"L'apprenti urbaniste n'est pas un apprenti magicien !"
Je vous parlais récemment de "Dans 10 jours ou dans 10 ans...", documentaire sur l'opération de "rénovation urbaine" en cours dans un quartier de Bruxelles.
A Toulouse, on a aussi notre documentaire sur la "rénovation urbaine" du quartier du Mirail.
Soirée projection-débat, le 25 mars à l'Utopia de Toulouse.
Plus de renseignements.
Présentation
Les politiques urbaines menées depuis quelques décennies ont conduit à un constat unanime : le zonage du tissu urbain s’est traduit dans certains quartiers par une communautarisation et un sentiment d’abandon par les pouvoirs publics, comme en témoignent dans le film les habitants du Mirail. Tous pointent du doigt le désengagement de l’Etat : disparition de la mixité, ghettoïsation du quartier, abandon de la politique culturelle...
Il y a ceux qui ont connu les prémices du Mirail, ceux qui dans les années soixante-dix ont vu ce petit village émerger de terres agricoles et qui ont vécu une dizaine d’années plus tard la dégradation de leur espace de vie. L’architecte Candilis avait imaginé des éléments novateurs dans la conception des circulations en séparant les zones piétonnes des axes routiers, par une dalle reliant les trois quartiers (Bellefontaine, Reynerie et Mirail-Univ.). L’idée était de faciliter le contact entre habitants, donnant au quartier un attrait révolutionnaire auprès des urbanistes du monde entier. Peu à peu, les commerces situés sur la dalle piétonne ont périclités, moins liés au concept architectural qu’à l’exclusion dont les habitants sont victimes. Le GPV (Grand Projet de Ville), amorcé en 2006, a ainsi été l’occasion de raser la partie centrale de la dalle, de réinventer l’image du quartier. Certains habitants voient le projet d’un mauvais oeil mais ils ont bien choisi de vivre là, et même si la lassitude prend parfois le dessus, ils gardent une certaine fierté. Ils réagissent néanmoins à une transformation mandatée de l’espace urbain et à une certaine stigmatisation des populations qui y cohabitent.
La politique de la ville aurait tendance à obéir à des mécanismes tendancieux plutôt qu’à une réelle attente de la part des intéressés. On pense à Borloo et à ses projets de démolition, alors en charge de la Ville et de la Rénovation urbaine. Or les priorités résident-elles vraiment dans la rénovation du bâti (aux frais démesurés du contribuable) ou dans un chantier préalable d’accompagnement social et culturel ? Le débat est lancé...