"L'apprenti urbaniste n'est pas un apprenti magicien !"
Suite de la première partie.
L'urbanisme moderne.
Pour simplifier, on peut distinguer deux grands courants d'urbanisme pendant le XXe siècle (jusqu'à la fin des années 70): le courant progessiste et le courant culturaliste.
Le courant progressiste: être fonctionnel et efficace.
Dans la lignée de Cerdá et Haussmann (voir précédemment), ses tenants (Le Corbusier est le plus connu) considèrent que la ville doit être un ensemble fonctionnel et harmonieux adapté aux besoins de l'Homme moderne (et universel).
A cette fin, elle est divisée en zones spécialisées (habitat, travail, loisirs, ...) tandis qu'est créé un maillage de ciculation différenciant les voies (voies rapides jusque dans les centres-villes, voies de desserte, voies piétonnes, ...). L'automobile est privilégiée.
La géométrie est préconisée par efficacité et esthétisme.
C'est toute la ville traditionnelle qui est rejetée. Il faut faire table rase du passé. A la rue bordée d'immeubles est préférée une nouvelle forme urbaines de constructions en hauteur entourées de verdure.
Voici la proposition de Le Corbusier pour Paris en 1925:

Les "Unités d'habitation" construites par celui-ci contiennent non seulement de nombreux logements, mais ausi des équipements publics (école, piscine, ...) et des commerces.
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Lorsque furent construits les grands ensembles pourrépondre à la crise d'après-guerre du logement, on ne retint de ce concept que la possibilité de loger à moindre coût de nombreuses familles. On connait la suite.
Ces doctrines ont connue une audience très importante en France et ont donc marqué nos villes.
Courant culturaliste: l'âme de la ville.
A l'inverse, le courant culturaliste se distingue par son respect de la ville, de ses traditions et de ses habitants. Chaque ville est unique, chaque ville a une âme différente. Elle n'est pas homogène, chaque particularité l'enrichie.
Pour agir dans la continuité, il faut donc réaliser de nombreuses études (données démographiques, géographiques, sociales, culturelles, architecturales, ...).
Le risque est de s'enfermer dans une vision nostalgique qui ne permet à la ville ni de s'adapter à son présent, ni de se préparer à son futur.
Deux exemples emblématiques de ces différences:
Progressisme Culturalisme La Butte rouge à Chatenay-Malabry
Une densité identique pour: 

Commerces: 

de grosses zones commerciales avec une multitudes de grandes surfaces proposant une offre variée, mais dans l'anonymat et sur un site mal intégré. des rues piétonnes dans le centre-ville avec des magasins dont on connait les commerçants, où l'on est incités à flâner
Tendances actuelles.
Après une phase d'euphorie, l'urbanisme progressiste a suscité une critique croissante.
On observe ainsi un retour à une structure urbaine plus traditionnelle conformément aux thèses culturalistes (rues, mixité fonctionnelle, ...) tout en intégrant les acquis du courant progressiste (l'espace, les réseaux de circulation,...).
Les limites de la ville, elles, s'étendent englobant de plus en plus de communes. Même les communes rurales se regroupent. Dans le même temps, la mondialisatin oblige les villes à ne plus se positionner seulement par rapport à ler environnement régional ou ntional, mais mondial.
Quelles seront les conséquences, en occident, du viellissement de la population?
Quelle sera la réponse à l'explosion démographique urbaine prévue pour les 50 prochaines années en Asie et dans le Tiers-Monde? Alors que Londres a mis 130 ans pour passer de 1 à 8 millions d'habitants, Lagos, au Nigéria, qui n'en avait que 290 000 en 1950, en comptera 24,4 millions en 2015. Sur les 33 mégalopoles annoncés par l'ONU pour 2015, 27 seront situées dans les pays moins développés. J'ai moi-même visité Douala et Yaoundé au Cameroun, les quartiers informels où vivent déjà une part importante de la population ne disposent que de très peu d'infrastructures (routes, électricité, eau, ...), quand sera-t-il demain?
Ce n'est pas l'apprenti urbaniste que je suis qui pourra vous répondre. François Asher ("Les nouveaux principes de l'urbanisme") et Richard Rogers ("Des villes pour une petite planète") essaient de se projeter, je vous en reparlerai.