble d'observations thématiques, même très complet, suffit-il à rendre compte d'un territoire ? Une démarche systémique ne serait-elle pas plus efficace pour mieux prendre en compte l'imbrication croissante des échelles et des problématiques ?  Mais comment mettre en place une telle démarche ?

Ces intéressantes questions (que j'ai déjà abordées ici ou ) sont l'objet du mémoire de DESS de Christine Brocas dont voici la conclusion pour vous mettre l'eau à la bouche.

Le mémoire
Pour contacter Christine

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CONCLUSION

L’enjeu de cette réflexion est de rendre compte des évolutions de l’activité d’observation des agences d’urbanisme, comme outil d’aide à la décision, qui doit aujourd’hui répondre à de multiples enjeux.

La première piste de travail consistait à analyser les impacts des nouveaux cadres institutionnels et législatifs sur cette mission d’observation.
Par le renouveau de l’action publique, le rôle d’accompagnement de l’activité d’observation tout au long du processus de décision est reconnu, renforcé et élargi.
Désormais, l’observation doit sans cesse faire preuve de sa capacité à être en phase avec les évolutions spatiales et sociétales et à la fois en avance, en décalage avec des territoires institutionnels figés, et ainsi avec les pouvoirs locaux : elle doit pour cela être toujours plus réactive.
Son rôle dans le processus de décision se trouve par ailleurs élargi : l’observation est de plus en plus sollicitée dans toutes les phases de la décision publique, avec l’introduction grandissante de l’évaluation « concomitante ». Afin de permettre des réajustements de l’action publique, l’observation doit être une activité pérenne, capable d’être en adéquation avec les mutations permanentes de la société, et de retranscrire constamment ces nouvelles réalités.

La deuxième piste de travail concernait le développement de l’observation urbaine et de la transversalité.
Cette notion de transversalité, apparaît dans les récents textes de lois sur l’action publique, et devient le maître mot des nouveaux documents d’urbanisme. Par transversalité de l’observation, on entend donc ici un regard croisé dans l’analyse des phénomènes et des espaces urbains.
La complexification des phénomènes urbains, l’imbrication croissante des échelles territoriales, l’élargissement des espaces vécus, supposent en effet de dépasser les approches sectorielles habituelles et de parvenir à une approche plus croisée. C’est par le développement de cette démarche que l’action publique tendra vers plus d’efficacité : l’observation transversale permettrait ainsi de soulever les principaux enjeux territoriaux indispensables à la définition des priorités d’action.
Les démarches d’observation urbaines progressent : elles permettent de plus en plus d’appréhender les changements, d’inscrire leurs analyses dans une lecture temporelle des espaces. Cependant, elles se limitent encore actuellement à une approche multi thèmes, certainement indispensable pour une connaissance très fine de différents domaines, mais s’avérant insuffisante à la lecture des espaces actuels.
Le faible développement de cette approche peut s’expliquer par un modèle de penser et d’agir sectoriel encore dominant ; par les difficultés de mise en oeuvre de la transversalité.

La mise en place d’une approche systémique dans l’observation est difficile, comme l’a révélé le programme ACTEUR. L’analyse de ce programme a particulièrement souligné l’impossibilité de transposer l’ensemble de cette démarche à une échelle locale, principalement pour des raisons techniques et financières. Il ne faut pas oublier par ailleurs que l’observation, par son rôle d’accompagnement des politiques, revêt une portée opérationnelle, elle doit donc être fonctionnelle rapidement.
Pour cela, les expérimentations d’une démarche systémique devront émerger de façon ascendante, une fois que les décideurs locaux auront mesuré l’utilité d’une telle démarche.
Ce n’est de plus que par une observation des particularités de chaque contexte local, que pourront émerger des politiques plus territorialisées.

