Introduction

La responsabilité des "fabricants de ville"

"Les bons fabricants de ville, élus, urbanistes, architectes, paysagistes, rajoutent dess choses les unes aux autres, regardent autour d'eux, sont attentifs à ce qui est déjà là, à ce qui se trouve dans son voisinage. Ils ne laissent pas le privé confisquer les trottoirs sans limites, ils préservent l'espace public, ce vide gratuit, autant qu'ils le peuvent. Ils sont précautionneux, un peu prudent peut-être, minutieux sur les détails. Ils se soucient des petites choses : les vues qu'ils créent, les courants d'air, l'ensoleillement, les ombres portées. Ils s'interrogent sur le beau, ils ne le considèrent pas comme un luxe. Ils le partagent. Les bons sont modestes. Ils acceptent de regarder les gens vivre. Et ils corrigent le tir s'il le faut. Ils ont une morale en somme. Ils ne racontent pas aux gens des sornettes sur le bonheur."

C'est par ces mots magnifiques que Sibylel Vincendon termine son livre, "Petit traité des villes à l'usage de ceux qui les habitent".
Je ne sais pas si je suis un "bon fabricant de ville", mais c'est dans cet esprit que le professionnel militant que je suis essaie de travailler. Et ce n'est pas facile.
 

 

Nov. 2008

 

Recherchez ici

Samedi 22 mars 2008

(version pdf)

 

Vers une recomposition institutionnelle

"Mozaïque bordélique", c'est ainsi que je qualifiais la mozaïque institutionnelle de l'aire urbaine de Toulouse dans mon article "Toulouse : quel(s) territoire(s) pour quel(s) projets(s) ?".

J'y soulignais qu'un des plus gros problèmes de Toulouse et de son aire urbaine me semblait être son incapacité à définir :
- des périmètres lisibles et cohérents d'aménagement de son territoire,
- des projets de territoires globaux et agencés,
- des institutions fortes et opérationnelles qui correspondent aux territoires de vie et de projets.

L'élection de Pierre Cohen à la mairie de Toulouse devrait être le déclencheur d'une recomposition de paysage institutionnel que beaucoup estime nécessaire aujourd'hui.


Les mairies de quartier de Toulouse

En 2001, suite à son élection comme maire de Toulouse, Philippe Douste-Blazy avait nommés 17 maires de quartier censés promouvoir une démocratie de proximité.
Même s'il y a eu des avancées, les critiques ont été nombreuses tant sur le fonctionnement que sur le découpage qui reprend celui des cantons (voir ci-dessous).
Ce dernier, en effet, était particulièrement incompréhensible tant il semblait fragmenter la ville de manière incohérente (pas de correspondance avec les quartiers "historiques", quartiers découpés comme le centre-ville ou Compans séparé d'Arnaud Bernard, Mirail isolé, etc.).
Ce découpage s'est révélé très peu opérationnel, les maires de quartier étant seulement des relais (du haut vers le bas et du bas vers le haut).

Hier, Pierre Cohen, qui a basé une part de sa campagne sur la fragmentation de Toulouse, a nommé seulement 6 "maires de quartier".
On peut imaginer que le découpage correspondra, à peu près à celui que j'ai dessiné ci-dessous avec un centre-ville unifié et 5 secteurs périphériques.
Une telle organisation pourrait paraître "moins proche" des habitants, mais ne le serait pas forcément car elle serait beaucoup plus opérationnelle.
Elle devrait, en effet, permettre de croiser une politique thématique (urbanisme, habitat, enfance, etc.) avec une réflexion sur les secteurs dans le but de reéquilibrer la politique municipale et d'essayer de réunifier la ville (il y a une vie après les boulevards et la rocade).
 

Ancien découpage

Nouveau découpage ?



Vers une refondation des intercommunalités

Comme je l'ai déjà signalé, Toulouse est très en retard en terme d'intercommunalité.
Alors que la plupart des grandes agglomérations françaises sont organisées autour d'une communauté urbaine, le Grand Toulouse est encore une communauté d'agglomération aux compétences réduites et au périmètre étonnant.

Les prochaines années devraient voir la création d'une communauté urbaine qui réunira sûrement tout ou une grande partie des communes inclues dans le SCOT (schéma de cohérence territorial) central de l'aire urbaine (en jaune sur la carte à droite ci-dessous).
Celle-ci devra réunir, non seulement les communautés d'agglomération, de communes et les communes, mais aussi les très nombreux syndicats intercommunaux (voirir, assainissement, eau potable, etc.).

Mais cette refondation des intercommunalités ne devra pas s'arrêter aux communes qui intégreront la communauté urbaine de Toulouse.
En effet, au-delà aussi il y a souvent besoin d'une refondation afin qu'émergent des intercommunalités correspondant à des bassins de vie suceptibles de s'inscrire dans la dynamique de l'aire urbaine (qui ne s'arrêtent pas aux limites de la Haute-Garonne).
 

Découpage actuel

Futur découpage suivant les SCOT ?

   


Quelle gouvernance pour l'aire métroplitaine ?

Mais l'aire urbaine de Toulouse (plus de 300 communes) n'est pas toujours un niveau suffisant.
En effet, c'est d'une véritable aire métroplitaine dont Toulouse est le centre et qui inclut les aires urbaines de villes moyennes (Montauban, Albi, Castres, Carcassonne, Pamiers, Foix, Saint-Gaudens et Auch) ainsi que des zones rurales.
Là encore se pose la question du projet de territoire et de l'institution capable de le porter.
Faut-il encore un nouvel échelon (de gestion ou seulement de coordination) ou ceci doit-il se faire au niveau du Conseil régional ?

Aires urbaines (INSEE)

Grandes orientations de l'interSCOT

   

 
  
Des enjeux pour demain

Avec la décentralisation, les échelons admministratifs se sont multipliés et empilés.
La mozaïque institutionnelle qu'ils forment et le décalage avec la réalité de la vie des territoires expliquent en partie la difficulté à mener des politiques publiques cohérentes et efficaces.

Toulouse est un exemple éloquent d'une mozaïque particulièrement "bordélique" aujourd'hui très pénalisante.
Une fenêtre s'ouvre d'une recomposition du paysage institutionnel à toutes les échelles (du "quartier" à la métropole) afin d'être capables d'élaborer des projets de territoires cohérents et de disposer d'institutions capables de les mettre en oeuvre.
La "Métropole toulousaine" saura-telle se mettre en ordre de marche, unie dans sa diversité ?
Plus que de l'avenir de l'aéronautique, son futur en dépend.

Publié dans : Villes et projets - Voir les 4 commentaires - Ecrire un commentaire
Retour à l'accueil
créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus