Introduction

La responsabilité des "fabricants de ville"

"Les bons fabricants de ville, élus, urbanistes, architectes, paysagistes, rajoutent dess choses les unes aux autres, regardent autour d'eux, sont attentifs à ce qui est déjà là, à ce qui se trouve dans son voisinage. Ils ne laissent pas le privé confisquer les trottoirs sans limites, ils préservent l'espace public, ce vide gratuit, autant qu'ils le peuvent. Ils sont précautionneux, un peu prudent peut-être, minutieux sur les détails. Ils se soucient des petites choses : les vues qu'ils créent, les courants d'air, l'ensoleillement, les ombres portées. Ils s'interrogent sur le beau, ils ne le considèrent pas comme un luxe. Ils le partagent. Les bons sont modestes. Ils acceptent de regarder les gens vivre. Et ils corrigent le tir s'il le faut. Ils ont une morale en somme. Ils ne racontent pas aux gens des sornettes sur le bonheur."

C'est par ces mots magnifiques que Sibylel Vincendon termine son livre, "Petit traité des villes à l'usage de ceux qui les habitent".
Je ne sais pas si je suis un "bon fabricant de ville", mais c'est dans cet esprit que le professionnel militant que j'essaie de travailler. Et ce n'est pas facile.
 

 

Nov. 2008

 

Recherchez ici

Mardi 5 décembre 2006 2 05 /12 /Déc /2006 13:50

Christophe Camus est enseignant de sociologie en école d'architecture et, depuis un mois, il a un blog sur lequel il indique pas mal de textes intéressants comme celui ci-dessous.

Le rapport entre nos vies et nos lieux de vie ("Vies et lieux de vie", "Changement de musique") est un sujet qui me semble fondamental et malheureusement trop délaissé dans les projets urbains.
Peut-être cet article me permettra-t-il d'approfondir la question.

----------------------------------

Lieux habités, lieux investis : le lien au territoire, une composante identitaire ?

de France Guérin-Pace

"Une personne sur trois interrogée dans l’enquête Histoire de vie évoque son lieu d’origine ou un lieu d’attachement, comme importants pour dire qui elle est. Dans un contexte où les parcours géographiques individuels sont de plus en plus complexes, le lieu de naissance et la nationalité sont insuffisants pour comprendre comment se forme le sentiment d’appartenance des populations à un territoire. Cette composante spatiale de la construction identitaire est appréhendée dans l’enquête à partir du recueil des lieux de vie successifs des personnes mais aussi de lieux plus subjectifs comme les lieux d’attachement, de projet, un lieu éventuel de sépulture et le sentiment d’origine géographique.
Le sens donné à ces lieux investis et leur mobilisation comme référent identitaire diffèrent selon les parcours, les appartenances sociales et les caractéristiques démographiques des individus. À titre d’exemple, donner un lieu d’attachement est plus le fait de personnes vivant seules, d’étudiants, de personnes ayant investi dans un endroit (propriétaires) ou ayant connu une forte mobilité. Le lieu de projet est quant à lui plus le fait des moins de 50 ans, des personnes n’ayant pas d’attache matérielle ou professionnelle, et des urbains.
Se référer à son lieu d’origine pour se définir est beaucoup plus fréquent pour les personnes immigrées ou de parents immigrés que pour celles nées françaises. Les immigrés devenus Français se réfèrent moins souvent à ce lieu, même s’ils le citent fréquemment comme lieu d’attachement."

La suite, c'est par là.

Publié dans : Médias - Voir les 1 commentaires - Ecrire un commentaire
Retour à l'accueil
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés