Introduction

La responsabilité des "fabricants de ville"

"Les bons fabricants de ville, élus, urbanistes, architectes, paysagistes, rajoutent dess choses les unes aux autres, regardent autour d'eux, sont attentifs à ce qui est déjà là, à ce qui se trouve dans son voisinage. Ils ne laissent pas le privé confisquer les trottoirs sans limites, ils préservent l'espace public, ce vide gratuit, autant qu'ils le peuvent. Ils sont précautionneux, un peu prudent peut-être, minutieux sur les détails. Ils se soucient des petites choses : les vues qu'ils créent, les courants d'air, l'ensoleillement, les ombres portées. Ils s'interrogent sur le beau, ils ne le considèrent pas comme un luxe. Ils le partagent. Les bons sont modestes. Ils acceptent de regarder les gens vivre. Et ils corrigent le tir s'il le faut. Ils ont une morale en somme. Ils ne racontent pas aux gens des sornettes sur le bonheur."

C'est par ces mots magnifiques que Sibylel Vincendon termine son livre, "Petit traité des villes à l'usage de ceux qui les habitent".
Je ne sais pas si je suis un "bon fabricant de ville", mais c'est dans cet esprit que le professionnel militant que j'essaie de travailler. Et ce n'est pas facile.
 

 

Nov. 2008

 

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Samedi 26 mai 2012 6 26 /05 /Mai /2012 20:28

Je voudrais saluer ici la mémoire de Gabi FARAGE, architecte militant et artiste citoyen, décédé cette semaine.

Il y a 15 ans, avec son complice Yvan DETRAZ, ils fondaient l'association Bruit du Frigo dont j'ai souvent évoqué ici le passionnant travail.

 

Le communiqué de Bruit du Frigo et de la Fabrique Pola :

 

Gabi Farage Bruit du Frigo

 

L'article de Sud-Ouest : "Les villes rêvées de Gabi Farage"

Sur le site Strabic.fr, un article sur les 15 ans de Bruit du Frigo : "La théorie des complices"

 

Quelques images "Bruit du Frigo" :

 

voeux-Bruitdufrigo09.jpg

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begles-bruit-du-frigo-skate-3.jpg Bruits-du-Frigo---Lieux-possibles.jpg

 

 

big bruitdufrigo maziere004

 


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Vendredi 11 mai 2012 5 11 /05 /Mai /2012 22:31

Forts du succès des éditions de 2008 et 2010, l’APUMP, l'APULR et l'APUA lancent un troisième appel à projet pour Echanges Urbains 2012 qui se tiendra le 6 décembre 2012 à Toulouse.

 

Loin de tout palmarès, Echanges Urbains propose un lieu de rencontres, d'échanges, de confrontations sur l'urbanisme durable des villes et des villages destiné aux élus, techniciens et urbanistes.
Il peut s'agir d'opérations importantes ou au contraire de petite dimension mais dont des enseignements peuvent être tirés en matière de méthode, de management, de qualité d'usage, de concertation, de partenariat, de cohérence d'ensemble... qui concourent à une plus grande qualité urbaine.

Le format de la journée est simple : 4 salles pour 40 projets, 20 mn de présentation, 10 mn d'échanges et 10 mn pour changer de salle pour un programme à la carte.

 

Si vous souhaitez proposer l'un de vos projets ou mettre en avant un projet que vous avez repéré sur les régions Aquitaine, Languedoc-Roussillon ou Midi-Pyrénées, merci de nous le faire savoir avant le 31 mai 2012 en nous précisant :

  • la nature de l'opération,
  • sa localisation,
  • et en nous fournissant une illustration et le contact du maître d'oeuvre/maître d'ouvrage si possible.


Les organisateurs retiendront avant l'été 40 projets qui seront présentés le 6 décembre 2012 au Centre des Congrès Pierre Baudis à Toulouse.

A diffuser largement dans vos réseaux,
Avec tous nos remerciements pour votre participation.

 

Site internet : www.echangesurbains.org

Mail : contact@apump.org

Téléphone : 05 62 27 24 12

 

 

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Lundi 9 avril 2012 1 09 /04 /Avr /2012 20:54

Vulgaire vulgarisation

Comme la notion de compromis, celle de vulgarisation peut avoir un sens relativement péjoratif.
Vulgariser, ce serait traduire en langage « vulgaire » des connaissances au risque, en étant trop simpliste, de dénaturer leur noblesse (sous-entendu réservée à quelque uns).
Un texte compréhensible par tout le monde ? Des exemples tirés de la vie quotidienne ? Quelle vulgarité !
Quant au vulgarisateur, ne serait-il pas le plus souvent un "scientifique manqué" ?

