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Introduction

Le temps d'un livre
 

Après trois dernières années où la pratique a pris le dessus, il est temps pour moi de prendre du recul, de reprendre le temps dfe la réflexion.

Le Grand Toulouse vient de m'accorder un an de congé de formation à cette fin avec un projet de mémoire un peu particulier : un livre.

 

"Quel urbanisme pour mon territoire ? Petite introduction pour ceux qui veulent participer.", tel est son titre provisoire.

Il n'aura pas la prétention de dire au lecteur quel urbanisme est nécessaire pour son territoire, mais bien de lui ouvrir des perspectives et lui donner des éléments pour y réfléchir.

Il s'agit d'un projet global et multimédia dans lequel contenu, format et modalités de réalisation sont intimement liés et conçu pour répondre à plusieurs niveaux de lecture (citoyen intéressé, citoyen engagé, professionnel ou élu).

Dans la perspective des prochaines élections municipales, l'objectif est de publier ce livre à l'automne 2013.

 

Ce blog aura une place particulière dans ce projet comme lieu de débat pendant sa réalisation et comme support de ressources complémentaires du livre par la suite.

N'hésitez donc pas à faire part de vos commentaires et à vous inscrire ci-dessus pour être prévenus de la publications des nouveaux articles. Bref: participez !

 

Voir la note de présentation.

 

Juin 2012

Recherchez Ici

Le projet de livre

Livre QUel urbanisme pour mon territoire - page garde V2.0

22 mars 2008 6 22 /03 /mars /2008 15:08

(version pdf)

 

Vers une recomposition institutionnelle

"Mozaïque bordélique", c'est ainsi que je qualifiais la mozaïque institutionnelle de l'aire urbaine de Toulouse dans mon article "Toulouse : quel(s) territoire(s) pour quel(s) projets(s) ?".

J'y soulignais qu'un des plus gros problèmes de Toulouse et de son aire urbaine me semblait être son incapacité à définir :
- des périmètres lisibles et cohérents d'aménagement de son territoire,
- des projets de territoires globaux et agencés,
- des institutions fortes et opérationnelles qui correspondent aux territoires de vie et de projets.

L'élection de Pierre Cohen à la mairie de Toulouse devrait être le déclencheur d'une recomposition de paysage institutionnel que beaucoup estime nécessaire aujourd'hui.


Les mairies de quartier de Toulouse

En 2001, suite à son élection comme maire de Toulouse, Philippe Douste-Blazy avait nommés 17 maires de quartier censés promouvoir une démocratie de proximité.
Même s'il y a eu des avancées, les critiques ont été nombreuses tant sur le fonctionnement que sur le découpage qui reprend celui des cantons (voir ci-dessous).
Ce dernier, en effet, était particulièrement incompréhensible tant il semblait fragmenter la ville de manière incohérente (pas de correspondance avec les quartiers "historiques", quartiers découpés comme le centre-ville ou Compans séparé d'Arnaud Bernard, Mirail isolé, etc.).
Ce découpage s'est révélé très peu opérationnel, les maires de quartier étant seulement des relais (du haut vers le bas et du bas vers le haut).

Hier, Pierre Cohen, qui a basé une part de sa campagne sur la fragmentation de Toulouse, a nommé seulement 6 "maires de quartier".
On peut imaginer que le découpage correspondra, à peu près à celui que j'ai dessiné ci-dessous avec un centre-ville unifié et 5 secteurs périphériques.
Une telle organisation pourrait paraître "moins proche" des habitants, mais ne le serait pas forcément car elle serait beaucoup plus opérationnelle.
Elle devrait, en effet, permettre de croiser une politique thématique (urbanisme, habitat, enfance, etc.) avec une réflexion sur les secteurs dans le but de reéquilibrer la politique municipale et d'essayer de réunifier la ville (il y a une vie après les boulevards et la rocade).
 

Ancien découpage

Nouveau découpage ?



Vers une refondation des intercommunalités

Comme je l'ai déjà signalé, Toulouse est très en retard en terme d'intercommunalité.
Alors que la plupart des grandes agglomérations françaises sont organisées autour d'une communauté urbaine, le Grand Toulouse est encore une communauté d'agglomération aux compétences réduites et au périmètre étonnant.

