"L'apprenti urbaniste n'est pas un apprenti magicien !"
Toulouse asphyxiée en 2020
C'est le titre d'un article de la Dépêche, mais c'est surtout la conclusion d'une étude confidentielle remise par la DDE aux élus de l'agglomération en juin 2006.
Les fonctionnaires de l'Etat dresseraient un portrait inquiétant de la situation de la circulation dans l'agglomération toulousaine pour les années à venir.
Apparemment, cette "enquête, pudiquement appelée « contribution à la réflexion », met le doigt où ça fait mal et trace des scénarios inquiétants".
Principaux éléments.
Plus de déplacements, une offre qui stagne
Dans une aire urbaine dont la population croit de 19 000 habitants par an, les dernières enquêtes montrent une explosion des déplacements en voitures alors que le réseau de voirie évolue peu et que la seconde ligne de métro se fait attendre.
Une situation qui risque de se dégrader
Certains points très noirs sont d'ores-et-déjà identifiés (accès à l'aéroport, à la gare SNCF, hopitaux, zones d'activités) et les futures améliorations du réseau de transport en commun jugées insuffisantes (une ligne de métro, une de tramway, plusieurs de bus en site propre).
Du chemin pour penser global et multimodal
Les fonctionnaires regrettent que les besoins ne soient traités que de manières ponctuelles en "l'absence de réflexion globale et multimodale" et sans réelle coordination avec les documents d'urbanisme.
Le paysage « balkanisé » de la gouvernance locale
Pour expliques ces difficultés, en plus des retraits de l'Etat, les fonctionnaires semblent insister sur le problème de l'organisation institutionnelle de l'aire urbaine (lire mon article, Toulouse, quels territoires pour quels projets ?) et des relations entre les principaux élus.
Des propositions pour en sortir
Le rapport précise cependant des pistes pour éviter l'asphyxie.
La première est de "construire le projet global des transports de l'aire urbaine toulousaine à l'horizon 2020" :
La seconde est d'avoir une politique de l'urbanisme qui aille dans le même sens : - poursuivre le cadencement ferroviaire vers les communes périphériques,
- amélioration de la desserte des principaux pôles économiques (sites Airbus, Aerospace Vallée, Cancéropôle), de l'aéroport (offrir une alternative à la voiture) et de la future gare TGV Matabiau,
- réfléchir à l'opportunité d'un grand contournement routier de l'agglomération,
- renforcer les parcs relais aux terminus des lignes structurantes de transport urbain,
- interconnecter les réseaux urbains au ferroviaire (comme aux Arènes, on pourrait développer un pôle sur le site Niel/Saint-Agne),
- favoriser l'intégration tarifaire.
Ces propositions sont très proches de celles défendues par le Collectif PDU qui militent depuis de longues années pour un Plan de Déplacements Urbains alternatif et qui a prévu de remettre à plat son projet cette année (je vous en reparlerai prochainement). - préserver des espaces pour d'éventuelles nouvelles voiries ou lignes de transport en commun,
- imposer des règles en amont de tout aménagement : comme prévoir les accès des nouvelles zones d'activités ou d'habitation pour éviter l'effet de nasse.
Se loger : quel modèle de développement urbain pour l’agglomération ?
Il se trouve que l’APUMP, association des professionnels de l’urbanisme de Midi-Pyrénées, dont je suis membre, organise un débat sur le modèle urbain de l'agglomération mardi prochain.
Nul doute que les différents sujets abordés précédemment le seront aussi à cette occasion.
Ce débat s'inscrit aussi dans le cadre de la venue à Toulouse de l’exposition Voisins, Voisines – Nouvelles formes d’habitat individuel en France.
"L’agglomération toulousaine est particulièrement symptomatique des évolutions actuelles de la Ville : creuset d’une dynamique économique, culturelle, elle est fortement attractive pour de nouvelles populations mais leur accueil s’est fait suivant un étalement urbain très important. Dans le même temps, l’augmentation des coûts du foncier rend de plus en plus difficile l’accession et même la location à proximité des zones centrales, accentuant ainsi les écarts sociaux. Les déplacements se complexifient et accentuent les problèmes d’organisation urbaine et de nuisances en terme de développement durable.
Les professionnels de l’urbanisme souhaitent mettre en débat cette question cruciale en présence d’élus de l’agglomération, d’autres professionnels du cadre de vie, et de citoyens".
Avec la participation de :
- Christian Sempé, maire de Saint-Orens
- Stéphane Coppey, maire-adjoint de Balma
- Hélène Breton, maire de Venerque,
- André Morère, maire de Saint-Hilaire
- Jean-Michel Fabre, conseiller général
- Pierre Fronton, maire-adjoint de Villemur
- Mme Sylvestre, maire de Launaguet
Rendez-vous, le mardi 27 mars 2007 de 14h30 à 17h00 au CMAV (5, rue de Pantaléon à Toulouse).