Le Larousse donne la définition suivante, plus neutre, de la vulgarisation : « Action de mettre à la portée du plus grand nombre, des non-spécialistes des connaissances techniques et scientifiques. »
Vulgariser serait donc, même en permettant à certains de s'élever quelque peu, une action de diffusion, essentiellement descendante, d'apport de connaissance.



Médiation peu médiatisée

La notion de médiation est souvent réduite à la gestion des conflits.
Mais, elle est aussi utilisée, de manière plus confidentielle, au sens de la médiation culturelle qui désignerait, selon Wikipedia, "en sciences de l'information et de la communication, l'espace de relations entre des publics et des expressions artistiques, des patrimoines, des connaissances, des moments, des « objets culturels », etc."

En fait, la médiation peut être considérée de manière générale comme une pratique ou une discipline qui vise, par l'interposition d'un tiers, à faciliter la communication.
Elle peut donc être transversale et co-construite.



L'enjeu d'une connaissance partagée

Dans mon article « Introduction à la pensée complexe d'Edgar MORIN », j'évoquais trois questions de Jean-Louis Le Moigne : "Qu’est-ce que la connaissance ? Comment est-elle constituée ou engendrée ? Comment apprécier sa valeur ou sa validité ?"
Ce qui est en jeu en fait à travers ces notions de vulgarisation et de médiation, c'est bien une certaine conception de la construction de la connaissance.
Est-elle irréfutable et édictée par quelques uns ? Ou bien est-elle mouvante et discutable par les citoyens ?

Mon sentiment est que, sans une connaissance partagée par le plus grand nombre, il ne peut y avoir de réels débats et donc des choix de faits.
Pour cette raison, je considère la vulgarisation et la médiation comme des actions nobles et essentielles qui nécessitent un réel travail pour rendre accessible et relier.

Mais comment faire quand on ne souhaite pas se limiter à un champ restreint mais discuter de la complexité d'une domaine large comme l'évolution des territoires ?

A suivre...

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Dimanche 1 avril 2012 7 01 /04 /Avr /2012 14:05

Chronique politique d’un village de France

EDITIONS ANARCHIS

 

 

Loin des clichés, un livre passionnant sur la violence, sociale, symbolique ou physique, dans la vie politique d'un village ordinaire.

Une analyse qui, en plus, me touche particulèrement de plusieurs façons puisque originaire d'un petit village des Landes.

 

 

une chasse au pouvoir maire desmartisQuatrième de couverture

 

"Olignac est un petit village français des Landes de Gascogne. Au début des années 2000, les élections municipales plongent la commune dans une atmosphère délétère. Incendies nocturnes, chiens abattus, sourdes menaces. Le "clan des chasseurs", jusqu'alors dominant, vient de perdre le poste de maire et cherche à faire démissionner Mme Fortier, la nouvelle et vertueuse élue...

Marie Desmartis conduit son enquête au coeur de la municipalité en crise. Par une minutieuse description des rapports quotidients de pouvoir, elle démonte pas à pas ce climat d'affrontement. Rumeurs, peurs et violences s'emparent du village et de l'ethnographe elle-même.

A l'opposée d'une science politique glacée, Maire Desmartis procède à l'exégèse interne, à chaud, des luttes de pouvoir. La proximité aux acteurs et à leur histoire révèle, dans ce livre percutant, les ancrages, les variations et les excès des pratiques politiques de notre pays."

 

 

Un éclairage passionnant

 

2001, tout semble commencer par une farce : une élue d'opposition se voit désignée maire par le vote des élus, pourtant majoritaires, de la liste de l'ancien maire qui veut ainsi l'obliger à démissionner. Mais elle décide de rester et, rapidement, cela tourne au vinaigre, surtout quand trois palombières sont incendiées.

C'est alors que démarre l'enquête de Marie DESMARTIS qui éclaire ces événements et ceux qui suivirent par un ensemble de faisceaux dévoilés au fur-et-à-mesure dans un vrai suspense.

Parmi ceux-ci :

  • l'impact, plus d'un siècle après, de la transformation des Landes en forêt dont certains propriétaires ont bien profité au détriment du reste de la population,
  • les conséquences des mouvements démographiques dans la vie d'un village et, par conséquent, sur les les élections
  • les difficultés particulières de la gestion des conflits et des incompréhensions dans une toute petite commune (moins de 200 habitants ici)
  • les équilibres dans une majorité qui se construit
  • les intérêts particuliers dans les positionnements et décisions.

