"L'apprenti urbaniste n'est pas un apprenti magicien !"
"Cocorrico ! " dans les médias à l'occasion de la publication des résultats du recensement 2005. "Tout va très bien Mme la Marquise, tout va très bien."
Regardons ça d'un peu plus près.
Une population qui augmente.
Nous sommes aujourd'hui 62,9 millions, soit 2,7 de plus qu'en 1999. Cette croissance est en grande partie due à un taux de fécondité parmi les plus haut d'Europe. "Cocorrico !"
La population française devrait donc continuer à augmenter ces prochaines années, essentiellement par sa croissance démographique puisque l'immigration est de plus en plus contrôlée.
La question de l'immigration.
L'immigration sera, le note Libé, une bouée de secours pour certains pays européens à la natalité insuffisante (les 2/3) qui pourraient perdre sans elle des centaines de milliers, voir des millions d'habitants comme l'Allemagne.
La France ne devrait accueillir que 1,6 millions d'étrangers d'ici 2030 contre 3,6 pour l'Espagne ou 5,2 pour l'Allemagne.
1,6 millions, ce n'est pas grand chose, mais est-ce que cela sera suffisant ? Car ce n'est pas seulement la population totale qui compte, mais aussi le rapport entre les actifs et les autres. Or à ce rythme là, nous aurons en 2050 pratiquement autant de retraités (23 millions) et de mineurs que d'actifs (25 millions). Les prévisions statistiques sont intraitables.
Je voudrais croire que, dans le futur, notre pays sera tellement bariolé que cela ne posera aucun problème, que l'on saura enfin accueillir dignement ces nouveaux venus...
Grande perdante annoncée, la Pologne devrait souffrir d'une natalité défaillante et d'une émigration importante.
A noter également, ce qu'aucun article n'évoque une émigration très importante des jeunes diplômés français. Combien reviendront une fois qu'ils auront fait leur vie loin de la France ? Une bonne quinzaine de mes amis sont dans ce cas.
Inégalités géographique.
Si la population française croît, ceci n'est pas homogène.
La répartition entre régions est très inégale au bénéfice des régions du littoral méditéranéen et atlantique. Grande championne, le Languedoc-Rousillon (+1,43% par an), suivi par Midi-Pyrénées (+ 1,15 %), mais l'essentiel de cette croissance est due au solde migratoire (respectivement +1,34% et +1,04%). La chanson ne dit pas si leur faible croissance naturelle est due à une mortalité importante ou à une natalité faible...
Localement non plus, cette croissance est aussi inégale avec l'explosion du périurbain. Dans les années 90, cela concernait 15 km autour des agglomérations. On va aujourd'hui beaucoup plus loin pour avoir SA maison à la "CAMPAGNE".
Le problème du logement.
Ces dernières années ont été marquées par une construction importante de logements : plus de 300 000 / an soit 1,9 millions entre 1999 et 2005 dont 1,7 de résidences principales.
Et pourtant, cela semble insuffisant car l'augmentation de la population couplée à la réduction de la taille des ménages nécessitent un besoin plus important.
En 1999, 60,16 M d'habitants en ménage de 2,4 représentaient 25,07 M de ménages et donc (plus ou moins) autant de logements.
En 2005, 62,9 M d'habitants en ménage de 2,31 nécessiteraient 27,23 M de logements.
Il fallait donc 2,16 M de logements en plus et non 1,7.
La part des logements vacants a eu beau diminuer, ce n'est pas assez. On a donc là une des raisons qui expliquent la hausse spectaculaire de l'immobilier de ces dernières années.
Revue de presse:
Douce France, cher pays de la petite enfance
Deux millions de logements de plus en France de 1999 à 2005
Accélération de la construction de logements ces dernières années, selon l'INSEE
Les «rurbains» toujours plus nombreux
L'immigration au secours de l'Europe
Les leçons du recensement
Bilan démographique 2005 de l'INSEE
Deux nouveaux articles très sympthomatiques :
Une certaine déception de la France
«Aux Etats-Unis, l'immigré est une force»