Les prochaines années devraient voir la création d'une communauté urbaine qui réunira sûrement tout ou une grande partie des communes inclues dans le SCOT (schéma de cohérence territorial) central de l'aire urbaine (en jaune sur la carte à droite ci-dessous).
Celle-ci devra réunir, non seulement les communautés d'agglomération, de communes et les communes, mais aussi les très nombreux syndicats intercommunaux (voirir, assainissement, eau potable, etc.).

Mais cette refondation des intercommunalités ne devra pas s'arrêter aux communes qui intégreront la communauté urbaine de Toulouse.
En effet, au-delà aussi il y a souvent besoin d'une refondation afin qu'émergent des intercommunalités correspondant à des bassins de vie suceptibles de s'inscrire dans la dynamique de l'aire urbaine (qui ne s'arrêtent pas aux limites de la Haute-Garonne).
 

Découpage actuel

Futur découpage suivant les SCOT ?

   


Quelle gouvernance pour l'aire métroplitaine ?

Mais l'aire urbaine de Toulouse (plus de 300 communes) n'est pas toujours un niveau suffisant.
En effet, c'est d'une véritable aire métroplitaine dont Toulouse est le centre et qui inclut les aires urbaines de villes moyennes (Montauban, Albi, Castres, Carcassonne, Pamiers, Foix, Saint-Gaudens et Auch) ainsi que des zones rurales.
Là encore se pose la question du projet de territoire et de l'institution capable de le porter.
Faut-il encore un nouvel échelon (de gestion ou seulement de coordination) ou ceci doit-il se faire au niveau du Conseil régional ?

Aires urbaines (INSEE)

Grandes orientations de l'interSCOT

   

 
  
Des enjeux pour demain

Avec la décentralisation, les échelons admministratifs se sont multipliés et empilés.
La mozaïque institutionnelle qu'ils forment et le décalage avec la réalité de la vie des territoires expliquent en partie la difficulté à mener des politiques publiques cohérentes et efficaces.

Toulouse est un exemple éloquent d'une mozaïque particulièrement "bordélique" aujourd'hui très pénalisante.
Une fenêtre s'ouvre d'une recomposition du paysage institutionnel à toutes les échelles (du "quartier" à la métropole) afin d'être capables d'élaborer des projets de territoires cohérents et de disposer d'institutions capables de les mettre en oeuvre.
La "Métropole toulousaine" saura-telle se mettre en ordre de marche, unie dans sa diversité ?
Plus que de l'avenir de l'aéronautique, son futur en dépend.

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Published by Benoît Lanusse - dans Villes et projets
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19 mars 2008 3 19 /03 /mars /2008 11:57

J'ai déjà eu l'occasion de vous présenter le Collectif PDU, collectif informel d'associations qui militent, depuis, 1997, pour une politique des déplacements plus ambitieuse dans l'agglomération de Toulouse.
Après avoir surtout écouté pendant un an et demi, je me suis de plus en plus investi depuis un an jusqu'à coordonner l'écriture du Projet 2008 du Collectif (d'où aussi des articles moins nombreux ici).


Campagne pour une politique des déplacements plus ambitieuse

A travers notre Projet 2008, nous avons voulu esquisser ce que pouvait être une vraie politique des déplacements pour une agglomération multipolaire durable afin de nourrir les débats pendant la période électorale, mais aussi ceux qui vont suivre.
En effet, la question des déplacements a été au coeur des débats.

Nos propositions sont décrites dans un projet global et des fiches détaillées sur certains thèmes ou secteurs dont l'accessibilité a été priviligiée.
Nous n'avions pas la prétention de proposer un projet parfait
: tracés, modes, priorités, bien des points seront à discuter. Ceci est de la responsabilités des collectivités, pas des associations.
Notre objectif était d’alimenter les débats pendant cette période électorale en interpellant les candidats et de donner à chacun des éléments pour se faire sa propre opinion.

Le travail du Collectif, depuis tant d'années, a fini par influencer les programmes de la plupart des candidats, du Modem à l'extrême gauche en passant par le candidat élu, M. Cohen. Seul l'ancien maire n'envisageait pas de modifier fondamentalement la politique antérieure.
Une politique beaucoup plus ambitieuse devrait donc être lancée prochainement après une phase de concertation organisée dans les mois à venir : "les Assises de la Mobilité".
Le Collectif PDU sera bien sûr présent dans les débats à venir.