Nous avons vu que la réalisation de cette approche systémique n’est possible que si certaines exigences sont respectées : apport d’une vision qualitative, définition d’indicateurs pertinents, allers-retours dans les échelles spatiales d’une part, dans les échelles temporelles d’autre part.
Cette approche, en renouvelant les méthodes d’observation, interroge la capacité des professionnels à s’ouvrir à d’autres disciplines. Un des apports du programme ACTEUR aura été d’ouvrir la voie à une acculturation de tous les partenaires engagés dans la démarche, en favorisant le décloisonnement entre institutions, et en ouvrant des passerelles avec le monde de la recherche, trop souvent isolé.
L’approche systémique invite alors à un changement progressif des mentalités chez les décideurs et chez les professionnels de l’urbanisme, condition de réussite de l’observation transversale.

 

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13 novembre 2006 1 13 /11 /novembre /2006 13:07

Certaines remarques récentes m'ont fait prendre conscience que ma démarche pouvait être mal comprise.
En effet, ce n'est pas la même chose d'être lu par des lecteurs de votre blog qui, petit à petit, ont appris à vous connaître, et l'être par des personnes qui vous découvrent à partir d'un texte diffusé par ailleurs. Ceux-ci peuvent en effet légitimement se demander qui est ce gus qui publie ses réflexions, quelles sont ses prétentions, etc.
C'est pourquoi, alors que je devrais avoir un peu de publicité cette semaine, il m'a semblé opportun de revenir sur le sens de ma démarche que je considère comme un travail personnel en réseau dont ce blog ne représente que la partie la plus visible.


Un travail personnel...

Comme je l'ai souvent déjà dit, par exemple dans mon article "
Un urbanisme politique ?", il me semble essentiel de toujours mener de concert pratique et réflexions.
D'une part parce que le contexte, les problématiques évoluent, d'autre part car notre capacité de compréhension, de réflexion s'accroit (normalement) au fur-et-à-mesure de notre parcours.

Je suis un jeune urbaniste donc je ne peux pas me reposer sur une réflexion globale, cohérente, sauf à me contenter d'essayer de prendre pour références les réflexions de d'autres.
Or, j'en suis incapable car :
- je me suis toujours méfié des références parce qu'elles peuvent avoir tort, ne plus être adaptées, et surtout parce que l'on ne comprend pas toujours toutes les subtilités d'une pensée, idem pour une réalisation. Donc si on les utilise telles qu'on pense les avoir comprises, on est presque sûr de se planter,
- j'ai besoin de découvrir, de comprendre, de construire une réflexion structurée, cohérente. Certains préfèreront ne pas voir les contradictions de leurs pensées, les coins obscurs, etc. Moi, je ne peux pas, c'est viscéral.

J'ai donc entamé un travail de fond et de longue durée pour approfondir mes connaissances et mes réflexions.
Ce blog n'est qu'une partie de ce travail : débats, lectures, connaissances des problématiques et des projets sur les agglomérations toulousaine et bordelaise, etc. Tout ne trouve pas sa place ici, j'emmagasine, je compile, je place des jalons sur des sujets que je souhaitent approfondir plus tard.
Et si mes écrits sur ce blog me permettent de donner du corps à certaines réflexions (le passage à l'écrit est redoutable), je n'ai nullement la prétention de présenter une pensée aboutie. Qui l'oserait d'ailleurs ? Quelles soient partagées ou non, il s'agit de l'état de mes réflexions personnelles à un moment donné. Elles ne sont pas pour moi une finalité, mais des étapes qui me permettent d'avancer dans mes réflexions et ma pratique.


... en réseau

Mais ce travail personnel, je n'ai pas souhaité le faire seul. J'utilise beaucoup le réseau comme mode opératoire.

Je crois, en effet, que la conception de "l'expertise" est en train de changer, fondamentalement. Elle ne peut plus être hiérarchisée comme autrefois.
Nous devenons une société de plus en plus cognitive, de plus en plus ouverte, de plus en plus partenariale. Nous devenons bien cette société "hypertexte" que décrit Ascher.
Les règles du jeu changent irrémédiablement.

Je n'ai pas la prétention de faire le débat, mais d'y participer, oui.
Par ce que je suis capable d'apporter par moi-même, mais aussi par "l'expertise" que je suis capable de rassembler.

Etre un connecteur, c'est ma nature.

