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"L'apprenti urbaniste n'est pas un apprenti magicien !"

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Quand le bâtiment va, tout va ?

Voilà ce que disait l'adage autrefois.
Or avec 410 000 logements mis en chantier en 2005, on n'avait pas autant construit depuis au moins 25 ans.
Alors qu'est-ce qui coince ?


Questions d'offre et de demande

Premier bémol, il ne faut pas oublier qu'un certain nombre de logements sont également détruits, notamment dans les banlieues. De mémoire, il me semble que l'objectif était de 25 000 par an. Ce n'est pas rien.

Comme je vous l'ai déjà également dit lors des chiffres du recensement 2005, la construction d'un nombre important de logements ne veut pas dire que l'on réponde quantitativement à la demande. En effet, la population augmente, la taille des familles diminue, les besoins sont donc toujours plus importants.

Quantité n'est pas non plus synonyme de qualité. Or ces dernières années, de nombreux marchés locatifs locaux ont été désorganisés par l'arrivée massive de produits défiscalisés : qualité très moyenne, loyer très supérieur à la moyenne ont parfois entraîné une vacance importante dans ces résidences malgré une demande importante (Albi, Montauban, Dax, ...) et tirés les prix des autres logements vers le haut. Or, alors que ce mécanisme va être adapté prochainement pour limiter les excès dans les villes moyennes, le boom de ces constructions en 2005 (+10%) me fait craindre que les constructeurs n'est anticipé ce frein en construisant encore plus de ces résidences là où il n'y en avait déjà pas besoin.


Coût de l'immobilier et endettement

Comme l'offre ne satisfait pas la demande, les prix ont bien sûr tendance à augmenter.
Cette vielle loi économique est accentuée par deux phénomènes.

L'augmentation du coût de la construction tout d'abord. Certaines matières premières augmentent fortement (acier, cuivre, ...). De plus, les entreprises du BTP en manque de main d'oeuvre (troublant dans un pays qui a 10% de chômage) ne peuvent suivre donc augmentent le coup de leurs prestations. Quant à la guerre des fonciers, c'est une abberration.

Etre propriétaire à tout prix. Voilà bien un problème majeur pour moi.
En effet, la baisse des taux a convaincu beaucoup de particuliers qu'il valait mieux investir dans un logement que payer un loyer.
Sauf que la durée de leur prêt est de plus en plus longue (20 à 25 ans). Sauf que leur taux d'endettement est de plus en plus important. Sauf que leur logement est de plus en plus loin de leur lieu de travail et que l'essence n'a pas fini d'augmenter. Sauf que le logement consommant une part toujours plus grande de leur ressources, ils sont obligés de limiter leur consommation par ailleurs, ce qui n'est pas très agréable pour eux, mais en plus pénalise la croissance française. Sauf qu'ils ont fait tellement de sacrifices pour acquérir ce logement qu'ils ne sont pas prêts à le remettre en question pour s'adapter à leur situation professionnelle ou personnelle.
Ma conviction est que la situation des ménages se fragilise énormément et que tous les accidents de parcours auront dorénavant souvent des conséquences dramatiques. Rien que sur la région toulousaine, que ce passera-t-il lorsque l'aéronautique, qui fonctionne par cycle, connaîtra quelques difficultés ?


A lire :
La France connaît un boom de la construction exceptionnel sur l'Expansion
« Quand le bâtiment va, tout va »?  sur l'Expansion

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B
4 mois après moi, Mohammed el Malti, urbaniste marocain, revient à son tour sur ce vieux dicton à la mode : "Quand le bâtiment va, tout va".<br /> Deux contextes différents et pourtant un même constat : attention aux mirages, le réveil risque d'être douloureux !<br /> Quand le bâtiment va ….!
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