Une agglomération au bord de l’asphyxie 


Très rares sont ceux aujourd’hui, qui ne considèrent pas, que les déplacements sont devenus un problème qui pénalise toute l’agglomération tant ses habitants que ses entreprises.
Les bouchons sont de plus en plus nombreux dans une agglomération où la voiture est reine depuis des décennies (62% des déplacements en 2004, 74% en banlieue, la moitié des déplacements en voiture faisant moins de 3 km).
Dans le même temps, les déplacements à pied représentent seulement 20%, ceux en transport en commun 8% (3% en banlieue) et ceux en vélo 3%. La ligne B a certes amené une certaine « bouffée d'oxygène », mais seulement pour quelques uns car une très grande partie de l'agglomération ne dispose toujours pas de transports en commun performants.

Ces résultats ne sont pas surprenants car il y a des raisons : le problème de la gouvernance, l'absence de projet global, des projets de nouvelles voies routières, un réseau de transport en commun qui se contente de converger vers Toulouse à coup d'infrastructures lourdes et coûteuses avec une faible qualité de service sur le reste du réseau (fréquences, plages horaires, intermodalité, etc.) et
des modes doux délaissés (discontinuités des cheminements, sécurité, etc.).

Sans politique à la hauteur des enjeux, la situation actuelle ne pourra que continuer à se dégrader.


Esquisse d'une politique de déplacements

A travers notre Projet 2008, nous avons voulu
esquisser ce que pouvait être une vraie politique des déplacements pour une agglomération multipolaire durable.

Il s'agit notamment d'offrir de vraies alternatives à la voiture individuelle, à travers un ensemble de propositions :
- un projet global et partagé,
- une nouvelle gouvernance,
- des transports en commun attractifs partout et tout le temps (meilleur maillage avec des lignes structurantes et des lignes de proximité, qualité de service exemplaire, réseau de nuit),
- des modes doux favorisés (développement du vélo, piétonisation, etc.),
- d'autres pratiques de la voiture 
(développement du covoiturage, de l'auto-partage, etc.),
- etc.

Ces propositions ont été détaillées en fonction de ce qui pouvait être réalisé :
- rapidement (2010),
- d'ici la fin de ce nouveau mandat (2014),
- d'ici la fin du mandat suivant (2020).


Quelques documents

Le
projet global : Version complète (16 pages) et
Version synthétique (2 pages).

Interview de Radio Campus Toulouse



Plus d'infos sur le blog du Collectif.


Bref, il y a du boulot !
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24 mai 2007 4 24 /05 /mai /2007 07:46

C'est l'un des symboles de Toulouse.
Tout le monde le connaît sans le connaître vraiment, ormis certains toulousains qui y vécurent des moments importants de leurs vies.
Et pourtant y couler ses jours fut, pendant des siècles, synonyme d'une situation difficile et grave.

J'ai eu la chance de pouvoir, avant-hier, visiter ce site magnifique qui reste, en général, à l'abri des regards derrière ses murs.
Ce que j'ai ressenti à ce moment là s'approche sûrement des sentiments d'un archéologue lorsqu'il découvre un site. 
Il y a ce que l'on voit, mais, surtout, ce que l'on devine, ce que l'on imagine inpiré par des voix expertes, la force du site et le poids de l'Histoire. On pourrait passer des heures à arpenter le site, à se plonger dans des livres et à discuter.

Ce symbole de Toulouse devrait perdre, en partie, la vocation qui était la sienne depuis des siècles.
Cette mutation, dans les années à venir, représente un enjeu majeur pour son quartier et Toulouse.
Cette évolution doit être discutée, très largement et de manière transparente, afin de mener sereinement une réflexion partagée et approfondie à la hauteur des enjeux.

A cette fin, les associations régionales des urbanistes (APUMP), des architectes et des paysagistes devrait organiser un débat public à la rentrée.

A suivre...

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22 mars 2007 4 22 /03 /mars /2007 08:53

Toulouse asphyxiée en 2020

C'est le titre d'un article de la Dépêche, mais c'est surtout la conclusion d'une étude confidentielle remise par la DDE aux élus de l'agglomération en juin 2006.