Internet offre des possibilités encore sousestimées.
Vous connaissez mon blog, mais êtes-vous allé découvrir tous ceux qui se trouvent dans mes liens (colonne de droite) ? Derrière chacun d'eux, des professionnels de nombreux pays, des politiques, des citoyens engagés dans une démarche d'échanges. Des personnes qui aurez été souvent inaccessibles pour un jeune urbaniste dans une société hiérarchisée. A travers les réflexions des uns et des autres, nos discussions, on s'enrichit mutuellement.
Je ne vous ai pas non plus encore parlé d'un forum de plus de 1000 personnes que j'utilise quand j'ai une interrogation sur le droit de l'urbanisme.

Je fonctionne également ainsi pour améliorer mon ancrage toulousain.
J'aime échanger, croiser les points de vue, identifier des personnes "ressources", tisser des liens, dépasser les clivages.


Ce n'est qu'un début, mais je pense que tout ce travail commence à porter ses fruits.
Mon article "Un urbanisme politique ?" est d'ailleurs assez révélateur.

Ma première satisfaction est d'avoir réussi à synthétiser un certain nombre de réflexions que je portais en moi. L'accouchement fut difficile, mais je dispose à présent d'un socle cohérent à approfondir à travers ma pratique professionnelle et mes réflexions.
La deuxième concerne les premiers retours reçus après la parution de cet article. Souvent positifs, mais pas toujours heureusement, ils confortent certaines idées, contestent certaines, apportent d'autres éclairages, soulèvent des interrogations. Grâce à vous, ce qui n'est qu'une réflexion personnelle d'un jeune urbaniste s'en trouve enrichie.
Tout ceci enfin me fait également penser que je devrais trouver une agence ou une collectivité où je pourrai prochainement approfondir certaines pistes que j'ai identifiées dans cet article. Mais cela, je vais vous en reparler prochainement.

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1 novembre 2006 3 01 /11 /novembre /2006 14:06

(pour vous faciliter la lecture de cet article, voici une version pdf)
(article repris par Cyberarchi)

 C'est ce qui transpirerait de mes écrits selon l'ami d'un ami.
Et il a tout à fait raison.

Car je revendique une conception de l'urbanisme, qui ne soit pas uniquement un champ technique, mais avant tout un choix du "vivre ensemble" et donc fondamentalement politique au sens noble du terme.

Mais attention aux raccourcis.
Ceci s'inscrit dans une réflexion globale où chacun a son rôle à jouer.

Cet article est, pour le jeune urbaniste que je suis, l'occasion de faire une synthèse de ses réflexions sur sa conception de l'urbanisme et le rôle de l'urbaniste.
Il est dans la continuité des réflexions que je développe depuis deux ans sur mon blog et vers lesquelles vous renvoient certains liens.
Ce travail n'a pas la prétention d'être une réflexion aboutie, c'est une étape personnelle et une contribution au débat.


L'urbanisme est politique

Un projet de ville...

De quoi traite l'urbanisme ?
Pour beaucoup, il s'agit de questions techniques et réglementaires : ce que l'on peut construire sur une parcelle, comment aménager une rue, une place, ...
Personnellement, je considère que l'urbanisme n'est pas une fin en soi car il n'est qu'une composante d'un projet global de ville.

Dans quelle cité (polis en grec) souhaitons-nous vivre ?
Voilà bien un sujet qui ne se limite pas à l'urbain et englobe bien d'autres problématiques : sociales, institutionnelles, économiques, etc.
Voilà bien un sujet infiniment politique.


... qui concerne tous les acteurs de la cité...

Mais ces sujets politiques ne seraient-ils que l'apanage des hommes politiques (et de leurs électeurs) ?
Même si bien des modes d'action les plus évidents en dépendent en grande partie (planification, droit du sol, opérations d'aménagement, etc.), sûrement pas.
Promoteurs, acteurs économiques, usagers participent, par exemple, eux aussi, par leurs choix et leurs actions, à la construction de la cité.

Il existe des promoteurs "Attila" qui font des coups et d'autres qui essaient de s'intégrer dans les orientations des communes.
De nombreux entrepreneurs respectent leurs salariés, d'autres non.
Quant aux usagers, ils peuvent, par leurs pratiques, influencer énormément la vie de la cité.

