Introduction

La responsabilité des "fabricants de ville"

"Les bons fabricants de ville, élus, urbanistes, architectes, paysagistes, rajoutent dess choses les unes aux autres, regardent autour d'eux, sont attentifs à ce qui est déjà là, à ce qui se trouve dans son voisinage. Ils ne laissent pas le privé confisquer les trottoirs sans limites, ils préservent l'espace public, ce vide gratuit, autant qu'ils le peuvent. Ils sont précautionneux, un peu prudent peut-être, minutieux sur les détails. Ils se soucient des petites choses : les vues qu'ils créent, les courants d'air, l'ensoleillement, les ombres portées. Ils s'interrogent sur le beau, ils ne le considèrent pas comme un luxe. Ils le partagent. Les bons sont modestes. Ils acceptent de regarder les gens vivre. Et ils corrigent le tir s'il le faut. Ils ont une morale en somme. Ils ne racontent pas aux gens des sornettes sur le bonheur."

C'est par ces mots magnifiques que Sibylel Vincendon termine son livre, "Petit traité des villes à l'usage de ceux qui les habitent".
Je ne sais pas si je suis un "bon fabricant de ville", mais c'est dans cet esprit que le professionnel militant que j'essaie de travailler. Et ce n'est pas facile.
 

 

Nov. 2008

 

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Pratiques

Mardi 8 janvier 2008 2 08 01 2008 12:55

Je n'ai pas encore eu l'occasion de vous parler de l'APUMP, l'Association des Professionnels de l'Urbanisme de Midi-Pyrénées dont je fais partie.
A la lecture de cette petite présentation, vous ne serez pas étonné que je me sente bien dans cette association militante.


L'Association


L'APUMP est une association où se retouvent plus d'une centaine de professionnels aux profils variés (bureaux d'études privés, Etat, collectivités locales, etc.).

Elle a notamment pour but de :

- constituer un lieu permanent de débats sur l'urbanisme, la ville, l'aménagement de l'espace et du territoire, ouvert à tous les acteurs de l'urbanisme.
- sensibiliser les maîtres d'ouvrage aux enjeux de l'urbanisme, de susciter la demande et de faire valoir les professionnels de l'urbanisme, notamment en dressant et tenant à jour un annuaire régional,
- favoriser les rencontres techniques professionnelles, les échanges sur les pratiques, entre professionnels de l'urbanisme et avec les autres acteurs du développement local, ainsi qu'avec les étudiants.

L'association a une activité foisonnante portée par une implication très importante de ses membres et de Pascale, notre chargée de mission.


Ses actions

Les projets européens
De 2000 à 2005, le projet européen URBDISP a proposé une analyse comparative de l'étalement urbain dans les territoires de Midi Pyrénées et la Catalogne. Cette analyse a donné lieu à de nombreux échanges entre professionnels et chercheurs des deux régions et avec d'autres partenaires invités.
Plus d'infos.
L'APUMP souhaite aujourd'hui prolonger ce travail à travers un nouveau programme sur le développement urbain durable qui imprègnera l'ensemble de ses actions.
Plus d'infos.

PREDAT
A tarvers les 
« Pôles Régionaux d’Echange sur le Développement et l’Aménagement des Territoires », l'Etat a souhaité favoriser l'appartition de lieux d’échange entre les acteurs de l’aménagement du cadre de vie (Etat, élus, professionnels et chercheurs) permettant la construction d'une culture partagée, en promouvant des recherches d'initiative territoriale dans les domaines de l'aménagement du territoire, de l'aménagement urbain, de la politique de l'habitat et de la politique de la ville.
En Midi-Pyrénées, le PREDAT est animé par l’APUMP et réunit, notamment, professionnels et chercheurs. Pour chaque sujet traité, des groupes de travail se réunissent plusieurs mois à l'avance afin d'échanger et de préparer les séminaires.
Sont déjà programmés en 2008 :
- le 8 février, un séminaire "Facile à dire, facile à faire", sur les regards croisés entre professionnels et chercheurs (le programme),
- le 13 juin, un séminaire sur les mobilités sur lequel nous planchons actuellement.