Les fonctionnaires de l'Etat dresseraient un portrait inquiétant de la situation de la circulation dans l'agglomération toulousaine pour les années à venir.
Apparemment, cette "enquête, pudiquement appelée « contribution à la réflexion », met le doigt où ça fait mal et trace des scénarios inquiétants".
Principaux éléments.

Plus de déplacements, une offre qui stagne
Dans une aire urbaine dont la population croit de 19 000 habitants par an, les dernières enquêtes montrent une explosion des déplacements en voitures alors que le réseau de voirie évolue peu et que la seconde ligne de métro se fait attendre.

Une situation qui risque de se dégrader
Certains points très noirs sont d'ores-et-déjà identifiés (accès à l'aéroport, à la gare SNCF, hopitaux, zones d'activités) et les futures améliorations du réseau de transport en commun jugées insuffisantes (une ligne de métro, une de tramway, plusieurs de bus en site propre).

Du chemin pour penser global et multimodal
Les fonctionnaires regrettent que les besoins ne soient traités que de manières ponctuelles en "l'absence de réflexion globale et multimodale" et sans réelle coordination avec les documents d'urbanisme.

Le paysage « balkanisé » de la gouvernance locale
Pour expliques ces difficultés, en plus des retraits de l'Etat, les fonctionnaires semblent insister sur le problème de l'organisation institutionnelle de l'aire urbaine (lire mon article, Toulouse, quels territoires pour quels projets ?) et des relations entre les principaux élus.

Des propositions pour en sortir
Le rapport précise cependant des pistes pour éviter l'asphyxie.
La première est de "construire le projet global des transports de l'aire urbaine toulousaine à l'horizon 2020" :

  - poursuivre le cadencement ferroviaire vers les communes périphériques,
- amélioration de la desserte des principaux pôles économiques (sites Airbus, Aerospace Vallée, Cancéropôle), de l'aéroport (offrir une alternative à la voiture) et de la future gare TGV Matabiau,
- réfléchir à l'opportunité d'un grand contournement routier de l'agglomération,
- renforcer les parcs relais aux terminus des lignes structurantes de transport urbain,
- interconnecter les réseaux urbains au ferroviaire (comme aux Arènes, on pourrait développer un pôle sur le site Niel/Saint-Agne),
- favoriser l'intégration tarifaire.
La seconde est d'avoir une politique de l'urbanisme qui aille dans le même sens :
  - préserver des espaces pour d'éventuelles nouvelles voiries ou lignes de transport en commun,
- imposer des règles en amont de tout aménagement : comme prévoir les accès des nouvelles zones d'activités ou d'habitation pour éviter l'effet de nasse.
Ces propositions sont très proches de celles défendues par le Collectif PDU qui militent depuis de longues années pour un Plan de Déplacements Urbains alternatif et qui a prévu de remettre à plat son projet cette année (je vous en reparlerai prochainement).


Se loger : quel modèle de développement urbain pour l’agglomération ?

Il se trouve que l’APUMP, association des professionnels de l’urbanisme de Midi-Pyrénées, dont je suis membre, organise un débat sur le modèle urbain de l'agglomération mardi prochain.
Nul doute que les différents sujets abordés précédemment le seront aussi à cette occasion.
Ce débat s'inscrit aussi dans le cadre de la venue à Toulouse de l’exposition Voisins, Voisines – Nouvelles formes d’habitat individuel en France.

"L’agglomération toulousaine est particulièrement symptomatique des évolutions actuelles de la Ville : creuset d’une dynamique économique, culturelle, elle est fortement attractive pour de nouvelles populations mais leur accueil s’est fait suivant un étalement urbain très important. Dans le même temps, l’augmentation des coûts du foncier rend de plus en plus difficile l’accession et même la location à proximité des zones centrales, accentuant ainsi les écarts sociaux. Les déplacements se complexifient et accentuent les problèmes d’organisation urbaine et de nuisances en terme de développement durable.

Les professionnels de l’urbanisme souhaitent mettre en débat cette question cruciale en présence d’élus de l’agglomération, d’autres professionnels du cadre de vie, et de citoyens".