Un de mes amis, urbaniste lui aussi, n'est pas d'accord avec moi pour considérer tous ces choix comme politiques.
Or quand des parents, qui habitent à proximité de l'école, y emmènent leurs enfants en voiture, en se garant en double file, ce n'est pas neutre.
Même si leurs choix sont aussi influencés par des contraintes, il existe toujours des solutions alternatives. A travers ces choix, ils font donc bien la promotion de certains modes de vie. Il s'agit donc bien, conscient ou pas, d'un acte qui a une dimension politique.


... pour une politique urbaine plus efficace

Il ne peut donc y avoir de politique urbaine efficace, selon moi, sans une prise en compte de la dimension politique des modes de "construction" de la cité.
Ce serait accepter de n'intervenir qu'à la marge.

Peut-on, par exemple, raisonnablement penser résoudre les problèmes de déplacements en se contentant d'ajouter quelques infrastructures, par ailleurs souvent coûteuses ?
Avec bien moins d'argent, mais plus de volonté et de pédagogie, on pourrait sûrement obtenir des résultats intéressants en travaillant notamment sur les modes de vie pour les faire évoluer ou adapter l'offre actuelle à ceux-ci.

C'est pourquoi, on a tout intérêt à faire oeuvre de transparence afin que l'on puisse réellement parler d'un projet politique pour la ville et le mettre en oeuvre au lieu de perdre notre temps en psychodrames et demi-mesures.


Un professionnel engagé... dans des réflexions 

Si l'urbanisme est politique, l'urbaniste peut-il se contenter d'être un technicien ?
Je ne pense pas, pour ma part, que l'on puisse se passer d'une utopie ni faire l'économie d'une  réflexion permanente.


Une utopie : l'Homme au centre de tout

Comment traiter de la ville sans considérer les hommes ?
L'objectif n'est-il pas finalement d'offrir à chacun de vivre dans un environnement favorable qui lui permette de s'épanouir ?

Je suis , pour ma part, convaincu que collectivité et individualités ont besoin de se nourrir mutuellement pour atteindre cet épanouissement. Je crois que les hommes, comme les atomes, sont capables de créer des réactions en chaîne génératrices d'une énergie qui peut être profondément positive.
Utopiste ? Bien sûr, mais pas illuminé. Mon rapport à l'utopie ressemble à celui d'Eduardo Galeano : s'en servir pour avancer.

J'ai pensé un moment opposer l'urbaniste au médecin dont la tâche me semblait pouvoir se reposer sur une science qui lui permette d'associer un traitement à un diagnostic.
En fait, ce ne sont pas deux métiers si éloignés si l'on n'oublie pas l'importance du comportement du patient.
Je n'aurais jamais dû connaître l'un de mes grand-pères atteint d'un grave cancer quelques années avant ma naissance. Les médecins le pensaient perdu, le curé lui avait administré le dernier sacrement... Et pourtant, sa volonté de vivre fut plus forte. Il vécut 26 ans de plus !
Je crois qu'il en est des villes, comme des hommes, de l'urbanisme comme de la médecine, le diagnostic, le traitement ont certes leur importance, mais ce qui fait la différence, au final, c'est la vie.

Alors, entre une ville très architecturée, avec de belles perspectives, des espaces publics de qualité, mais aussi une société fragmentée, fragilisée, et une ville, plutôt moche, réceptacle d'une vie sociale foisonnante et épanouissante, j'ai choisi mon modèle.


Une réflexion permanente

Voici donc pour l'utopie, mais il ne s'agit pas d'une doctrine idéologique, juste une ligne directrice, essentielle pour moi, mais pas unique.

En effet, "construire" la ville est une tâche très ardue car s'entrecroisent énormément de problématiques, de paramètres, d'acteurs et de mécanismes. Vous n'avez d'ailleurs pas de pouvoirs sur un certain nombre d'entre eux, et, en plus, ils peuvent évoluer avec le temps et les lieux.
Il faut donc faire preuve d'humilité, s'ouvrir aux autres et maintenir une réflexion permanente.

