"L'apprenti urbaniste n'est pas un apprenti magicien !"
"Réseaux", cette expression véhicules son lot d'images négatives: groupuscules, opacité, favoritisme, circuits de décision parallèles, ...
Mais un réseau peut aussi permettre la mobilisation de ressources tout en restant ouvert et transparent. Question de pratiques et de convictions.
Une société de réseaux.
Nous appartenons tous à une multitude de réseaux: famille, amis, travail, voisinage, loisirs, ...
Or, si ces réseaux se recoupaient largement il y a encore quelques années (un voisin pouvait être un collègue de travail et un partenaire de rugby), ils sont de plus en plus distincts.
Hier, en cas de besoin, le réseau était facilement mobilisable car les liens sociaux étaient peu nombreux et forts.
Aujourd'hui, ils sont plus nombreux, plus spécialisés, plus tenus.* On ne peut plus les utiliser de la même manière. L'interconnexion de cette multitude de réseaux et le développement technologique (déplacements, télécommunications, ...) nous offrent de nouvelles opportunités à conditions de réfléchir à nos pratiques.
Nos réseaux.
Potentiel
L'interconnexion des réseaux signifie que nous avons tous une relation indirecte avec tous les habitants de cette Terre. D'après vous, combien de personnes appartiennent aux réseaux des membres de vos réseaux?
A ce premier potentiel, s'ajoutent tous ceux que vous pourriez contacter directement. Or Internet, le réseau des réseau, réduit les frontières** (espaces, temps, ...). Un mail, un site internet, et n'importe qui devient une personne publique. Compétences, points de vues et énergies sont à portée de clics.
La relation de partage.
Alors, des réseaux tombés du ciel? Pas plus que les bouteille de coca, les Dieux ne sont pas tombés sur la tête!
Le potentiel est une chose, la réalité en est une autre. Un réseau s'entretient, se développe.
Le développement technologique nous aide, certes.
Le mail permet de garder le contact avec des amis aux quatre coins du monde (Canada, Venezuela, Italie, Nouvelle Zélande, ...) ou de France, comme de connaître l'avis d'un spécialiste de la politique de la ville sur un devoir (encore merci Antoine et les autres).
Le portable permet de rester joignable, même en cas de déménagement, comme de créer des rencontres imprévues ("Je passe près de votre bureau, peut-on se voir?" ou variante "Je suis dans le centre, tu m'offres l'apéro?").
Le développement des modes de déplacements permet de réduire les distances. Celles-ci ne sont d'ailleurs pas la variable essentielle, ce sont le temps et le coût. Sans Ryanair, j'aurais pu difficilement assister au mariage de mon ami Alessandro (Paris/Milan, A/R pour deux: 75 TTC).
Néanmoins, ces moyens ne sont rien sans une véritable volonté de partage, et cela n'est pas nouveau.
Quelques unes de mes règles d'or:
- un contact est avant tout un être humain et à donc droit à mon respect
- pour recevoir, il faut donner
- ne pas faire de calculs d'apothicaire avec ce qui est donné et reçu. Une relation est alors plus saine. Il y a juste des degrés dans la relation de partage.
Contraintes.
Il convient néanmoins d'avoir à l'esprit quelques contraintes.
La première est d'arriver à gérer cette multitude de relations sans se perdre. Pour étendre ses réseaux, il faut donc un peu de méthode, beaucoup de disponibilité et surtout une vraie cohérence ainsi qu'une base de liens solides.
La seconde est qu'être une personne publique a aussi ces inconvénients. Or sur Internet, rien n'est vraiment secret. Vos écrits ne sont pas des bouteilles à la mer, ils ont leur GPS: les moteurs de recherches. Il faut donc bien réfléchir avant de s'exprimer, contrairement à ce que beaucoup croient: sur ce qu'on dit, où, comment on le signe, ... Réfléchissez donc à ce que vous voulez que Google montre ou pas (cherchez "Benoît Lanusse" et vous tomberez sur ce blog, ma vitrine).
Illustration: mon réseau transport
Les "vieux":
- un certain nombre de conducteurs de poids lourds connus de longue date
- JB, copain de promo, cadre à la sncf
- Christophe, copain de promo, qui suit les travaux du tramway pour une ville de l'agglomération de Bordeaux
Les petits nouveaux:
- Bruce, qui m'avait découvert par ce blog, avec qui nous avons échangé autour de son projet innovant de transport de marchandises en ville. Il vous en parlera sûrement bientôt.
- Matthieu, étudiant en DESS d'urbanisme, qui vient de créer son blog, et qui va partir au Québec travailler dans un organisme pour mettre en place l'équivalent des PDE (Plan de déplacements entreprises)
- Bertrand, chargé d'études sur le transport de marchandises à la SNCF. Une de ses amies (jeune sociologue à la recherche d'un emploi à qui j'ai donné quelques conseils sur l'utilisation de son blog) lui avait conseillé de découvrir mon blog.
- liste non exhaustive car j'imagine qu'un certain nombre de mes mystérieux lecteurs sont aussi intéressés par cette problématique.
J'ai bien sûr envoyé les coordonnées de Bertrand et Matthieu à Bruce.
Le hasard fait qu'il se pourrait que je travaille sur cette problématique prochainement (mais j'aurais pu l'illustrer aussi avec les différents contacts locaux ou nationaux sur la politique de la ville connus à l'occasion de mon travail pour le CANM).
"Il se pourrait" car j'ai eu un échange très intéressant avec le gérant d'un cabinet d'urbanisme qui a apprécié mon travail ici et me propose une vraie collaboration (c'est aussi ça l'effet blog).
Pour des projets partagés: la médiation de réseaux.
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* J'avais lu une analyse intéressante sur les réseaux dans la société communautaire, dans la société industrielle et la notre dans le livre "Les nouveaux principes de l'urbanisme" de François Asher (faudra un jour que je le finisse...).
** Internet offre des accès seulement ceux qui y ont accès, or malheureusement ce n'est pas le cas pour une frange de la population, il y a là une inquiétante nouvelle frontière.
A suivre donc.
Pour bien commencer la journée, je vous met en ligne la mise en musique par Joan Manuel Serrat d'un poème d'Antonio Machado dont je vous ai déjà parlé.