"L'apprenti urbaniste n'est pas un apprenti magicien !"
Evaluer et s'adapter : une démarche fondamentale
Rares sont les projets qui ne brillent pas dans leurs écrins quand ils sont conçus : ils sont LA solution.
Et pourtant...
Quand on réfléchit à l'évolution d'un territoire, on travaille sur de longues périodes, sur des problématiques et des équilibres complexes dont on ne maîtrise pas tous les paramètres (ex: situation économique, évolution de la société, ...).
Les quartiers de barres et de tours seraient-ils ainsi, aujourd'hui, ce qu'ils sont si nous vivions dans une société de plein emploi comme lors de leur construction? N'oublions pas qu'à l'époque, habiter dans celles-ci était un progrès certain (eau chaude, sanitaires, ...).
Cet exemple doit nous inciter à faire preuve d'humilité devant nos limites: tout ne se réalisera pas comme nous le pensons.
C'est pourquoi, évaluer les incidences, et notamment les dérives possibles, de nos décisions n'est, pour moi, pas seulement nécessaire, mais fondamental.
Cela ne doit pas seulement concerner l'environnement, même si on le prend au sens large comme pour le PLU de Bordeaux, mais tous les domaines concernés.
Cela ne doit pas être, non plus, seulement une étape du processus de conception, mais une démarche dynamique. Le monde change, les territoires évoluent, il serait donc illusoire de penser qu'une solution, qu'elle que soit sa qualité, puisse s'appliquer dix / vingt ans après telle que conçue à son origine.
Drôles de pensées, pourriez-vous penser de la part de quelqu'un qui a choisi de participer à la rédaction de tels projets.
Pessimiste, moi ? Au contraire, profondément optimiste.
Optimiste, car en faisant preuve d'humilité, on peut faire de ces incertitudes une force. Une force puisque un projet peut certes devenir inopérant, voir pire, mais qu'il peut aussi s'adapter et s'améliorer.
Le travail sur un projet de territoire ne doit pas s'arrêter le jour où celui-ci est adopté, on doit le faire vivre.
Et pour cela, il me semble intéressant d'adopter une démarche d'amélioration continue.
L'amélioration continue.
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Contenu et exemple d'une telle démarche pour un projet urbain comme un PLU. Exemple:
1. Stratégie de développement durable.
C'est le PADD du PLU : le projet exposé dans ses grandes lignes en termes simples.
Exemple:
Diminuer le nombre de voitures en ville en construisant un tramway moderne.
2. La planification
On peut la décomposer en deux :
- la déclinaison des orientations en un ensemble cohérent (le règlement et le zonage du PLU)
- la planification opérationnelle par les différents acteurs (Communauté urbaine, communes, ...) avec la programmation de certaines actions décrites précédemment
Exemple:
- réservation des corridors pour la construction des infrastructures
- planification de la construction et de l'exploitation future : financement, marché public, ...
3. Mise en oeuvre et activités
Exemple:
Construction des lignes et des infrastructures.
4. Vérification et mesures correctives
Il s'agit de mesurer si les actions engagées se réalisent correctement et atteignent leurs objectifs.
Encore faut-il avoir défini, au préalable, ces objectifs et des indicateurs pertinents pour mesurer leur réalisation.
Des mesures correctives peuvent alors suffire à corriger une mauvaise inclinaison. Cela sera, d'autant plus facile que ceci aura lieu rapidement.
Il ne faut cependant pas confondre vitesse et précipitation s'agissant d'un travail sur le long terme, mais il faut se ménager des étapes.
Exemple:
La fréquentation est-elle celle attendue ? Pourquoi ?
5. Evaluation des progrès.
Il faut enfin évaluer si, à la lumière, du résultats des différentes actions, on obtient les effets attendus. On peut alors juger de la pertinence de la stratégie choisie et de sa planification.
La fréquentation du tramway peut être satisfaisante sans pour autant entraîner une diminution de l'utilisation de la voiture : cela peut traduire une augmentation de la mobilité des personnes qui n'utilisaient déjà pas la voiture sans que les automobilistes ne soient convaincus de laisser leurs véhicules.
Amélioration continue : une démarche pour qui ?
Je n'ai rien inventé et il existe souvent cette préoccupation de faire le bilan des actions engagées.
C'est avant tout une question de volonté. Mais ce n'est pas une condition suffisante car il faut également les moyens nécessaires.
Et si les grosses structures disposent de ces moyens (même si elles ne les utilisent pas toujours à bon escient), notamment en terme de personnel qualifié, ce n'est pas le cas des petites communes pour qui l'élaboration de leurs projets par des professionnels extérieurs représentent déjà des coûts importants.
Néanmoins, je suis persuadé que ce type de démarche n'est pas plus « coûteux » car il permet d'être plus réactif et donc d'agir plus efficacement.
Pour un PLU, il me semble ainsi intéressant :
- d'avoir une étude critique, par des professionnels indépendants, du PLU élaboré avec des hypothèses positives ET négatives
- des études / bilans en cours d'application du PLU, pour aider les élus, plongés dans l'action quotidienne, à conserver la cohérence et l'efficacité de leur projet
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Cet article n'est pas vraiment terminé, j'aurais encore beaucoup à dire, mais aussi beaucoup à vivre
J'attends vos réactions.