Avec la participation de :
-
Christian Sempé, maire de Saint-Orens
-
Stéphane Coppey, maire-adjoint de Balma
-
Hélène Breton, maire de Venerque,
-
André Morère, maire de Saint-Hilaire
-
Jean-Michel Fabre, conseiller général
-
Pierre Fronton, maire-adjoint de Villemur
-
Mme Sylvestre, maire de Launaguet

Rendez-vous, le mardi 27 mars 2007 de 14h30 à 17h00 au CMAV (5, rue de Pantaléon à Toulouse).

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24 janvier 2007 3 24 /01 /janvier /2007 13:14

L'autre jour, je vous signalais la parution d'une enquête sur la Dépêche du Midi : "Où vit-on le mieux dans le Grand Toulouse ?"
Avant d'avoir connaissance du résultat de cette enquête, je vous indiquais quelques premières réserves devant un tel exercice.
Alors qu'est-ce que cela a donné ?


En exclusivité, le futur classement

Après avoir publié progressivement 8 classements thématiques, la Dépêche devrait publier demain son "classement général" et récompenser les vainqueurs lors d'une "soirée de prestige".

Comme vous avez été sages, voici, en exclusivité, le classement (plus de détails) qui devrait être annoncé (à moins que chaque thématique n'est pas le même poids) pour les communes de plus de 3 500 habitants.

"Les échappés"

Saint-Jean – Cugnaux – Colomiers - Blagnac – Muret - Ramonville – Tournefeuille

"Les poursuivants"

Balma - Castanet – Saint-Orens - Cornebarrieu - Castelginest

"Le peloton"

Fonsorbes – L'Union - Pechbonnieu – Saint-Alban – Bruguières - Portet sur Garonne - Plaisance du Touch – Leguevin - Villeuneuve Tolosane - La Salvetat-Saint Gilles – Grenade - Saint-Lys – Aucamville - Fenouillet

"Le gruppetto"

Roques sur Garonne - Frouzins – Escalquens – Pibrac - Labarthe sur Leze - Quint Fonsegrives - Montrabe – Gratentour – Seysses - Aussonne – Saint-Jory - Eaunes - Merville

"Les décrochés"

Pins Justaret – Beauzelle


A noter que les maires d'Auzielle, Donneville, Odars et Launaguet n'ont pas souhaité participé.


Analyse

A venir...

 

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12 janvier 2007 5 12 /01 /janvier /2007 13:25

Où vit-on le mieux dans le Grand Toulouse ?

La Dépêche du Midi publie ces prochains jours (jusqu'au 26 janvier) une grande enquête sur 98 communes de l'aire urbaine toulousaine.

L'analyse a porté, à travers 93 critères, sur huit grands thèmes :
- potentiel et développement économique,
- transports et circulation,
-
environnement,
- sécurité,
- social,
- animations et loisirs (sports, culture, associations…),
- qualité de vie,
- coût de la vie.

Ce n'est pas la première fois que l'on aura droit à une telle enquête qui estime pouvoir évaluer à partir de critères strictement objectifs la qualité de vie d'une commune.
Si l'on ne peut nier que ce type d'étude peut fournir un éclairage intéressant, on ne peut pas, pour moi, l'estimer comme suffisant.
D'une part car il m'apparaît un peu paradoxal d'évaluer une qualité sans étude qualitative, la quantité n'étant pas, jusqu'à preuve du contraire, synonyme de qualité. Les usages ont, par exemple, à infrastructures égales, une influence non négligeable. Et puis, ce n'est pas parce que des infrastructures apportent une bonne réponse aux besoins de la majorité qu'ils ne posent pas des problèmes à certains (par exemple, des trottoirs accidentés peuvent représenter de vrais obstacles pour des personnes âgées, ce que ne perçoit pas une personne valide -> Mobilité et perceptions).
D'autre part car il y a une part d'irrationnel dans notre perception de nos lieux de vie. J'ai déjà évoqué la question à travers le rapport entre nos moments de vies et nos lieux de vie (sujet aussi d'une étude de sociologie dont je vous ai également parlé), de l'influence de notre humeur du moment. Boris à travers sa thèse sur le marketing de la ville introduit la notion de "personnalité" de la ville.

Et toi, Christine, que penses-tu de ce travail d'observation ? Est-ce que ces questions rebondissent sur tes réflexions sur l'observation systémique des territoires ?
Et vous qu'en pensez-vous ?