Réflexion permanente de plusieurs types :
- globale ou thématique
-
conceptuelle ou pratique

Réflexion permanente à trois niveaux :
-
la réflexion "pure" déconnectée du territoire d'intervention
-
la réflexion sur le territoire au sens large (du quartier au bassin de vie en passant par la commune)
-
la réflexion sur le professionnel que l'on est.

Pour ma part,
mon blog, réceptacle de mes réflexions depuis deux ans, me permet d'entamer, par petites touches,  un travail de longue haleine que je serai bien incapable de mener de front.


Pas de doctrine idéologique, mais…

… derrière le professionnel, il y a le citoyen.
Et j’assume tout à fait que le professionnel-citoyen que je suis puisse avoir quelques positionnements où la conviction personnelle peut prendre le dessus sur une étude impartiale quand certaines orientations sont trop en conflit avec mon modèle utopique de ville.

Ne comptez pas sur moi pour :
-
faire la promotion des résidences fermées
-
considérer un golf comme le nec plus ultra des projets structurants (si, il y en a : Dax, Montauban, ...)
-
accepter la ségrégation sociale
- etc.

Ces convictions personnelles, légitimes, ne doivent cependant pas avoir de répercussions sur le professionnalisme.


Pour résumé, l'urbaniste me semble avoir plus besoin d'une conscience politique (une utopie et une réflexion permanente) que d'un projet idéologique, voire d'un projet qui se réduirait à sa propre supposée "sagesse". Car son rôle n'est pas d'apporter la bonne parole, mais bien d'accompagner.


Un acteur au service des autres

Dans
l'un de mes premiers articles (15/12/04), j'exposais déjà ma conception d'un urbaniste accompagnateur.
Deux ans plus tard, elle s'est développée.


Chacun à sa place

L'urbaniste n'a pas de réels pouvoirs, pas de légitimité comme les élus ou les habitants. Il ne peut pas faire la ville seul et n'est pas là pour se faire plaisir.
Si l'urbanisme est fondamentalement politique, les choix qui font la ville sont d'autant plus efficaces qu'ils sont portés par les acteurs de la ville.

Le rôle de l'urbaniste est donc de permettre aux acteurs de la ville, de la comprendre, d'ouvrir des perspectives et de choisir la ville dans laquelle ils ont envie de vivre.
La pédagogie est essentielle.
Ce qui ne veut pas dire qu'il ne faille pas parfois brusquer les débats. Je revendique le doit à l’impertinence.


L'urbaniste et l'élu

Dans les liens qui lient l’urbaniste aux acteurs de la ville, même si je considère qu’il est au service de tous, il y en a un qui est un peu particulier, c’est celui avec l’élu.
En effet, qu’il travaille au sein d’un collectivité ou dans une agence, l’urbaniste dépend, en général, directement ou non, de celui-ci.

Sa couleur politique m’indiffère.
Ce qui m’intéresse, c’est sa volonté politique, sa capacité à dépasser les clivages, à débattre, à être constructif et son projet de ville.

Entre eux, il y a des accords et des désaccords.
On est pas toujours suivi, il faut l’accepter. L’urbaniste doit alors respecter les choix qui sont faits même s’il ne les partage pas.
Si vraiment ceux-ci lui posent un problème (sur le fond ou sur la forme, d’un point de vue professionnel ou personnel), il doit en tirer les conclusions qui s’imposent.


Des projets, un projet

Comme nous l'avons vu précédemment, il y a au moins autant de projets de ville qu'il y a d'acteurs (élus, acteurs économiques, habitants, etc.). Peut-on alors parler d'un projet de ville collectif ? Pas facile.
Certaines orientations sont communes, d'autres divergentes.

J'aime bien cette idée de
Francis Cuillier de "culture urbaine partagée", creuset commun autour duquel une lecture commune des enjeux peut se construire, des orientations se dégager et les divergences s'atténuer.

Je considère qu'il est essentiel que ce "dialogue" entre des projets différents aboutisse à des consensus "forts" seuls capables d'avoir une réelle influence sur la ville.

Le rôle de l'urbaniste est alors de servir de pont pour rapprocher les acteurs et dépasser les chapelles.