 

Au crédit de l'auteur, le souci de ne pas épargner dans ses éclairages les acteurs dont elle s'est rapprochée au fil de son enquête et de mettre en valeur, tout au long du livre, les limites de son travail.

Parmi celles-ci, on ne peut que regretter, comme elle dans sa conclusion, qu'elle n'ait pas réussi à convaincre les membres du "clan des chasseurs" de se confier ("Je n'ai pas su donner la parole à ceux-là même qui, justement, ne savent pas la prendre et le moins que je puisse faire est de le reconnaître à présent.").

Peut-être la parution de ce livre, 6 ans après la fin de son enquête, agira comme une bouteille à la mer.

 

 

Sommaire

 

Préface d'Alban Bensa : L'ordinaire de la politique

Avant-propos : Où l'on reparle de la première personne du singulier

1. Du feu que l'on mit aux poudres

2. Un pays pauvre et prometteur. Histoire polémique d'une "mise en valeur"

3. "Olignac : Chicago ou Clochemerle ?"

4. De l'unanimisme des petits villages dans lesquels "tout le monde se connaît"

5. Peur sur le village, ou de la menace comme ressource politique

6. Quelque chose qui ressemble à l'habitus

7. Mobiliser pour régner

8. Conclusion : D'un silence

 

 

Pour aller plus loin (à ne pas lire si vous voulez garder le suspense)

 

L'intéressante analyse de Colette Milhé

 

Malgré une parution début 2012, l'auteur n'a pas indiqué ce qui s'était passé aux élections municipales de 2008. Et quand on finit la lecture du livre, on est frustré de ne pas savoir ce qu'il est advenu par la suite.

En fait, malgré le changement des noms des lieux et des personnes, il fut facile d'identifier la commune. En résumé, la maire a été réélue, mais cette fois-ci semble-t-il avec une liste entière puisque les conseillers élus l'ont été avec entre 70 et 57% des voix (dans les petites communes, on peut "panacher"). On peut donc supposer qu'une deuxième liste existait mais qu'elle a été largement battue cette-fois-ci.

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Samedi 17 mars 2012 6 17 /03 /Mars /2012 08:29

Encore un travail de recherche succeptible de réinterroger notre vision de certains territoires : après le périurbain décrié mais non pensé, peut-on avoir un périurbain métropolitain intégré ?

 

 

Soutenance de la thèse de Séverine BONNIN-OLIVEIRA le vendredi 23 mars 2012, à 14h, à l'Université de Toulouse II-Le Mirail, au Château

 

Résumé

La périurbanisation, bien que décriée, a longtemps été oubliée des politiques publiques. Ce travail interroge l'évolution des modalités de la gestion métropolitaine, la place qu'y prennent les espaces périurbains et les recompositions territoriales induites. La réflexion est menée dans l'aire urbaine toulousaine dont les dynamiques sont appréhendées par une analyse statistique des évolutions sociétales, une étude de la documentation programmatique et stratégique et une quarantaine d'entretiens auprès d'acteurs de la scène métropolitaine et locale. Elle a pu mettre en évidence l'intégration des espaces périurbains à la réflexion métropolitaine et la capacité de leurs acteurs à se saisir des outils et cadres territoriaux à leur disposition pour dépasser leur statut de sous-espace urbain au profit d'un rôle à part entière dans le devenir métropolitain. En même temps qu'elles accompagnent cette promotion métropolitaine, ces recompositions territoriales ouvrent la voie à une diversité de trajectoires périurbaines.

 

Mots clés

Périurbanisation, planification, recompositions territoriales, aire urbaine toulousaine

 

Jury

Francis Beaucire, Professeur, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne (rapporteur)

Eric Charmes, Directeur de recherche, CNRS, Université de Lyon / ENTPE (rapporteur)

Martine Berger, Professeur, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, (présidente)

Laurence Barthe, Maître de conférences, Université Toulouse 2-Le Mirail (examinatrice)

Jean-Paul Laborie, Professeur émérite, Université Toulouse 2-Le Mirail (examinateur)

Lionel Rougé, Maître de Conférences, Université de Caen (examinateur)

Marie-Christine Jaillet, Directrice de recherche, CNRS (directrice de thèse)

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