Nul doute que nous aurons l'occasion d'en reparler avec Boris.
Je pense que le sujet de notre prochain apéro-débat (ouvert bien sûr à tous) est tout trouvé. Peut-être que nous irons un peu plus loin d'ailleurs. Qu'en penses-tu Boris ?


22 000 logements vacants sur Toulouse

C'est le sujet d'un autre article de la Dépêche aujourd'hui.
Ces 22 000 logements vacants représenteraient 10 % des logements existants sur Toulouse, soit une proportion bien plus importante que dans la banlieue ou le périurbain (respectivement 4 et 6%).
Il y aurait beaucoup à dire, mais une prochaine fois.

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18 décembre 2006 1 18 /12 /décembre /2006 12:19

(version pdf)
(article publié sur Agoravox)

Quel(s) territoire(s) pour quel(s) projets(s) ? "Petite" question pour souligner ce qui me semble un des plus gros problèmes de Toulouse et de son aire urbaine, son incapacité à définir aujourd'hui :
- des périmètres lisibles et cohérents d'aménagement de son territoire,
- des projets de territoires globaux et agencés,
- des institutions fortes et opérationnelles qui correspondent aux territoires de vie et de projets.

Explications.


Toulouse, une mozaïque bordélique

Aire urbaine, aire métropolitaine

342 communes, d'une grande diversité (du bourg rural à l'urbain dense) composent l'aire urbaine de Toulouse, selon le recensement de 99 de l'Insee.
Les limites de l'aire urbaine ne s'arrêtent pas, bien sûr, à celles du département.
Autour de l'aire toulousaine, une étoile d'aires urbaines plus petites sous son influence : Montauban, Albi, Auch, etc.

 

 

 


Un individualisme communal très fort

342 communes donc, dont 25 % ne sont même pas membres d'une intercommunalité.
Les intercommunalités existantes sont bien loin d'organiser le territoire selon des bassins de vie réels comme le montre cette carte édifiante.
Belle performance pour "l'agglomération" toulousaine qui comprend pas moins de 3 Communautés d'agglomération :
-
le Sicoval, 36 communes du Sud-Est, 65 000 habitants, qui, depuis 1975, a une vraie démarche intercommunale,
-
le Grand Toulouse, 25 communes, 600 000 habitants, qui, depuis 2001, porte certaines compétences (développement économique, politique de l'habitat, grands projets d'aménagement),
-
la communauté d'agglomération du Muretain, 16 communes du Sud-Ouest, 65 000 habitants.

342 communes et, à ma connaissance, aucun PLU partagé par plusieurs communes. Chacun reste maître chez soi.
De très nombreuses communes rurales n'ont pas de documents d'urbanisme et plusieurs, y compris des communes de 3 à 5 000 habitants, en ont un datant de la fin des années 80 (très adapté donc à la situation d'expansion démographique actuelle).


Des tentatives de réflexions, mais sans moyens d'actions

La question des déplacements est gérée par un syndicat mixte, le SMTC, plus connu sous le nom commercial de Tisséo. Le plan de déplacements urbains (PDU) concerne 104 communes.
Son périmètre ne correspond pas à une ou un ensemble d'intercommunalités, ce serait trop simple. Résultat la révision du plan de déplacements urbains et la mise en oeuvre des projets décidés sont cahotiques car sources de négociations permanentes en coulisses.

Une démarche de réflexion globale sur le devenir de l'aire urbaine porte actuellement sur la création de 4 SCOT (Schémas de COhérence Territoriale). Le but est de coordonner les projets de développement selon différentes thématiques (urbanisme, transport, économie, habitat, etc.).
Le SCOT central inclut Toulouse et 116 autres communes, soit presque le même périmètre que le PDU, mais pas tout à fait (on n'aime pas les choses simples à Toulouse).
Si les orientations discutées sont intéressantes, il est à craindre que les intentions restent en partie au placard, faute de structures pour les porter. Je connais, par exemple, une commune en train de revoir son PLU et qui ne semble pas du tout se préparer à jouer le rôle de pôle structurant qu'on semble vouloir lui faire jouer.


Tentative de résumé

Cette carte résume assez bien la situation de Toulouse : un empilement de territoires de projets, de planification, d'actions sans réelle cohérence, sans capacité à porter de vrais projets de territoires.


Le contre-exemple bordelais

Situation très différente à Bordeaux.

