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"L'apprenti urbaniste n'est pas un apprenti magicien !"

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Crise urbaine au Cameroun

En conclusion de mon introduction sur l'urbanisme, j'évoquais l'un des enjeux de ces prochaines années: l'explosion démographique des villes des pays moins développés.

L'explosion démographique de ces villes pose d'énormes problèmes car les infrastructures (voirie, eau potable, égouts, électricité, écoles, ...) ne suivent pas entraînant la création de zones informelles où s'accumulent les difficultés, le chômage étant très présent, surtout depuis les années 90.
 
Trois articles de Cameroon Tribunes sur la situation au Cameroun pour plus de détails:
-
Les crises de croissance
- Enjeux et défis du développement de nos villes
- Urbanisme : pourquoi Douala étouffe
 
Et
quelques photos de mon voyage en juillet 2003 là-bas.

Limbé est une petite ville située au bord de la mer où vit l'un de mes cousins, son épouse et ma petite cousine. Je dis "petite ville", mais il n'y a pas d'estimation réaliste de sa population exacte: 40 000, 80 000 habitants? Difficile de savoir.

Douala, capitale économique, est aussi située sur la côte, dans une zone très marécageuse, ce qui pose d'énormes problèmes de construction et de santé publique, car bien sûr, ce sont les plus démunis qui habitent ces zones là.
Capitale économique, mais il suffit d'avoir vu l'état de la voirie dans les faubourgs à quelques mètres de l'hôpital principal de la ville pour comprendre les graves lacunes en infrastructures.

Yaoundé, la capitale politique, est une ville très vallonnée qui se découvre nouvelle après chaque montée.
Je vous laisse découvrir les 7 différences entre le quartier des ministères et du palais présidentiel et les autres (sachant que par respect, je n'ai pas pris de photo des quartiers les plus populaires).
Une de ses particularités est que les quartiers (très) populaires se trouvent non seulement à la périphérie, mais également dans les cuvettes à l'intérieur de la ville.


 Petit schéma pour comprendre

   


Lors de mes 3 jours d'exploration pédestre de la ville, j'ai remarqué (mes connaissances en urbanisme étaient alors quasi nulles), que des routes joignaient les points culminants des multiples petites collines.
On retrouvait alors en haut de celles-ci, croisement de rues, les zones les plus favorisées (en bleu) et le long des rues d'autres constructions, de moindre cachet, mais construites en dur tout de même (en vert).
En revanche, dès que l'on pénétrait derrière ces rues principales, les rues n'étaient plus goudronnées et se transformaient en chemins, puis en sentiers desservant des zones d'habitat informelles (en rouge).


Cet exemple, me permet d'aborder une nouvelle notion concernant l'urbanisme: la mico-hétérogénéité des territoires.

Dans mon
introduction sur l'urbanisme, je vous ai expliqué que l'on essayait de penser la ville en terme de grandes zones suivant leurs fonctions (habitat, commerces, ...), c'est l'héritage du courant progressiste.

Mais vous connaissez tous, comme dans cet exemple de Yaoundé, des illustrations de lieux où, en quelques mètres, on passe d'une "ambiance" à une autre (d'une zone festive à une zone calme, d'un quartier aisé à un quartier populaire, d'une rue commerçante à un quartier résidentiel,...).
Pas toujours facile de comprendre l'origine de ces différences: la proximité d'équipements, de modes de déplacements, ... et, surtout, l'histoire. Si bien, que l'on ne peut intervenir sur la ville dans son ensemble qu'en menant également des micro-interventions pour tenir compte de cette hétérogénéité.

Ces "ambiances" différentes, cette "âme" de la ville qui rend unique chaque ville et chaque quartier sont l'une des différences de conception portées par le courant culturaliste.


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