L'enjeu de la mise en œuvre

Concevoir un projet commun n'est pas aisé, mais ceci ne sert à rien si l'on délaisse ensuite la mise en oeuvre.

Je vous ai déjà dit que je me
méfiais
des projets sur papier glacé.

Cela passe, tout d’abord, par un plan d’actions :
-
de toutes les tailles (les structurantes comme les petites)
-
à toutes les échelles (d’un lieu précis au bassin de vie)
-
avec des rythmes différents (du court au long terme)
-
sur tous les thèmes (du plus sectoriel au plus global)
-
vers toutes les cibles (du plus ciblé à la collectivité)

La réussite de tels projets passe aussi par plusieurs principes d’action :
-
l’essentiel à l’encre indélébile, le reste au crayon : exprimer des orientations fortes tout en laissant de la souplesse
-
évaluation et adaptation : accepter de ne pas pouvoir tout prévoir, ni maîtriser
-
étude des processus de fabrication de la ville et innovation : trouver de nouvelles marges de manœuvre, de nouveaux moyens d’agir
-
le diable est dans les détails : avoir toujours un souci d’exigence jusqu’au bout
-
transparence et dialogue : ne pas avoir peur des critiques, mais les considérer comme un moyen d’améliorer les projets.

L’urbaniste n’est pas qu’un technicien, mais il en est un quand même.
Et avec les autres professionnels au service des acteurs de la ville, il doit alors œuvrer pour mettre en musique les choix qui sont faits.


Conclusion

Alors, mon urbanisme est-il politique ?

Oui car je considère que l’urbanisme est bien plus que ce domaine technique dans lequel on voudrait le circonscrire.
Dans quelle ville souhaitons-nous vivre ? Cette question du projet de ville, dont l’urbanisme est une des composantes, est un choix politique qui se pose, consciemment ou pas, à tous les acteurs de la ville.
Or je trouve que, trop souvent, on en tire pas toutes les conséquences et que l'on se prive ainsi de marges de manoeuvre.
Cette approche politique de la ville est certes plus complexe à aborder, mais aussi plus ambitieuse.

Oui, dans le sens où face à cette réflexion sur la cité, l’urbaniste ne peut rester indifférent.
Mais il doit éviter le risque de la doctrine idéologique et lui préférer une conscience politique qui repose sur une part d’utopie, de convictions, mais aussi sur une réflexion permanente.

Oui car l’urbaniste est un acteur politique qui veut accompagner les acteurs de la ville dans la définition et la mise en œuvre d’un projet de ville qui se veut partagé et dynamique.
L’urbaniste est alors, à la fois, éclaireur, rassembleur et metteur en scène.

C’est cette vision ambitieuse de l’urbanisme que je souhaite explorer.

L’ambition n’empêche pas l’humilité.
"Faire la ville" est un projet difficile qui ne peut qu’être collectif, et quand j’ai écrit, au-dessus, "urbaniste", il faut bien aussi lire "équipe".


 

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5 octobre 2006 4 05 /10 /octobre /2006 14:16

Enrichir le débat

Lorsque l'on consulte les habitants, c'est bien souvent pour une question de principe, pour tâter le pouls, rarement parce que l'on pense qu'ils peuvent enrichir de manière significative le débat.

Or si un professionnel
peut amener de part son expérience, ses compétences, une analyse et des propositions qui amènent un peu de recul à ceux qui vivent le territoire,
il ne peut néanmoins pas tout saisir, ni agir sur tout.
Un territoire, c'est
des pratiques sociales, c'est des perceptions qui ne s'inscrivent non seulement dans le présent et le futur, mais aussi dans le passé.
Qui d'autre connaît mieux ce territoire que ses habitants ? Qui est vraiment concerné par le devenir d'un territoire ?

Certains ont peut-être l'impression que reconnaître que l'on a besoin des autres, c'est comme remettre en cause leurs propres compétences.
Je ne le crois pas. On travaille là sur des sujets suffisamment complexes pour considérer que tout point de vue (habitants, usagers, associations, universitaires, artistes, ...) ne peut qu'enrichir la réflexion.
Et ce d'autant plus quand ceux-ci prennent la peine d'avoir une attitude constructive.


