"L'apprenti urbaniste n'est pas un apprenti magicien !"
Accidentés et intoxiqués au travail
Banlieusards
Délocalisés
Démotivés
Discriminés
Disparus
Dissimulés
Drogués
Égarés
Éloignés
Enfermés
Expulsables
Explusés
Femmes à domicile
Gars du coin
Gens du voyage
Habitants des taudis
Intermittents de l'emploi
Jeunes au travail
Oubliés de la santé
Précaires du public
Pressurés
Privatisés
Prostitué(e)s
Rénovés
Rmistes
Salariés déclassés
Sans-emploi
Sans-domicile
Sous contrôle
Sous-traités
Stagiaires
Surendettés
Travailleurs de l'ombre
Vieux pauvres
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Triste ABCDaire de cette France invisible sur laquelle se sont penchés Stéphane Beaud, sociologue (dont je vous ai déjà parlé), Jade Lindgaard et Joseph Confavreux, journalistes.
Au départ, le sentiment qu'il est difficile de parler de la réalité du monde social tant que ce n'est pas spectaculaire. Or ces différentes catégories représentent des millions de personnes pourtant bien présentent dans notre société, dans nos villes.
Cet ouvrage semble donc particulièrement d'actualité en cette période électorale.
Cette longue litanie de malheurs, de souffrances me fait penser à ce que me dit, il y a de longues années, l'une de mes grand-mères dont, coincidence, c'est l'anniversaire aujourd'hui :
"On n'a jamais été riches, mais on n'a jamais été malheureux"
Et c'est vrai qu'ils étaient de condition très modeste, qu'ils ont connus des épreuves. Mais si ma grand-mère, fait une différence avec le malheur, c'est, je crois, que le rapport à la vie était différent.
Tout d'abord car les réseaux d'entraide (famille, amis) occupaient et occupent toujours une place importante. La conviction que l'avenir était synonyme de progrès (mon grand-père est le premier qui soit passé du statut de métayer à celui de fermier par exemple : lire 1, 2, 3, 4) et celle que les efforts finissent par payer étaient aussi très profondément ancrées, je pense. Enfin, ils avaient une ambition "modeste" : bien éduquer leurs enfants et les "placer" pour qu'ils puissent construire leur vie et être heureux.
Or aujourd'hui, les réseaux de solidarités ont explosé, les certitudes sur l'avenir ont disparu et il existe une énorme pression sociale et médiatique : une personne "normale" doit avoir une belle voiture, offrir à ses enfants un téléphone portable dernier cri, être propriétaire, répondre à des canons de beauté, etc.
Ce contexte explique, à mon avis en partie, la souffrance psychologique qu'entraînent aujourd'hui les difficultés de la vie.
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