Groupe d'Echanges Pratiques en Urbanisme
Ses réunions thématiques, trimestrielles et organisées tour à tour dans les 8 départements de Midi-Pyrénées, sont conçues sur le principe de témoignages (émanant si possible d'intervenants diversifiés : DDE, CAUE, bureaux d'études mais aussi SEM, techniciens de collectivités territoriales, DDAF, DIREN …) qui permettent d'engager les débats.
Les dernières réunions ont traité de la carte communale et de l'agriculture dans les documents d'urbanisme.
Plus d'infos.

Forum Echanges urbains
Lors de sa première édition au printemps 2008, il s'agira d'échanger autour de projets d'aménagement ou d'urbanisme durables dans le grand Sud-Ouest.
Il pourra s'agir d'opérations importantes, ou au contraire de petite dimension, mais dont des enseignements, même limités, peuvent être tirés. Enseignements en matière de méthode, de management, d'approche globale, de qualité d'usage, de concertation, de partenariat ...
La plaquette de présentation. La fiche pour signaler des projets.

Formation
A travers plusieurs partenariats avec le CIFP (Etat), le CNFPT (Collectivités locales) et l'Ecole d'Architecture de Toulouse, l'APUMP participe au montage de formations auxquelles ont accès ces membres.

Représentation
L'APUMP est représentée dans de plus en plus d'organismes (CFDU, CAUE, InterSCOT de l'aire urbaine toulousaine, Conseil de Développement de l'agglomération toulousaine, etc.).

Autres actions
L'association organise aussi des voyages d'études.
L'APUMP participe également à l'organisation de concours pour inciter à la qualité urbaine :
"Quelques sites pour une ville à réinventer... une invitation à la qualité urbaine" sur 6 communes de Haute-Garonne avec le CAUE 31 et l'AMF 31,
- "Habiter les Causses du Quercy... Nouveaux hameaux, Nouveaux quartiers..." avec le PNR des Causses du Quercy et le CAUE 46,
L'APUMP intervient aussi lors de certains débats comme celui de l'avenir de l'Hôpital de La Grave, lieu emblématique de Toulouse (photo 1, photo 2), sujet sur lequel elle a organisée avec les architectes et les paysagistes un débat public en décembre.

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Vendredi 18 mai 2007 5 18 05 2007 00:30

Je vous ai déjà expliqué ici ou là combien je considérais que, une ville, c'était d'abord des individus qui vivent.
Or, lorsque l'on présente un nouveau projet, on met en général des images d'individus, "heureux d'être là", sages comme des images, lisses comme du papier glaçé. On les met même souvent à moitié transparents.
Personnellement, je trouve cela insupportable car la vie, et donc la ville, ce n'est pas ça.

Il y a quand même de sacrés différences entre des personnages de papier qui "prennent la pose" et des individus qui essaient tout simplement de vivre.
Je vous invite à comparer ces images du projet de maison de retraite dans le futur quartier d'Andromède à Blagnac dans l'agglomération de Toulouse avec celle de ce magnifique clip d'une chanson (Leave Before The Lights Come On) des Arctic Monkeys.

Andromede-EHPAD-image-01.jpg

Andromede-EHPAD-image-02.jpg

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Lundi 8 janvier 2007 1 08 01 2007 12:49

Observatoire de l'habitat, observatoire des déplacements, observatoire des formes urbaines, observatoire des observatoires, depuis de nombreuses années, les collectivités locales, notamment, mettent en place des observatoires thématiques en place pour mieux connaître leur territoire.

Depuis quelques années, on note une évolution vers une démarche plus réflexive et réactive.
Il ne s'agit plus seulement de faire un constat, plus ou moins régulier, plus ou moins espacé, mais bien d'un processus permanent tout au long des projets. Le constat tend à devenir une démarche d'évaluation et d'aide à la prise de décision.

Mais un ensemble d'observations thématiques, même très complet, suffit-il à rendre compte d'un territoire ? Une démarche systémique ne serait-elle pas plus efficace pour mieux prendre en compte l'imbrication croissante des échelles et des problématiques ?  Mais comment mettre en place une telle démarche ?

Ces intéressantes questions (que j'ai déjà abordées ici ou ) sont l'objet du mémoire de DESS de Christine Brocas dont voici la conclusion pour vous mettre l'eau à la bouche.