D'abord parce que la Communauté Urbaine de Bordeaux (en orangé) définit et met en oeuvre un vrai projet de territoire partagé par 27 communes. Urbanisme, déplacements, habitat, économie (etc.) sont des compétences portées par la CUB.
Une seule échelle et donc une seule instance de discussion, de compromis, de choix sur toutes les grandes questions.
Si bien que même politiquement divisée (50-50), ses grandes orientations n'ont pas été remises en causes lorsque Alain Rousset (PS) est devenu son président à la place d'Alain Juppé (UMP). La preuve qu'on peut, sans nier ses différences, dépasser les chapelles et porter un projet partagé.

On retrouve le même sentiment de cohérence et de lisibilité lorsque l'on regarde le périmètre du futur SCOT de Bordeaux. Pour une taille à peu près équivalente (93 communes et 800 000 habitants à Bordeaux), la solution est beaucoup plus claire.
Le périmètre bordelais : une communauté urbaine et 3 communautés des communes.
Le périmètre toulousain inclut : 3 communautés d'agglomération, 5 communautés des communes et 15 communes indépendantes.

Loin de moi l'idée de penser que tout est simple à Bordeaux et que rien ne se fait d'intéressant à Toulouse.
Néanmoins force est de constater qu'il existe de vrais projets de territoires, cohérents et imbriqués, et des instances pour les discuter et les mettre en oeuvre.
C'est pourquoi je suis persuadé que, si cette situation perdure, le SCOT de Bordeaux aura bien plus de répercutions que celui de Toulouse.


Et demain ?

Quand bien même on ne cesse de nous lanciner sur le dynamisme toulousain, on ne peut que regretter que l'aire urbaine toulousaine se développe au fil de l'eau sans projet partagé, sans cohérence, sans réel(s) organisme(s) de régulation, et on doit craindre que cela finisse par se payer plus tard.

Lors des campagnes des futures élections municipales, sans doute que les futurs candidats insisteront sur le projet qu'ils ont pour LEUR commune et pinailleront sur quelques choix polémiques : deuxième rocade, tramway et métro, ZAC bidule et ZAC machin, etc.
Mais combien parleront d'un projet pour le bassin de vie auquel appartient leur commune ? Combien parleront d'un projet pour l'aire urbaine toulousaine ?

Pourtant, cette terre du rugby devrait savoir qu'un collectif qui fonctionne ne se fait pas au détriment des individus qui le composent, mais, au contraire, qu'il les sublime, et qu'il permet d'être autrement plus ambitieux qu'un ensemble d'individus qui poussent chacun de leur côté.

Pour avancer, l'aire urbaine a donc besoin d'une communauté urbaine à Toulouse forte et que les autres communes s'organisent, pour de bon, en des intercommunalités qui ne correspondent pas à des baronnies ou à une alliance facile avec les municipalité dont on est les plus proches, mais à des bassins de vie.
Pour avancer, l'aire urbaine a également besoin que ses élus soient capables de dépasser les querelles partisanes ou de personnes, ainsi que leurs certitudes pour élaborer des projets partagés et ambitieux pour leurs territoires. Si on ne peut pas être d'accord sur tout, on peut souvent être d'accord sur l'essentiel.

Bien plus qu'un clivage droite / gauche, l'enjeu des futures élections locales, dans l'aire urbaine toulousaine et ailleurs, me semble être donc bien celui là : Quel(s) territoire(s) pour quel(s) projets(s) ?

C'est aussi cela ma vision d'un
urbanisme politique.

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Cartes de l'AUAT, l'A'urba et de moi-même.
A lire également, "Région et agglomération : l’avenir de la France ?" de Guillaume Morin sur son blog ou sur Agora Vox.

 

 

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BONUS :

Contrats d'agglomération : Un bilan mitigé, mais quelques belles perspectives.
D. BEHAR, Intercommunalités, n°105 - p.20 à p.21, Octobre 2006
Lire

Les communautés urbaines en France
Article sur Wikipedia

 

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16 novembre 2006 4 16 /11 /novembre /2006 10:45

Bruit de quoi ?

"Bruit du frigo", un nom parmi bien d'autres lorsque j'ai étudié, il y a plus d'un an, le financement des 500 actions menées au titre de la politique de la ville sur l'agglomération bordelaise.