Quelques exemples toulousains

Le collectif associatif PDU
Lors de l'élaboration du PDU (plan de déplacement) de l'agglomération toulousaine, adopté et mis en révision en 2001, un collectif d'association s'est créé pour défendre un projet plus ambitieux avec un fort développement des transports en communs (tramway et trains).
Si celui-ci a été un peu amendé depuis, ce n'est pas là l'unique apport de ce collectif.
En effet, ce collectif, dont je vous signale régulièrement les réunions, est aujourd'hui un lieu identifié de débats où sont abordés les problématiques des déplacements et les projets sur l'agglomération toulousaines.
Entre incantation et souci de réalisme, les débats sont parfois très animés.

Comme je suis leurs réunions depuis mon retour, les autres exemples ci-dessous tournent tous autour de la problématique des déplacements.

L'Association Vélo
L'Association Vélo a lancé une grande enquête de notation du réseau cyclable toulousain par ses 650 membres jusqu'au 22 octobre.
Les résultats seront communiqués aux services de la Mairie et croisés avec une étude réalisée par un bureau technique. Un programme d'amélioration du réseau cyclable et de résorption des discontinuités devrait alors être mis sur pied.
A suivre.

Véracruz
Veracruz est à la base une associations de naturalistes. Depuis 10 ans, ses membres entretiennent un petit bois ("Sentier Nature") de quelques hectares au fond du campus de l'Université Paul-Sabatier de Toulouse, et font de la sensibilisation à la protection de l'environnement.
Mais à la fin de 2005 (après la concertation), ils se sont rendus compte qu'un projet de nouvelle voirie (la "LMSE") allait affecter ce petit bois et balafrer le canal du midi.
L'association a alors choisi de ne pas se contenter de protester mais de proposer de vrais projets alternatifs. Leur dossier est un modèle de professionnalisme.
Plus d'infos.

Le débat sur le TCSP sur la RN88
Récemment vient de capoter un important projet de bus en site propre sur la RN88 pour desservir les communes du nord-est de l'agglomération aujourd'hui saturées aux heures de pointes. Tout le monde est convaincu de l'intérêt d'améliorer la desserte en transport en commun de cette zone, mais le refus par certains de couper plus de 200 très beaux platanes pour l'élargissement nécessaire de la voirie vient d'enterrer le projet pour au moins deux ans (élections obligent).
Difficile pour moi de juger le projet d'un point de vue technique, mais je crois d'abord qu'il s'agit d'un échec politique.

Politique dans le sens où il n'y avait pas, et il n'y aura pas, de solution miracle pour mettre en place cet équipement. Il existe plusieurs alternatives, mais chacune avec ses avantages et ses inconvénients. Il y a donc un choix à faire qui va au-delà des aspects techniques.
Les débats enflammés qui ont eu lieu lors de la dernière réunion du collectif PDU montrent bien que l'un des questions centrales est "l'acceptabilité" de telle ou telle option.
A trop vouloir passer en douce, à ne pas vouloir créer de vagues, on tronque le débat et avec le risque de voir capoter un projet pratiquement finalisé.

Je crois, comme je vous l'ai déjà dit, qu'il ne faut pas avoir peur d'oeuvrer dans la transparence et obliger chacun à se positionner.
1- Est-ce que l'on juge nécessaire un bus en site propre ?
2- Si oui, qu'est-ce que l'on est prêt à accepter pour permettre sa réalisation ?

Pour faire le point, une soirée de débats sera organisée par plusieurs associations.
Je vous tiendrai au courant.

PS : j'ai oublié de préciser que ce projet m'intéresse particulièrement puisqu'il me permettrait de ne plus devoir prendre la voiture pour rejoindre mon nouveau club de rugby à l'Union.

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29 septembre 2006 5 29 /09 /septembre /2006 17:42

Le très intéressant article d' Archi Addict sur "Le pouvoir de l'image en réunion publique" m'incite a développer certaines de mes éflexions.


Concertation, consultation, information : de quoi parle-t-on ?