Le mémoire
Pour contacter Christine

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CONCLUSION

L’enjeu de cette réflexion est de rendre compte des évolutions de l’activité d’observation des agences d’urbanisme, comme outil d’aide à la décision, qui doit aujourd’hui répondre à de multiples enjeux.

La première piste de travail consistait à analyser les impacts des nouveaux cadres institutionnels et législatifs sur cette mission d’observation.
Par le renouveau de l’action publique, le rôle d’accompagnement de l’activité d’observation tout au long du processus de décision est reconnu, renforcé et élargi.
Désormais, l’observation doit sans cesse faire preuve de sa capacité à être en phase avec les évolutions spatiales et sociétales et à la fois en avance, en décalage avec des territoires institutionnels figés, et ainsi avec les pouvoirs locaux : elle doit pour cela être toujours plus réactive.
Son rôle dans le processus de décision se trouve par ailleurs élargi : l’observation est de plus en plus sollicitée dans toutes les phases de la décision publique, avec l’introduction grandissante de l’évaluation « concomitante ». Afin de permettre des réajustements de l’action publique, l’observation doit être une activité pérenne, capable d’être en adéquation avec les mutations permanentes de la société, et de retranscrire constamment ces nouvelles réalités.

La deuxième piste de travail concernait le développement de l’observation urbaine et de la transversalité.
Cette notion de transversalité, apparaît dans les récents textes de lois sur l’action publique, et devient le maître mot des nouveaux documents d’urbanisme. Par transversalité de l’observation, on entend donc ici un regard croisé dans l’analyse des phénomènes et des espaces urbains.
La complexification des phénomènes urbains, l’imbrication croissante des échelles territoriales, l’élargissement des espaces vécus, supposent en effet de dépasser les approches sectorielles habituelles et de parvenir à une approche plus croisée. C’est par le développement de cette démarche que l’action publique tendra vers plus d’efficacité : l’observation transversale permettrait ainsi de soulever les principaux enjeux territoriaux indispensables à la définition des priorités d’action.
Les démarches d’observation urbaines progressent : elles permettent de plus en plus d’appréhender les changements, d’inscrire leurs analyses dans une lecture temporelle des espaces. Cependant, elles se limitent encore actuellement à une approche multi thèmes, certainement indispensable pour une connaissance très fine de différents domaines, mais s’avérant insuffisante à la lecture des espaces actuels.
Le faible développement de cette approche peut s’expliquer par un modèle de penser et d’agir sectoriel encore dominant ; par les difficultés de mise en oeuvre de la transversalité.

La mise en place d’une approche systémique dans l’observation est difficile, comme l’a révélé le programme ACTEUR. L’analyse de ce programme a particulièrement souligné l’impossibilité de transposer l’ensemble de cette démarche à une échelle locale, principalement pour des raisons techniques et financières. Il ne faut pas oublier par ailleurs que l’observation, par son rôle d’accompagnement des politiques, revêt une portée opérationnelle, elle doit donc être fonctionnelle rapidement.
Pour cela, les expérimentations d’une démarche systémique devront émerger de façon ascendante, une fois que les décideurs locaux auront mesuré l’utilité d’une telle démarche.
Ce n’est de plus que par une observation des particularités de chaque contexte local, que pourront émerger des politiques plus territorialisées.

Nous avons vu que la réalisation de cette approche systémique n’est possible que si certaines exigences sont respectées : apport d’une vision qualitative, définition d’indicateurs pertinents, allers-retours dans les échelles spatiales d’une part, dans les échelles temporelles d’autre part.
Cette approche, en renouvelant les méthodes d’observation, interroge la capacité des professionnels à s’ouvrir à d’autres disciplines. Un des apports du programme ACTEUR aura été d’ouvrir la voie à une acculturation de tous les partenaires engagés dans la démarche, en favorisant le décloisonnement entre institutions, et en ouvrant des passerelles avec le monde de la recherche, trop souvent isolé.
L’approche systémique invite alors à un changement progressif des mentalités chez les décideurs et chez les professionnels de l’urbanisme, condition de réussite de l’observation transversale.

 

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