"L'apprenti urbaniste n'est pas un apprenti magicien !"
Tournée des popotes
Fadela Amara, la secrétaire d'Etat à la politique de la ville, réalise actuellement une "grande concertation" avant de lancer son "plan banlieue".
Je ne suis pas ça de près, mais j'ai l'impression que c'est plutôt superficiel puisqu'il y a des réunions un peu partout, mais peu partout.
C'est d'ailleurs une critique que j'avais lu dans un article dans la Dépêche suite à trois réunions thématiques (désenclavement, emploi et éducation) à Toulouse dans lequel un intervenant disait qu'il était impossible de faire le tour des problèmes avec des réunions publiques de 2/3 heures.
Quand les maires de banlieue parlent pour rien
Pendant ce temps là, les maires de banlieue viennent de proposer leur contribution avec 30 propositions (version light - version détaillée) qui ressemblent beaucoup à celle du Manifeste des villes de Banlieue qu'ils avaient publié, en vain, pendant la campagne présidentielle.
Pour le vote des étrangers aux élections locales
Pourquoi les banlieues continuent à rester à la marge ?
Parce que, à mon avis, on continue à les traiter comme des problèmes à la marge, sans s'en donner les moyens.
Par exemple, une étude nationale avait montré il y a deux ans que les établissements scolaires classés en ZEP n'avaient pas en réalité plus de moyens (jeunes profs, crédits spécifiques qui correspondent à des crédits "classiques" chez les autres, etc.). On avait d'ailleurs observé le même phénomène lors de notre étude du financement de la politique de la ville dans l'agglomération bordelaise.
Pour que les banlieues cessent d'être à la marge, je vois pourtant une solution simple : donner le droit de vote aux étrangers aux élections locales.
Tout d'abord, c'est une reconnaissance de l'appartenance à notre société de personnes qui contribuent à sa vie parfois depuis des dizaines d'années.
Ensuite, localement, les "quartiers" dont le vote pèse aujourd'hui peu deviendraient un vrai terrain d'enjeu électoral puisque chaque voix compte. Non seulement, les élus seraient contraints d'y accorder plus d'attention pour cette raison, mais en plus ils seraient obligés de les intégrer dans le projet global de ville qu'ils présenteraient à leurs électeurs, et je crois que c'est quelque chose d'important de parler de destin commun.
Enfin, la question de la réintégration de ces "quartiers" dans la ville devenant un vrai enjeu, nul doute qu'on entendra plus seulement les élus dont les territoires sont les plus touchés, mais tous ceux qui ont au moins un de ces quartiers fragilisés. La pression sera alors plus importante sur les grandes collectivités, les élus nationaux et les administrations pour prendre des mesures pour accompagner ce mouvement.