Concertation : il s'agit d'associer à l'élaboration d'une décision.
Consultation : il s'agit de recuiller des avis avant une décision.
Information : il s'agit de présenter un choix.

Aujourd'hui, on met de la "concertation" à toutes les sauces alors que fréquemment on se contente de consultation ou d'information.
Croit-on que les citoyens sont dupes ? Je ne crois pas et cela crée une frustration inutile.

Personnellement, je crois à la concertation comme source d'élaboration de choix collectifs, mais ce n'est pas la panacée et cela demande un travail sur la durée.
La consultation et l'information sont aussi des outils intéressants de communication entre élus, professionnels et citoyens.

L'important est la sincérité de la démarche.


"A quelle sauce va-t-on être mangés ?"

C'est malheureusement la question que se posent trop souvent ceux qui assistent à une réunion publique. Et comment pourrait-il en être autrement ?
Soit les choix sont déjà faits, soit les projets sont trop fignolés, dans un soucis de bien faire, pour ne pas être considérés comme quasiment définitifs, soit le temps manque pour une discussion sereine, ...
Toujours est-il qu'en général on ne leur fournit qu'une information partielle et encore au dernier moment.

Il ne faut donc pas s'étonner qu'il y ait des réactions passionnées, parfois sur des détails, que des associations se montent en réaction.


Parler du fond

A contrario de démarches qui voudraient présenter au mieux une vision synthétique, au pire une partielle et partiale, je crois qu'il faut diffuser de manière exhaustive les documents d'études et laisser du temps.
En effet, je suis convaincu que l'on a tout à gagner en donnant aux citoyens les moyens de faire leur propre jugement, de mesurer les paramètres de la décision à prendre.
Car il y a rarement de solutions parfaites. Elles ont, en générale, toutes leurs avantages ou leurs inconvénients. Il s'agit donc souvent de choix complexes qui doivent être pesés.

Or, couramment, c'est une solution "idéale" que l'on met en avant.
Là encore, il faut s'attendre à ce que certains s'aperçoivent que la solution présentée a aussi des inconvénients ou que telle autre, mise au placard, a également des avantages.

Pourquoi ne pas considérer les citoyens comme des adultes capables de peser les avantages et les inconvénients de tel ou tel choix ?
Ils sont en plus aussi, individuellement ou collectivement, capables d'enrichir le débat. L'expertise citoyenne est une réalité dont j'aurais l'occasion de reparler prochainement.


Vers un choix politique assumé et partagé

Certains élus ou professionnels refusent la transparence car ils se considèrent comme des autocrates ou des sages suffisamment éclairés.
Plus nombreux sont ceux qui sont frileux. Il est vrai qu'on a facilement peur que le débat dérappe, que tous ne saisissent pas toutes les données du problème, que des intérêts particuliers l'emportent sur l'intérêt général, etc. Leur tâche n'est pas simple.

Et c'est justement pour cela qu'il faut mettre tous les paramètres du choix sur la table.
Que celui-ci soit pris en concertation (démocratie participative) ou par les seuls élus (démocratie représentative), il s'agit d'un choix politique, au sens noble du terme, qui peut alors être assumé et qui, du coup, oblige chacun à se positionner.

Pourquoi est-ce si usant de faire des réunions publiques ? Parce que fréquemment on se débrouille pour que seuls les mécontents s'expriment.
Pourquoi oeuvrer dans la transparence ? Pour que le meilleur choix soit fait et qu'il soit porté par tous ceux qui le partage.


Petit exemple

Le week-end dernier, nous discutions de ce sujet avec un ami qui travaille dans l'éolien.
Dans ses projets, il constate deux types d'attitudes :
- il y a les maires qui diffusent toutes les informations, les études des mois avant l'enquête publique et qui portent le projet. Les projets sont alors parfois modifiés légèrement suivant les retours. Toujours est-il que l'enquête publique se déroule toujours sans accrocs.
- il y a enfin les maires qui veulent bien des éoliennes, mais qui ont peur d'une levée de boucliers. Les informations ne sont alors diffusées qu'au moment de l'enquête publique. En général, cela se passe plutôt mal.

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