Sans doute m'avez-vous trouver bien silencieux ces derniers mois.
Ceci s'explique par un changement important dans ma vie professionnelle, ce qui a considérablement réduit ma disponibilité non seulement temporelle, mais surtout en terme de "temps de cerveau
disponible".
Beaucoup de nouveautés à intégrer (pratiques, dossiers, acteurs), et puis ce n'est pas la même chose de traiter 4/5 gros dossiers en agence qu'une bonne soixantaine, de tout ordre, avec des
sollicitations de toutes parts.
Et comme je ne suis pas du genre à me contenter de gérer les affaires courantes, tout ceci m'a pris beaucoup d'énergie et explique mon silence.
Fin de parcours chez Archisud
Un départ prévu depuis longtemps
J'avais en effet prévenu Eric Dussier dès l'automne de mon désir de quitter Archisud à très court terme.
D'une part, travailler seulement sur des projets de promoteurs n'était pas ce qui m'attirait le plus, d'autre part, nous avions certaines divergences de fond.
Mais, ce changement a été plus long que je ne l'imaginais pour deux raisons principalement.
Tout d'abord car je désirais rester dans l'agglomération toulousaine pour des raisons personnelles (amis, associatif, rugby, etc.) mais aussi professionnelles (connaissance de l'agglomération et
de ses problématiques, réseaux, etc.).
Ensuite car je cherchais une expérience enrichissante qui me permette d'avancer dans mon cheminement de jeune urbaniste. J'avais d'ailleurs écrit à ce moment là un article de synthèse qui n'était
pas du tout fortuit : "Un urbanisme politique ?".
Tout ceci a donné une période pas facile à gérer tant en interne qu'en externe qui a pris fin en mai dernier.
Une expérience enrichissante
Ce n'est pas parce que les derniers mois ont parfois été pénibles que je regrette cette expérience.
Les expériences sont faites pour être vécues et nous enrichir. Comme le dit si
bien Antonio Machado, "il n'y a pas de chemin / Le chemin se fait en marchant".
Et celle-ci fut loin d'être seulement négative.
Si cette expérience fut enrichissante, c'est d'abord parce qu'Eric, qui m'avait contacté suite à la découverte de ce blog il y a plus de deux ans, avait accordé sa confiance et une certaine
liberté au jeune professionnel que j'étais et suis encore.
Comme je l'ai déjà dit, j'aime faire l'expérience des choses.
Et travailler avec des promoteurs m'a permis de mieux les connaître, de mieux comprendre leurs modes de fonctionnements et leurs attentes me semblent important quand l'on souhaite passer du
côté prescripteur. Comment interagir efficacement avec ce que l'on ne connaît pas ?
Or, qu'on le veuille ou non, le privé est de plus en plus présent dans l'aménagement de la ville et les mécanismes de régulation hérités du passé sont aujourd'hui souvent dépassés. De nouveaux
outils sont récemment apparus, d'autres doivent être encore inventés (j'avais écrit un premier article sur le
sujet).
Quelques éléments en vrac qui mériteraient d'être développés :
- les promoteurs ne sont pas une entité uniforme (article en préparation : Traits de promoteurs),
- des logements : pour qui ? pour quoi ?
- les balances financières sont des éléments stratégiques (article en préparation : Balances financières, le pourquoi du comment : décriptage).
Et puis, il aussi intéressant d'avoir connu de l'intérieur le fonctionnement d'une agence d'architecture qui travaille pour des promoteurs car,
eux aussi, ont des mécanismes de fonctionnement, des attentes et des positionnements qui ne sont pas toujours ceux de leurs donneurs d'ordre.
Une bonne relation avec eux peut aussi permettre d'orienter les projets des promoteurs vers plus de qualité.
Enfin, c'est intéressant de travailler sur des plans de masse pour prendre conscience des notions de distances et des différentes contraintes de la conception d'espaces de vie, même si
personnellement je ne suis pas à l'aise avec ce processus de création.
A chacun ses capacités.
Ainsi, tout ceci ne me suffisait pas car moi, ce qui m'intéresse, c'est la complexité de la ville, c'est m'investir dans le temps, c'est parler de projet de ville, c'est travailler sur le
territoire.
Villeneuve-Tolosane
Voici donc trois mois que je m'occupe du service de l'urbanisme de la mairie de Villeneuve-Tolosane, commune de l'agglomération toulousaine d'environ 10 000 h.
Travail touts azimuts
Liste non exhaustive :
- modification du PLU,
- futures ZAC (une dédiée principalement à l'habitat, l'autre à l'activité),
- programmation et modes de financements des prochains investissemnts dans les réseaux,
- politique foncière,
- développement du logement social,
- réception du public,
- discussions avec les promoteurs,
- pré-instruction des demandes d'autorisation d'urbanisme,
- suivi de leur instruction par la DDE,
- préparation de la réforme des autorisation d'urbanisme,
- veille juridique,
- développement du réseau des pistes cyclables et des cheminements piétons,
- réalisation d'une carte des itinéraires verts,
- domanialité,
- etc.
Le moins que l'on puisse dire, c'est que l'on ne s'ennuie pas !
Et si certaines tâches peuvent paraître plus "valorisantes" que d'autres, ce n'est pas ainsi qu'il faut le voir.
En effet, la ville est un tout et travailler sur un territoire nécessite de ne négliger aucune de ces thématiques car toutes sont précieuses et liées entre elles.
Du conceptuel ? Non, un programme !
Ayant envoyé certains de mes articles avec ma candidature, M. le Maire et le DGS (Directeur Général des Services) avaient émis la crainte, lors de mon entretien, que je sois un peu trop
"conceptuel" pour un poste qui nécessite, essentiellement pour eux, de mettre "les mains dans le cambouis".
Je pense les avoir largement rassuré sur ce point.
Ils ont ainsi pu se rendre compte que mon article "Un urbanisme politique
?" n'était pas une compilation de "belles paroles" déconnectées de la réalité, mais bien d'un programme que j'essaie aujourd'hui de mettre en
oeuvre et qu'ils relisent à présent autrement.
Un environnement favorable
Si ma mission se passe bien, il faut quand même dire que je bénéficie d'un environnement favorable : équipe muncipale intéressante, agents compétents et tout cela dans la bonne humeur.
Parmi tout ce beau monde, il y a Gisèle, ma collègue, qui s'est occupée seule du service jusqu'à l'an dernier, soit pendant 15 ans.
Formée sur le tas, très compétente, perfectionniste, connaissant la commune et les dossiers sur le bout des ongles et adorable par dessus ça, c'est vraiment une chance pour moi (et la commune) de
l'avoir à mes côtés.
Et demain ?
Pour l'instant, j'effectue, jusqu'à la fin septembre, un relai pendant l'absence d'une jeune maman que je tiens régulièrement au courant afin que son retour se passe dans les meilleures
conditions.
Il est possible que le Maire me demande de rester car je crois que l'équipe municipale est en train de prendre conscience que, pour peser sur l'urbanisme et mettre en oeuvre une politique plus
globale et plus réactive, il faut s'en donner les moyens.
Je devrais d'ailleurs écrire prochainement plusieurs articles sur l'urbanisme municipal.
Toujours est-il que, pour l'instant, ils ne m'ont rien promis et que je ne m'offusquerai donc pas si ma mission prend fin dans quelques semaines.
C'est la vie.
Au pire, cela me fera quelques vacances (4 semaines en 2 ans) et me donnera le temps d'écrire un peu.
En attendant, j'en profite et je m'éclate car, assurément, mon urbanisme se trouve dans ce type de mission.
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