Un nom qui a pris bien plus de sens quand j'ai découvert un article de Sud-Ouest consacré à l'exposition en cours à Bordeaux pour montrer le travail réalisé pendant un an par deux "ateliers d'urbanisme utopique" sur deux quartiers bordelais.


Alors, de quoi s'agit-il ?

"L’atelier d’urbanisme utopique est une démarche libre et collective qui interroge notre cadre de vie et propose des idées de transformation, en faisant appel à l’imaginaire de ses habitants.
L’exposition montre une série de photomontages illustrant des visions urbaines utopiques, poétiques ou très concrètes, qui sont autant de pistes possibles de changement et d’amélioration de ces deux quartiers."
Pour en savoir un peu plus, voici une petite présentation et un peu plus ici.

C'est une démarche que je trouve pour ma part très intéressante, ce qui n'étonnera pas mes "fidèles lecteurs" (L'usage, l'urbanisme des citoyens,  Vie et lieux de vie, Changement de musique, etc.) car la ville, c'est d'abord des hommes qui vivent et transforment leurs villes, ce qui devrait inciter les "fabriqueurs de ville" à un peu plus de modestie.
J'aime d'ailleurs beaucoup cette remarque de Serge Renaudie : "Je me contente de prendre plaisir à observer comment les hommes usent et détournent tout prétentieux projet. Et je prends plaisir à mettre en place nos propres projets fondés sur un certain pragmatisme basique."


Et cela donne quoi ?

Comme je ne pourrai pas voir l'exposition, Yvan Detraz, l'un des responsable de l'association, m'a gentiment envoyé deux dépliants sur les projets imaginés pour les quartiers de Saint-Michel et de Queyries.

Et pour ceux qui habitent à Toulouse, Gabi Farage, l'un de ses comparses, interviendra à Toulouse à la journée "
Quand les habitants (re)prennent la parole" que je vous ai déjà signalée.

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28 août 2006 1 28 /08 /août /2006 14:03

Je vous ai déjà parlé de Boris qui prépare une thèse sur le marketing de la ville et qui m'avait contacté suite à mon article "Esprit Saint-Pierre, es-tu là ?".
Avec un autre jeune chercheur, ils sont en effet en train de mener une recherche sur "l'expérience de consommation dans un cadre urbain et festif" à travers l'exemple de la place Saint-Pierre de Toulouse.
Comme Boris aime bien partager son travail (déjà un blog sur
le marketing et un sur le marketing de la ville), il a créé un nouveau blog pour ce travail : "la possibilité d'une expérience".

Après un première rencontre de d'échanges sur le marketing de la ville et une deuxième plus sur la ville, on devrait se revoir en septembre. Sûrement pour débattre de l'avancée de leur travail sur Saint-Pierre.
Comme la dernière fois, je vous signalerai date et lieu du rendez-vous pour le cas où certains voudraient se joindre à nous.
En attendant, n'hésitez pas lire et commenter leurs articles.

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4 août 2006 5 04 /08 /août /2006 13:14

(Petit article avant de partir en vacances)

Ce week-end, c'est les fêtes de mon village natal, Bélus (600h), dans les Landes.
4 jours de fête, mais bien plus que cela en fait.


Un événement qui marque la vie du village

Les fêtes ne se limitent pas à ces quelques jours, c'est aussi :
- une association (Le Cômité des fêtes) et ses quelques 80 (?) membres actifs
- des manifestations organisées toute l'année pour animer le village ... et gagner de l'argent car les fêtes, du fait de toutes les activités gratuites offertes, sont en général déficitaires
- des mois de préparation
- des "mayés" (jeunes de 18 à 20 ans) qui animent les fêtes après avoir passé un mois à distribuer dans chacune des maisons le programme (et accessoirement pris l'apéro...)
- plusieurs jours d'installation avant et après pour ranger (avec des apéros et un repas pour les bénévoles)
- ...

Elles ne se limitent pas non plus au programme officiel (voir ci-dessous). S'y ajoutent en effet apéros, repas à droite à gauche, le repas de famille le dimanche, etc.


La fête et l'espace public.

Comme vous pouvez le voir ci-dessous (le programme en plus gros), la fête a ses lieux, s'étale, occupe l'espace et transforme notre perception de celui-ci comme je vous en ai déjà souvent parlé.


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